En
Avril ne te découvre pas d'un fil... mais seulement en France (aux
vacances de printemps il aura encore neigé à Lyon) car ici il fait
beau, même très beau. Nous allons pouvoir faire profiter de ce beau
temps à mon frère et de sa famille qui nous rendent visite.
Retrouver des Français de France, et de sur-crois la famille, est un
bonheur immense : nous retrouvons nos codes, nos repères, notre
âge... mais nous réalisons aussi combien il est bien commode de
comprendre l'Anglais ! Lorsque mes neveux le souhaitent nous
échangeons en anglais. Flore et moi jouons souvent les traductrices.
Notre mission : leur donner envie de travailler leur anglais.
J'espère que nous y serons arrivées sans les décourager car la
route est longue et semée d’embauches : faux frère,
tournures de phrases un peu détournées, sentiment de régression,
honte de réaliser ses erreurs... J’ai essayé de trouver des
livres qui pourraient les intéresser pour poursuivre leur démarche
en revenant en France. Mais il y a une contradiction quand on apprend
une langue étrangère, qu’il est très difficile de contourner :
soit ils sont trop grands pour s’intéresser à
une littérature accessible, soit ce qui les intéresse est
inaccessible par rapport au niveau de langue. C’est un vrai
casse-tête. Je trouve pourtant une revue sur la mode et la musique,
peu prolixe et une autre sur les animaux terrifiants dans laquelle le
choc des photos peut atténuer le poids des mots ! Là encore,
je voudrais déposer un brevet : littérature jeunesse ou adulte
en langue étrangère accessible.
Mon frère nous aura rapporté dans ses bagages le
journal professionnel dans lequel j'ai coordonné un dossier. Le
rendu est de qualité, il y a de quoi être fier. Je réalise à quel
point aujourd'hui, les distances ne sont plus des entraves à la
poursuite d'un travail collectif entre collègues qui habitent à des
milliers de kilomètres. Bien belle réalisation...
| Que d'eau, que d'eau... |
A mon retour à Hagerstown, au cours de l'une de mes
nombreuses visites au dentiste, une assistante me dira qu'il existe
une réserve indienne à côté des chutes. J'aurai du lui demander
plus tôt ! Mais l'inconvénient chez ce dentiste, c'est qu'il
est rare de tomber deux fois sur la même assistante. Par contre,
lorsque la chance nous permet de retrouver une figure familière dans
ce paysage aseptisé, elle se rappelle invariablement de moi (et de
Flore). Sans doute à cause de l'accent, ou peut-être de mon
excessive anxiété ! Il suffit que je m'allonge sur la fauteuil
pour que tout mon corps se raidisse, et que mon cœur se ralentisse.
C'est sans doute pour cela que l'assistante me parle et c'est ainsi
que nous évoquerons les chutes du Niagara. Je suis devenue une
experte pour parler la bouche grande ouverte. De même, quand je suis
anxieuse, je fixe mon regard sur le plafond. Et je dois admettre que
celui-ci ressemble étrangement à celui de mon dentiste en France :
peu avenant. Je pense qu'ils devraient songer à illuminer leur
plafond pour mieux détendre leurs patients, peut-être pourquoi pas
avec des cartes routières et des sites touristiques (brevet
déposé!).
Dans la vie il n'y a pas que les dentistes ! Nous
avons visité un village Amish sur notre retour des chutes. Vous le
croirez si vous voulez, mais ce que j'ai surtout retenu c'est que
lorsqu'ils ont des soins dentaires à faire, comme ils ne croient pas
au système d'assurance sociale, ils payent eux-même leurs soins, y
compris pour l'orthodontiste. Mes idées fixes ont la dent dure...
Aux pays des Amishs, c'est plein de vieilles choses,
sauf qu'elles sont neuves ! J'ai appris que ce qu'ils refusaient
surtout ce n'est pas tant la modernité que d'être reliés aux
autres qui ne partagent pas leurs croyances. C'est pourquoi, ils
refusent l'électricité car les fils sont reliés, mais ils ont des
machines à laver, des frigos, des fer à repasser... qu'ils font
marcher avec de l'air comprimé ou du gaz. Ils ne vont plus à
l'école après la quatrième et apprennent leur métier sous forme
d'apprentissage. Ils peuvent décider de se faire baptiser lorsqu'ils
ont une vingtaine d'années, mais avant cela, ils peuvent aller
goûter aux fruits défendus afin de se faire leur propre opinion (je
ne sais pas pour autant si une fois nourri au grain on peut si
facilement passer à l'avoine!!!). Les filles lorsqu'elle sont
autorisées par leur père à montrer qu'elles sont disponibles pour
le mariage portent une robe d'une certaine couleur ce qui les rendent
reconnaissables et les garçons de leur côté ne portent pas la
barbe. Mistic pourrait s'en inspirer !
C'est un peu étrange de vouloir visiter cette
communauté qui n'a rien demandé à personne et qui préfère vivre
repliée sur elle-même. C'est pourquoi, la visite de ce village, qui
n'est qu'une reconstitution et qui est animé par des Anglais (c'est
ainsi que sont appelés les Américains par les Amishs), est
parfaite. J'aurais eu quelques scrupules à jouer les voyeuristes !
| Buggy Amish |
| La chocolaterie |
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