Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 26 avril 2013

La pré-visite


J - 3 mois : la pré-visite.

L'entreprise de Kris a prévu un voyage pour Flore et moi, afin de faire le choix d'une maison. Ce sera nos vacances de printemps. Kris s 'est renseigné sur l'école publique pour Flore, ce qui suppose que nous trouvions une maison dans un quartier qui dépend de cette école. Nous n'en aurons que deux à visiter. C'est parfait, je n'ai pas envie de passer tout mon temps à visiter des maisons.

L'aller sur Hagerstown : le surbooking, entre perte et récompense. Nous sommes arrivées un peu juste à l'aéroport, apparemment, ils ont déjà donné nos places à d'autres (nous sommes quand même arrivées plus d'une heure en avance, pour un vol Européen, puisque nous nous arrêtons d'abord à Londres). Nous allons perdre 19 heures de vie aux US, dont 12h de nuit, mais nous allons être indemnisées à hauteur de la perte. Et cela fait une plutôt belle somme. Je crois que je ne voyagerai plus qu'en surbooking ! La dame a simplement oublié de nous dire qu'il fallait dépenser cette fortune en 2 semaines. Je ne suis pas sûre de savoir faire. Mais si un surbooking se renouvelle, j'apprendrai...

London by night. Comme nous sommes obligées de prendre un autre vol, nous choisirons l'option de dormir à Londres pour partir plutôt le lendemain. Nous aurons alors la chance de visiter Londres de nuit. Départ d'Heathrow 21 heures, bus n° H 54, premier arrêt à l’hôtel Holiday Inn Heathrow, puis à l’hôtel The Park Inn Heathrow, puis à l’hôtel Sheraton Heathrow Marriott, et enfin notre hôtel Renaissance Heathrow. Cette visite nous a complètement lessivées : ne pas louper l'arrêt, ne pas louper l'arrêt, ne pas louper l'arrêt... Le temps est gris et pluvieux (nous sommes bien à Londres !), il est difficile de bien distinguer les hôtels. Notre nuit à Londres sera courte, le bus le lendemain passe à 7h30. L'hôtel est très confortable, la nourriture très anglaise...


Aéroport de Washington. Nous sommes arrivées à 13 h, avec un peu de retard, l'avion qui était en train d'amorcer sa descente est brusquement remonté et a fait un petit tour, sans doute pour nous permettre d'admirer la vue du ciel de Washington ! J'apprécie très modérément ce numéro de voltige !!! Ce qui va nous prendre le plus de temps c'est le passage de douane. Entre mon passé qui se réveille, et un entrepôt où sont logés les étrangers avant de leur permettre de fouler le sol américain (les Américains n'ont pas renoncé au passage des étrangers par un entrepôt du type Ellis Island (1)), on aura mis 1 h pour sortir. Notre chauffeur est là, il nous attendait. Il nous reste tout de même un peu de temps pour explorer Washington. On va se garer près de la baraque d'Obama. La maison blanche est toujours blanche, quels que soient les présidents qui l'habitent. Il y a des choses qui ne changent pas ! 




Hagerstown : entre joie et déception. Il y a d'abord la campagne : le bon air, la nature, les animaux sauvages , les distances réduites, la disparition des bouchons; mais, en même temps, cela s'accompagne d'activités réduites, la culture rétrécie, de choix réduit des produits (encore que... nous avons des outlets juste en bordure de ville)... Pour une famille, c'est idéal. Il faudra prendre le meilleur et laisser de côté les renoncements que cela impose.

Nous sommes invités plusieurs soirs chez des collègues français expatriés. Une habitation d'expat présente souvent l'image d'un rétrécissement ou d'un élargissement : c'est le château d'un noble désargenté ou la maison des 7 nains sauf qu'ils sont 15. On garde les meubles que l'on avait d'une autre maison, mais on achète peu de choses nouvelles car le retour annoncé laisse en suspend des questions sur l'adaptation de ce nouveau mobilier dans le pays d'origine (ne serait-ce que tout ce qui est électrique). Et puis, la taille des maisons entre la France et les USA n'est pas la même. Lorsque l'on déménage dans une maison à soi, on va avoir à cœur de s'installer dans cette nouvelle maison, soit en débarrassant les choses en trop, trop grandes, soit en récupérant des meubles nouveaux plus adaptés au nouveau logement. Là le logement est de transit, il faut l'habiter sans l'investir totalement (au risque de beaucoup de frais pour un temps court). J'imagine notre nouvelle demeure aux riches accents Américains, devoir se travestir de parures exotiques (pour les Américains, l'Europe et en particulier la France est teintée de couleurs exotiques). Mais ce qui compte ces soirs-là, c'est de se sentir accueillis, attendus, même si pour certains, notre arrivée signera leur propre retour en France. La meilleure communion est celle qui se partage entre frères d'armes ! 

Nous serons aussi invités par un collègue américain. Nous mangerons à table, avec du vin. Le repas sera constitué d'un plat principal avec une salade et d'un dessert. C'est très agréable mais il nous faut aussi nous familiariser avec les codes sociaux à table. Les enfants mangent dans la cuisine et sont servis en premier. Pour nous, petite prière de remerciement avant de commencer le repas. On se sert spontanément. Il nous a été difficile de savoir si cela pouvait faire plaisir que nous participions au rangement de la table. Les codes sociaux sont de vrais challenges : ils créent une communion entre ceux qui les partagent, mais peuvent laisser extrêmement perplexes ceux qui ne les connaissent pas.

Aux États Unis tout est plus grand : les espaces, les miles, les jours de travail, les Fahrenheit, les voitures, les yards, les maisons... et les Américains. Il y a peut-être une corrélation entre la taille des gens d'ici et les tailles utilisées autour d'eux. En tout cas, il y a une constante : c'est au supermarché que la taille des Américains est la plus impressionnante. A croire que le simple fait de fréquenter les magasins à un effet sur le poids. Je vais peut-être m'abstenir ! Il y a en effet un phénomène très étrange, plus on fait des courses, plus on a des choses à acheter. Ils sont très forts pour mettre à porter de regard tout ce que vous avez oublié avant. En France, nous sommes des petits joueurs dans ce domaine. En tout état de cause, l'obésité touche ici plus du tiers de la population et dans un certain nombre de cas, cette obésité me semble vraiment morbide tant chez les hommes que chez les femmes. Et là encore en Europe, nous sommes des petits joueurs. 18 ans plus tôt, il était déjà beaucoup question d'obésité et je me souviens qu'à mon retour en France, les Français s'inquiétaient de voir débarquer ce phénomène chez eux. Il est vrai que la France et l'Europe aujourd'hui sont touchés mais pas de cette ampleur. Les pays occidentaux vont mourir de leur hygiène de vie...

La circulation : un fait est établi aux USA, à part à NYC, vous devez avoir une voiture, un vélo ne suffit pas. Mais les voitures et la circulation ici supposent quelques ajustements. Je garde mon pied gauche en alerte, alors que je n'ai pas de pédale à lui donner, vitesses automatiques obligent. J'ai parfois l'impression que mon pied gauche hésite entre s'accrocher à ce qu'il connaît de sa vie bien remplie et accepter ses nouvelles conditions de vie plutôt oisives. L'avenir montrera qu'il aura réussi à s'adapter pour profiter de ce temps libre. Par contre, mon esprit est en alerte, il y a de nouvelles règles de conduite (je les avais déjà expérimentées surtout à San Diego, mais les retrouver n'a pas été si naturel, encore un coup de Pavlov). En ce qui concerne la vie sur les routes, je retiendrais surtout qu'il est possible de tourner à droite au feu rouge lorsque la voie est dégagée, il faut accélérer à l'orange (tous les Américains ne sont pas d'accord sur cette règle), beaucoup de panneaux d'avertissement (travaux, école...) sont fluorescents, il est souvent rappelé les risques encourus en cas de non-respect des règles (punition, chantage et conséquences catastrophiques sont les trois reines en la matière), la sirène des ambulances vous fait perdre de quelques degrés  votre acuité auditive à chacun de leur passage. La loi du premier arrivé sur la route, premier servi semble valable. Depuis, heureusement, j'ai trouvé de généreux Américains pour me laisser passer à un carrefour particulièrement chargé : je leur rends grâce aujourd'hui.

Les Amish : nous vivons à côté d'un état qui en compte beaucoup : la Pennsylvanie. Hagerstown est une ville construite à un carrefour : de chemin de fer (pour trouver une maison loin d'un chemin de fer c'est impossible) ; de plusieurs états : situé dans le Maryland (ne pas prononcer marine-land, cela ne fait pas sérieux), elle est au bord de la Pennsylvanie, de la Virginie et de la Virginie-Occidentale ; et de routes : bordée par l'interstate 81 (de la frontière Canadienne à l'état du Tennessee) et de l'interstate 70 (du Maryland jusqu'à l'Utah). Nous allons donc alors avoir les Amish comme voisins. Les Amish sont une communauté religieuse, vivant de façon simple et à l’écart de la société moderne (pas d'électricité, ni de voiture à moteur pour les plus puristes). Le plus souvent agriculteurs, on trouve beaucoup de leurs produits à Hagerstown. J'espère au moins que leurs produits sont bio. Quitte à refuser le progrès, j'espère qu'ils refusent les engrais et autres pesticides. Cela a du bon de refuser certains aspects de la modernité, je ne suis pour autant pas sur de vouloir me fondre à leur mode de vie!

Nous sommes au mois d'avril et le temps est contrasté. Mercredi -3 au réveil, dimanche +28. Petit calcul mental : quel est le différentiel de température en moins de 4 jours ? Cela explique peut-être la réactivité des américains, aux différentes circonstances de la vie : il faut toujours porter un maillot de bain sous sa polaire !

Aquarium de Baltimore
Washington DC
Nous consacrons une journée à visiter Baltimore et une pour Washington. J'apprécie la gratuité des musées à Washington, ce qui permet de faire un peu de visite sans se soucier de tout voir, au risque de finir asphyxier. La ville se présente différente de notre représentation des villes américaines toute en hauteur ; ici, le vert domine, les animaux ont leur quartier (oies sauvages et squirels, je ménage mes amis Américains qui ne peuvent absolument pas prononcer notre écureuil local), les habitations ne jouent pas au jeu de celui qui montera le plus haut.

Le retour en France : retient la nuit. Départ 18 h, arrivée 6h du matin à Londres, et midi à la maison. Nous retrouvons la classe éco, et la nuit dans un avion n'a rien de reposant. Chaque fois que je m'endors, ma tête bascule et je me réveille en sursaut de peur de tomber sur l'épaule du voisin ; lorsque je décide de changer de place avec Flore, qui elle au moins peut s'allonger sur mes jambes ce qui me laisse le hublot pour reposer ma tête, le sommeil a décidé d'émigrer vers d'autres horizons et je ne peux que regarder un film à la TV pour passer le temps. A Londres, il faut être en alerte pour le changement d'avion. Le vol pour Lyon dure trop peu de temps pour pouvoir dormir. Arrivée à la maison, je ne peux que rêver d'un bon lit, ce n'est plus de mon âge les nuits blanches ! Pour ne pas trop nourrir le décalage horaire, je demande à Flore de me réveiller à 14 h. Ces deux heures de sommeil répareront partiellement les dégâts de la nuit précédente, mais le décalage horaire aura quand même été le plus fort : il sera difficile de s'endormir avant 3 h du matin, les deux nuits suivantes.

A peine arrivée, je suis contactée par deux entreprises de déménagement pour faire un devis. Je suis précipitée dans le magma de la lave en fusion ! C'est le top départ de l'organisation pré-départ. Tout sera emballé par les soins des déménageurs, il ne faut rien emballer nous-même au risque de ne pas être couvert par les assurances. Mais c'est parfait pour moi ! Par contre, il ne faut pas prendre les bouteilles de vin, les armes, de la nourriture, les produits d'entretien et produits toxiques, les animaux domestiques, et tout ce qui est susceptible d'apporter des germs sur le territoire américain. Ils sont plutôt prudents aux USA ! Il va donc falloir trier et ne laisser aux déménageurs que ce qui peut se transporter. Que va-t-on faire de la cave à vins ? On a une sarbacane rapportée de Malaisie, ça compte comme arme ? Je vais tenter de faire le tri, mais quelques produits illicites échapperont à ma vigilance et resteront tout de même. Les déménageurs ne feront pas le tri et ils passeront la frontière : le foin pour Lapinette, le cirage à chaussures, l'engrais… si j'avais su, j'aurai moins pris de précaution.

(1) Ellis Island, a été une station d'inspection de l'immigration , ouvert en janvier 1892 sur une petite île juste à côté de la statue de la Liberté, près de New York City. En cela, elle a aussi été la porte d'entrée pour des millions d'immigrants pour les Etats-Unis.

vendredi 19 avril 2013

première semaine Américaine


J + 1 semaine : Première semaine Américaine

Bon, cette semaine sera chargée ! Mercredi on reçoit le fret maritime. Ça valait le coup d'envoyer des affaires par avion : deux jours de gagnés ! Jeudi c'est le RDV à l'école : cela va déterminer la classe de référence. Vendredi, nous allons être reconnectés au monde (internet) et lundi prochain à celui des médias télévisuels. Des fois, j'ai le sentiment que les États Unis sont restés au temps de la préhistoire sur les questions de télécommunication. Et le pire dans tout cela, c'est qu'il faut être disponible plus de 4 heures de suite pour qu'ils viennent faire les branchements : c'est pire qu'en France ! C'est aussi le monde à l'envers, dans le pays des réseaux sociaux et du client roi, il faut attendre plus d'une semaine pour être connecté, et encore pas par la compagnie de notre choix. Mais que fait donc l'oncle Picsou, ou est-ce l'oncle Sam ?

Mardi, 15 heures : on décide d'ouvrir le coffre-fort aérien. Il nous faudra des cisailles pour venir à bout des bandeaux en fer, et puis des cisailles pour ouvrir la boîte en bois, et enfin des ciseaux pour ouvrir les cartons. Pas de dégâts, c'était bien emballé. Maintenant surprise : ce sont les vêtements d'hiver et la combinaison étanche qui sont arrivés en premier. Vu la chaleur qu'il fait ici en ce moment, c'est un peu décevant de déjà se projeter dans l'hiver. D'ailleurs, avec une telle chaleur, il est difficile de résister à l'appel de la clim, d'autant qu'ici la chaleur est moite. Qu'est devenue notre fibre écolo ? Bien sûr, il y a la piscine, mais entre 11 h et 16 h, il n'est pas conseillé de sortir sous le soleil brûlant. Et même sans bouger dans la maison, c'est difficilement supportable. Heureusement que les nuits sont plus fraîches.

Gus Gus traîne souvent dans le jardin. Gus Gus c'est notre nouveau lapin sauvage. En fait, il y en a plusieurs, et ils nous rendent souvent visite. Il y a quelques avantages à avoir un lapin sauvage : pas de crottes dans la maison, ni de cage à nettoyer, pas de nourriture à acheter, pas de rideaux ni de fils électriques rongés. Par contre, il faut être plus patient pour l'approcher. Et puis cet hiver il va sans doute hiberner. Mais peut-être qu'à l'issue de l'hiver, il nous fera la joie de s'être multiplié.

Mardi soir, on va manger dans un restaurant japonais pour l'anniversaire d'une collègue française de Kris. Tout le monde parle anglais, malgré une majorité de français. Le spectacle est au RDV. Le cuisinier japonais, qui prépare devant nous, fait son show. C'est plutôt réussi. Il faudra qu'on emmène nos amis français pendant leur passage. Malgré un ventre bien rempli, nous rapportons des doggy bags. Nous aurons assez à manger pour trois autres repas ! Il suffit de manger une fois par semaine au restaurant, pour se nourrir toute une semaine !!! Je sens que je vais aimer the Américain style of life. Maintenant, il ne faut pas oublier the tip (pourvoir). Le salaire du personnel des entreprises de service et de restauration est vraiment bas. Le pourvoir est obligatoire. Il reste à notre entière appréciation en fonction du service rendu. C'est là que les choses se compliquent pour nous : quel pourboire laissé ? En France, nous n'avons pas à nous préoccuper de la qualité du service, nous n'avons que peu de prise sur la question. Mais au moins nous avons la garantie que la personne,  quelle que soit la qualité de son travail, sera payée à peu près décemment. Notre fibre sociale est préservée, mais la qualité du service peut parfois laisser à désirer. Ici, nous avons un devoir de récompenser la qualité du service rendu, et le salaire de notre serveur dépend de notre générosité. C'est une lourde responsabilité, d'autant que la générosité ne s'apprend pas (les tips répondent à des règles codifiées, mais nous n'avons pas encore accès au code).

Mercredi 7.30 am : le camion chargé de nos précieuses affaires arrive. Les meubles auront mis exactement un mois pour arriver, c'est moins que ce que nous avions programmé. C'est plutôt une bonne nouvelle! Ce n'est pas tant le confort matériel qui me manque, mais bien cette enveloppe olfactive, visuelle, kinesthésique. Je ne suis pas habituellement très attachée aux objets, mais à défaut de liens humains encore en friche, les équilibres changent.
Le camion est en avance, le chauffeur s'impatiente car les gars du déménagement sont en retard et ils vont arriver finalement à … 9 h. Je n'arrive pas à joindre Kris pour savoir ce qu'ils font. C'était bien la peine d'acheter le téléphone en priorité ! Anne ma sœur Ann, ne vois-tu rien venir ? « Je ne vois rien que le soleil qui poudroye et l’herbe qui verdoye ». Deux messages et un SMS suivants, Anne ma sœur Ann, ne vois-tu toujours rien venir ? je vois les voisins qui s'activent et l'herbe qui jaunit... mais pas la moindre fumée de la délivrance. 5 messages suivants : Anne, ma sœur Ann, ne vois-tu encore toujours  rien venir ? je vois... ah enfin, les voilà. Il y avait du trafic. A Hagersdtown ? j'ai un doute. Ils arrivent à 4 et question beaux gosses, la France est largement devant. Mais ils vont être efficaces. Quant à moi, je suis de nouveau prise dans un tourbillon : ranger, ranger, ranger. Heureusement que l'on avait pré-organisé l'installation, mais il y a quand même des fois où ce n'est pas si simple, d'autant qu'il y a un embouteillage dans la maison : les meubles de location sont toujours là ! Les déménageurs vont arriver à presque tout remonter. On m'avait dit que les Américains ne sont pas très forts sur le ré-assemblage  mais là franchement, il n'y a rien à dire. C'est peut-être parce qu'au fond, ils parlent tous espagnol ! Un seul lit restera inachevé, car nous ne trouvons pas les vis. Une petite recommandation pour les entreprises de déménagement : pour la tranquillité de vos collègues, prenez les meubles à démonter en photo car si vous comptez sur le discernement des propriétaires, vous leur faites une mauvaise blague. Il est vrai que c'est notre premier déménagement réalisé par une entreprise professionnelle. D'habitude nous nous débrouillons nous-même pour les déménagements, avec quelques copains et la famille. Alors, nous n'avions pas prévu de prendre les meubles en photo.
A 14h00, ils ont fini leur job, et moi je continue le mien. En effet, ils ne déballent pas les vêtements, ni la vaisselle et autres ustensiles. Alors, il me reste plus que... 34 cartons, mais c'est bon de se sentir chez soi. Le sentiment d'existence, de ressourcement, de continuité... puise aussi sa force dans cette enveloppe matérielle. Retrouver ce qui est notre bien, c'est retrouver un peu de soi, ce que l'on a mis de nous lors du choix de chaque objet, c'est retrouver ces repères qui nous rassurent. J'ai besoin d'installer quelques tableaux qui sont les représentants de notre marque. La maison maintenant, nous ressemble... Il y a quelques objets qui resteront dans les cartons avant le prochain déménagement : le service à escargots, je ne pense pas que l'on en aura besoin ici, à moins de ramasser les escargots soi-même ! ; les tringles à rideaux ne sont pas de la bonne taille ; la bouilloire électrique met une demi-heure avant que l'eau ne soit chaude, changement de voltage oblige. Sinon, le reste trouve assez naturellement sa place dans cette nouvelle demeure. C'est fou comme les objets sont souples et s'adaptent facilement à cette nouvelle existence. C'est sans doute bon signe pour leurs propriétaires.

L'emménagement prendra plusieurs jours. Il faut dire que les meubles de location jouent les squatteurs ? C'est quand même dingue ces hôtes indésirables qui se permettent de squatter sans complexe ! Quand on déballe les cartons que l'on a pas emballés soi-même, on est pris entre deux mouvements. L'un de peur  panique : mais où est donc passé le vase en faïence de belle-maman ? Ah oui, c'est vrai je ne l'ai pas pris. Mais par contre, les assiettes art déco qui nous ont tant aidés pour nos repas entre amis, elles sont passées où ? ; et un sentiment de joie mêlée de surprise : Ah, tiens, les jeux de jardin ! les affaires pour la piscine !... C'est alors comme une pochette surprise que l'on déballe, on ne sait jamais ce que l'on va trouver à l'intérieur. Il y a aussi les grands moments de solitude : « la théière du Japon, attend son petit couvercle dans la salle à manger ; les supports des relax ont perdu leurs coussins ; lit à une place, blanc, très beau standing, en attente d'être remonté, recherche vis de petite taille, couleur argent pour vie à deux et plus si affinités». En ce moment, je passe ma vie entre le rangement, les courses, le bricolage, la cuisine, le jardinage, le ménage. Il y a comme une erreur. Vite, un antidote. L'écriture sera mon antidote. Par contre, pour que j'ai des choses à écrire, il me faut faire autre chose qu'écrire. Et me revoilà plonger dans le bricolage, les courses, le rangement... Il y a quand même parfois de grandes victoires qui se déroulent devant soi. Le lit que les déménageurs n'avaient pas réussi à remonter faute de trouver les vis, eh bien je les ai trouvées, moi, les vis. Ils étaient tout simplement...  visés aux barreaux, mais un peu cachés, il est vrai. Le vieux lit solitaire ne finira pas sa vie abandonné de tous, je l'ai remonté sans soucis. Avec un peu d'imagination et beaucoup de motivation, on peut vraiment déplacer des montagnes.

les voisins
Face à l'entrain de ma fille pour aller voir nos nouveaux voisins, je décide de l'accompagner pour nous présenter. La première maison nous réserve un accueil mitigé. C'est vraiment rare ici. Cela me refroidit un peu. On continue heureusement, avec la maison suivante. L'accueil est tout autre, ils veulent nous faire entrer alors qu'ils se préparent pour partir en WE. Puis, il y a celle de Julie (prononcer Djouli, merci "le petit quotidien"(1) de m'avoir autorisée à utiliser les lettres normales pour aider à la prononciation et pas la phonétique que personnellement je n'ai jamais vraiment comprise). La chaleur de l’accueil est exceptionnelle. Sa fille invite Flore à faire du trampoline, Julie m'explique l'utilisation du broyeur de cuisine et la discussion s'installe sur les bons plans du coin. Elle me propose de me faire visiter les environs. Elle s’interroge sur notre souci de ne pas utiliser la Clim alors qu'il fait 100 degrés dehors (non, nous ne sommes pas en train de bouillir, mais simplement d'utiliser les Fahrenheit). Il est vrai que les Américains mettent plutôt la clim à 72° (voire moins) : calculer le différentiel et vous comprendrez que la planète a du soucis à se faire...
(1) le petit quotidien est une revue quotidienne pour les enfants de 6 à 10 ans, auquel notre fille était abonnée en France


Une bourrasque de vent nous rappelle la dureté du climat et les changements de temps, brutaux. En moins d'une demi-heure, le temps a brusquement changé et une mini-tempête de vent, de pluie et d'objets volants non identifiés passe sur nos têtes. Cela aura au moins rafraîchi l'atmosphère. « Une petite poubelle noire, sans nom, recherche son propriétaire ». Serait-ce la nôtre ? La voisine Julie, qui nous a rendu visite, me le suggère car elle connaît les poubelles de tous ici, et elle ne reconnaît pas celle-là.
Le livreur de poubelle était justement passé, le matin suivant pour nous livrer la poubelle de recyclage. Pas un mot, pas un contact, juste une poubelle rouge placée devant la maison. Mais à qui peut bien appartenir la petite poubelle noire, envolée la veille?

Vendredi 20 juillet : la délivrance. Nous voilà connectés à internet. De nombreux messages d'amis et de collègues m'attendent, avec de nombreux spams aussi qui me promettent tous une vie meilleure avec tous les articles qu'ils proposent. Question vie meilleure, je vais me laisser tenter par celle qui s'offre à moi aux USA, alors je fais le ménage. Je peux enfin prendre connaissance de ces douces pensées qui me font parvenir l'odeur de la France. C'est vraiment quand on est loin, qu'on a besoin de se rapprocher. Il y a des distances qui réunissent. Cela m'avait fait le même effet la première fois que j'étais venue aux États-Unis, sauf qu'à l'époque internet balbutiait, le minitel battait son plein... mais seulement en France, et il me fallait parfois attendre un mois pour avoir du précieux courrier. Comme j'ai pu l'attendre ce courrier et le coup de téléphone mensuel à mes parents car cela coûtait trop cher d'appeler plus souvent ! Aujourd'hui, avec Skype, plus de soucis, je vais pouvoir faire visiter la maison à tout le monde sans que cela ne coûte un sou.

Le bruit des autres : les samedis sont bruyants dans notre rue, entre le marchand de glaces et les enfants qui jouent, les gens qui s'interpellent, on se croirait sur un marché Français ! Vive l'open space... Ce quartier d'habitude si calme, se transforme en fête foraine au samedi venu. En même temps, cela ressemble à ce que nous pouvons voir dans les films. On attend à tout moment retrouver le magicien d'Oz, ou Shirley Temple.
the  quiet neighborhood

vendredi 12 avril 2013

début d'une semaine américaine


Dimanche 15 juillet : début d'une semaine américaine.

Est-ce que je suis en vacances ou est-ce une semaine comme celles que je vais être amenée à vivre à partir de maintenant ?

Le corps reste indompté et la nuit est décousue. Lundi matin seulement, je me lèverai au son du réveil : il aura fallu trois nuits pour faire taire les sirènes !

L'été nous envahit, il fait chaud et humide. Les insectes se régalent. « N'ai-je que tant rêver de cet été brûlant, que pour mieux espérer un automne fraîchissant ? »

Dans le registre découverte, dans la cuisine j’aperçois le broyeur de déchets organiques installé dans l'évier. C'est pratique pour se débarrasser écologiquement de ces déchets naturels. C'est quand même mieux que de placer une poubelle remplie de vers exterminateurs, dans sa cuisine! Maintenant, reste à savoir comment cela marche. Est-ce que l'on peut tout mettre ? En quelle quantité ? Faut-il l'accompagner d'eau ? Encore un mystère à résoudre, Sherlock !

Il va falloir compléter notre arsenal d'objets utiles pour notre confort immédiat  Les magasins sont ouverts le dimanche. C'est sans doute pour cela que la semaine commence le dimanche. A certains carrefours, il y a des hommes sandwich qui brandissent des pancartes publicitaires. Je reste pensive sur l'efficacité d'un tel procédé, et un peu inquiète sur la qualité de vie de cet homme. Mais ce qu'il propose n'est pas ce que nous recherchons. Nous nous dirigeons vers le magasin de bricolage du coin. La caissière emballe nos courses dans des sacs en plastique. C'est commode, mais pour l'écologie, c'est une autre affaire ! Lors de mon premier séjour il y a plusieurs années, les magasins ne fournissaient pas de sacs plastiques, mais des sacs en papier recyclé. Les États-Unis sont en train de revenir en arrière pour la préservation de l'environnement. Déjà qu'ils ont la clim à fond, les voitures superpuissantes, les lumières allumées nuits et jours : ils ne sont pas près de ratifier les accords de Kyoto.

Je réalise avec ces premières courses, que je suis en train de faire ma révolution culturelle : pour la première fois de ma vie, excepté lorsque j'étais enfant, je me laisse entretenir par quelqu'un. Ce n'est pas si simple pour l'estime de soi. 100 ans de luttes féminines réduites en poussière! En vrai, je n'ai pas encore complètement franchi le pas car je suis toujours en congés payés. Alors, je joue aux divas qui se moquent des questions bassement monétaires.

Dans les magasins, j'ai encore du mal à m'ajuster à l'anglais. Ma mémoire est infidèle surtout pour bien comprendre chacun des mots. J'ai encore trop souvent la désagréable sensation d'être à côté de la question, ce qui me donne l'impression de jouer au jeu du fou, dont je vous rappelle le principe : une personne, considérée comme le médecin sort de la pièce et n'entend pas ce qui se dit de l'autre côté. Elle a pour consigne à son retour de poser des questions à chaque personne pour découvrir de quelle maladie ils souffrent. En secret, les autres se mettent d'accord pour répondre aux questions du médecin en décaler : le premier répond « n'importe quoi » puis la personne suivante répond à la question posée au premier, et le troisième répond à la question du deuxième et ainsi de suite. Mais au jeu du fou, moi je connais les règles. Je vais bien avoir besoin d'un petit rafraîchissement dans un bain linguistique.
Heureusement, je peux prendre des cours d'anglais. Lundi matin, Peggy arrive, entourée d'un nombre important de livres. Je la comprends parfaitement, sans effort. Est-ce bien le même Anglais que la veille ? Elle se rend compte que ces livres apportés pour ma fille, ne sont pas ajustés à son niveau. Les efforts mis dans l'école bilingue en France ont été payants. Le cours commence, mais... pour ma fille. Quant à moi, elle me propose des livres de vocabulaire et de grammaire assez rébarbatifs. Zut, il faut que je retourne à l'école. Heureusement, elle propose aussi des soirées pour échanger sur la lecture d'un livre. Ou, des ballades entre expats : je vais devenir une vrai desperate housewife ! A son départ, nous avons droit à notre premier hug américain, bien serré aux épaules mais pas trop serré ailleurs, avec une petite tape amicale dans le dos, pas du genre accolades de joueurs de rugby.

Notre installation dans notre nouvelle vie Américaine est une chose, mais il ne faut pas oublier les derniers points non aboutis en France. Ça y est, je viens d'avoir l'assureur pour régler le dernier détail de notre changement de situation. Il faut que j'appelle de l'autre côté de l'Atlantique pour que leurs lignes ne soient pas toutes occupées. Il est vrai que je n'ai pas fait attention à l'heure en France et ce n'est pas une heure de pointe. Une petite voix pré-enregistrée m'accueille : « Bonjour, bienvenue, vous être bien à …, nous allons donner suite à votre appel. Indiquer l'objet de votre demande". " Changement de vie !"... "J'ai bien pris en compte votre demande, je recherche un conseiller.  Dans le cadre de notre service de qualité, et sauf avis contraire de votre part, cet appel est susceptible d'être enregistré», tiens pourquoi pas, je laisserai ainsi des miettes de moi là-bas...

Lundi matin, arrivée du container aérien. Enfin, une partie de nos souvenirs nous rejoignent. On se sent moins seules. Surtout qu'avec l'indisponibilité d'internet, les liens sont distendus. Pour l'instant ce n'est qu'un carton bien emballé dont on ne peut encore rien sortir car il nous faut des pinces très coupantes. Ce n'est pas grave, car on sait qu'à l'intérieur, il y a nos trésors.

Ce soir (lundi), il ne faut pas oublier de mettre les poubelles dehors. Demain, le service privé de ramassage des ordures ménagères, passe. Il a fallu s'abonner à ce service car il n'est pas prévu collectivement. Nous avions le choix de la compagnie. Nous avons pris la même que les voisins. Au moins, elle offre un passage pour le recyclage. On va continuer à être des citoyens responsables. Une poubelle pour les déchets courant nous est offerte en cadeau de bienvenue! Mais que se passe-t-il quand on ne prend pas ce service ? Les poubelles s'entassent ? Est-ce obligatoire ? Le lendemain, je me suis levée de bonne heure. Le camion passe à 6H30. Mais il s'arrête seulement chez d'autres voisins qui apparemment n'ont pas la même compagnie que nous. Nos poubelles à nous sont orphelines. C'est sans compter qu'un quart d'heure plus tard, notre compagnie arrive. Cette fois nos poubelles sont ramassées, elles vont pouvoir commencer une nouvelle vie. Les mardis, nous ne serons plus jamais réveillés par la musique country du radio-réveil, mais par le bruit des camions poubelles !!!

Depuis que je suis arrivée, mon portable me suis partout. Pas mon téléphone, mais mon ordinateur portable, car j'ai beaucoup d'idées qui se bousculent dans ma tête et j'ai envie de les écrire :
« J'écris pour consoler ceux que la peine inonde
pour apaiser les cœurs de ces douleurs profondes
pour réveiller aussi les pensées vagabondes
et endormir sans bruit les pensées les plus sombres.
J'écris pour le soleil qui brille dans la nuit
j'écris pour l'étranger qui fuit de son pays
J'écris sans rien attendre d'un retour incertain
j'écris sans jamais savoir ce que sera demain
J'écris sur l'écorce de l'arbre pour laisser une empreinte
j'écris dans l'air du temps pour que les mots s'échappent,
j'écris dans le jardin du temps, sans aucune contrainte
j'écris sous les étoiles avant qu'elles ne me happent
sous le soleil brûlant j'écris aussi sur l'eau
mais dans le désert blanc j'écris sans faire d'écho
j'écris sur le sable et dans les champs de blé
j'écris, j'écrisje crie sans jamais m'arrêter. » poème écrit à l'occasion d'un atelier d'écriture en mars 2011, mais tout à fait adapté à la circonstance. Je crois que mon inconscient, lui savait déjà ! En tout cas, question inconscient je suis servie, cette nuit, j'ai rêvé que j'écrivais. Au niveau de l'axe temporel, c'était bien un rêve, beaucoup de choses se mélangeaient, mais je me suis vu me dire qu'il faudrait retenir cela pour l'écrire comme je le fais maintenant depuis plusieurs jours. Est-ce un signe ? Mon téléphone portable quant à lui reste sourd et muet, non pas parce que je n'ai pas d'appel car Kris à mon numéro, mais parce qu'il est toujours loin de moi. Je ne suis pas prête de l'avoir greffé à la main ! D'autant que je me suis rendu compte que dès qu'il est utilisé pour appeler, mais aussi pour enregistrer son message vocal, ou lorsque l'on est appelé, on consomme des minutes. Je comprends mieux les 240 minutes du forfait...

vendredi 5 avril 2013

allons enfants de la patrie...


Samedi 14 juillet : allons enfants de la patrie...

Samedi matin : premiers petits ajustements à notre nouvelle vie : acheter l'indispensable téléphone portable qui nous permet de rester relier. Rien à moins de 240 minutes, mais pour appeler qui ? Je ne connais pour ainsi dire personne ici. J'avais déjà du mal à consommer mes deux heures locales en France ! Il nous faudra aussi un BBQ de compétition, histoire d'épater les copains à notre retour, et aussi d'une tondeuse, ça c'est pour faire comme les voisins. La télé quant à elle est déjà achetée et elle est encore plus grande que la nôtre de France, mais plus petite que le standard américain. La folie des grandeurs va-t-elle nous gagner ? La télé est grande mais nous ne recevons pas encore les chaînes. C'est pourquoi, en attendant, elle trône dans le salon telle une œuvre d'art en attente de reconnaissance.

En passant dans notre lotissement (neighborhood), je remarque des drapeaux américains accrochés à quelques maisons : la fierté de la nation ! Serons-nous aussi fières de notre grande nation ce soir à l'ambassade ?
Les maisons sont construites soit en bois , soit en brique, soit mixtes. Elles sont plutôt grandes et dans l'ensemble, bien entretenues. Comment font-ils ? car en France, les maisons en bois se dégradent souvent très vite et après quelques bourrasques de pluie, il ne reste plus de la majesté du bois, que son enveloppe vieillissante. Ce n'est tout de même pas de l’aggloméré ?

Sur la route 70 : descente vers Washington. J'observe les panneaux, à défaut d'autres distractions. En effet, pour rompre la monotonie de la route et pour agrémenter le voyage, les Américains installent des décorations artificielles sur le bord de la route. Ce sont des panneaux qui à chaque intersection, renseignent sur ce qui peut se consommer : nourriture (food), logement (lodging), essence (gas), attractions. Il y a aussi des panneaux qui indiquent que l'autoroute est subventionnée par : les dividus cigars ou que la patrouille d'urgence l'est par : state farm, len the plomber (attention aux faux-amis : state farm n'est pas une ferme d'état mais une compagnie d'assurance). Le summum du règne de l'argent serait que les autoroutes soient subventionnées par une bière locale ! Et bien c'est fait. J'ai en effet trouvé, plus tard dans le séjour, une pancarte indiquant que l'autoroute 70 était subventionnée par Francklin Liquor qui est bien un magasin d'alcool...
Sur la route, nous rencontrons beaucoup de travaux. Serait-ce le temps des moissons ? En France, c'est souvent au début de l'été. N'avez vous pas déjà remarqué que début juin, nos routes se couvrent de nouveaux revêtements, s'ornent de nouvelles couleurs, se façonnent de mille façons. Ici, il est grand temps de faire quelque chose car les routes sont en plutôt mauvais état, mais il est vrai qu'elles ne sont pas payantes, elles sont seulement subventionnées ! Heureusement, le confort de la voiture amortit les chocs. Il y a aussi beaucoup de bouts de pneus déchirés qui errent sur le bord de la route. Comment peut-on perdre de tels bouts de pneus ? Il y en a qui perdent les pédales, d'autres ce sont les pneus.
Arrivée vers l'ambassade à 18h20. Heureusement que Tom Tom nous indique que nous sommes près de la destination car rien ne laisse transparaître qu'ici, c'est la ville. Les environs boisés font plus penser à un grand parc qu'à une avenue fleurie d'ambassades. On vient de croiser celle de l'Allemagne.

Une demi-heure de queue avant d'entrer, cela doit valoir la peine! Avant de traverser la route, une délégation du Congo nous accueille au bruit des tambours et des portes-voix pour nous dire que la la politique de la France dans leur pays est pire que celle des Nazis. Vive la fête nationale et l'entrain pour la nation... le jour de gloire n'est pas encore arrivé !

Entrée dans l'ambassade : entre grandeur et décadence. C'est la première fois que je vais dans une ambassade française, ou même un consulat. J'étais déjà allée à l'ambassade Américaine à Paris pour le visa, mais jamais dans un petit bout de France à l'étranger. Voilà qui est fait. Les tenues de soirée sont de sortie, le champagne et le foie gras s'imposent, la musique rappelle la douce et lointaine France... mais très vite la moiteur ambiante nous submerge et fait couler le maquillage, les enfants se baignent dans la fontaine, il faut jouer des coudes pour se servir au buffet : pas de doute, on est bien en France. Je ne suis pas sûre que je renouvelle l'expérience. Je préfère de loin célébrer notre chère nation sur une via ferrata en montagne, ou sur un rafting en eaux vives ou encore... tout simplement chez moi aux USA. Vive la république !!!