Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 25 avril 2014

11 mois : Gruissan au meilleur de sa forme!!!


Le lendemain de notre arrivée en France, nous avons prévu de descendre dans notre appartement sur la côte Méditerranéenne. Ce seront sans doute nos seules vacances à la mer. En effet, nos prochains voyages seront à Orlando (en Floride mais à l'intérieur des terres, même si les nombreux parcs aquatiques et piscines nous font perdre la notion des vacances à la mer!) et au parc national du Yellow Stone, en plein centre des USA. Je veux aussi profiter de mes parents car dès le WE prochains les invitations vont pleuvoir et je risque d'être un peu absente. 2013 aura été une année pluvieuse !
En reprenant la twingo après 11 mois de villégiature de mon pied gauche, j'ai un peu de mal à passer les vitesses. Mais les habitudes Pavloviennes se retrouvent vite. L'expérience originale de Pavlov avait réussit à faire saliver un chien au seul bruit d'une sonnette parce qu'il avait été exposé plusieurs jours de suite au bruit de cette sonnette, juste avant un repas. Puis, même après plusieurs jours sans exposition, la salivation revenait au retour de la sonnette.
Sur la route, je constate que les Français n'ont toujours pas renoncé à rouler vite et à slalomer sur l'autoroute. Je comprends l'impression des Américains que nous sommes de mauvais conducteurs. Le problème d'une telle conduite, c'est qu'elle suppose que les autres conducteurs soient avertis et ne se laissent ni surprendre, ni impressionner... C'est l'un des quelques principes qui ne s'exportent pas, car cela suppose une organisation tacite sous-jacente globale, plus complexe que la simple partie immergée. Je trouve néanmoins cette conduite nerveuse et dangereuse car nous ne sommes jamais l’abri d'un imprévu.Et puis, finalement la conduite de bon père de famille, c'est assez reposant.

Gruissan presque sans vent et qui fait éclater ses plus belles couleurs, c’est inespéré ! Gruissan sans vent, c'est un peu comme... l'Angletterre sans nuage,  : une bonne surprise!!! (ne vous méprenez pas, j'aime beaucoup l'Angleterre et son temps souvent brumeux et pluvieux lui permet de garder sa fraîcheur, sa verdure, ce n'est pas un hasard si les Anglais sont les rois du jardin ! La seule chose qui m'indispose, c'est comme j'ai à passer par Londres à chaque allé-retour, je suis ennuyée par les conséquences des nuages).

Il y a les motos neige en montagne, et à Gruissan il y a aussi les moto... crottes. Plus besoin pour le propriétaire d'un chien de ramasser derrière lui lors des promenades digestives, la moto-crottes le fera pour vous. Ce qui permet au village de rester propre, aux promeneurs de ne pas tenter leur chance sur les pavés, et aux propriétaires de chien de rester égoïstes et malpropres. Je me suis toujours demandée comment ces mêmes personnes se comporteraient si les pavés municipaux étaient leur propriété privé. Même chose pour les jeteurs de mégots et autres papiers gras encombrants. «  faites aux autres ce que vous ne vous réservez pas a vous-même ! », maxime des propriétaires de chiens indélicats. Mais toutes les communes n'ont pas les moyens d'avoir des motos-crottes.

Premier matin, 8.00  : la débroussailleuse a commencé à réveiller le village engourdi ! Ils vont venir à trois, on ne rigole pas sur la taille ! Les abords seront parfaits, les vacanciers du mois de juin, sans doute un peu moins reposés. Mais bon après tout, au mois de juin, ce sont surtout des retraités qui prennent des vacances, alors ils ont l'habitude de se lever tôt ! Mais, moi je ne suis pas encore retraitée, et j'ai surtout le jet-lag à assumer. Alors, L'idéal pour que l'harmonie se trouve entre ces deux positions contradictoires, c'est soit que les vacanciers comme moi, viennent en hiver, soit que la taille se fasse en hiver. Pour vous donner une idée du bruit, cela rappelle les marteaux piqueurs de chantier ! Les vacances ne sont pas de tout repos !

Pour notre première semaine, le soleil et la chaleur ne nous auront pas boudé L'intérêt ici c'est que cela ne s'accompagne pas de moiteur. Alors, pour compenser je suis allée au hammam dans une bassin aquatique balnéothérapie. L'eau n'est jamais à moins de 32°. Le seul petit quack, avant de sortir plus de sac dans lequel j'ai quand même mes clefs de voiture ! On le cherche de partout, mais ne le trouve nulle part ! Je me fais assister par deux personnels de la piscine qui m'aident à regarder de partout, notamment dans les poubelles. Finalement, je passe du côté piscine et là je le trouve avec d'autres affaires qui ne sont pas à nous. Une gentille dame se sera simplement trompée, en pensant que c'était son sac de gâteaux. Les gâteaux auront eu un drôle de goût si je ne l'avais pas retrouvé et qu'il m'aurait fallu aller porter plainte! J'aurai dû l'accompagner d'une étiquette à notre nom, comme à l'aéroport...

vendredi 18 avril 2014

11 mois : des retrouvailles qui se méritent...


Enfin le 8 juin : départ pour la France ou retour au pays.
Arrivée sur Heathrow : accueillies par une masse nuageuse et par la température frisquette. Décidément, malgré ma joie de revenir, ce n'est pas la partie la plus agréable d'autant qu'encore une fois je n'ai pas pu dormir dans l'avion : il n'était pas très grand et il y a eu quelques nuages perturbateurs en route, juste au moment de m'endormir, pas très puissants mais suffisants pour faire déserter le sommeil... Décidément à Londres, si l'on veut voir le soleil il faut le chercher... au-dessus des nuages !
Apparemment un incident sur Heathrow nous fait atterrir sur une zone reculée. Nous allons alors voyager en bus dans les coulisses du célèbre aéroport. Cela change des habituels couloirs immaculés. Tout n'est que travaux, entrepôts, bibelots... L'arrière cours n'est pas à la hauteur de sa devanture.
Deux caractéristiques nous font réaliser que nous avons quitté le sol Américain : des langues très variées sont parlées autour de nous et pour la connexion internet, il n'y a que 45 minutes gratuite.

11H35 : décollage pour la France. La masse nuageuse ne m'indispose plus, tant il me tarde de fouler le sol français. Je comprends mieux l'impatience des émigrants qui reviennent au pays ! Le repas de midi sera une boisson et des cacahuètes ou des chips : Sacré menu, mais au moins rien ne change ! Il n'y a décidément plus de petites économies !!! On a intérêt à ne pas se laisser surprendre. Sauf que nous n'avons que des dollars ou des euros et une carte bleu. Le sandwich acheté à l'aéroport risque de nous coûter un peu cher car je rappelle que l'Angleterre n'a pas encore adopté l'Euro... Lors du survol de la France, je remarque l'incroyable découpage du paysage en parcelles très délimitées souvent par des haies d'arbres, et des barrières. Cela donne une impression de puzzle bien assemblé mais découpés en pièces. Un puzzle aux couleurs vertes et bleu, marques des fortes pluies de l'année écoulée. S'il y avait bien une année à fuir la France, c’était bien cette année. L'hiver 2012 avait été très froid tandis que l'hiver et le printemps 2013 très pluvieux. L'été sera-t-il se montrer plus lumineux ?
A la douane, le climat est détendu. D'abord, il y a très peu de monde, et puis la majorité des passagers sont Français, il n'y a donc pas de questionnement sur leur légalité à flouer le sol. A l'attente des bagages, je suis comme happée par toutes les conversations que je comprends sans avoir à y prêter garde. A Hagerstown surtout, lorsque j'entends parler français, c'est un étonnement. Ici, je me surprends à me laisser envahir par chacune de ces phrases qui ne me sont pas adressées. Je pense que lorsque l'on a pas d'effort à faire pour comprendre la langue, très naturellement on se ferme aux conversations des autres. Mais pour moi qui est pris l'habitue d’être très attentive, c'est comme si j'étais la tour de contrôle de chacune de ces discussions qui dérivent invariablement vers moi. Je me rends compte aussi, que nous ne pouvons plus nous parler français avec Flore pour ne pas être comprises. Il nous faut alors chuchoter.

A notre arrivée, le taxi de l'entreprise nous attend, près a nous rapprocher encore plus de notre destination finale : la famille. Malgré mon manque de sommeil, je ne peux pas encore dormir, je suis trop impatiente.
Lorsque nous arrivons chez mes parents, il n'y a personne. Nous le savions puisqu'ils sont chez mon frère, juste a cote. Cela change des retrouvailles très démonstratives a l’Américaine, ou l'habitude est plus d'attendre les gens pendant des heures a l’aéroport ! Je dépose les valises, et nous parcourons a pied les 500 m qui nous sépare de la maison de mon frère. Les retrouvailles se méritent ici...

vendredi 11 avril 2014

11eme mois, juin : l'anticipation du retour au pays !


L'école est finie, il est temps de passer aux choses sérieuses ! « C'est les vacance, adieux les pénitence, les cahier au feux, la metresse au milieux ». Pour nous, ce sera le retour au pays. L'école n'étant pas encore finie outre Atlantique (pour nous, l’outre Atlantique est la France), nous pourrons profiter de tous nos amis. En effet en France, dès que l'école est finie, c'est le temps de la migration estivale et il est difficile de pouvoir voir tout le monde!!! alors revenir au mois de juin ce sera parfait pour profiter de tous .

Je commence à être impatiente. La France semble avoir renoué avec le beau temps, et ici ces trois derniers jours, le temps va être gris et pluvieux, histoire de ne rien regretter... J'ai bien sur très envie de revenir, de voir tous mes proches, nous n'allons pas manquer de bons moments. Mais je sais aussi, qu'il nous faudra aller voir des médecins, faire des démarches administratives, et commencer à envisager notre retour, notamment sur la future école de Flore ce qui pourra supposer que nous changions aussi d'habitation. De même, je veux passer du temps avec mes parents qui sont bien éprouvés ces derniers temps. Je sais aussi que ma mère a évolué ces derniers moments et je suis inquiète qu'elle ne me reconnaisse plus. Je sais que c'est inscrit à plus ou moins long termes dans le processus de la maladie, mais cela reste une épreuve pour les proches.
Et puis, je sais que je vais aussi regretter mes amis ici avec lesquels les revoirs sont chaleureux car nous savons que nous allons bientôt nous revoir. Quand sera-t-il pour le départ définitif, car contrairement à nos amis de France, il n'y aura sans doute pas de retour ?

Mais en attendant, il vaut mieux s'activer pour ne pas trop s'impatienter. Le premier WE de juin, juste avant de partir en France, nous allons pouvoir aller au Blues festival, peut-être pour mieux nous imprégnier de ce que les USA font de mieux ! Pendant deux soirées et deux jours, Hagerstown ne résonne plus que par la son de cette musique envoûtante. C'est une musique qui vous enchaîne car vous ne pouvez plus laisser votre pied tranquille. C'est aussi la musique des sentiments les plus profonds. Il faut bien reconnaître qu'en matière de musique les Américains sont très forts. Ils ont déjà le Jazz mondialement reconnu, la country qui n'est pas sans intérêt, le Gospel qui est loin d'être ennuyeuse et la musique cajun, qui mérite le détour (je l'avais découverte lors de mon premier séjour il y a 20 ans). Bien sur en matière de musique plus récente, ils sont bien souvent leaders. Pour ce dernier WE sur les terres Américaines, nous aurons pu profiter de ce que la vie ici peut réserver de bon, et tout cela sans quitter Hagerstown : Hagerstown en passe de devenir une destination de rêve...
A propos de la musique Cajun :
http://www.youtube.com/watch?v=nlZfn7T3Nc8&feature=player_embedded#!
Juste avant le départ aussi, j'ai découvert que le Maryland avait renoncé à la peine de mort mais par contre avait légalisé le marriage gay : plusieurs bonnes raisons de revenir. Ce qui me parait important dans de telles dispositions ce n'est pas tant leur raison d'être que leur valeur de respect de l'être humain dans toutes ses composantes.

Avant notre départ, je cherche quelques adresses de nos amis Américains, pour pouvoir leur écrire de France. Je sais à quel point cela pourra leur faire plaisir, tant la France est une destination de rêve pour eux. Alors, je pianote leur nom sur les pages jaunes (yellow pages), et je suis bien surprise de découvrir associe à leur nom des informations que me paraissent extrêmement privées : leurs enfants, s ‘ils sont mariés, s’ils sont répertoriés pour avoir eu des malpratrices, ou s’ils font l’objet de sanctions... Il vaut mieux être blanc comme neige...

vendredi 4 avril 2014

le joli moi de mai, et l'anticipation du retour au pays

Afin, nous avons un WE prolongé en mai : celui de Mémorial day, le lundi 27 mai. Beaucoup, en profitent pour rejoindre l'Atlantique, pour visiter les alentours. Les routes doivent être chargées, les hôtels encombrés. Nous avons décidé de rester à Hagerstown. De toute façon avec le programme de cet été, nous n'allons pas manquer de découvertes. Ce sera alors le WE des invitations. D'abord, le vendredi soir, au restaurant avec un couple de nos voisins. Nous allons encore pouvoir vérifier leur sincère entraide. C'est en même temps l'occasion de mieux connaître l'origine de notre lotissement, les relations dans le voisinage. Les relations sont cordiales mais sans approfondissement (sauf avec … nous). Le lendemain, ce sont d'autres voisins un peu plus loin qui nous invitent à un BBQ. Leur fils est dans la classe de Flore, c'est comme cela que nous les connaissons et que régulièrement nous partageons des activités. Mais en même temps sur mon portable, j'ai un message d'invitation pour un goûter le même jour. Les deux familles se connaissent, nous pourrons aller au deux (en évitant de manger à midi pour ne pas surcharger l'estomac). Le lendemain, c'est nous qui invitons tous les expat français qui travaillent dans la compagnie de Kris. Cela fait seulement trois familles (sans nous compter). La communauté française est réduite ici. Et cela tombe bien car je ne suis pas désireuse de rester seulement avec des compatriotes, j'aime au contraire rencontrer des gens d'autres nations. Nous évoquerons les différences entre la France et les USA, notamment ce qui nous manquera d'ici à notre retour en France (un couple va bientôt rentrer) : la confiance et le respect, les journées très ensoleillées, la vie moins stressante (nous quitterons une petite ville pour rentrer dans une grosse agglomération).
Le jour de Memorial day, c'est l'anniversaire de mon amie Allemande. Elle nous a invité après notre traditionnelle marche du mardi pour prendre un café et manger le gâteau. Je tiens à lui offrir des fleurs. Mais ce jour-là, tout n'est que bleu, blanc, rouge, aux couleurs de la nation. Et même si cela pourrait être aussi mes couleurs, ce ne sont pas les siennes. Alors, je rajoute une jaune et une orange et j'aurai pris soin d'enlever le petit drapeau Américain, pour faire moins patriotique...

J'ai enfin réussi à trouver mon « fraise au champ », ce sont ces fermes dans lesquelles l'on ramasse ses propres fraises. Ce n'est pas tant le plaisir de la cueillette, que le plaisir de manger des fraises qui ont du goût et en grande quantité qui me fait apprécier cette forme de ferme. Il y en a même plusieurs tout près de chez moi (mais impossibles à trouver sans aide et internet pour ce type de besoin n'est pas le meilleur moyen : j'en ai trouvé en effet beaucoup, mais pas du tout à côté de chez moi). A force d'en parler à tout le monde, mes voisins nous ont proposé de les accompagner dans leur ramassage. Et lorsque j'en ai parlé à la communauté d'expat, d'autres m'ont fait découvrir de nouveaux endroits : c'est le principe de la multiplication des pains... J'avais cette habitude depuis trois, quatre ans en France et j'avoue que j'espérai bien trouver l'équivalent ici. Question équivalence, cela s'arrête à la cueillette par soi-même. En effet, alors qu'en France vous vous retrouver sur un vaste terrain qu'il vous faut arpenter à pied, déjà investit par de nombreuses personnes, sans trop savoir où vous rendre, dans un parfait : chacun pour soi, voir même « si je peux induire l'autre en erreur cela me laissera plus de chance pour avoir les meilleurs emplacements » ; ici vous êtes conduit personnellement et parfois en voiture par une personne qui vous indique votre emplacement en fonction de ce qui a déjà été ramassé, de ce qui est mûr, et il vous faut à votre tour placer le petit drapeau à la fin de votre ramassage pour indiquer aux suivants à quel endroit il reste des fruits murs, dans une parfaite organisation bien rodée. Il y a même un répondeur qui vous indique quand ils sont ouverts en fonction de l'avancée du ramassage, de la maturité des fruits. Mais peu importe la manière, ce qui compte c'est que dans chacun des pays, les fraises soient délicieuses...

De toute façon, je vais pouvoir peut-être pouvoir comparer les goûts, car nos billets pour notre retour en France sont pris. Il ne nous reste plus qu'à compter les jours. Je donne les dates à notre famille et les amis qui s'empressent de nous proposer des dates pour se voir. Le challenge : faire tenir tout le monde en moins d'un mois ! j'ai tellement envie de voir tout le monde, que je ferai bien une grande fête avec tous mes amis du 9 juin au 4 juillet sans interruption... Bon en même temps, je pense qu'au bout de quelques jours, cela risquerait d'être too much. J'ai en même temps peur que rien n'est changé en France : les mêmes soirées, avec les mêmes personnes, les mêmes discussions, mêmes petits agacements... Je ne veux pas non plus les envahir avec notre vie ici, ou simplement avec l'expérience qui nous transforme, nous questionne, nous fait aller chercher des ressources internes qui se cachent... et que nous sommes les seuls à vivre ! Et puis, je sais aussi que la vie ici va me manquer, nos nouveaux amis, le beau temps, la vie moins stressante, la tondeuse... « quand reverrai-je mon petit village, et en quelle saison ? »