Au mois de mars, il y a les giboulées et... le MSA (1).
Mais où est donc passé le temps où les enfants passaient plus de
temps à apprendre qu'à tester leurs connaissances ? En effet,
les tests sont tellement nombreux qu'il est facile de s'y perdre. Il
y a d'abord ceux de la classe en lien avec une leçon. Plutôt
normal. Puis, il y a ceux du County pour déterminer
les enfants gifted ; les tests
chaque trimestre pour évaluer le niveau général (souvent en
contradiction dans les résultats de Flore avec les deux précédents),
ceux pour les enfants dont l'anglais est le seconde langue ; et
enfin, il y a le MSA. Celui-ci, tout le monde en parle, il faut dire
que l'enjeu est de taille, mais je n'ai pas encore bien compris
comment. Quand je pose la question, « qu'est-ce qui se
passerait si un enfant ne le réussit pas ? » les réponses
sont en générale assez vagues, comme si cela n'était jamais
arrivé. Alors peut-être que pour un Américain cela peut avoir des
conséquences sur son classement, son suivi de scolarité. Mais pour
Flore, qui devrait revenir en France, cela ne sera qu'un test de
plus. Me reviennent en mémoire les débats passionnés autour des
évaluations nationales du CE1. Ici le MSA se passe toutes les années
de 3rd grade (CE2) jusqu’à 8th grade
(4e). Alors, les débats se sont tues depuis bien longtemps. Rien de
tel pour faire taire les discordances que la chape de plomb...
Les notes n'ont pas la même valeur que chez nous. Un A+
correspond à 100% de réussite, A = 97 %, A- = 90 % ;
B+ = au-dessus de 87 %, B= au-dessus de 83 %, B-= au-dessus
de 80 % ; un C+ = plus de 77 %, un C= au-dessus de
73 %, C- = au-dessus de 70 %; D= au-dessus de 60 et U si le
test à été raté (mais il y a une deuxième chance!!!). Un D
finalement correspond approximativement à 12/20 ce qui n'est pas
catastrophique pour un Français). Sauf, bien sûr que les tests ne
sont pas équivalents à ceux que nous connaissons dans l'hexagone.
Il y a beaucoup de Quiz, de questionnaires à choix multiples, les
fautes ne comptent pas de la même manière si le test ne porte pas
sur le spelling... Il y a souvent une tentation de
n'avoir que des A, car cela donne une bonne
représentation de votre travail et peut avoir comme conséquence de
vous faire accepter dans les meilleures écoles (d’où le besoin de
négocier ses notes, de refaire un test peu réussi la première fois;
en même temps je ne suis pas allée jusqu’à savoir ce qui se
passerait si les A étaient systématiquement obtenus qu'à la
deuxième chance).
Une règle générale qui s'applique ici aux États-Unis
à l'école, mais aussi dans la vie de tout les jours, ce sont les
encouragements permanents, les félicitations surdimensionnées
(rappelez-vous : « congratulation, you are so good,
what a wonderful job ! ») et la règle de la
deuxième chance. Il est difficile de connaître la vérité sur les
choses, les vraies appréciations des gens. Je me demande jusqu’à
quel point les encouragements systématiques quel que soit le niveau
d'effort, la non discrimination sur le résultat des élèves, la
deuxième chance (un exercice à été mal réussit, on peut le
refaire), la valorisation de l'enfant sans réellement tenir compte
ni du résultat, ni de la marge de progression, ni des efforts
dépensés... n'entretiennent pas un climat de toute puissance. J'ai
entendu des professeurs d'Université qui se plaignaient d'étudiants
qui venaient tout simplement réclamer de changer leurs notes sous le
prétexte d'injustice, plutôt que d’interroger leur propre
travail, leurs qualités... Est ce que cela n'entretient pas un
climat fictif d'égalité à tout prix ? Par contre, une chose
est sûre pour moi, le dénigrement perpétuel, l'insatisfaction
permanente (le « peux mieux faire » à la française), la
comparaison systématique entre les résultats des uns et des
autres... est une valeur sûre pour développer un sentiment de
mésestime et d'insécurité personnelle.
De toute façon dans ces domaines, il y a encore de
nombreuses contradictions, car malgré le sentiment général de
valorisation, si vous n'avez pas un bon rapport, de bonnes notes, un
bon bulletin... il est difficile d'intégrer l'école de votre choix.
Et surtout pour ceux qui n'ont pas les moyens financiers, le meilleur
moyen de réussir à intégrer une Université sera par les bonnes
notes. Et en même temps, quelle ne sera pas notre surprise après un
devoir long à faire à la maison (au moins 6 heures, mais aussi
parce que Flore affinera la présentation), d'apprendre que plus de
la moitié des élèves ne l'ont pas fait ! Ou encore
d'apprendre par la maîtresse, que Flore connaît mieux les États et
les capitales des USA, que la plupart de ses camarades de classe. Les
devoirs ne sont pourtant pas une option. Nous ne sommes plus à une
contradiction près...
Quoi qu’il en soit, pour se préparer à cette intense
activité de l'esprit pendant les tests, l'école n'est pas en reste
de propositions amusantes : MSA (1)
spirit Week : pendant la semaine précédente, il
sera proposé aux enfants et adultes de venir habillés de manière
assez spéciale :
Lundi = mettre sa casquette de penseur :
put on your thinking caps and do your best on the test !.
Bon jusqu’à là rien de bien exceptionnel, il était juste
autorisé de porter une casquette à l'école...
Mardi = porter ses vêtements à l'envers,
et des vêtements dépareillés don't let the test mix you
up... always reread and check your answers!. Pour les
vêtements dépareillés, ce n'est rien d'autre qu'une habitude
américaine... (j'exagère bien sûr !)
Mercredi = s'habiller chic avec des
vêtements classes : look the part... dress smart for MSA.
C'est là où les paillettes et frou-frou sont de sortie (voir un peu
plus loin sur la mode).
Jeudi = porter son pyjama ou s'habiller
comme son héros de livre préféré : read across America
Day ! Do lots of reading to get your brain ready for the test.
Flore choisira Daphné dans la série de Scoubidoo, non que ce soit
son héroïne préférée, mais nous avons au moins réussi à
trouver les vêtements (je vous rappelle les couleurs : robe
violette, collants roses, écharpe verte, ruban dans les cheveux,
violet). Contrairement à elle, beaucoup d'Américains seront venus
en pyjamas, adultes compris. D'ailleurs, ce n'est pas la première
fois qu'une journée pyjama est organisée, c'est la troisième. Mais
leur pyjama à eux sont longs, avec beaucoup de couleurs, chauds
(cela ressemble à de la flanelle, mais je ne suis quand même pas
allée jusqu’à toucher !). Il y a des pyjamas qu'il serait
inadéquat de porter dans une école. Ce n'est pas leur cas. Je ne
sais pas s'ils les portent pour de vrais, je veux dire la nuit. Bien
souvent c'est la seule occasion de voir un Américain habillé...
chaudement...
Vendredi = porter son tee shirt de sport
préféré ou son équipement de l'école (en début d'année, nous
avions pu acheter des tee shirts et autres vêtements aux couleurs de
l'école) : team up to do your best and score high on the
MSA.
(1)
MSA = The
Maryland School Assessment (MSA) est un test de lecture et de
Mathématiques qui répond aux exigences fédérale « No
Child Left Behind Act »
(= aucun enfant laissé en arrière). Le test est passé chaque année
début Mars en lecture et Maths des grades
3 à 8. Le test de science se passe plus tard en Avril ou début Mai.