Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 13 décembre 2013

8ème mois, Mars 2013 et le MSA

Au mois de mars, il y a les giboulées et... le MSA (1). Mais où est donc passé le temps où les enfants passaient plus de temps à apprendre qu'à tester leurs connaissances ? En effet, les tests sont tellement nombreux qu'il est facile de s'y perdre. Il y a d'abord ceux de la classe en lien avec une leçon. Plutôt normal. Puis, il y a ceux du County pour déterminer les enfants gifted ; les tests chaque trimestre pour évaluer le niveau général (souvent en contradiction dans les résultats de Flore avec les deux précédents), ceux pour les enfants dont l'anglais est le seconde langue ; et enfin, il y a le MSA. Celui-ci, tout le monde en parle, il faut dire que l'enjeu est de taille, mais je n'ai pas encore bien compris comment. Quand je pose la question, « qu'est-ce qui se passerait si un enfant ne le réussit pas ? » les réponses sont en générale assez vagues, comme si cela n'était jamais arrivé. Alors peut-être que pour un Américain cela peut avoir des conséquences sur son classement, son suivi de scolarité. Mais pour Flore, qui devrait revenir en France, cela ne sera qu'un test de plus. Me reviennent en mémoire les débats passionnés autour des évaluations nationales du CE1. Ici le MSA se passe toutes les années de 3rd grade (CE2) jusqu’à 8th grade (4e). Alors, les débats se sont tues depuis bien longtemps. Rien de tel pour faire taire les discordances que la chape de plomb...
Les notes n'ont pas la même valeur que chez nous. Un A+ correspond à 100% de réussite, A = 97 %, A- = 90 % ; B+ = au-dessus de 87 %, B= au-dessus de 83 %, B-= au-dessus de 80 % ; un C+ = plus de 77 %, un C= au-dessus de 73 %, C- = au-dessus de 70 %; D= au-dessus de 60 et U si le test à été raté (mais il y a une deuxième chance!!!). Un D finalement correspond approximativement à 12/20 ce qui n'est pas catastrophique pour un Français). Sauf, bien sûr que les tests ne sont pas équivalents à ceux que nous connaissons dans l'hexagone. Il y a beaucoup de Quiz, de questionnaires à choix multiples, les fautes ne comptent pas de la même manière si le test ne porte pas sur le spelling... Il y a souvent une tentation de n'avoir que des A, car cela donne une bonne représentation de votre travail et peut avoir comme conséquence de vous faire accepter dans les meilleures écoles (d’où le besoin de négocier ses notes, de refaire un test peu réussi la première fois; en même temps je ne suis pas allée jusqu’à savoir ce qui se passerait si les A étaient systématiquement obtenus qu'à la deuxième chance).

Une règle générale qui s'applique ici aux États-Unis à l'école, mais aussi dans la vie de tout les jours, ce sont les encouragements permanents, les félicitations surdimensionnées (rappelez-vous : « congratulation, you are so good, what a wonderful job ! ») et la règle de la deuxième chance. Il est difficile de connaître la vérité sur les choses, les vraies appréciations des gens. Je me demande jusqu’à quel point les encouragements systématiques quel que soit le niveau d'effort, la non discrimination sur le résultat des élèves, la deuxième chance (un exercice à été mal réussit, on peut le refaire), la valorisation de l'enfant sans réellement tenir compte ni du résultat, ni de la marge de progression, ni des efforts dépensés... n'entretiennent pas un climat de toute puissance. J'ai entendu des professeurs d'Université qui se plaignaient d'étudiants qui venaient tout simplement réclamer de changer leurs notes sous le prétexte d'injustice, plutôt que d’interroger leur propre travail, leurs qualités... Est ce que cela n'entretient pas un climat fictif d'égalité à tout prix ? Par contre, une chose est sûre pour moi, le dénigrement perpétuel, l'insatisfaction permanente (le « peux mieux faire » à la française), la comparaison systématique entre les résultats des uns et des autres... est une valeur sûre pour développer un sentiment de mésestime et d'insécurité personnelle.
De toute façon dans ces domaines, il y a encore de nombreuses contradictions, car malgré le sentiment général de valorisation, si vous n'avez pas un bon rapport, de bonnes notes, un bon bulletin... il est difficile d'intégrer l'école de votre choix. Et surtout pour ceux qui n'ont pas les moyens financiers, le meilleur moyen de réussir à intégrer une Université sera par les bonnes notes. Et en même temps, quelle ne sera pas notre surprise après un devoir long à faire à la maison (au moins 6 heures, mais aussi parce que Flore affinera la présentation), d'apprendre que plus de la moitié des élèves ne l'ont pas fait ! Ou encore d'apprendre par la maîtresse, que Flore connaît mieux les États et les capitales des USA, que la plupart de ses camarades de classe. Les devoirs ne sont pourtant pas une option. Nous ne sommes plus à une contradiction près...

Quoi qu’il en soit, pour se préparer à cette intense activité de l'esprit pendant les tests, l'école n'est pas en reste de propositions amusantes : MSA (1) spirit Week : pendant la semaine précédente, il sera proposé aux enfants et adultes de venir habillés de manière assez spéciale :

Lundi = mettre sa casquette de penseur : put on your thinking caps and do your best on the test !. Bon jusqu’à là rien de bien exceptionnel, il était juste autorisé de porter une casquette à l'école...

Mardi = porter ses vêtements à l'envers, et des vêtements dépareillés don't let the test mix you up... always reread and check your answers!. Pour les vêtements dépareillés, ce n'est rien d'autre qu'une habitude américaine... (j'exagère bien sûr !)

Mercredi = s'habiller chic avec des vêtements classes : look the part... dress smart for MSA. C'est là où les paillettes et frou-frou sont de sortie (voir un peu plus loin sur la mode).

Jeudi = porter son pyjama ou s'habiller comme son héros de livre préféré : read across America Day ! Do lots of reading to get your brain ready for the test. Flore choisira Daphné dans la série de Scoubidoo, non que ce soit son héroïne préférée, mais nous avons au moins réussi à trouver les vêtements (je vous rappelle les couleurs : robe violette, collants roses, écharpe verte, ruban dans les cheveux, violet). Contrairement à elle, beaucoup d'Américains seront venus en pyjamas, adultes compris. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'une journée pyjama est organisée, c'est la troisième. Mais leur pyjama à eux sont longs, avec beaucoup de couleurs, chauds (cela ressemble à de la flanelle, mais je ne suis quand même pas allée jusqu’à toucher !). Il y a des pyjamas qu'il serait inadéquat de porter dans une école. Ce n'est pas leur cas. Je ne sais pas s'ils les portent pour de vrais, je veux dire la nuit. Bien souvent c'est la seule occasion de voir un Américain habillé... chaudement...

Vendredi = porter son tee shirt de sport préféré ou son équipement de l'école (en début d'année, nous avions pu acheter des tee shirts et autres vêtements aux couleurs de l'école) : team up to do your best and score high on the MSA.

(1) MSA = The Maryland School Assessment (MSA) est un test de lecture et de Mathématiques qui répond aux exigences fédérale « No Child Left Behind Act » (= aucun enfant laissé en arrière). Le test est passé chaque année début Mars en lecture et Maths des grades 3 à 8. Le test de science se passe plus tard en Avril ou début Mai.

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