Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 29 août 2014

Printemps 2014 : après l'hiver le printemps, encore que...


Après un hiver froid et enneigé, voilà un printemps pluvieux. Nos amis de France venus nous rendre visite en mai auront à essuyer plusieurs averses, voir des inondations (heureusement qui n'affecteront pas leur sejour). Il y avait un début d'année a ne pas pas passer aux USA côte Est, c'était bien cette annee 2014. Par contre il peut faire chaud, voir très chaud et bien sûr la pelouse adore. En retrouvant, avec encore moins d'entrain la tondeuse (d'autant que Kris cette année se retrouve avec des allergies dès qu'il essaye de mettre le pied dans l'herbe coupée), je remarque que même dans la tonte de la pelouse, il peut y avoir de la créativité. En effet, le principe est une tonte très régulière, mais l'axe peut être différent : vertical, horizontal ou diagonal ce qui donne des impressions de mosaïques intéressantes.

Le printemps cette année sera ponctuée par l'arrivée de nos amies de France. Cette fois, deux groupes vont parfaitement se succéder, l'un repartant le 8 mai, l'autre arrivant le 9. Nous allons en profiter pour revisiter avec eux les alentours : Washington, Harpers Ferry (lieu du démarrage de la guerre de sécession), Baltimore, sans oublier Hagerstown. Mais à chaque fois , nous cherchons à optimiser la visite, c'est ainsi que nous avons tester la visite de Washington avec tous les bus touristiques, et aussi le métro. Et puis, nous essayons de leur faire goûter à notre vie Américano-française. Le plus difficile, c'est de se rappeler ce qui est si spécifique et qui pour nous, après deux ans passés ici, se présente comme une évidence.
Memorial pour la guerre de Corée
guerre de corée


Capitol
Memorial de la guerre du vietnam


un grand homme (Lincoln Memorial )

Washington Memorial

Jefferson Memorial




A l'occasion de la visite de ma nièce de 15 ans venus à l'école avec moi, encore une fois je me fais surprendre par le sens des mots en anglais. Lorsque nous passons devant les écoles, elle est surprise de penser que le drogue est gratuite. En effet, les panneaux indiquent : drogue free, school zone, et bien sur free n'est pas a prendre dans le sens gratuit mais dans le sens libre, ce qui veut dire qu'il est rappelé que la consommation de drogue est interdite.

Je reste surprise par certains faits que je relève comme des contradictions, mais a n'en pas douter nous sommes tous sujet à contradiction, ce qui saute plus aux yeux aux autres qu'à nous-même. A la piscine, j'ai vu des personnes rentrer dans les bassins avec leurs chaussures, rentrer dans l'eau avec leur tee-shirt de la journée, et bien sur oublier maillot de bain court pour les hommes et bonnet de bain. Mais à côté de cela les dents doivent être éclatantes, rien ne doit laisser transparaitre la transpiration (par contre les embonpoints sont autorisés). Les règles d’hygiène ne se situent pas toutes au même niveau !

Je rencontré beaucoup d'Américains qui enchainent plusieurs boulots : enchainer deux boulots de suite dans la même journée, je ne suis pas sûre d'avoir pu le faire. Il y a ceux aussi qui travaillent bien au delà de l'âge de la retraite car leur retraite ne leur suffit pas : pas assez prévoyant pendant votre vie active (ou prévoyant, mais la caisse de retraite a fait faillite!), vous serez obligé de travailler après 65 ans : travailler vieux, c'est la santé. Le problème, c'est que une bonne partie de ceux que nous rencontrons ne travaillent pas dans des conditions réjouissantes : caissière en supermarchés, ou celui qui s'occupent de ramasser les charriots.

Une très triste nouvelle vient endeuiller notre communauté. Une famille d'expat vient d'être frappée par un malheur. La vie peut être injuste et laissera à chacun des traces dans notre mémoire sur notre séjour aux USA. Alors nous nous serons les coudes, car ici la famille, c'est nous. Loin des siens, des proches, nous nous sentons orphelins. Mais rapidement, la force de nos liens se fait sentir et nos amis sont bien entourés.

Cela fait maintenant plus de un an et demi que nous sommes ici et je ne peux m'habituer aux publicités sur les médicaments à la télévision. Il y a d'abord les maladies que je ne connais pas et qui me font me demander si ici il y a des maladies nouvelles et bien répandues vu le matraquage publicitaire qui est fait sur les moyens de se guérir ou de les soulager. D'autre part, les publicités doivent être obligées de préciser les risque potentiels, ce qui donne l' impression qu'en prenant le-dit médicament, on risque plus que sans le prendre (risque de crise cardiaque, d'incompatibilité avec d'autres produits ce qui le rende dangereux...). La moitié du temps de la publicité est accordé aux risques, tout en maintenant l'image d'une personne bien portante.
La santé restera sans doute une belle énigme pour moi. A l'occasion d'une visite chez le médecin généraliste, je dois remplir un questionnaire de santé. Rien de bien banal. Sauf que quelques questions me paraissent bien personnelles, y compris chez le médecin que je ne consulte pas du tout pour ces raisons. Quelles sont mes activités sexuelles : hétérosexuelles, homosexuelles, both ( = les deux)... Il s'agit sans doute de mesurer les activités à risque qui peuvent avoir des conséquences sur la consultation (précautions particulières, ou stigmatisation qui je l'espère n'est qu'une imagination de mon esprit français peut habitué à dévoiler son intimité devant un étranger !!!).

J'avais oublié de le mentionner, mais l'évènement me revient en mémoire : l'alarme incendie qui s'est déclenchée à 3 heures du matin. Au début de notre séjour, dans notre maison de location, nous voilà réveillés à 3 heures du matin par une sirène stridente. Il s'agit de l'alarme incendie qui s'est activée. A 3 heures du matin, il faut reconnaître que le temps de reconnecter les neurones, il va nous falloir du temps pour trouver comment l'arrêter. La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas de feu à proximité. La mauvaise, c'est que l'on se demande encore pourquoi elle s'est réveillée. Depuis, nous avons demandé à nos voisins comment la gérer et cela va mieux. C'est l'un des petits bonheurs de découvrir un environnement nouveau, sans mode d'emploi explicite.

vendredi 22 août 2014

L'hiver 2014 : du froid et du blizard!


que de neige, que de neige!!!
Si un jour un film est tourné sur l'hiver 2014 à Hagerstown, son titre pourra être  : que de neige, que de neige... Ou alors : du froid et du blizzard. Mon activité sportive hivernale aura été le déblaiement de notre allée. Un jour j'ai eu le malheur de reporter au lendemain l'activité fastidieuse : grave erreur! Le lendemain avec la voiture qui était passée dessus, impossible de déneiger et le verglas avait remplacé la neige. Un vraie patinoire. Pour l'école, déjà 10 jours sans école à cause des températures extrêmes ou de la neige. Les jours habituels déjà comptés dans le calendrier scolaire, ne vont pas suffire. Alors le county cherche des jours désespérément. On va être obligé de travailler le jour de «President's day». Les profs qui avaient un long weekend de prévu vont devoir s'organiser autrement ou trouver des remplaçants. Des longs WE, c'est rare, j'avais eu presque envie d'organiser quelque chose. Mais je suis tellement submergée de boulot que finalement j'avais renoncé, et aujourd'hui, j'en suis heureuse car trouver une remplaçante capable de faire du français et de l'espagnol, c'est comment dire... un peu difficile. En tout cas, j'en profite dans la planification de mes cours, car en partant de rien, autant dire que j'ai du travail. Alors, mi-février, j'ai presque toutes mes leçons de prévues jusqu'à la fin de l'année, je peux même m'offrir le luxe d'imaginer des jeux autour des apprentissages plus contraignants. Ce qui n'est pas seulement une figure de style, car aujourd'hui les profs sont en rivalité avec des jeux vidéo et une télé en continue, alors pour capter l'intérêt des élèves, on a intérêt à se montrer inventifs... Et pour être honnête, c'est la partie que j'aime bien.

Cet hiver, nous avons donc passer notre temps a nous demander si le lendemain serait un jour de neige sans école, ou avec un délai, parfois tu espères et même si tu sais qu'il faudra les rattraper, secrètement tu espères. En avril, il n'y avait plus d'espoir.

Avec un temps pareil, rien de tel que de prévoir ses prochaines vacances. Les vacances, c'est comme les cadeaux, le plus dur c'est de trouver l'idée... A Pâques, on aimerait bien aller voir le grand canyon, et pour l'été, avant le retour en France, Porto Rico est une destination qui nous intéresse. Il faut dire que les destinations soleil, sans sortir des USA, cela devient limité, si on ne veut pas retourner toujours aux même endroits. Et, je n'aime pas gâcher les vacances par un passage des douanes un peu délicat.
De plus, Puerto Rico qui est une sorte de département américain, à la singularité d'avoir comme langue nationale, l'espagnol. Alors je pourrais vérifier si mes cours auront été productifs... Puedo ir al baño por favor? (puis-je aller aux toilettes s'il-vous-plaît?).
Mais comme de toujours pour les vacances, nous avons du mal à planifier. Maintenant que mes cours sont prêts, je ne pourrais plus utiliser cette excuse pour expliquer que nous soyons en retard. Alors, je peux toujours dire que c'est à cause de la planification de notre retour en France qui s'annonce très simple. Trouver une nouvelle école, si possible bi-lingue, un nouveau logement à proximité de la dite école, et nous ne savons pas encore si Kris rentrera au même moment que nous. En fait , nous avons une école en vue mais Flore devra passer des tests et il n'est pas toujours sure d'y avoir de la place. Ce qui veut dire que nous ne connaitrons la réponse que fin Août pour une rentrée début septembre. Donc, il faut avoir une autre école sous le coude. Mais comme nous n'habitons pas en France, difficile de se référer à l'école de son quartier pour les écoles publiques. La vie d'expat n'est pas faite que de vacances...

Les vacances, c'est bien mais il y a aussi le reste du temps qui encore aujourd'hui est plus long que le temps des vacances. Alors, nous avons pris une carte de réduction pour faire du ski dans nos deux petites stations de proximité. Nous allons aussi partir un long WE en janvier dans une station à peine plus grande, à deux heures de route. Nous louerons une grande maison que nous partagerons avec nos amis allemands. Il a fait tellement froid, que le premier jour avec Flore nous n'avons pas pu skier. Nous avions un jacuzzi avec la maison de location, mais... à l'extérieur. Température extérieure : -25°C ; température du jacuzzi : + 45°C. Le plus dure, c'était au moment de rentrer dans l'eau : il faisait tellement froid dehors et nous étions en maillot de bain alors nous avions hâte de rentrer dans l'eau. Mais l'eau était tellement chaude que nous ne pouvions y rentrer que petit à petit. Un grand moment de rigolade! Après, nous nous étions organisés pour apporter nos boissons avec nous, alors c'était très agréable car la boisson restait fraiche (nos cheveux touchés par l'eau, aussi).
Le quotidien, c'est aussi une invasion de la pub. J'ai beaucoup de mal à retenir les noms et prénoms, mon cerveau a besoin de temps pour intégrer les chiffres en anglais (je fais partie des personnes qui sont visuelles : je dois voir le mot pour l'intégrer, entendre ne suffit pas). Heureusement, les pubs se sont adaptées aux étrangers : certaines vont jusqu'à répéter 5 fois de suite le numéro de téléphone à appeler : si vous avez le malheur de vraiment écouter, vous avez l'impression qu'on vous prend pour un imbécile. Cette adaptation, on peut la retrouver dans la communication, y compris avec un parfait étranger, le nom de famille est simplement occulté. Chez le Dr : « bon alors Coleen, qu'est-ce que je peux faire pour toi ! » (le vous n'existe pas en anglais ; les anglais de Londres compenserons pas une formule de politesse, ici rien d'aussi compliqué). Avec la secrétaire du collège : « comment je peux t'aider, ma puce ? » (j'ai utilisé ma puce car cela me semble le plus près de la traduction de sweety or Honey, mais surtout n'utiliser pas la traduction littérale de ma puce : my flee, ici, car c'est seulement vu comme un animal dégoutant).


Nous commençons a anticiper notre retour, c'est à dire a prendre contact avec les écoles. J'ai repéré quelques écoles que je voudrais appeler justement ce matin car c'est une journée de neige donc pas d'école ici. Cela me laisse du temps le matin pour les joindre avant leur fermeture. Première école appelée : je réalise que le décalage horaire existe aussi pour les vacances. En effet, la zone de Lyon vient de commencer les vacances d'hiver. Je tombe donc sur un répondeur. Bon, il me faudra me lever un peu plus tôt un jour de semaine (plus tôt que 6:00 du matin tout de même), si je veux les joindre lorsqu'ils sont ouverts.
L'école c'est une chose, mais il nous faudra aussi trouver un logement. Nous souhaitons nous installer à proximité de la future école de Flore, ce qui nous laisse quelques incertitudes sur notre logement. Notre maison est louée et nous ne pouvons la récupérer avant la fin des trois ans de bail. De toute façon, nous ne sommes pas surs de vouloir y retourner. Mais cela n'aide pas a l'anticipation. J'ai l'impression d'avoir fait le tour de Hagerstown et d'avoir envie de rentrer. Peut-être est-ce a cause de l'hiver qui se prolonge, ou du travail de prof qui est loin de me combler. En tout cas 2 ans nous aurons suffit ici. Bien sur, il y a les amis qu'il nous faudra quitter et comme de bien entendu les amis d'aujourd'hui sont des amis qui comptent. Il y aura bien Skype et la possibilité de se rendre visite de temps en temps, mais combien de temps cela durera-t-il ? C'est la vie de troubadour qui veut cela, soit on s'isole sur soi-même, soit on s'ouvre aux autres au risque de devoir les quitter. C'est quand même l'option que nous avons choisit. Deux petits ans... et puis s'en vont ! Le pire, c'est qu'en France, le retour de Kris s'annonce compliqué du fait de la situation économique, et qu'une nouvelle option pourrait s'ouvrir en Australie, ce qui est loin de me laisser indifférente. Mais mon métier me manque et j'ai peur de laisser échapper des opportunités professionnelles si je reste absente trop longtemps. Et pourtant, j'ai déjà rebondi plus d'une fois, alors je sais que je peux le faire encore.

vendredi 15 août 2014

Hiver 2013/2014 : La Nouvelle Calédonie versus Hawaï.

Hawaï
Rainbow island











Nous allons commencer l'hiver aux États-Unis (21 décembre) par un séjour à Hawaï. Mon frère étant rentré de Nouvelle Calédonie en octobre, nous nous résignons à aller à Hawaï à la place. La vie d'expat parfois, c'est vraiment difficile !!!!.

Hawaï, c'est un volcan sous pression, ou une île en construction. L'un des sujets de réflexion dans les cours de Flore, c'est de réfléchir à ce que l'on pourrait faire avec une parcelle de la nouvelle île en construction à Hawaï, et de décider de faire vivre vos générations futures à cet endroit car la terre est riche et généreuse, ou au contraire de ne rien faire car c'est trop dangereux. Pour répondre au plus près à la question, nous avons décidé de faire le voyage et de chercher la réponse sur place. Le plus drôle, c'est qu'elle a vraiment trouvé sa réponse. Au début de 20è siècle, il y avait eu une coulée de lave dévastatrice. Pourtant, la lave n'avançait qu'à petite vitesse, mais les maisons n'ont pas pu être protégées. Les habitants ont alors décidé de construire leurs maisons sur des sortes de charriots ce qui pourrait permettre de les transporter lors d'un tel évènement. C'est ce qu'elle a décidé de faire pour sa parcelle sur la nouvelle île. Il fallait y penser !

A Hawaï la nature est dans tous ses états : nous avons bien fait de laisser les pierres de volcan où elles étaient, la nature nous à remercier. Selon les légendes locales, celui qui prend un bout de terre d'Hawaï, sous forme de pierres de volcan le plus souvent, s'attirera le malheur. Et bien nous, on la reposera la pierre de volcan volée aux ancêtres et on a bien fait :


- Nager avec 300 dauphins, et une raie Manta, ça s'est jamais vu, ça s'est jamais vu...
- Croiser 4 baleines à bosse en train de danser dans l'eau, ça s'est jamais vu, ça s'est jamais vu...
- Se faire bronzer en compagnie de 4 tortues de mer venues se reposer sur la plage, ça s'est jamais vu, ça s'est jamais vu...
- Et pourquoi pas ?

Mais nous avons pu aussi visiter une caldéra avec un ranger, surfer sur la plage mythique de Waikiki, visiter la plantation d'ananas DOLE et déguster une glace gigantisime au vrai goût d'ananas. Hawaï : une explosion de lave de bonheur.

Le seul bémol, c'est qu'il ne faut pas visiter l'île en même temps que le président Américain, venu rendre visite à sa famille. En effet, les routes d'Honolulu peuvent être un peu chargées!

J'ai beaucoup aimé les panneaux solaires sur de nombreuses maisons. C'est le seul endroits de nos visites américaines où nous pourrons voir cela. Il y a aussi le plaisir à écouter la langue des natives qui est construite avec plus de voyelles que de consonnes, et qui utilise les répétitions ce qui la fait paraître plus chantante. Dans Honolulu, il y a autant de voyelles que de consonnes, mais bien souvent il y en a plus.

Je me suis acheté un livre à l'aéroport dont le titre est simplement "Honolulu". Il parle en fait des picture brides (fiancés sur photo). Au début du 20è siècle de nombreuses jeunes Japonaises, Coréennes, se sont fiancées à de parfait inconnus de leur nationalité, vivant aux États-Unis d'Amérique, sur la simple base de photos. Ces hommes étaient venus tentés plus tôt l'aventure Américaine, vue comme une terre de richesse. La description des situations des futurs mariés était idyllique (entrepreneur, photos d'eux 20 ans plus jeunes ...) et beaucoup de jeunes filles se sont fait piéger, car la réalité était bien souvent moins avenante. Plus tard, pour tous les Japonnais émigrés aux États-Unis, ils auront une autre situation à gérer : l'attaque de Pearl Harbor par leur pays d'origine. Mais c'est une autre histoire, racontée dans d'autres livres.

Retour à Hagerstown : neige, pluie verglaçante, température extrêmes (en froid), mais ce qui nous aura permis à Flore et à moi-même de prolonger nos vacances étant donné que l'école qui a repris le 2 janvier, sera fermée le vendredi 3, juste au moment où nous avions prévu de revenir. C'est bête !!! mais fort appréciable, étant donné qu'avec le décalage horaire, il nous est difficile de nous endormir le soir, et le matin, les grasses matinées sont appréciées (même pour moi qui suis une lève tôt) . Et puis, recommencer l'école le 2 janvier, c'est pas humain... Différence de température à notre retour : de + 30 ° C à - 30° C : qui a dit qu'il fallait se rouler dans la neige après un bon sauna ?????

Il a fait aussi extrêmement froid mardi 7 janvier au point que les écoles étaient encore fermées, au boulot de Kris il n'y avait ni internet, ni...chauffage, et lorsque l'on a voulu aller au ciné avec Flore car on avait le journée de libre, il n'y avait pas de chauffage non plus. Par contre, quand on reste à la maison, ça va. Le lendemain déjà, mercredi 8, il fait déjà meilleur, plus que quelques -5.

Ce que je trouve assez drôle tout de même, c'est que nos amis et la famille en France  ont entendu parler de la vague de froid et s’inquiètent pour nous. Par contre en 2012 lorsqu'il a fait si froid en France pendant 15 jours (j'avais eu la voiture qui ne voulait plus démarrer), je ne suis pas sure que les États-Unis aient été au courant. Bon, mais il est vrai qu'ici les températures même chez nous sont descendues à -30. Mais personne ne s’interroge sur le dérèglement climatique dû à l'activité humaine... Peut-être un jour quand cela va commencer à toucher l'économie, les Américains se poseront peut-être les bonnes questions, car questions consommation d'énergie, on est loin des accords de Kioto...

vendredi 8 août 2014

novembre 2013 : une expérience Américaine!


Dans un collège, ce qui me sidère c'est l'absence de breaks (de récrés). Dans l'école où je travaille, il y en a quand même. Après les cours du matin, les élèves ont un temps appelé Boomrang (sans doute parce que cela revient toujours dans la figure!!!) dans lequel des activités leur sont proposées, trois fois par semaine (les deux autres jours, ce temps est utilisé plus UTILEMENT à un temps de réflexion avec un enseignant, ou de lecture). Dans l'école de Flore, ce temps à été supprimé car il n'était pas assez éducatif ! Cela peut aussi servir à s'occuper des élèves qui n'ont pas d'assez bons résultats (sorte de soutien scolaire), et les élèves qui peuvent choisir les activités sont les plus méritants. Les autres ont moins le choix. Par ailleurs, il y a aussi la possibilité, s'ils mangent assez vite c'est à dire en 10 minutes, de passer un temps d'amusement soit devant l'ordinateur, soit au gymnase. Mais là encore, cela n'est possible que pour les élèves méritant. Ce qui veut dire que dans la journée, les élèves ne sortent pas du collège (sauf quelques jours en fin d'année, ou au lieu d'aller au gymnase, ils peuvent sortir). Cela rend évidemment les cours de l'après-midi impossibles.

L’enseignement doit aussi être ludiques pour essayer d’intéresser les élèves, mais il ne faut pas compter sur trop d’efficacité. Je suis parfaite aujourd'hui pour enseigner … dans une MJC.

Pour l’enseignement des langues vivantes, il m'a fallu un peu de temps pour réaliser que ce n'était pas fait pour apprendre à parler une autre langue, mais c'était fait pour avoir des crédits pour le lycée et l'université. Ce qui a quelques conséquences sur la motivation des élèves à apprendre à parler (combien de fois n'ai-je pas entendu : «  je ne sais pas, je ne suis pas Espagnol »!!! c'est moins vrai avec les élèves de français) . Dans l'école où j'enseigne, on demande à tous les élèves de 6e de venir un quart de l’année apprendre des rudiments de français, puis un quart de l’année pour des rudiments d’espagnol, puis les deux derniers quarts se sera pour 4 nouvelles classes d’élèves. Certains d’entre eux savent à peine lire l’anglais.
Mais cette expérience m’a aussi conduite à m’interroger sur des questions de fond ? Le mélange des élèves, est-ce vraiment une change pour tous ? En tout cas, ce n’est pas une change pour l’apprentissage car il y a des fois où il est tout simplement impossible d’enseigner ! Le clivage « bon » et « mauvais » élèves est certes dommageable pour notre société car tout ne se distribue pas en termes de bon et mauvais, mais n’y a-t-il pas une perte de temps pour chacun dans le fait de réunir des élèves dont les besoins sont aussi différents ? Pourquoi avons-nous donc tant de mal à accepter que nos différences ne soient pas l’objet discriminations négatives : ce n’est pas parce que nous sommes différents que nous ne valons pas quelque chose.

J’ai aussi mieux compris la notion de home school (l’école a la maison), même si je continue à penser que cela provoque un manque pour l’élève. Et puis aussi combien de fois ne me suis-je pas dit, est-ce que l’on ne devrait pas changer Flore d’école, car j’expérimentais, ce qu’elle vivait tous les jours. Mais j’ai appris à relativiser la notion d’apprentissage scolaires, surtout que depuis tout temps, je pense que l’on apprend à l’école qu’une infime partie de son savoir. Et comme le disait si bien J. Brel, on apprend aussi à l’école « tout ce qui ne nous servira pas ». Surtout que l’on sait aujourd’hui que l’école n’est plus l'unique tremplin pour la réussite sociale, et j’ai toujours pensé que l’école n’était pas un tremplin pour la réussite personnelle (surtout lorsque l’enseignement est basé sur la sanction, fait l’apologie de la réussite et non de l’expérimentation). Par contre, l’école peut offrir une vraie ouverture, surtout à des élèves qui vivent des situations difficiles en famille, elle peut offrir des repères, des valeurs, des opportunités. Et encore une fois, il y a vraiment des élèves pour qui je peux offrir quelque chose dans leur vie, alors ne nous en privons pas, y compris les élèves les plus difficiles. Kristine qui passe son temps dans le couloir car elle ne peux rester en classe. Elle va m’écrire une lettre pour s’excuser, m’expliquer son comportement et me dire que maintenant qu’elle va voir un psychologue et que cela va l’aider. Kevin pour qui j’ai demandé une conférence afin de discuter avec lui et une personne tierce de son comportement, qui essayera vraiment très fort la fois suivante de répondre aux demandes sans s’emporter (et qui y réussira, ce jour là je lui ai donné le maximum de points de participation.). Cade qui ne peut s’empêcher d’être très bruyant, de faire rire les autres, qui parle plus fort que moi (et cela se passe manifestement dans toutes les classes) à qui je vais donner son premier paws point (sorte de récompense qui a une valeur symbolique échangeable lors d'évènements dans l'école), parce qu’il a vraiment essayé, et je sais que l’Espagnol est pour lui, comme pour moi serait le langage informatique, en chinois. Taylor qui est absente deux fois sur trois, et qui ne peux commencer le test car elle ne comprend rien et se met à pleurer doucement quand je lui demande d’essayer. Elle me répond alors qu’en Français elle est nulle. ce jour-là je lui est dit de ne jamais laisser personne lui faire penser qu’elle est nulle en langue, car apprendre une langue n’est pas une question d’être nulle ou d'être bon. Depuis, je la sens plus vivante et plus présente surtout et chaque fois j’ai à cœur de lui montrer mon plaisir de la retrouver. Il y en a tant que je ne serais tous les citer, mais je veux vraiment leur rendre hommage car ils sont tous avec leur personnalité, leurs joies et leurs peines, leurs essais et leurs erreurs, le monde de demain.

Et sinon, que s’est-il passé pour le reste du mois de novembre ? Quel reste ?
Non, tout de même, il y a thanksgiving, les amis absolument indispensables (comme quoi mon MSA (1) de l’année dernière n’a pas été inutile), la famille pour se ressourcer et pour trouver refuge dans un environnement stable et protégé, le blog et le plaisir de l’écriture pour s’échapper ???? Pas vraiment vu qu’en ce moment j’écris sur cette expérience, mais en tout cas l’écriture permet de désintoxiquer les effets négatifs et aussi permet de mettre à distance pour mieux comprendre; et la projection des vacances à Hawaï pour Noël.
(1) MSA : Mission de Socialisation Américaine

Je ne sais pas si mon nouveau poste va me laisser le temps pour m’occuper de mon blog, de mon nouveau projet de travail sur internet (j’ai déjà deux web-sites prêt à opérer), de notre retour en France programmé pour l’été 2014, avec la recherche d’une école, d’un endroit pour loger. Heureusement le travail en France m’attend bien au chaud.

Alors Novembre 2013 : à la recherche du true self... Que me réservera décembre et le reste de l’année scolaire ? Je reviendrais transformée, ça c’est certain...

Décembre ou la suite de Mission Impossible. Les saisons vont devenir ma nouvelle grille d’écriture, c’est pourquoi, j’ai intégré début décembre à novembre.

Aujourd’hui 6 décembre, Nelson Mandela a rejoint les étoiles. Il y en a certainement une qui brille pour toi, tant ta contribution à l’éveil de l’humanité à été grande. Merci à toi qui auras su, au profit de ta propre liberté, réveiller les consciences. Je me sens un peu orpheline ce soir, car quelques-uns de mes mentors sont en train de disparaître. Je suis en train de vivre la fin de trente glorieuses, pendant lesquelles le monde autour de moi ne cessait d’évoluer. C’était le temps de l’éternelle jeunesse. Aujourd’hui je réalise que les gens qui comptent pour moi sont en train de me quitter. J’ai l’impression d’avoir encore tellement besoin d'eux.

vendredi 1 août 2014

Novembre 2013 : une folle décision ou une décision folle ?


Suite à mes débuts en tant que prof remplaçante, je me suis vue offrir l’opportunité de travailler comme prof à temps plein de français et d’espagnol dans un collège, difficile. J’ai du mal à dire non, alors j’ai dit oui, même si cela m’a coûté quelques nuits de sommeil, un régime minceur des plus efficaces mais pas très bon pour la forme.
« La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
(dans mon cas toute l’année dernière)
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue ... »
(au mois de novembre nous avons en effet eu la bise)
« Que faisiez-vous aux temps chauds ?
Nuits et jours à tout venant,
Je chantais ne vous déplaise (dans mon cas, je passais mon temps sur l’ordinateur, où au Y, ou a voyager)
Vous chantiez, j’en suis fort aise
Et bien dansez maintenant » (dans mon cas il s’agit tous les jours de rencontrer des jeunes qui ne veulent pas être là pour certains, dont quelques-uns vivent des situations dramatiques à la maison et vous le font indirectement savoir, dans des groupes dont la taille est inversement proportionnelle² à la taille de la classe, et pour couronner le tout dans une chaleur digne des Bahamas en plein été : on n’arrivera jamais à sauver la planète!!!).

Il n’y a que aux États-Unis où l’on peut proposer une telle opportunité à quelqu’un certes avec un diplôme d’Université, mais qui n’a aucune expérience de prof avec des élèves si jeunes. J’ai bien cru que je n’allais pas y arriver car il ne faut pas oublier que l’anglais n’est pas ma langue maternelle, que je ne connais rien à comment s’organise un collège américain, et que j’ai un mal fou à retenir les noms et prénoms. Était-ce vraiment une opportunité ou un piège !!!

Pour vous donner un avant goût, je vous décris la situation : j’ai en charge l’enseignement du français et de l’espagnol pour l’ensemble du collège, ce qui veut dire que je rencontre  a peu près 260 élèves (beaucoup ne suivent pas de cours de langue à partir de la 5ème), les cours alternent entre français et espagnol (parfois je ne sais plus quelle langue parler ! car bien sûr les explications sont en anglais) ; les cours sont de 39 minutes, j’enchaine 4 classes de suite absolument sans arrêt soit 3 heures trente durant, puis, je reprends à 12:55 pour finir à 14:15 soit plus d’1 heure 15 ; il y a aussi un nombre incroyable d’adultes prêts à m’aider, mais je ne sais même pas qui est qui (j’ai quelques personnes référentes et je leur demande tout), j’ai 6 classes par jours, et le lendemain ce sont 6 autres classes (heureusement même programme), du coup 12 classes en tout. A cela se rajoute 2 duties (obligations) : le matin j’ai en charge une 15ène d’élèves qui peuvent prendre leur petit déjeuné, qu’il faut comptabiliser pour savoir qui est absent, et qu’il faut faire lever pour l’hymne national ; et un jour sur 2, je surveille le gymnase pendant 20 minutes pour leur unique break (temps de repos) de la journée pendant le temps de repas (s’ils mangent en 10 minutes, ceux dont le comportement est adapté peuvent venir se défouler pendant 20 minutes au gymnase). Les deux dernières classes en fin de journée (qui dans ce collège se situent à partir de 13h, vu que l’on commence à 7:15), sont très souvent incontrôlables. J’ai dit oui, pour le meilleur mais aussi surtout pour le pire !

Kit de survie d'un prof débutant en zone difficile.
Il m’a fallu deux qualités essentielles : l’adaptation, et l’apprentissage rapide. C’était une question de survie, je n’avais pas le choix. Mais j’ai réalisé que j’ai ces deux qualités, qui je pense sont essentielles dans la vie d’aujourd’hui où le monde bouge à une allure vertigineuse.
Le pire, c’est qu’en même temps j’ai eu deux autres propositions de postes intéressants. L’un comme assistante remplaçante à long terme avec une classe d’enfants Autistes, un tout petit peu plus mon domaine, mais seulement pour être assistante; et l’autre comme interprète pour des familles qui parlent français et pour qui des propositions d’aide leur sont faites. J’ai eu l’occasion de la faire une seule fois, vu que j’ai accepté l’autre poste, mais j’ai trouvé cela fabuleux. Traduire de l’anglais au français : un bonheur (l’inverse est moins simple). Mais bien sûr, ce n’était que des missions sur un temps très court.

Alors qu’est ce qui m’a poussée à accepter. Le chalenge ? La considération et l’expérience unique ? Le masochisme ? La parfaite compatibilité des horaires avec ceux de Flore?  L’effet sœur Térésa ? En effet, ils étaient désespéramment en recherche de quelqu’un sachant parler les deux langues ce qui n’est pas évidant, dans un délai très court vu que la précédente prof à démissionner et que la remplaçante ne maitrise ni l’une ni l’autre langue. Sans doute un peu de tout cela. J’ai passé aussi quelques nuits à me demander comment me désengager sans trop perdre la face : je n’y suis pas arrivée car savoir que les élèves allaient de nouveau se retrouver abandonnés, m’était insupportable. Il y a même une élève qui m’a écrit un petit mot après une classe vraiment très éprouvante avec quelques élèves complètement irrespectueux, pour me dire qu’elle s’excusait du comportement de la classe, mais qu’elle voulait vraiment que je tienne le coup et que l’expérience réussisse, alors je crois que c’est beaucoup pour toi Maya que j’ai continué.

La bonne nouvelle, c’est que l’on rencontre tout un tas d’Américains prêts à vous inviter à partager la dinde de thanksgiving alors qu’on s’est vu seulement deux fois, on rencontre aussi des élèves vraiment supers, on sait aussi que l’on peut faire la différence dans la vie de quelques-uns. Et c’est bien payé (dans le Maryland), mais je peux vous dire que je ne démérite pas mon salaire, car je crois que pour les premières semaines, j’ai passé au moins 16 heures par jours à travailler, plus les heures de sommeil volé dans mon lit, les nuits de sommeil difficile où je réfléchissais à comment gérer des élèves ingérables : out of control. Nous allons pouvoir nous payer des vacances de rois... à condition de jouer les fous le reste du temps....