Dans
un collège, ce qui me sidère c'est l'absence de breaks (de récrés). Dans
l'école où je travaille, il y en a quand même. Après les cours du
matin, les élèves ont un temps appelé Boomrang (sans doute parce
que cela revient toujours dans la figure!!!) dans lequel des
activités leur sont proposées, trois fois par semaine (les deux
autres jours, ce temps est utilisé plus UTILEMENT à un temps de réflexion avec un enseignant, ou de lecture). Dans l'école de Flore,
ce temps à été supprimé car il n'était pas assez éducatif !
Cela peut aussi servir à s'occuper des élèves qui n'ont pas
d'assez bons résultats (sorte de soutien scolaire), et les élèves
qui peuvent choisir les activités sont les plus méritants. Les
autres ont moins le choix. Par ailleurs, il y a aussi la possibilité,
s'ils mangent assez vite c'est à dire en 10 minutes, de passer un
temps d'amusement soit devant l'ordinateur, soit au gymnase. Mais là
encore, cela n'est possible que pour les élèves méritant. Ce qui
veut dire que dans la journée, les élèves ne sortent pas du
collège (sauf quelques jours en fin d'année, ou au lieu d'aller au
gymnase, ils peuvent sortir). Cela rend évidemment les cours de
l'après-midi impossibles.
L’enseignement
doit aussi être ludiques pour essayer d’intéresser les élèves,
mais il ne faut pas compter sur trop d’efficacité. Je suis
parfaite aujourd'hui pour enseigner … dans une MJC.
Pour l’enseignement des langues vivantes, il m'a fallu un peu de temps
pour réaliser que ce n'était pas fait pour apprendre à parler une
autre langue, mais c'était fait pour avoir des crédits pour le
lycée et l'université. Ce qui a quelques conséquences sur la
motivation des élèves à apprendre à parler (combien de fois
n'ai-je pas entendu : « je ne sais pas, je ne suis pas
Espagnol »!!! c'est moins vrai avec les élèves de français)
. Dans l'école où j'enseigne, on demande à tous les élèves de 6e
de venir un quart de l’année apprendre des rudiments de français,
puis un quart de l’année pour des rudiments d’espagnol, puis les
deux derniers quarts se sera pour 4 nouvelles classes d’élèves.
Certains
d’entre eux savent à peine lire l’anglais.
Mais
cette expérience m’a aussi conduite à m’interroger sur des
questions de fond ? Le mélange des élèves, est-ce vraiment
une change pour tous ? En tout cas, ce n’est pas une change
pour l’apprentissage car il y a des fois où il est tout simplement
impossible d’enseigner ! Le clivage « bon » et
« mauvais » élèves est certes dommageable pour notre
société car tout ne se distribue pas en termes de bon et mauvais,
mais n’y a-t-il pas une perte de temps pour chacun dans le fait de
réunir des élèves dont les besoins sont aussi différents ?
Pourquoi avons-nous donc tant de mal à accepter que nos différences
ne soient pas l’objet discriminations négatives : ce n’est
pas parce que nous sommes différents que nous ne valons pas quelque
chose.
J’ai
aussi mieux compris la notion de home
school (l’école a la maison),
même si je continue à penser que cela provoque un manque pour
l’élève. Et puis aussi combien de fois ne me suis-je pas dit,
est-ce que l’on ne devrait pas changer Flore d’école, car
j’expérimentais, ce qu’elle vivait tous les jours. Mais j’ai
appris à relativiser la notion d’apprentissage scolaires, surtout
que depuis tout temps, je pense que l’on apprend à l’école
qu’une infime partie de son savoir. Et comme le disait si bien J.
Brel, on apprend aussi à l’école « tout ce qui ne nous
servira pas ». Surtout que l’on sait aujourd’hui que
l’école n’est plus l'unique tremplin pour la réussite sociale, et
j’ai toujours pensé que l’école n’était pas un tremplin pour
la réussite personnelle (surtout lorsque l’enseignement est basé
sur la sanction, fait l’apologie de la réussite et non de
l’expérimentation). Par contre, l’école peut offrir une vraie
ouverture, surtout à des élèves qui vivent des situations
difficiles en famille, elle peut offrir des repères, des valeurs,
des opportunités. Et encore une fois, il y a vraiment des élèves
pour qui je peux offrir quelque chose dans leur vie, alors ne nous en
privons pas, y compris les élèves les plus difficiles. Kristine qui
passe son temps dans le couloir car elle ne peux rester en classe.
Elle va m’écrire une lettre pour s’excuser, m’expliquer son
comportement et me dire que maintenant qu’elle va voir un
psychologue et que cela va l’aider. Kevin pour qui j’ai demandé une
conférence afin de discuter avec lui et une personne tierce de son
comportement, qui essayera vraiment très fort la fois suivante de
répondre aux demandes sans s’emporter (et qui y réussira, ce jour
là je lui ai donné le maximum de points de participation.). Cade
qui ne peut s’empêcher d’être très bruyant, de faire rire les
autres, qui parle plus fort que moi (et cela se passe manifestement
dans toutes les classes) à qui je vais donner son premier paws
point (sorte de récompense qui a une valeur symbolique échangeable lors d'évènements dans l'école),
parce qu’il a vraiment essayé, et je sais que l’Espagnol est
pour lui, comme pour moi serait le langage informatique, en chinois.
Taylor qui est absente deux fois sur trois, et qui ne peux commencer
le test car elle ne comprend rien et se met à pleurer doucement
quand je lui demande d’essayer. Elle me répond alors qu’en
Français elle est nulle. ce jour-là je lui est dit de ne jamais
laisser personne lui faire penser qu’elle est nulle en langue, car
apprendre une langue n’est pas une question d’être nulle ou d'être
bon. Depuis, je la sens plus vivante et plus présente surtout et
chaque fois j’ai à cœur de lui montrer mon plaisir de la
retrouver. Il y en a tant que je ne serais tous les citer, mais je
veux vraiment leur rendre hommage car ils sont tous avec leur
personnalité, leurs joies et leurs peines, leurs essais et leurs
erreurs, le monde de demain.
Et
sinon, que s’est-il passé pour le reste du mois de novembre ?
Quel reste ?
Non,
tout de même, il y a thanksgiving,
les amis absolument indispensables (comme quoi mon MSA (1) de l’année
dernière n’a pas été inutile), la famille pour se ressourcer et
pour trouver refuge dans un environnement stable et protégé, le
blog et le plaisir de l’écriture pour s’échapper ???? Pas
vraiment vu qu’en ce moment j’écris sur cette expérience, mais
en tout cas l’écriture permet de désintoxiquer les effets
négatifs et aussi permet de mettre à distance pour mieux
comprendre; et la projection des vacances à Hawaï pour Noël.
(1)
MSA : Mission de Socialisation Américaine
Je
ne sais pas si mon nouveau poste va me laisser le temps pour
m’occuper de mon blog, de mon nouveau projet de travail sur
internet (j’ai déjà deux web-sites prêt à opérer), de notre
retour en France programmé pour l’été 2014, avec la recherche
d’une école, d’un endroit pour loger. Heureusement le travail en
France m’attend bien au chaud.
Alors
Novembre 2013 : à la recherche du
true self...
Que
me réservera décembre et le reste de l’année scolaire ? Je
reviendrais transformée, ça c’est certain...
Décembre
ou la suite de Mission Impossible. Les saisons vont devenir ma
nouvelle grille d’écriture, c’est pourquoi, j’ai intégré début
décembre à novembre.
Aujourd’hui
6 décembre, Nelson Mandela a rejoint les étoiles. Il y en a
certainement une qui brille pour toi, tant ta contribution à l’éveil
de l’humanité à été grande. Merci à toi qui auras su, au
profit de ta propre liberté, réveiller les consciences. Je me sens
un peu orpheline ce soir, car quelques-uns de mes mentors sont en
train de disparaître. Je suis en train de vivre la fin de trente
glorieuses, pendant lesquelles le monde autour de moi ne cessait
d’évoluer. C’était le temps de l’éternelle jeunesse.
Aujourd’hui je réalise que les gens qui comptent pour moi sont en
train de me quitter. J’ai l’impression d’avoir encore tellement
besoin d'eux.
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