Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 22 août 2014

L'hiver 2014 : du froid et du blizard!


que de neige, que de neige!!!
Si un jour un film est tourné sur l'hiver 2014 à Hagerstown, son titre pourra être  : que de neige, que de neige... Ou alors : du froid et du blizzard. Mon activité sportive hivernale aura été le déblaiement de notre allée. Un jour j'ai eu le malheur de reporter au lendemain l'activité fastidieuse : grave erreur! Le lendemain avec la voiture qui était passée dessus, impossible de déneiger et le verglas avait remplacé la neige. Un vraie patinoire. Pour l'école, déjà 10 jours sans école à cause des températures extrêmes ou de la neige. Les jours habituels déjà comptés dans le calendrier scolaire, ne vont pas suffire. Alors le county cherche des jours désespérément. On va être obligé de travailler le jour de «President's day». Les profs qui avaient un long weekend de prévu vont devoir s'organiser autrement ou trouver des remplaçants. Des longs WE, c'est rare, j'avais eu presque envie d'organiser quelque chose. Mais je suis tellement submergée de boulot que finalement j'avais renoncé, et aujourd'hui, j'en suis heureuse car trouver une remplaçante capable de faire du français et de l'espagnol, c'est comment dire... un peu difficile. En tout cas, j'en profite dans la planification de mes cours, car en partant de rien, autant dire que j'ai du travail. Alors, mi-février, j'ai presque toutes mes leçons de prévues jusqu'à la fin de l'année, je peux même m'offrir le luxe d'imaginer des jeux autour des apprentissages plus contraignants. Ce qui n'est pas seulement une figure de style, car aujourd'hui les profs sont en rivalité avec des jeux vidéo et une télé en continue, alors pour capter l'intérêt des élèves, on a intérêt à se montrer inventifs... Et pour être honnête, c'est la partie que j'aime bien.

Cet hiver, nous avons donc passer notre temps a nous demander si le lendemain serait un jour de neige sans école, ou avec un délai, parfois tu espères et même si tu sais qu'il faudra les rattraper, secrètement tu espères. En avril, il n'y avait plus d'espoir.

Avec un temps pareil, rien de tel que de prévoir ses prochaines vacances. Les vacances, c'est comme les cadeaux, le plus dur c'est de trouver l'idée... A Pâques, on aimerait bien aller voir le grand canyon, et pour l'été, avant le retour en France, Porto Rico est une destination qui nous intéresse. Il faut dire que les destinations soleil, sans sortir des USA, cela devient limité, si on ne veut pas retourner toujours aux même endroits. Et, je n'aime pas gâcher les vacances par un passage des douanes un peu délicat.
De plus, Puerto Rico qui est une sorte de département américain, à la singularité d'avoir comme langue nationale, l'espagnol. Alors je pourrais vérifier si mes cours auront été productifs... Puedo ir al baño por favor? (puis-je aller aux toilettes s'il-vous-plaît?).
Mais comme de toujours pour les vacances, nous avons du mal à planifier. Maintenant que mes cours sont prêts, je ne pourrais plus utiliser cette excuse pour expliquer que nous soyons en retard. Alors, je peux toujours dire que c'est à cause de la planification de notre retour en France qui s'annonce très simple. Trouver une nouvelle école, si possible bi-lingue, un nouveau logement à proximité de la dite école, et nous ne savons pas encore si Kris rentrera au même moment que nous. En fait , nous avons une école en vue mais Flore devra passer des tests et il n'est pas toujours sure d'y avoir de la place. Ce qui veut dire que nous ne connaitrons la réponse que fin Août pour une rentrée début septembre. Donc, il faut avoir une autre école sous le coude. Mais comme nous n'habitons pas en France, difficile de se référer à l'école de son quartier pour les écoles publiques. La vie d'expat n'est pas faite que de vacances...

Les vacances, c'est bien mais il y a aussi le reste du temps qui encore aujourd'hui est plus long que le temps des vacances. Alors, nous avons pris une carte de réduction pour faire du ski dans nos deux petites stations de proximité. Nous allons aussi partir un long WE en janvier dans une station à peine plus grande, à deux heures de route. Nous louerons une grande maison que nous partagerons avec nos amis allemands. Il a fait tellement froid, que le premier jour avec Flore nous n'avons pas pu skier. Nous avions un jacuzzi avec la maison de location, mais... à l'extérieur. Température extérieure : -25°C ; température du jacuzzi : + 45°C. Le plus dure, c'était au moment de rentrer dans l'eau : il faisait tellement froid dehors et nous étions en maillot de bain alors nous avions hâte de rentrer dans l'eau. Mais l'eau était tellement chaude que nous ne pouvions y rentrer que petit à petit. Un grand moment de rigolade! Après, nous nous étions organisés pour apporter nos boissons avec nous, alors c'était très agréable car la boisson restait fraiche (nos cheveux touchés par l'eau, aussi).
Le quotidien, c'est aussi une invasion de la pub. J'ai beaucoup de mal à retenir les noms et prénoms, mon cerveau a besoin de temps pour intégrer les chiffres en anglais (je fais partie des personnes qui sont visuelles : je dois voir le mot pour l'intégrer, entendre ne suffit pas). Heureusement, les pubs se sont adaptées aux étrangers : certaines vont jusqu'à répéter 5 fois de suite le numéro de téléphone à appeler : si vous avez le malheur de vraiment écouter, vous avez l'impression qu'on vous prend pour un imbécile. Cette adaptation, on peut la retrouver dans la communication, y compris avec un parfait étranger, le nom de famille est simplement occulté. Chez le Dr : « bon alors Coleen, qu'est-ce que je peux faire pour toi ! » (le vous n'existe pas en anglais ; les anglais de Londres compenserons pas une formule de politesse, ici rien d'aussi compliqué). Avec la secrétaire du collège : « comment je peux t'aider, ma puce ? » (j'ai utilisé ma puce car cela me semble le plus près de la traduction de sweety or Honey, mais surtout n'utiliser pas la traduction littérale de ma puce : my flee, ici, car c'est seulement vu comme un animal dégoutant).


Nous commençons a anticiper notre retour, c'est à dire a prendre contact avec les écoles. J'ai repéré quelques écoles que je voudrais appeler justement ce matin car c'est une journée de neige donc pas d'école ici. Cela me laisse du temps le matin pour les joindre avant leur fermeture. Première école appelée : je réalise que le décalage horaire existe aussi pour les vacances. En effet, la zone de Lyon vient de commencer les vacances d'hiver. Je tombe donc sur un répondeur. Bon, il me faudra me lever un peu plus tôt un jour de semaine (plus tôt que 6:00 du matin tout de même), si je veux les joindre lorsqu'ils sont ouverts.
L'école c'est une chose, mais il nous faudra aussi trouver un logement. Nous souhaitons nous installer à proximité de la future école de Flore, ce qui nous laisse quelques incertitudes sur notre logement. Notre maison est louée et nous ne pouvons la récupérer avant la fin des trois ans de bail. De toute façon, nous ne sommes pas surs de vouloir y retourner. Mais cela n'aide pas a l'anticipation. J'ai l'impression d'avoir fait le tour de Hagerstown et d'avoir envie de rentrer. Peut-être est-ce a cause de l'hiver qui se prolonge, ou du travail de prof qui est loin de me combler. En tout cas 2 ans nous aurons suffit ici. Bien sur, il y a les amis qu'il nous faudra quitter et comme de bien entendu les amis d'aujourd'hui sont des amis qui comptent. Il y aura bien Skype et la possibilité de se rendre visite de temps en temps, mais combien de temps cela durera-t-il ? C'est la vie de troubadour qui veut cela, soit on s'isole sur soi-même, soit on s'ouvre aux autres au risque de devoir les quitter. C'est quand même l'option que nous avons choisit. Deux petits ans... et puis s'en vont ! Le pire, c'est qu'en France, le retour de Kris s'annonce compliqué du fait de la situation économique, et qu'une nouvelle option pourrait s'ouvrir en Australie, ce qui est loin de me laisser indifférente. Mais mon métier me manque et j'ai peur de laisser échapper des opportunités professionnelles si je reste absente trop longtemps. Et pourtant, j'ai déjà rebondi plus d'une fois, alors je sais que je peux le faire encore.

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