C'est reparti... La France endormie se réveille. Et oui, les français ne font pas que se reposer ! (pour ceux qui pourraient imaginer que les Français sont toujours en vacances). Ici dans le Maryland, l’école a repris depuis le 21 aout. Alors, vive l’école!!!
10th et 11th Weeks : intègre-ation
Ce
n'est
pas le tout, mais avec toutes ces démarches, je vais devenir une
grincheuse addict.
La mère possessive à gagner, je ne peux plus me passer d'elle! Je
la dégaine aussi souvent que nécessaire, en dehors de notre
quartier et apparemment elle ne cherche plus à me perdre. C'est sans
doute le prix à payer pour ma tranquillité!
J'ai
dû aussi m'acheter un agenda, car je commence à avoir besoin d'organiser mes
différentes activités. La socialisation étant l'une de mes
activités préférées, je ne voudrais pas tout mettre par terre
pour une histoire d'organisation. L'agenda de mon téléphone ne
m'est d'aucune utilité, vu que je ne le regarde jamais, mon
téléphone étant monotâche : il ne me sert qu'à appeler et
recevoir des appels alors qu'il serait capable de beaucoup plus. J'ai
commencé mes cours d'anglais avec une autre expat, c'est plus
convivial ; je fais de la rando et du vélo ; je participe
à un groupe de lecture ; je me suis inscrite à la tenue d'un
stand lors d'une journée multiculturelle, je donne RDV à des
collègues sur Skype
pour parler boulot ; je m'occupe aussi des activités de Flore :
cheval, art class,
docteur, RDV copines ; et
nous
allons aussi bientôt recevoir nos premiers guests
de France.
Dimanche 16 septembre,
nous sommes allés voir la reconstitution de la bataille d'Antiétam
qui fêtait son 150ème anniversaire (1).
Ce jour-là,
il ne pleuvait pas, l'été nous a montré toute sa générosité de
l'autre côté de l'Atlantique et a étiré ses bras jusqu'au 17
septembre, jour précis de la bataille. Le lendemain, il a plu,
comme pour mieux indiquer qu'à tout moment le temps peut être un
allié ou un ennemi. Il faut reconnaître que le spectacle était au
RDV. Il y avait d'abord de longues allées de tentes garnies d'objets
de cette époque (mais aussi quelques boutiques plus récentes pour
satisfaire nos besoins immédiats). Puis, il y avait beaucoup de
monde en costumes,
soldats et civils. Et enfin, la bataille a pu commencer. D'abord,
l'arrivée des troupes, hommes, chevaux et matériel. J'ai du mal à
évaluer le nombre réel pour chacun, mais cela donnait une très
bonne représentation. L'installation des deux camps face à face,
avec une rivière entre eux, et un pond à traverser pour les
Nordistes (armée de l'Union), tandis que l'armée du Sud, commandée
par Lee, les attendait au sommet d'une colline. Une attente
silencieuse s'installe, faisant peser cet instant d'une lourde
intensité. Le premier coup de canon éclate, levant le doute sur les
intentions de chacun. Pendant plus d'une heure, le champ de bataille
résonnera des coups de canons, de fusils, s’épaissira du
brouillard d'une fumée épaisse,
se colorera de gris et de bleu des tuniques au sol. Tantôt le Nord
avance, tantôt il recule. A la fin, il nous sera difficile de
définir qui a vraiment gagné cette bataille, mais sans aucun doute,
ce ne sera pas la communauté des hommes! J'ai participé à une
guerre en direct ! Il n'y aura bien que les gradins sur le côté,
la voix du commentateur dans le micro et la disproportion entre les
deux armées ce jour-là
(l'Union étant beaucoup plus représentée sans doute car ce fût le
camp des vainqueurs) qui nous rappellera de tout cela n'est qu'une
reconstitution. Amateurs de la bande dessinée « les tuniques
bleus », vous auriez été servis.
(1)
la bataille d'Antietam, est le premier grand affrontement armé de
la guerre de Sécession à se produire sur le territoire de l’Union.
Elle se déroula durant la journée du 17 septembre 1862, dans le
comté de Washington. Cette bataille de la campagne du Maryland reste
à ce jour, la plus sanglante de l’histoire des États-Unis à se
dérouler en une journée, avec près de 23 000 victimes
(morts, blessés, prisonniers ou disparus).
Reconstitution de la bataille d'Antietam
Reconstitution de la bataille d'Antietam
Comme
j'ai été obligée par la situation d'expatriation de me
reconvertir, je
vais bientôt
pouvoir
postuler au CNRS pour la
recherche fondamentale dans le domaine... de l'optimisation dans la
tonte de la pelouse, dans le nettoyage des sols et dans la
recherche de produits sains. Face à toute activité manuelle, mon
esprit a besoin de se mettre en action. Alors je réfléchis
à la manière de gagner en qualité technique et esthétique, je
cherche l'option la meilleure pour le meilleur résultat. Pour les
sols, il faut un balai ni trop grand ni trop volumineux pour passer
de partout et affiner les coins (si le balai est trop grand, la
force déployée sur le manche, ne permet pas aux extrémités d'être
efficaces, on perd alors en qualité). Sur la
pelouse, il ne faut pas travailler en carrés de plus en plus
rétrécies car les dernières raies promettent d'être inégales,
mais il faut tirer une ligne centrale et travailler en rectangle. Par
ailleurs, je suis perdue face à tous ces magasins qui se déclinent
sur les mêmes registres, mais mon œil va repérer
le magasin de produits naturels complètement caché par une grosse
enseigne. Cela s'appelle l’œil du chercheur en microéconomie. En
deux mois, je suis en passe de devenir une experte dans ces domaines.
Comme quoi, il y a toujours un bon côté des choses, à condition de
bien vouloir le voir = a
blessing in disguise ou
in every cloud has a siver lining.
L'utilisation des expressions locales est un gage d'intégration
réussie ? Par contre, je suis encore à la recherche de ce qui
serait le mieux pour moi pour les deux années à venir. Un chercheur
n'a jamais fini de chercher...
Je me suis aussi décidée à reprendre le laborieux
apprentissage du vocabulaire. Ça fonctionne, mais ce n'est vraiment
pas marrant. Alors j'essaye d'avoir ma liste avec moi à tout moment
et d'utiliser chaque moment creux pour réviser : les pubs à le
TV, la leçon de cheval de Flore, les révisions de Flore le soir :
je lui fais réviser ses mots et elle me fait réviser les miens ce
qui est très motivant car elle est intraitable avec moi. La
récompense, c'est de voir un mot ou une expression nouvellement
appris, être utilisés dans un livre, de l'entendre dans une
conversation, cela donne l'impression de ne pas travailler pour rien,
et surtout cela l'imprime de manière plus pérenne dans ma mémoire.
Par
ailleurs, je viens de
découvrir un site pour pratiquer l'anglais fort intéressant :
british council.com.
Encore une fois, le flair du chercheur a gagné. Cela n'évitera pas
à la mécanique mnésique de devoir se dérouiller, mais au moins
j'ai trouvé la bonne huile. Ils proposent des textes à écouter,
avec des questions, des exercices de vocabulaire, de grammaire, mais
tout cela en ligne, à son rythme. Par contre, leur in-génie-en
informatique a sans doute goûter un peu trop à la bière locale, lorsqu'il
a créé
le site : pour répondre aux questions, il faut une dextérité
de chirurgien !
Je viens de réaliser qu'il ne reste plus que 83 minutes
de forfait sur mon téléphone après deux mois d'utilisation. Je
n'en reviens pas d'avoir autant consommé. Bien sûr, chaque fois que
je regarde mes messages, que j'envoie un texte, que je reçois un
appel, que je me trompe de touche et je me connecte sur internet...
des minutes sont décomptées. Mais cela signifie quand même que mon
téléphone est bien utile. Je commence à avoir moins de réserve à
l'utiliser pour communiquer, ce qui est un grand pas, peut-être pas
pour l'humanité mais pour mon confort et mon estime personnelle.
Le temps social n'est pas scandé par la fermeture des
magasins le dimanche, ce qui donne une impression d'un temps infini.
Mais je pense que cela coïncide aussi pour moi a une impression de
vide, de manque de projets réels, de perspectives, de projections.
Bien sûr, j'ai à faire et les journées se remplissent vite. Mais,
l’absence de projections, de délais dans le sens d'un but et d'une
durée me laisse un peu désemparée. A la formation sur
l'expatriation, la formatrice avait parlé de cette étape de vide,
de questionnements, de traversée dépressive et je comprenais
parfaitement à quoi cela pouvait correspondre. Mais à l'époque ce
n'était que théorique, j'avais à peine le temps pour aller à
cette journée de formation... D'autre part, je vois que je
m'installe dans une vie qui ne me convient pas. J'ai besoin de chalenges, d'ambition, de réussites. Le travail n'est pas la seule
issue, mais il s'agirait pour moi de me sentir utile. Cette nuit, mon
inconscient a
réveillé
ma conscience. J'ai rêvé du travail que je viens de quitter,
mais surtout de mon premier poste de psychologue, qui m'avait révélé
à moi-même dans ce métier. Bien plus que la longue formation que
j'ai suivie, les nombreux stages que j'ai effectués et tous les
postes que j'ai occupés par la suite, c'est ce poste-là qui a
scellé les fondations, en me confiant ma première mission. C'est
aussi le regard des enfants placés dans cette maison d'enfants, bien
loin dans la Haute Loire qui m'a confirmé la raison de mon
engagement. Alors aujourd'hui, ils sont venus me retrouver comme pour
me signifier mon destin : j'ai besoin de m'engager auprès des
autres!