Il
y a aussi d'autres choses en jaune : une ligne continue jaune ou
même deux, des panneaux d'école... Le jaune représente vraiment
quelque chose d'important à signaler.
Mais
surtout l’une des découvertes les plus intéressantes du mois de
février sera ... la déclaration d'impôt. Les
impôts dans une situation d'expat : paradis ou enfer ?
Avant de partir, nous avions calculé
que pour l'année en cours, nos impôts connaîtraient une forte
dévalorisation, car je suis la seule à travailler en France, sur
une demi-année et les impôts pour Kris sont payés directement par
l'entreprise : là c'est le paradis. C'est
bien la première fois que nos impôts connaîtront
une dévalorisation ! Encore
faut-il faire sa déclaration américaine. Et là, c'est l'enfer. Il
faut déclarer beaucoup de choses qui ne nous paraissent pas toujours
en lien avec la question des impôts. Au
bout d'un fastidieux WE à tenter de récolter toutes les précieuses
informations, la déclaration est envoyée à une personne
spécialisée dans l’entreprise,
en charge de s'en occuper. Enfin délivré ! C'est sans compter
qu'en mai pour la déclaration française, il nous faudra recommencer
le processus car ce qui est compliqué avec notre situation, c'est
que Kris est arrivé 6 mois avant moi et que nous avons des impôts à
payer dans les deux pays, la même année.
Comme
cela ne nous a pas paru assez compliqué, j’ai décidé de me
lancer a la conquête du marché du
travail, pour rajouter quelques tracas au mois de février 2014.
Le
travail n'est pas une nécessité absolue comme cela pouvait l'être
lorsque que j'étais plus jeune. Il n'était pas question à l'époque
de motivation, mais de nécessité vitale. Et
lorsque
les choses dépendent de soi, il faut alors trouver la force pour
affronter les entretiens, les démarches, le sentiment de ne pas être
à la hauteur, de ne pas être attendu :
il y en a tant d'autres, tout autant ou même plus qualifiés !
Surtout que lorsque l’on est plus jeunes, il y a plus de doutes que
de certitudes.
Or,
le
travail reste une voie essentielle pour l’expression de la
personne, la réalisation de ses capacités, sa sécurité
matérielle, sa
reconnaissance sociale.
C’est
pourquoi, c’est un enjeu très fort, bien au-delà du besoin
matériel.
Je
commence donc
à réfléchir de plus en plus à une activité salariée ici. Mon
visa de travail est en cours, alors je pense me lancer à la conquête
du marché. J'ai fait mon CV en anglais, selon les standards
américains : donner des faits, des réalisations, des chiffres,
aucun élément discriminatif comme l'adresse, l'âge, le poids, la
situation maritale, la religion... Puis, les lettres de
recommandation par
des personnes extérieures, susceptibles d'apporter leur point de vue
sur vos capacités.
Il en faut trois, et si possible confidentielles (elles doivent être
directement envoyées sans passer par le postulant). Cela fait partie
des démarches avec lesquelles je ne suis pas très
à l'aise. Il
faut un sacré ego pour demander à d'autres de dire des choses
positifs sur vous. En même temps, cela évite que le futur employeur
ne fasse des recherches dans votre dos. Ici, tout est clair, il est
explicitement dit que tous vos documents sont susceptibles d'être
vérifiés, vos recommandations seront appelées...
J’ai pris un peu de temps pour
me lancer. J’ai d’abord eu besoin de temps pour m’installer sur
place, m’assurer que j’avais du temps disponible en fonction de
l’organisation pour Flore et toute la famille. Ensuite, j’ai eu
besoin de temps pour savoir ce qui m’intéresserait et ce qui
serait envisageable en fonction de la barrière de la langue, car
même si mon anglais est correct, de là
à envisager de l’utiliser dans un métier, et en particulier le
mien dans lequel les subtilités de la langue sont si importants. Il
ne s’agit pas seulement de se comprendre, il s’agit de faire
preuve d’empathie ce qui suppose d’être plutôt au clair avec le
discours... Mais en même temps, je ne suis pas complètement dupe,
j’ai aussi dû lutter contre le sentiment de ne pas être à la
hauteur à cause de la langue. Alors qu’aujourd’hui, je suis
plutôt fière de mes accomplissements dans mon domaine
professionnel, et je sais que mes qualités professionnelles sont
reconnues par mes pairs et les personnes pour lesquelles je
travaille, lorsqu’il s’agit de le transférer en anglais, les
moyens me manquent et je me retrouve jeune débutante, pleine de
doutes et d’incertitudes. Je suis aussi passée par une phase de
culpabilité liée au sentiment de prendre le travail à quelqu'un
qui pourrait en avoir plus besoin que moi. Nous vivons une époque ou
le travail est une valeur importante tant dans le domaine vital
(travailler pour survivre), que sociale (le travail comme valeur
refuge dans une société ou l’image auprès des autres est si
importante : récompense d’une intégration réussie), que
personnelle (le travail comme valeur narcissique : je sais ce
que je vaux à travers mes accomplissements professionnels). Alors,
j’ai décidé de
tenter d’être
professeur
remplaçante.
Professeur, car les questions de transmission m’ont toujours
intéressées. Et puis, j’ai beaucoup travaillé
auprès d’enfants, de professionnels de l’Éducation, j’ai
aussi enseigné
à des
adultes et j’apprécie cette relation au savoir (je pense que
j’apprends autant que je peux enseigner!). Remplaçante, car cela
ne sera que pour un temps court et
cela évite
de devoir passer des tests, repasser des examens, d’avoir
trop de contraintes horaires.
En effet, pour être remplaçante (ici dans notre county),
il faut seulement justifier d'avoir passé
un DEUG. Mon
expérience de bénévole auprès de la classe d’enfants autisme
m’a confirmé que c’était un
domaine qui m’intéressait
et qui me semblait
accessible. Je
ne postulerai pour autant que pour être prof de Français et auprès
des enfants en difficulté car je me vois mal enseigner l’anglais à
des
Américains !
Par contre, on
m'a suggéré
d’être aussi
prof remplaçante
d'espagnol car avec le niveau qui est demandé
ici, même
mes vieilles notions un peu rafraîchies
devraient suffire.
Alors, vamos
a la playa...
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