Enfin le 8 juin : départ pour la France ou retour au pays.
Arrivée sur Heathrow : accueillies par une masse nuageuse et
par la température frisquette. Décidément, malgré ma joie de
revenir, ce n'est pas la partie la plus agréable d'autant qu'encore
une fois je n'ai pas pu dormir dans l'avion : il n'était pas
très grand et il y a eu quelques nuages perturbateurs en route,
juste au moment de m'endormir, pas très puissants mais suffisants
pour faire déserter le sommeil... Décidément à Londres, si l'on
veut voir le soleil il faut le chercher... au-dessus des nuages !
Apparemment un incident sur Heathrow nous fait atterrir sur une zone
reculée. Nous allons alors voyager en bus dans les coulisses du
célèbre aéroport. Cela change des habituels couloirs immaculés.
Tout n'est que travaux, entrepôts, bibelots... L'arrière cours
n'est pas à la hauteur de sa devanture.
Deux caractéristiques nous font réaliser que nous avons quitté le
sol Américain : des langues très variées sont parlées autour
de nous et pour la connexion internet, il n'y a que 45 minutes
gratuite.
11H35 : décollage pour la France. La masse nuageuse ne
m'indispose plus, tant il me tarde de fouler le sol français. Je
comprends mieux l'impatience des émigrants qui reviennent au pays !
Le repas de midi sera une boisson et des cacahuètes ou des chips :
Sacré menu, mais au moins rien ne change ! Il n'y a décidément
plus de petites économies !!! On a intérêt à ne pas se
laisser surprendre. Sauf que nous n'avons que des dollars ou des
euros et une carte bleu. Le sandwich acheté à l'aéroport risque de
nous coûter un peu cher car je rappelle que l'Angleterre n'a pas
encore adopté l'Euro... Lors du survol de la France, je remarque
l'incroyable découpage du paysage en parcelles très délimitées
souvent par des haies d'arbres, et des barrières. Cela donne une
impression de puzzle bien assemblé mais découpés en pièces. Un
puzzle aux couleurs vertes et bleu, marques des fortes pluies de
l'année écoulée. S'il y avait bien une année à fuir la France,
c’était bien cette année. L'hiver 2012 avait été très froid
tandis que l'hiver et le printemps 2013 très pluvieux. L'été
sera-t-il se montrer plus lumineux ?
A la douane, le climat est détendu. D'abord, il y a très peu de
monde, et puis la majorité des passagers sont Français, il n'y a
donc pas de questionnement sur leur légalité à flouer le sol. A
l'attente des bagages, je suis comme happée par toutes les
conversations que je comprends sans avoir à y prêter garde. A
Hagerstown surtout, lorsque j'entends parler français, c'est un
étonnement. Ici, je me surprends à me laisser envahir par chacune
de ces phrases qui ne me sont pas adressées. Je pense que lorsque
l'on a pas d'effort à faire pour comprendre la langue, très
naturellement on se ferme aux conversations des autres. Mais pour
moi qui est pris l'habitue d’être très attentive, c'est comme si
j'étais la tour de contrôle de chacune de ces discussions qui
dérivent invariablement vers moi. Je me rends compte aussi, que nous
ne pouvons plus nous parler français avec Flore pour ne pas être
comprises. Il nous faut alors chuchoter.
A notre arrivée, le taxi de l'entreprise nous attend, près a nous
rapprocher encore plus de notre destination finale : la famille.
Malgré mon manque de sommeil, je ne peux pas encore dormir, je suis
trop impatiente.
Lorsque nous arrivons chez mes parents, il n'y a personne. Nous le
savions puisqu'ils sont chez mon frère, juste a cote. Cela change
des retrouvailles très démonstratives a l’Américaine, ou
l'habitude est plus d'attendre les gens pendant des heures a
l’aéroport ! Je dépose les valises, et nous parcourons a
pied les 500 m qui nous sépare de la maison de mon frère. Les
retrouvailles se méritent ici...
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