Samedi 14 juillet : allons enfants de la patrie...
Samedi
matin : premiers petits ajustements à notre nouvelle vie :
acheter l'indispensable téléphone portable qui nous permet de
rester relier. Rien à moins de 240 minutes, mais pour appeler qui ?
Je ne connais pour ainsi dire personne ici. J'avais déjà du mal à
consommer mes deux heures locales en France ! Il nous faudra
aussi un BBQ de compétition, histoire d'épater les copains à notre
retour, et aussi d'une tondeuse, ça c'est pour faire comme les
voisins. La télé quant à elle est déjà achetée et elle est
encore plus grande que la nôtre de France, mais plus petite que le standard
américain. La folie des grandeurs va-t-elle nous gagner ? La
télé est grande mais nous ne recevons pas encore les chaînes.
C'est pourquoi, en attendant, elle trône dans le salon telle une
œuvre d'art en attente de reconnaissance.
En
passant dans notre lotissement (neighborhood), je
remarque des drapeaux américains accrochés à quelques maisons :
la fierté de la nation ! Serons-nous aussi fières de notre
grande nation ce soir à l'ambassade ?
Les
maisons sont construites soit en bois , soit en brique, soit mixtes.
Elles sont plutôt grandes et dans l'ensemble, bien entretenues.
Comment font-ils ? car en France, les maisons en bois se
dégradent souvent très vite et après quelques bourrasques de
pluie, il ne reste plus de la majesté du bois, que
son enveloppe vieillissante. Ce n'est tout de même pas de
l’aggloméré ?
Sur la
route 70 : descente vers Washington. J'observe les panneaux, à
défaut d'autres distractions. En effet, pour rompre la monotonie de
la route et pour agrémenter le voyage, les Américains installent
des décorations artificielles sur le bord de la route. Ce sont des
panneaux qui à chaque intersection, renseignent sur ce qui peut se
consommer : nourriture (food), logement (lodging),
essence (gas), attractions. Il y a aussi des panneaux
qui indiquent que l'autoroute est subventionnée par : les
dividus cigars ou que la patrouille d'urgence l'est
par : state farm, len the plomber (attention
aux faux-amis : state farm
n'est pas une ferme d'état mais une compagnie d'assurance).
Le summum du règne de l'argent serait que les autoroutes soient
subventionnées par une bière locale ! Et bien c'est fait. J'ai en effet trouvé, plus tard dans le séjour, une pancarte indiquant que l'autoroute 70 était subventionnée par Francklin Liquor qui est bien un magasin d'alcool...
Sur la
route, nous rencontrons beaucoup de travaux. Serait-ce le temps des
moissons ? En France, c'est souvent au début de l'été. N'avez vous
pas déjà remarqué que début juin, nos routes se couvrent de
nouveaux revêtements, s'ornent de nouvelles couleurs, se façonnent
de mille façons. Ici, il est grand temps de faire quelque chose car
les routes sont en plutôt mauvais état, mais il est vrai qu'elles
ne sont pas payantes, elles sont seulement subventionnées !
Heureusement, le confort de la voiture amortit les chocs. Il y a
aussi beaucoup de bouts de pneus déchirés qui errent
sur le bord de la route. Comment peut-on perdre de tels bouts de
pneus ? Il y en a qui perdent les pédales, d'autres ce sont les
pneus.
Arrivée
vers l'ambassade à 18h20. Heureusement que Tom Tom nous indique que
nous sommes près de la destination car rien ne laisse transparaître
qu'ici, c'est la ville. Les environs boisés font plus penser à un
grand parc qu'à une avenue fleurie d'ambassades. On vient de croiser
celle de l'Allemagne.
Une demi-heure de queue avant d'entrer, cela doit valoir la peine! Avant de
traverser la route, une délégation du Congo nous accueille au
bruit des tambours et des portes-voix pour nous dire que la la
politique de la France dans leur pays est pire que celle des Nazis.
Vive la fête nationale et l'entrain pour la nation... le jour de
gloire n'est pas encore arrivé !
Entrée
dans l'ambassade : entre grandeur et décadence. C'est la
première fois que je vais dans une ambassade française, ou même un
consulat. J'étais déjà allée à l'ambassade Américaine à Paris
pour le visa, mais jamais dans un petit bout de France à l'étranger.
Voilà qui est fait. Les tenues de soirée sont de sortie, le
champagne et le foie gras s'imposent, la musique rappelle la douce et
lointaine France... mais très vite la moiteur ambiante nous submerge
et fait couler le maquillage, les enfants se baignent dans la
fontaine, il faut jouer des coudes pour se servir au buffet :
pas de doute, on est bien en France. Je ne suis pas sûre que je
renouvelle l'expérience. Je préfère de loin célébrer notre
chère nation sur une via ferrata en montagne, ou sur un rafting en
eaux vives ou encore... tout simplement chez moi aux USA. Vive la
république !!!

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