Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 17 janvier 2014

9 ème mois : accouchement sans douleur ! (avril 2013)

Rien de tel qu'une semaine de repos après un accouchement toujours éprouvant. Nous sommes partis en Floride, et plus précisément dans le Sud : les Keys = joyaux des USA; les Everglades = la dernière frontière de la vie civilisée; les plages de sables blanc de l'Ouest de la Floride. Je ne sais pas pourquoi, nous sommes toujours très en retard pour préparer nos vacances. C'est pourtant ni le temps qui nous manque aujourd'hui, ni l'envie de partir. Il n'y a aucun intérêt à prévoir ses vacances à la dernière minutes, car les bons plans de dernière minutes, cela ne semble pas exister ici. Préparer ses vacances, c'est aussi la peur de ne pas prévoir des vacances parfaites. Peut-être que les autres pays peuvent nous envier ou nous jalouser nos vacances, mais ils ne réalisent pas à quel point il est compliqué d'organiser chaque fois des vacances parfaites ! Il n'y a rien de plus troublant pour un Français que de ne pas réussir ses vacances. Quel stress alors pour les organiser.
Dans la préparation, nous ne passons plus par les agences de voyage, car on peut tout trouver par internet. Mais lors des réservations, il y a toujours des questions pernicieuses qui s'infiltrent : est-ce qu'il vaudrait mieux voler ou conduire ? Si on vole, avec quelle compagnie, de quel aéroport ? Comment trouver la location de voiture pour un coût raisonnable ? Les hôtels, comment prendre le meilleure au meilleur prix (les sites pour trouver des hôtels à prix très compétitifs ont bien compris nos questionnements existentiels et à chaque fois que vous vous intéresser d'un peu près à un produit, il vous suggère d'aller en voir un autre très prometteur...) ? Faire des comparaisons, prendre l'avis d'autres internautes... Sans compter évidemment sur les questions d'itinéraire, les envies, les renoncements, le calcul des distances... Il s'agit de se projeter, avec un vaste panel d'espoirs et des doutes. Pour les réservations à l'avance par internet c'est toujours comme des pochettes surprise : il y a les espoirs, les attentes, les bonnes et les mauvaises surprises, les déceptions, les vrais miracles. Et bien sur, ce qui compte, c'est de réussir ses vacances. Pas question de rentrer à moitié satisfaits : les vacances s'est parfaitement réussit ou c’est vain...

Avant de partir en vacances, j'ai eu l'impression de devenir une « ordinateur portable addict ». J'avais du mal à penser à autre chose, je n'avais plus envie de sortir, j'étais branchée en permanence. Heureusement, je l’utilise pour plusieurs choses : les mails, le blog, les travaux professionnels, la recherche de documents, l'écriture d'articles, d'éléments plus personnels... Je viens même de mettre mon agenda sur l'ordinateur. Je suis en train de vivre dans un monde virtuel. Je n'aurai jamais cru cela possible un jour. Moi qui ne voulais pas que l'expatriation ne soit qu'une aventure de plus sans apporter de changements conséquents, me voilà servie. Je n'avais pas pensé que cela allait aller dans ce sens. Mais la vie m'a appris à me laisser surprendre... J'ai l'impression de vivre dans une bulle, ce cocon doux qui protège des agressions extérieures (je n'ai pas encore rencontrée d'agression via internet, mais je suis sûre que cela arrivera aussi), qui permet d'être reliés aux autres pour le meilleur et qui laisse tomber le pire... Je me vois prendre plaisir à chercher des fonctions techniques, mais à ma manière sans mode d'emploi, plutôt à l'aveugle (en appuyant sur tous les boutons pour voir ce que cela produit). Il y a quelques années, j'avais lu un livre qui parlait d'un monde devenu invivable car trop pollué, et chacun vivait dans une bulle, connecté aux autres par ordinateur. Il était possible de tout faire avec l'ordinateur, même l'amour. Par contre avec les avatars il n'était pas toujours sur de savoir avec qui... Rappelez vous le rêve de la fin du monde, je crois que je viens de connecter que c'était en lien avec ce livre, sauf qu'à la fin, l'humanité ne mourait pas mais survivait en se repliant dans des bulles... Il est temps que je traite cette addiction... Peut-être par la participation à un groupe pour échanger avec d'autres malades. Comment en trouver un ? Mais bien sur, avec internet. Bon là, je crois que je ne vais pas beaucoup avancer ! 
 
Heureusement, les vacances en Floride arrivent et là je sais que je peux décrocher sans douleur. C'est plutôt Kris qui reste accroché à sa bulle internet. Difficile de le faire apprécier le temps présent, il est sans cesse connecté pour trouver des infos, mais aussi faire partager aux amis nos aventures sur facebook, comme si cela ne pouvait pas attendre. Finalement, c'est un nouveau maillot de bain américanisé, c'est à dire non moulant et long avec des poches, qui aura eu raison de son addiction : l'eau de mer aura été fatale à son portable. Heureusement, il reste la tablette, et accessoirement des cartes pour se repérer. Et puis les amis, attendront pour avoir de nos nouvelles. Le Facebook d'aujourd'hui est en partie l'aboutissement de ce qui l'a précédé, c'est à dire le «devines d'où je t'appelle ? ». En effet, au début des téléphones portables, il y a quelques années en arrière, vous vous rappelez de ces amis qui vous appelaient en pleine journée de travail pour vous demander de deviner d'où ils vous appelaient : généralement d'en haut d'une piste de ski, ou sur une île paradisiaque.

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