Comment
ce pays au sommet de la technologie, me donne l'impression d'être
resté enfermé dans le siècle dernier de l’électricité, de
l'eau et du chauffage. Ils ont dû rater leurs tests au MSA, ceux qui
sont en charge de s'occuper de ces domaines ! Ils vont vite pour
construire une maison, mais l'arrivée d'eau est placée à un
endroit qui inévitablement gèlera en hiver (c'est arrivé à des
amis, heureusement pas à nous). Le voltage est bien bas et les
prises électriques ressemblent à celles de la maison de vos grands
parents quand vous étiez enfant (pour les gens de ma génération,
en tout cas). Les fils électriques sont tous à
découvert sur les routes (plus faciles à
réparer, mais plus vite
endommagés aussi) Quant au chauffage, il s'active lorsque la
température est trop basse (mais il attend parfois bien longtemps
avant de se mettre en route) et c'est une sorte de soufflerie fort
désagréable, quand vous êtes comme moi peu enclin aux courants
d'air. Cela me rappelle lorsque j'ai passé le BAFA (1)
à 19 ans (je vous laisse calculer...). C'était au mois de février.
Le chauffage fonctionnait en alternance : soufflerie d'air chaud
avec un bruit d'enfer et une chaleur proche de l'été à
Hagerstown ; puis, plus rien et les pièces avaient la fâcheuse
habitude de se refroidir très vite. Je sens que je vais repasser mon
BAFA...
(1)
Brevet d'Aptitude aux Fonctions d'Animateur : vous savez ce sont
les gentils animateurs des colonies de vacances de vos enfants. Quand
vous passez le BAFA vous apprenez à vous occuper d'enfants, mais
aussi à à ne plus vous conduire comme un enfant, à vous émanciper
de vos parents, à fumer des pétards... Un grand moment d'évolution,
et je le dis sans ironie. C'est un peu un rituel de passage, avec ses
découvertes, ses renoncements, ses changements d'identité et ses
épreuves enfumées. J'ai peur que mes paroles ne changent à jamais
votre regard sur les colos, qui pourtant sont des moments d'intenses
émotions pour les enfants.
Kris doit
passer une semaine en Europe, quelques jours en France, et deux jours
en Suède. C'est fou comme la Suède est devenue proche de la France
depuis que l'on vit ici... Nous préparons quelques éléments
typiquement Américains à rapporter à nos amis. Kris me demande si
je veux qu'il me rapporte quelque chose de France. Je n'y avait même
pas pensé ! Et même en y pensant très fort, il n'y a rien qui
ne me manque vraiment à part peut-être mon dentiste que je connais
bien, et que je ne suis pas sûre de pouvoir attendre de voir à
notre retour, mais qui sera difficile à rapporter dans les bagages.
Peut-être si : du Saumon frais mariné... de Suède. A bien y
regarder, je ne vois rien qui me manque au point de le rapporter de
France. Bien sur, le chocolat est meilleure, le foie gras plus légal,
mais cela ne vaut pas la peine. Même la baguette, nous en avons
trouvé une à faire cuire soi-même qui est excellente. Cela devient
ridicule de faire le pain soi-même ! Quant aux produits
spécifiques, on les trouve facilement sur internet :
citro-tonic, huiles essentielles, bougie Hopi (1).
Alors, à part le dentiste et le saumon frais mariné, je ne vois
rien.
(1)
Les indiens
Hopis
font partie du groupe amérindien d'Amérique
du Nord. Les Hopis vivent dans le nord-est de l'Arizona, dans une
région très aride. Est-ce qu'ils sont vraiment à l'origine de la
bougie d'oreille (pour nettoyer le conduit auditif) ? C'est une
autre histoire.
Si
les produits français ne me manquent pas c'est parce que nous avons
trouvé ici de très bonnes substitutions : le banana
bread, les muffins, the rasberry lemonade sont
excellents... Nous n'avons pas encore succombé à la folie des cup
cakes. J'avoue que ces petits gâteaux tout colorés, plein
de crème, cela ne me tente pas vraiment. Nous y avons quand même
goûté, et je dois dire que j'ai du mal à comprendre l'engouement.
Je serais plus tentée par des macarons, mais c'est sans doute plus
compliqué à faire. Nous en avons de toute façon trouvé ici, comme
quoi vous voyez bien que Hagerstown peut devenir une vraie caverne
remplie de tous les trésors du monde. J'ai osé en offrir aux
maîtresses de Flore pour leur faire goûter les produits français.
Nous avons été chaleureusement remerciés, mais je ne suis pas sûre
de leur véritable appréciation, la chaleur du remerciement n'est
pas toujours proportionnelle à la réalité du sentiment. J'avoue
que parfois me manque les accents de sincérité : « c'est
mangeable, mais j'en ferais pas une folie ».
Je
crois que je ne vais pas pouvoir attendre notre retour en France pour
aller voir le dentiste. Depuis quelques jours, j'ai une dent qui me
chatouille. Je n'aime pas être malade, je crois que cela est assez
répandu. Mais pour moi, c'est un signe de faiblesse : je ne
suis pas arrivée à prévenir plutôt que de guérir. Je vais voir
le dentiste et autres spécialistes en prévention, je m'immunise
contre les maux d'hiver par le citro-tonic et les huiles
essentielles, je vais voir un ostéopathe, j'ai une hygiène de vie
plutôt anti-maladie : sport et équilibre alimentaire. Alors,
tomber malade, me donne un vrai sentiment d'avoir échoué
dans ma mission de prévention. Bien sur, quand on est en bonne
santé, la prévention est difficile. Cela signifie qu'il ne faut pas
attendre les premiers signes d'affaiblissement pour anticiper. Il
faut renforcer ses défenses immunitaires, alors même que rien ne
vient nous confirmer que nous en avons besoin (sauf un contact
rapproché avec des personnes malades, ce qui veut
dire que face à toute personne malade on doit avoir un réflexe
d'exclusion, ce que j'ai beaucoup de mal à faire). C'est un peu une
manière inversée de faire avec sa santé que celle apprise en
Occident : on soigne un symptôme, pas une hypothèse !
Mais voilà, je crois que j'ai une infection dentaire. Pour l'instant
rien de grave, mais à soigner avant juin. Première étape : se
renseigner sur les dentistes recommandables. Je ne sais pas vous,
mais moi je ne peux pas aller voir n'importe quel dentiste venu. Il
est vrai qu'enfant, j'ai plutôt eu à faire à des
boucher-charcutier qu'à des dentistes. Je me souviens d'un dentiste
qui me disait que j'étais vraiment une chochotte, et qu'il n'y avait
pas lieu de pleurnicher. Et bien moi, j'avais mal et je ne veux plus
vivre une telle expérience. Mon dentiste actuel en France est
parfait. Il me rassure, à la moindre douleur, il me propose une
anesthésie locale, il fait des examens complets pour ne rien laisser
au hasard. Bref, j'ai confiance. En plus, nous nous sommes connus
dans le milieu de la plongée, on fait parti du même monde. A 6000
km, je ne crois pas qu'il pourra m'aider aujourd’hui !
Mes amis expat m'indique un cabinet dentaire qu'ils consultent
eux-mêmes et
qui selon eux est très bien (ils sont en plus plusieurs à le
recommander). Parfait, première étape réussie !
Deuxième
étape : savoir s'il prend notre assurance santé. Les soins
pouvant être tellement exorbitants, il vaut mieux s'assurer de cette
formalité. On vient justement de changer d'assurance avec
l'entreprise. Alors, il faut refaire les démarches auprès de tous
les médecins (généralistes, orthodontistes, et dentistes). On
comprend mieux la myriade de secrétaires !
Troisième
étape : prendre un rendez-vous. Ce n'est pas le plus
compliqué : le rendez vous sera pour le lendemain, et la
secrétaire s'adresse à moi en m'appelant Coleen. Il n'y a vraiment
qu'à l'école où les adultes sont encore appelés Miss
ou Mister avec leur nom de famille...
Quatrième
étape : remplir les nombreux documents sur le présent, le
passé, l'avenir (quels sont les soins déjà opérés, qu'est-ce
qu'il y a faire aujourd’hui et est-ce que je suis satisfaire de ma
dentition actuelle?) ; sur l'assurance santé bien sur ;
sur ma responsabilité d'honorer rendez-vous et les payements... Il
devient aussi compliqué d'aller voir son médecin que de faire
immatriculer sa voiture à la préfecture !!!!
Je
crois que je vais zaper la cinquième étape... non, je rigole, je ne
peux vraiment pas attendre.
Week-end
du 16 et 17 mars 2013 : Kris est en France en train de faire la
fête avec les copains. Ici il ne fait pas beau (j'ai rarement vu
trois jours de mauvais temps de suite comme cela, il va même neiger
ce lundi), j'ai pris un rhume et une dent continue
à me
chatouiller, nos amis Français expatriés eux-aussi nous annoncent
le décès de leur petit lapin, le lendemain Kris nous apprend que
Lapinette est morte elle aussi : triste week end aux
USA (surtout
pour les léporidés!)
Il n'y a pas que des bons moments. J'en profiterais pour enfin
finaliser nos albums photos que nous voulons partager avec nos amis.
J'ai besoin d'eux en ce moment et des souvenirs en image des bons
moments...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire