Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 10 janvier 2014

8eme mois, Mars 2013 : le dentiste.


Comment ce pays au sommet de la technologie, me donne l'impression d'être resté enfermé dans le siècle dernier de l’électricité, de l'eau et du chauffage. Ils ont dû rater leurs tests au MSA, ceux qui sont en charge de s'occuper de ces domaines ! Ils vont vite pour construire une maison, mais l'arrivée d'eau est placée à un endroit qui inévitablement gèlera en hiver (c'est arrivé à des amis, heureusement pas à nous). Le voltage est bien bas et les prises électriques ressemblent à celles de la maison de vos grands parents quand vous étiez enfant (pour les gens de ma génération, en tout cas). Les fils électriques sont tous à découvert sur les routes (plus faciles à réparer, mais plus vite endommagés aussi) Quant au chauffage, il s'active lorsque la température est trop basse (mais il attend parfois bien longtemps avant de se mettre en route) et c'est une sorte de soufflerie fort désagréable, quand vous êtes comme moi peu enclin aux courants d'air. Cela me rappelle lorsque j'ai passé le BAFA (1) à 19 ans (je vous laisse calculer...). C'était au mois de février. Le chauffage fonctionnait en alternance : soufflerie d'air chaud avec un bruit d'enfer et une chaleur proche de l'été à Hagerstown ; puis, plus rien et les pièces avaient la fâcheuse habitude de se refroidir très vite. Je sens que je vais repasser mon BAFA...
(1) Brevet d'Aptitude aux Fonctions d'Animateur : vous savez ce sont les gentils animateurs des colonies de vacances de vos enfants. Quand vous passez le BAFA vous apprenez à vous occuper d'enfants, mais aussi à à ne plus vous conduire comme un enfant, à vous émanciper de vos parents, à fumer des pétards... Un grand moment d'évolution, et je le dis sans ironie. C'est un peu un rituel de passage, avec ses découvertes, ses renoncements, ses changements d'identité et ses épreuves enfumées. J'ai peur que mes paroles ne changent à jamais votre regard sur les colos, qui pourtant sont des moments d'intenses émotions pour les enfants.

Kris doit passer une semaine en Europe, quelques jours en France, et deux jours en Suède. C'est fou comme la Suède est devenue proche de la France depuis que l'on vit ici... Nous préparons quelques éléments typiquement Américains à rapporter à nos amis. Kris me demande si je veux qu'il me rapporte quelque chose de France. Je n'y avait même pas pensé ! Et même en y pensant très fort, il n'y a rien qui ne me manque vraiment à part peut-être mon dentiste que je connais bien, et que je ne suis pas sûre de pouvoir attendre de voir à notre retour, mais qui sera difficile à rapporter dans les bagages. Peut-être si : du Saumon frais mariné... de Suède. A bien y regarder, je ne vois rien qui me manque au point de le rapporter de France. Bien sur, le chocolat est meilleure, le foie gras plus légal, mais cela ne vaut pas la peine. Même la baguette, nous en avons trouvé une à faire cuire soi-même qui est excellente. Cela devient ridicule de faire le pain soi-même ! Quant aux produits spécifiques, on les trouve facilement sur internet : citro-tonic, huiles essentielles, bougie Hopi (1). Alors, à part le dentiste et le saumon frais mariné, je ne vois rien.
(1) Les indiens Hopis  font partie du groupe amérindien d'Amérique du Nord. Les Hopis vivent dans le nord-est de l'Arizona, dans une région très aride. Est-ce qu'ils sont vraiment à l'origine de la bougie d'oreille (pour nettoyer le conduit auditif) ? C'est une autre histoire.

Si les produits français ne me manquent pas c'est parce que nous avons trouvé ici de très bonnes substitutions : le banana bread, les muffins, the rasberry lemonade sont excellents... Nous n'avons pas encore succombé à la folie des cup cakes. J'avoue que ces petits gâteaux tout colorés, plein de crème, cela ne me tente pas vraiment. Nous y avons quand même goûté, et je dois dire que j'ai du mal à comprendre l'engouement. Je serais plus tentée par des macarons, mais c'est sans doute plus compliqué à faire. Nous en avons de toute façon trouvé ici, comme quoi vous voyez bien que Hagerstown peut devenir une vraie caverne remplie de tous les trésors du monde. J'ai osé en offrir aux maîtresses de Flore pour leur faire goûter les produits français. Nous avons été chaleureusement remerciés, mais je ne suis pas sûre de leur véritable appréciation, la chaleur du remerciement n'est pas toujours proportionnelle à la réalité du sentiment. J'avoue que parfois me manque les accents de sincérité : « c'est mangeable, mais j'en ferais pas une folie ».

Je crois que je ne vais pas pouvoir attendre notre retour en France pour aller voir le dentiste. Depuis quelques jours, j'ai une dent qui me chatouille. Je n'aime pas être malade, je crois que cela est assez répandu. Mais pour moi, c'est un signe de faiblesse : je ne suis pas arrivée à prévenir plutôt que de guérir. Je vais voir le dentiste et autres spécialistes en prévention, je m'immunise contre les maux d'hiver par le citro-tonic et les huiles essentielles, je vais voir un ostéopathe, j'ai une hygiène de vie plutôt anti-maladie : sport et équilibre alimentaire. Alors, tomber malade, me donne un vrai sentiment d'avoir échoué dans ma mission de prévention. Bien sur, quand on est en bonne santé, la prévention est difficile. Cela signifie qu'il ne faut pas attendre les premiers signes d'affaiblissement pour anticiper. Il faut renforcer ses défenses immunitaires, alors même que rien ne vient nous confirmer que nous en avons besoin (sauf un contact rapproché avec des personnes malades, ce qui veut dire que face à toute personne malade on doit avoir un réflexe d'exclusion, ce que j'ai beaucoup de mal à faire). C'est un peu une manière inversée de faire avec sa santé que celle apprise en Occident : on soigne un symptôme, pas une hypothèse ! Mais voilà, je crois que j'ai une infection dentaire. Pour l'instant rien de grave, mais à soigner avant juin. Première étape : se renseigner sur les dentistes recommandables. Je ne sais pas vous, mais moi je ne peux pas aller voir n'importe quel dentiste venu. Il est vrai qu'enfant, j'ai plutôt eu à faire à des boucher-charcutier qu'à des dentistes. Je me souviens d'un dentiste qui me disait que j'étais vraiment une chochotte, et qu'il n'y avait pas lieu de pleurnicher. Et bien moi, j'avais mal et je ne veux plus vivre une telle expérience. Mon dentiste actuel en France est parfait. Il me rassure, à la moindre douleur, il me propose une anesthésie locale, il fait des examens complets pour ne rien laisser au hasard. Bref, j'ai confiance. En plus, nous nous sommes connus dans le milieu de la plongée, on fait parti du même monde. A 6000 km, je ne crois pas qu'il pourra m'aider aujourd’hui ! Mes amis expat m'indique un cabinet dentaire qu'ils consultent eux-mêmes et qui selon eux est très bien (ils sont en plus plusieurs à le recommander). Parfait, première étape réussie !
Deuxième étape : savoir s'il prend notre assurance santé. Les soins pouvant être tellement exorbitants, il vaut mieux s'assurer de cette formalité. On vient justement de changer d'assurance avec l'entreprise. Alors, il faut refaire les démarches auprès de tous les médecins (généralistes, orthodontistes, et dentistes). On comprend mieux la myriade de secrétaires !
Troisième étape : prendre un rendez-vous. Ce n'est pas le plus compliqué : le rendez vous sera pour le lendemain, et la secrétaire s'adresse à moi en m'appelant Coleen. Il n'y a vraiment qu'à l'école où les adultes sont encore appelés Miss ou Mister avec leur nom de famille...
Quatrième étape : remplir les nombreux documents sur le présent, le passé, l'avenir (quels sont les soins déjà opérés, qu'est-ce qu'il y a faire aujourd’hui et est-ce que je suis satisfaire de ma dentition actuelle?) ; sur l'assurance santé bien sur ; sur ma responsabilité d'honorer rendez-vous et les payements... Il devient aussi compliqué d'aller voir son médecin que de faire immatriculer sa voiture à la préfecture !!!!
Je crois que je vais zaper la cinquième étape... non, je rigole, je ne peux vraiment pas attendre.

Week-end du 16 et 17 mars 2013 : Kris est en France en train de faire la fête avec les copains. Ici il ne fait pas beau (j'ai rarement vu trois jours de mauvais temps de suite comme cela, il va même neiger ce lundi), j'ai pris un rhume et une dent continue à me chatouiller, nos amis Français expatriés eux-aussi nous annoncent le décès de leur petit lapin, le lendemain Kris nous apprend que Lapinette est morte elle aussi : triste week end aux USA (surtout pour les léporidés!) Il n'y a pas que des bons moments. J'en profiterais pour enfin finaliser nos albums photos que nous voulons partager avec nos amis. J'ai besoin d'eux en ce moment et des souvenirs en image des bons moments...

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