Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 2 août 2013

Début d'une vie ordinaire (deuxième partie)

Semaine 8 et 9 : début d'une vie ordinaire (deuxième partie)

C'est fou tout ce que l'on peut faire avec du temps libéré : faire du sport aux moments favorables (ni trop chauds, ni trop froids), se laver les dents de manière complète après chaque repas, aller dans les magasins, la banque, la poste quand il n'y a personne qui attend au guichet, travailler sur des textes avec des délais raisonnables, répondre à tous les mails en temps, et prendre le temps d'écrire des mots sympas, réfléchir aux meilleures options, reporter à demain ce que l'on peut faire le jour même ou même la veille, prendre le temps de discuter avec les Voisins, de lire... Mais passer du temps à boire un café et à discuter en pleine journée, faire une rando, du vélo un jour de semaine, ne se fait pas sans une pointe de culpabilité. Je me rassure en me disant que je socialise et que c'est ma mission pour toute la famille. En compensation aussi, je fais le ménage et je m'occupe de la pelouse : je ne suis pas encore arrivée à imaginer payer quelqu'un pour le faire alors que je ne travaille pas. Mais ce n'est pas mon idéal dans la vie, loin s'en faut et je n'ai d'habitude aucun problème à laisser une personne compétente s'en occuper.

Comme je l'ai déjà indiqué plutôt, aller en Suède pour l'expatriation n'était pas au départ une option pour moi, mais rencontrer des Suédois, mieux les connaitre, voilà qui est intéressant, surtout qu'ils sont plus nombreux que les Français à Hagerstown. Je m'intéresse beaucoup à la manière de vivre des différents peuples. Cela permet de tenter de comprendre les différences entre les cultures et leur origine. Il y a beaucoup à apprendre de ce qui se passe ailleurs. par exemple, une amie Suédoise m'indique que le CP commence à 7 ans là bas, pourtant il ne me semble pas que les Suédois soient en retard au bout de la chaîne. Est-ce que laisser les enfants jouer plus longtemps les prémunisse d'une overdose de savoir?

En parlant d'école, celle de Flore vient de nous faire parvenir un « A+ school reward ». C'est un accord entre un magasin et l'école : une fois enregistrée au nom de l'école, chaque famille qui fait ses courses dans ce magasin, permet à l'école de récolter de l'argent, qui peut être alors utilisé pour les fournitures, livres, équipement. Je trouve le principe plutôt intéressant. Pour les parents et famille, ce n'est pas une contrainte et c'est une manière de payer notre dette envers l'école ; pour le magasin, c'est une bonne publicité gratuite, et il ne donne à l'école qu'au prorata de ce qui a été acheté (rien à perdre), et pour l'école, c'est une chance de garantir un bon niveau d'équipement. Il s'agit encore une fois d'une mutualisation de nos actions pour répondre à nos besoins respectifs, pourquoi pas ? En fait, il existe de nombreux accords entre le commerce et l'éducation. On peut trouver sur des emballages, des « Box tops » qui une fois accumulés et donnés à l'école lui rapportent de l'argent (10 centimes par Box top, Flore en a rapporté une 50ène après une demi année à l'école). Il y a encore les livres achetés sur un site spécialisé (plutôt dédié à l'éducation), par le biais de l'école, ce qui permet à cette dernière d'avoir des livres gratuitement. Le principe me semble intéressant pour favoriser la responsabilité des enfants et des familles à la qualité du cadre de vie de l'enseignement ; mais le « trop » de ses démarches, fini par rendre le rapport à l'école beaucoup trop mercantile.

Lundi 10 septembre : la nuit a été fraîche. Pour la première fois, nous sommes passés sous la barre des 70°F, il faisait même 52° en allant à l'école (11°c). L'été avait joué les prolongations, et s'étalait sans discontinuité depuis notre arrivée. Les feuilles mortes à ramasser à la pelle dans la piscine avaient bien sur rappelé le début de l'automne, mais les températures restaient très agréables. J'aime les étés indiens! Aujourd'hui, c'est aussi l'anniversaire de mon frère de l'autre côté du globe. Heureusement qu'internet est là, pour Skype, il faudra attendre. Nous ne sommes pas des habitués à fêter les anniversaires dans la famille, surtout ceux inscrits sur le calendrier pour ne pas oublier. Notre manière de nous intéresser à l'autre est plus discrète, moins démonstrative. Et pourtant, elle se produit à tout instant sans avoir une date fixe. Mais pour une fois, je lui ai fêté par un petit mot, ce qui donne lieu à un échange de messages sur les vacances, et d'autres plaisirs de la vie.

09/11/2012 (US) ou 11 sept 2012 (fr) : 11 ans déjà, mais ici la plaie ne se referme pas (attaque du World trade center)! Bien loin, mais en même temps si prêt, l'ambassadeur des USA en Libye vient de succomber à une attaque de roquettes. Les musulmans ont été malmenés dans un film produit ici, et ils font savoir leur mécontentement dans le monde. Rien ne justifie une telle cruauté en retour, mais la colère peut s'entendre. Je suis engagée dans la liberté de parole, mais toute liberté à un prix et la parole se doit d'être mesurée. De plus, ce qu'à dit le producteur du film sur la religion musulmane est tout simplement une atteinte à la liberté d'être : une liberté contre une autre... Ce qui est d'autant plus cruel, c'est bien sur la coïncidence de dates : le jour de cet évènement ne laisse évidemment pas les Américains indifférents et ne peut qu'augmenter leur ressentiment. De part et d'autres, on touche aux symboles, mais lorsqu'il y a des morts d'engagés, on atteint un autre niveau de la conception de la vie. Depuis longtemps, je sais que le prix de la vie n'est pas le même selon le pays d'où l'on est originaire, la vie des otages en particulier nous rappelle cette évidence : un otage d'un pays pauvre aura beaucoup plus de chance de s'en sortir s'il y a avec lui un otage occidental ! Mais lorsque la vie est prise au nom de symboles, il n'y a tout simplement pas de nom...


J'essaye de ne pas me laisser déprimer par la situation humaine dans le monde. Alors, je continue à m'intéresser à ce nouvel environnement. J'ai appris à saluer lorsque je rencontre une personne, dans mon quartier, lorsque je fais du sport, sur le parking de l'entreprise... J'espère que je le fais à bon escient, car bien sûr on ne le pratique pas n'importe où. Dans le voisinage d'abord, on se salue même avec des personnes que l'on ne connaît pas, mais le simple fait de se croiser donne lieu à un échange de salutations de la main. Ce qui serait entendu en France comme un geste de reconnaissance et d'appréciation réciproque, ici apparait comme un geste de courtoisie, il serait apparemment mal venu de ne pas le faire ! Et bien sur, en lien avec l'open space, on peut voir beaucoup de monde. Pour moi, cela me donne la sensation de connaître tout le monde et d'être reconnue, cela génère un sentiment de partage, de convivialité. Je garde pour plus tard les effets de la désillusion. Je suis encore comme un jeune enfant devant la magie de Noël. Je sais qu'un jour viendra, où je réaliserai que le père Noël n'existe pas. En effet, ce n'est qu'un geste de courtoisie qui a peu à voir avec la réelle appréciation de l'autre, on doit aussi le faire à celui que l'on n'apprécie pas ce qui peut donner lieu à des remarques désobligeantes sur des gens que l'on vient de saluer, avec Julie. Ce qui pourrait paraitre comme de l’hypocrisie est sans doute une interprétation culturelle erronée. En se donnant à voir à l'autre, on attend que l'autre nous voit et nous le fasse savoir. Il est sans doute aussi question d'appartenance : on appartient au même quartier, à la même entreprise, on fait du sport au même moment de la journée, on emprunte les mêmes terrains de jeux... En attendant, je laisse la magie de Noël opérée : Merry Christmas to all, and to all a good night.

La coïncidence veut que mon blog s'arrête sur cette référence à Noël, au moment de s'installer dans la période du mois d’août,  que nous allons tous réserver pour d'autres activités... J'ai préféré finir le post sur cette note légère, plutôt que de s'arrêter sur la sombre pensée de l'attentat. Mais, les évènements ne nous laissent pas toujours le choix...
Aux États-Unis, le mois d’août n'est pas un mois où tout s'arrête comme en France, c'est pourquoi j'aurai sans doute beaucoup de choses à rapporter à la rentrée. Mais je préfère continuer à vivre selon un rythme qui alterne entre temps d'activités et temps de pause. Je reprendrai les posts à la fin du mois (c'est-à-dire vendredi 30 août). Bonnes vacances pour ceux qui peuvent en prendre. Happy holidays.

vendredi 26 juillet 2013

semaine 8 et 9 : Début d'une vie ordinaire (première partie)


Semaine 8 et 9 : début d'une vie ordinaire

Aujourd'hui lundi 3 septembre, c'est la fête du travail aux États-Unis (labor's day) et le jour est férié. Nous aurons eu deux fêtes du travail la même année, pour moi qui ne travaille pas en ce moment, c'est intéressant. Nous allons en profiter pour faire une rando dans un parc alentour. Le nombre de jours de vacances étant (largement) plus réduit qu'en France, il n'est pas rare à l'occasion de ce WE de s'entendre souhaiter « bonnes vacances ». Pour autant, fête du travail ne rime pas avec fermeture des magasins. Tout est ouvert sur les horaires d'un dimanche. Il y a même des soldes spéciales pour ce WE. Je serai curieuse de voir s'ils ferment la journée de Noël.

Avec la reprise de l'école, il faut organiser une visite de santé chez le médecin, puis il faut rechercher d'un labo pour une prise de sang. Je ne me sens pas encore pleinement à l'aise au téléphone pour faire toutes ces démarches de cette manière, alors je me déplace. D'autre part, c'est plus commode pour montrer sa carte d'assuré car sinon, pas de RDV possible. Je ne comprends pas que la santé soit dépendante d'un compte en banque. Il est vrai qu'en France, nous sommes abonnés à une santé pour tous et de qualité, mais nous oublions trop souvent que nous avons à l’égard de ce système une dette immense. Ici les soins sont soumis au même principe que pour le reste du fonctionnement de la société : c'est le principe de la responsabilité individuelle. Je vous livre quelques observations et réflexions à ce sujet :
  • la publicité pour les médicaments, pour un hôpital, un centre de soins... est très courante. Or, il me semble que publicité et santé sont deux concepts opposés. En effet, la publicité cherche à faire vendre, pas à mettre en avant les qualités réelles d'un produit, ses risques potentiels, les moyens de prévenir les maladies plutôt que de les traiter. Cela place le soin, les médicaments au même niveau qu'un objet de consommation courante.
  • Avec une ordonnance, les médicaments ne sont donnés qu'en quantité exacte, ce qui évite de conserver chez soi tous ces médicaments non utilisés. En France, la plupart du temps, quand on en a besoin, on ne sait même plus qu'on en a encore et on se fait prescrire de nouveau les mêmes. Ce fonctionnement des soins en France n'est pas sans conséquence : bien sur pour le trou de la sécurité sociale, mais aussi pour la sécurité individuelle : avoir en grand nombre des médicaments dans son armoire peut être dangereux si on choisit l'automédication volontaire ou accidentelle.
  • Beaucoup d'Américains, non couverts par leur entreprise, font le choix de ne pas prendre d'assurance. Comment peut-on faire un pari sur la santé ? Ils peuvent alors renoncer à des soins courants, ou des examens de contrôle car ce serait à leurs frais. J'ai du mal à ne pas imaginer les conséquences en matière de prévention.
  • Les personnes âgées sont accueillies dans les familles à défaut de pouvoir payer une maison de retraite. Lors de mon séjour à San Diego, certains WE, j'avais eu l'occasion de m'occuper d'un vieux monsieur qui habitait chez sa fille et qui avait besoin de quelqu'un pour l'aider dans sa vie quotidienne. En semaine, ils avaient une personne Mexicaine qui restait avec eux jours et nuits. Mais le WE, quand ils avaient besoin de s'absenter, ils me demandaient de venir pour m'en occuper. La solidarité familiale se doit de fonctionner à défaut d'une solidarité nationale.
  • Lorsque l'on doit avancer les frais, on a tout de suite conscience du prix de chaque chose. Ne pas avoir à avancer les frais à la pharmacie, à l'hôpital (ce qui n'est pas à remettre en cause pour les familles qui manquent de trésorerie) ne conduit pas en contrepartie à une prise de conscience du coût réel. A défaut, il y a un risque d'abus sans même être un abuseur compulsif.
  • En France, faire le choix d'un autre forme de médication, plus naturelle, plus en prévention, plus en harmonie avec l'équilibre du corps et de l'esprit... est un luxe. En effet, cela suppose de renoncer à la gratuité pour assumer les frais de telles pratiques, même s'il est vrai que de plus en plus de soins autres qu’allopathiques sont remboursés aujourd'hui.
Être décideur pour sa santé ou bénéficier d'un soin gratuit en toutes circonstances ? un mixte serait peut-être la solution. Mais cela devient un enjeu culturel, et même plus profondément identitaire (comme une partie de soi). C'est sans doute pour cela que d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique, les réformes sont si difficiles à conduire.

Dernières démarches pour mon permis de conduire dans le Maryland, je vais bientôt pouvoir rouler comme les Américains! Vendredi 7 septembre : j'ai mon permis tout frais de ce matin. C'est intéressant la démarche à suivre. Il m'avait fallu passer le test de bonne conduite sans drogues, Sesam pour ouvrir la porte de la pièce d'identité américaine. Puis, ce matin, papiers administratifs : beaucoup de documents à fournir évidemment, ma carte de sécurité sociale, mon passeport, le document du test « save and sober », deux justificatifs de domicile. Comme je ne porte pas le même nom que mon mari et que le nom sur les adresses des factures est à celui de mon mari, il me manquait un justificatif de domicile (le certificat de mariage, traduit de France ne fonctionne pas). J'ai dû aller faire faire un autre justificatif de domicile auprès de la banque, avec un relevé de compte où apparaît le crédit (ou débit) qu'il y a sur le compte : côté transparent, on ne fait pas mieux. Mais cela a convenu. Heureusement que j'avais déjà ouvert mon compte en banque. Pour le permis, il faut aussi répondre à la question de race : blanc caucasien. La guichetière m'a demandé quand même de préciser si je n'étais pas hispanique : les relations avec leurs cousins du Sud sont tendues... Ma taille ? je vous la donne en mille : 5,8 ; mon poids ? 141 : non je n'ai ni rapetissé, ni grossis, sinon, vous imaginer le rapport ! Heureusement, il y avait un convertisseur. La personne au guichet confondait mon passeport et mon permis de conduire, et pourtant elle doit en voir passer des passeports... L'ouverture aux autres ne va pas toujours de soi.
J'ai presque oublié de le préciser, alors que j'ai été particulièrement séduite par la démarche : c'est là que nous avons à répondre à la question du don d'organe. Tout le monde est invité à se prononcer à cette occasion, et cela apparaît sur notre permis sous la forme d'un petit cœur rouge. Pourquoi faire compliqué, quand on peut faire simple ?
N’empêche qu'avec tout ça ils m'ont pris mon permis français, et je n'ai plus que l’Américain, car apparemment on n'a pas le droit d'en avoir deux, peut-être pour éviter que l'on conduise avec le deuxième si on s'est fait confisquer le premier ? Ce n'est pas que j'y tenais, mais c'est assez symbolique tout de même, le permis de conduire : il ouvre la porte à pas mal de liberté, et je l'avais depuis l'âge de 18 ans. Maintenant, j'ai le permis avec une photo de moi vieillie de 27 ans. Mais ici, c'est une vraie carte d'identité, alors il vaut mieux ressembler à ce que l'on est devenu...Par contre dès qu'il s'agit d'aller faire assurer sa voiture, on est redevenu jeune conducteur. En effet, le prix de l'assurance ne tient pas compte de notre background de France, ce qui compte c'est d'avoir roulé aux US : avec deux mois sans accident, on peut avoir un petit rabais ! Je peux enfin pouvoir rouler comme les Américains...

vendredi 19 juillet 2013

la fin du début ou le début de la fin ! (deuxième partie)


Semaine 7 : la fin du début ou le début de la fin ! 

Pour la première fois, je mange dehors à midi. Notre appréciation de la cohabitation avec les moustiques nous rendait prudents quant à retrouver le plaisir de manger dehors. Mais je crois avoir compris leurs modes de vie : ils passent l'été à Ibiza ! Ils se lèvent vers 17h, font un petit snack sur la terrasse, attaquent l'apéro à 18h30, 19h qu'ils prolongent jusqu'à 21h, puis ils passent à table (sur nos corps endormis) et enfin font la fête jusqu'à 5h du matin. Puis, on n'en entend plus parler jusqu'à 17h. Je m'en suis rendu compte lorsque j'ai eu le malheur de les réveiller pendant leur sieste, au moment de tondre (tondre n'est pas une addiction, mais une nécessité!). Ils sont tellement petits qu'on ne les voit pas, ce qui rend leur action encore plus vicieuse. En effet, on ne se méfie pas et on offre généreusement nos mollets et nos bras à leur appétit dévorant !

Au pays des chercheurs d'or, j'ai trouvé deux mines : Julie et internet. Dans un nouvel environnement, tout est source de questionnement :
  • comment marche le dryer , en effet on se retrouve devant le fonctionnement des machines comme une poule devant un œuf dur ;
  • en voiture, quelle vitesse au delà de la limite ne pas dépasser. En tant que Française qui se respecte, j'ai du mal à tenir la stricte limitation de vitesse mais avec les nouveaux radars, j'ai appris à ne pas dépasser une certaine limite au-delà. Qu'est-ce qu'il en est ici car je n'ai pas envie d'avoir affaire au shérif, ni de prendre a ticket ? 7 miles en plus semblent raisonnables ;
  • ou trouver les bons magasins, les magasins spécialisés?
  • quelle lessive utiliser ? tous les produits dans les magasins sont nouveaux, portent d'autres noms ;
  • ou trouver la bibliothèque, la librairie ; le labo pour la prise de sang, l'hôpital que nous espérons ne jamais avoir besoin...
  • comment remplir les documents de l'école
    ...
      Je ne me rappelle pas avoir eu autant besoin de savoir où trouver les choses à mon premier séjour. Il est vrai aussi, que je n'avais pas à acheter autant de choses pour faire vivre une famille, je n'avais que moi à m'occuper et je vivais chez des gens qui avaient déjà leurs propres réseaux. Et puis j'étais plus jeune, moins attachée aux produits et ce qu'il y a de mieux pour la santé, pour notre bien-être. Alors, Julie est ma source inépuisable de renseignements. Mais dans ce cas, il s'agit d'une mutualisation de nos besoins respectifs pour créer une alliance réciproque (Julie me semble avoir besoin aussi de se sentir utile) ; pour internet, ce n'est pas vraiment nouveau pour moi, je vis au moyen-Age des nouvelles technologies mais pas à la pré-histoire tout de même. Dans ce domaine, cette mine d'or me permet plutôt de trouver les choses recherchées : la bibliothèque, le livre que je dois lire pour le groupe de lecture de mercredi, le magasin de piscine, les activités extra scolaires... Internet me donne le sentiment de garder vives mes capacités à trouver des infos, même si parfois, mon utilisation très personnelle que j'en fais me joue des tours : je trouve les infos que je cherche, je n'ai donc plus qu'à me déplacer, mais ce n'est pas au bon endroit, car je n'avais pas vu que l'article était en fait dans le magasin de... Floride ! Ce n'est pas grave, maintenant je sais où acheter des livres d'occasion. Internet est une porte « grande » ouverte sur le monde, mais il faut porter des lunettes spéciales pour lire correctement toutes ses données : quand je tape « Hagerstown, book store », il ne me vient pas à l'idée que je puisse tomber sur la page de la Floride, mais c'est sans compter sur les nombreux liens qu'internet propose. J'aurai besoin qu'on referme un peu la porte derrière soi après être allé dans une pièce. Une porte entrebâillée pour moi, est largement suffisante.
La nouveauté est source d'intérêt, elle stimule notre curiosité, elle donne envie de découvrir, elle ouvre de nouveaux horizons. Mais lorsque la nouveauté est massive, quand elle s'impose sans pouvoir parfois s'asseoir sur des repères antérieurs, lorsqu'elle envahit tout notre espace, elle peut devenir encombrante, fatigante. Et ici, tout est nouveau. Il y a du bon nouveau et le nouveau moins bon (c'est comme le vin nouveau !). Le bon « nouveau » se sont les nouvelles activités, les nouvelles personnes, les nouveaux produits... le « moins bon » c'est quand il faut chercher un docteur, les étiquettes des produits pour éviter les produits reconnus toxiques, l'assurance de la voiture... Très souvent, je compare les fonctionnements des États-Unis et de la France, cela me permet de tisser des liens de proximité entre tout ce qui est nouveau et ce qui est ancien pour moi. Cela me permet aussi de ne pas me laisser submerger par toute cette nouveauté, au risque d'un début de cirrhose.

Ce matin, j'ai reçu une nouvelle triste de France. Même ces nouvelles-là ont trouvé leur chemin à travers les océans. La tristesse est d'autant plus forte que je ne suis pas là pour être présente auprès de mon amie. Cette nouvelle me rappelle aussi qu'un jour, je serai à mon tour confrontée à une telle perte. Alors, je pleure dans la solitude qui est la mienne à ce moment-là. Je sais aussi que cette nouvelle fait écho à une autre perte pour moi, celle de ma situation précédente que je retrouverai à jamais changée en rentrant. « Tu as semé des petits cailloux derrière toi pour retrouver ton chemin, tu as laissé la vie de donner la main, laisses tes rêves nourrir ton cœur ».

vendredi 12 juillet 2013

le fin du début ou le début de la fin ! (première partie)


Semaine 7 : la fin du début ou le début de la fin !

Je ne suis plus en vacances, maintenant c'est la vraie vie qui commence. Un message d'une collègue me rappelle que ce jour-là (lundi 27 août) la rentrée se fait dans les institutions que j'ai laissées derrière moi. Ce même jour, je me débats avec ma nouvelle tondeuse et le rotofil dont l'utilisation ne m'est pas encore parfaitement familière. Il va falloir que je trouve autre chose, sinon je vais vraiment regretter !

C'est pourquoi, il faut que je commence à me consacrer à la recherche d'activités pour moi-même, la tonte de la pelouse me fait faire du sport, mais je n'ai pas l'impression que cela soit bien équilibré. Et puis, j'espère bien que « les tondeuses se seront tuent quand la bise fut venue ». Je ne suis pas sûre de continuer à faire de l'escalade (j'ai entendu parler d'un mur en salle mais à une heure de route!). L'escrime me paraît bien compromis aussi. Ici, en tant que sport de combat, je pense que j'aurai plus de choix dans les stands de tir ! Et puis l'escrime qui m'intéresse, c'est celle qui se pratique dans un club sympa, ou on partage autant les bons moments que les combats défoulants. Alors, j'ai pensé à la Zumba. C'est très complet, on m'a dit que c'est amusant. Il faut encore que je me renseigne. J'ai amené mes rollers, mais les pistes ne sont pas très lisses. Le vélo devra trouver des parcours pas trop raides, s'il veut sortir du garage. Personnellement, j'aime faire du vélo dans les Landes : en plus de la bonne odeur de pin, c'est presque le plat pays. A Lyon, j'avais trouvé des parcours très bien aménagés dans un parc à proximité (Miribel jonage). Mais, il me manquait le porte-vélo pour rejoindre le parc. Ici, j'ai la voiture qui permet de faire rentrer les vélos à l'intérieur, mais je n'ai pas encore une vue bien structurée sur les pistes possibles. Je vais devoir partir à la conquête du territoire...

Mais le problème, c'est que je suis encore perdue pour trouver mon chemin. J'ai l'impression que tout se ressemble, que les magasins sont tous les mêmes, que les rues s'entrecroisent à l'infini. C'est comme une TV allumée dans un salon, je suis scotchée devant les images qui tournent en boucle, mais mon esprit ne fonctionne pas. J'ai besoin d'une bonne vieille carte et je retrouve mes capacités à m'orienter (qui a dit que les femmes ne savent pas lire les cartes routières ?). J'ai aussi l'impression de mieux comprendre comment s'organise la topographie environnante. Mon cerveau a du mal à mémoriser ce qui lui est trop étranger, associé à des difficultés à envisager l'avenir ici, je crois que mon esprit s'embrume. J'ai déjà eu l'occasion de conduire dans Paris, Dublin, Lisbonne, St Petersbourg, Helsinki... mais j'étais plus jeune et sans doute moins prise par des doutes existentiels... Hagerstown m’apparaît comme une nébuleuse et désorganise mon appareil à penser. Heureusement, la douce voix de la grincheuse m'aide à retrouver mon chemin. Mais je la soupçonne quand même de me faire faire des détours, histoire soit de me perdre un peu plus, ce qui fait que j'aurai toujours besoin d'elle (cela me rappelle les mères abusives), soit de se venger de mon esprit rebelle.

Pour ne pas sombrer dans la nostalgie, je garde quelques réminiscences d'une ancienne vie. Les cartons du déménagement sont toujours dans le garage et me rappellent à chaque passage que nous ne sommes que de transit ; sur internet, « vente privée » m'informe toujours de leurs ventes à venir, « Citizen kids » et « bulles de gones », m'envoient toujours leur lettre de la semaine pour m'informer des différentes activités à faire avec les enfants sur Lyon et sa région, mais cela ne comprend pas Hagerstown. J'ai l'impression d'appartenir à deux mondes que je tente de mixer. Il y aura long à dire lorsque nous nous serons débarrassés des cartons et lorsque je supprimerai de mon ordinateur ces souvenirs d'un passé révolu.

D'ailleurs, je viens d'aborder mon troisième round de rangement : le ménage dans mon ordinateur. J'ai toujours beaucoup de scrupules à enlever des adresses, des messages mis en réserve de peur d'en avoir un jour besoin et de ne plus l'avoir sous la main. Il y en a qui conserve de vieilles reliques toutes défraîchies (« on ne sait jamais, ça peut toujours servir », mon père est spécialiste dans ce domaine), moi ce sont les adresses mail de propriétaires dont je ne reconnais même plus le nom (et il aurait été vraiment trop facile d'indiquer sa qualité, vous n'êtes pas joueur, vous!), ou des adresses à moitié complètes ce qui fait que régulièrement les mails me sont retournés : "n'habites pas à l'adresse indiquée". Ce matin, la résolution est prise, je fais le tri, pour laisser la place à de nouvelles adresses aussi, il ne faut pas oublier que je vais avoir de nouveaux contacts. C'est comme une page qui se tourne, un jour dans mon passé j'ai utilisé ces adresses, maintenant elles ne serviront plus. C'est la même chose pour les messages que j'avais pris la précaution de garder rangés par catégories, car ma mémoire peut être passoire. Il ne s'agit pas seulement d'archiver, mais de jeter, de se débarrasser, de faire peau neuve. Peut-être que je suis en train de m'engager dans un processus de deuil ! « les adresses mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi, et le vent du nord les emporte dans la nuit froide de l'oubli. »
Par contre aucun regret d'avoir enfin du temps pour classer avec méthodes mes adresses. Peut-être que quelques habitudes pavloviennes émergeront de cette situation inédite.

Lorsque l'on doit converser en Anglais, il y a un mot qu'il faut a tout prix connaître : stuff = machin, truc, bidule... Moi qui en temps normal, tente d'apporter des précisions sur ce que je veux dire, ici j'abuse de l'expression qui utilise stuff. C'est très pratique pour éviter la case : apprentissage laborieux du vocabulaire. Je me souviens que lorsque je devais être en 4ème (début de l'adolescence), le directeur de notre établissement scolaire était passé dans notre classe pour nous expliquer qu'il était important d'utiliser les mots justes et de bannir les mots four tout : truc, bidule, machin. Vous pensez bien que dans l'esprit de jeunes rebelles que nous étions à l'époque, nous nous sommes employés à justement les utiliser le plus possible. Me voilà redevenue jeune et rebelle.
L'autre mot indispensable est get, ou got au prétérite, ou have got, ou will get. Rafraîchissez un peu votre mémoire sur les temps et le tour est joué, ou presque... Ça sert pour tout.

Pour continuer dans l'anglais, hier soir (mercredi 29 septembre), j'ai participé à mon premier groupe de lecture organisé par Peggy, ma prof d'anglais. Le groupe rassemble majoritairement des ex-pat, ou conjoints en grande partie Suédois, quelques Français et une Brésilienne. Hier soir, un mythe est tombé : tous les Suédois ne parlent pas l'anglais couramment. Moi qui croyais que l'anglais leur était aussi naturel que le fait d'accueillir le père Noël pendant sa longue période de repos, me voilà démystifier. Avec mon anglais sauvegardé d'une période ancienne mais dont l'usage est resté assez bien ancré , et une autre personne qui parle aussi français et dont l'anglais est la première langue, nous allons faire tomber quelques préjugés. Les Français n'ont rien à envier à leurs homologues Suédois en matière de bilinguisme. Je ne suis pas sure que cela s'applique dans tous les cas !
Pour notre réunion de lecture en novembre, la date retenue tombe le lendemain des élections aux États-Unis, et cela met notre hôte en émoi. Elle nous annonce franchement ses préférences, mais nous invite à aller rencontrer aussi des Américains de l'autre bord. Quelques-unes suggèrent que ce soit notre thème de discussion ce soir-là en novembre. Personnellement, je trouve cela intéressant, nous venons justement de terminer un livre qui parle de l'immigration d'Amérique centrale et les questions politiques qui animent ce pays me paraissent assez centrales justement. Par contre, il y a trois points que je ne suis pas sûre un jour de pouvoir discuter librement avec un Américain, car cela me semble toucher quelques fondements, fondations fondamentales (c'est la loi des trois F). Pour permettre à chacun de se faire une idée, je vous donne quelques clus (prononcer clous, ce qui me semble assez bien adapté à la circonstance, mais ce n'est pas bien sûr la traduction) : in god we trust  ; we support our troops in Afganistan ou proud to have a son in law in the marine ; et enfin proud to be American (devises qui nous pouvons trouver sur l'arrière des voitures, sur les boîtes aux lettres, comme pancarte dans les jardins surtout en période d'élection) .

D'autre part, jeudi soir (jeudi 30 août), j'ai participé à une leçon et un test pour mon permis de conduire : drug and alcohol test. L'intitulé du court de 3h est Safe and sober. Ce groupe est à destination des étrangers qui veulent conduire dans l’État du Maryland. J'ai la chance en tant que Française de ne pas avoir à passer d'autres tests, ni sur le code ni sur la conduite, il y a en effet des accords entre les pays. Des ressortissants d'autres pays y sont soumis et pas seulement les Anglais, pour qui la conduite à gauche est un handicap ici. Est-ce que la France a une réputation de bonne conduite ? Nous sommes une dizaine d'élèves et l'ambiance est sympathique. Nous évoquons les règles dans nos pays respectifs : l'âge de la conduite ici est de 16 ans, par contre pour acheter de l'alcool et en principe pour en boire c'est seulement à 21 ans. Les jeunes sont considérés assez responsables pour conduire à 16 ans mais pas pour boire de l'alcool ! Notre encadrant nous indique qu'il y a eu des essais pour rabaisser l'âge pour l'alcool, cela a été un vrai désastre. Et il cite la France en exemple, car malgré l'alcool autorisé à partir de 18 ans, il n'y a pas de problème. Je le trouve bien optimiste ! Mais il est vrai qu'ici l'alcool est un vrai problème et surtout la conduite en état d'ébriété. De même, de façon amusante (et un peu hors sujet) il nous dira qu'en Europe la nudité est acceptée et que pour autant les atteintes aux morses sont moins élevées qu'ici. Cela nous rappelle qu'il n'est pas tant question d'âge pour être responsable mais plutôt de manière d'accompagner à la découverte de toute nouvelle liberté. Je me souviens déjà il y a 20 ans aux États-Unis, l'alcool me semblait ne pouvoir s'aborder que selon deux manières radicales : en abus ou en sobriété totale. Entre les deux, il ne semblait pas exister de lien paisible avec l'alcool, autour de la notion de plaisir de la dégustation. C'était plus l'état recherché avec l'alcool que le goût du breuvage. C'est pourquoi, il est interdit dans presque tous les États de circuler avec une bouteille d'alcool ouverte, à l'air libre. En France aussi, nous avons des dérives et l'alcoolisme est loin d'être une exclusivité américaine. Mais le plus souvent, le rapport que nous entretenons avec l'alcool n'est pas celui de la démesure. Il est plutôt associé à la convivialité, le partage, la notion d'initiés. Les adolescents, ou les jeunes adultes vont avoir envie de découvrir un monde jusqu'alors interdit, explorer la face cachée du monde des adultes et celui de leurs parents. Il est important que ce passage se fasse dans la transition... Santé à tous!

vendredi 5 juillet 2013

Back to school (deuxième partie)

Back to school
(Aujourd'hui, vendredi 5 juillet 2013, les élèves Français sont en congé d'été, et le blog en arrive à la reprise de l'école Américaine en Août 2012 : belle coïncidence !)

Toujours dans la catégorie apprentissage, mardi soir, j'ai vécu une expérience surréaliste, mais inoubliable. Pour tenter de mieux comprendre l'anglais, je regarde la TV. Je m'intéresse un peu plus aux séries policières, les experts (CSI)cold case, criminal mind... Nous retrouvons les mêmes ici, alors ce soir-là, je regarde les experts de Las Vegas. Au bout de 10 minutes, comme à chaque fois, la pub. Je zappe et je tombe sûr … Maigret, en français, sous titré (pour un français deuxième langue, il est quasiment impossible de comprendre les dialogues sans sous titrage, tant ils mangent les mots). Le rythme entre les deux séries est diamétralement opposé : rapide, scandé, personnages qui courent tout le temps, images qui défilent... pour l'un et   lent, peu animé, lenteur des pas,longs plans sur les paysages pour l'autre (je vous laisse deviner). Mais la série américaine est coupée de publicités toutes les 10 minutes, tandis qu'il n'y en a pas sur la série française. Alors, je vais naviguer de l'un à l'autre, d'une pub à l'autre, le temps pour les experts étant assez court pour ne rien perdre de ce qui se passe chez Maigret. J'aurais pu suivre deux séries en même temps, dans deux langues différentes, dans deux rythmes opposés. Je ne suis pas sur d'avoir vu la fin d'aucune des deux, je me serais endormie avant...

Je suis allée remplir le réservoir de la voiture. Jusque là, rien de bien exceptionnel. A quelques petits détails prêts, cela marche comme en France. Vous vous rendez à une station d'essence, si possible la moins chère ou bien  celle pour laquelle vous avez des réductions (à chaque passage dans un magasin agroalimentaire associé à une station d'essence, vous accumulez des points qui vous donnent des réductions sur vos gallons d'essence, de 10 cents et jusqu'à 70 cents). Comment on fait avec la carte de bonus ? C'est où qui faut la passer ? Ça marche pas. J'essaye de mettre le numéro de la carte. Toujours rien. Au bout d'un moment, il y a une gentille dame qui vient me voir pour me demander si tout va bien. J'ai l'impression que quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, 7j/7, dans une station essence automatique il y a toujours une gentille dame ou un gentil monsieur pour vous aider. Puis : carte ou pay cash ? Ensuite la carte bleue, ça c'est vraiment comme en France ! Mais trouver le bon endroit. Ne pas laisser la carte trop longtemps. Comme je ne l'ai pas retirée assez vite, je dois recommencer. Puis, crédit ou débit ? Puis le code. Puis cash back Yes or no ? Qu'est-ce que cela peut bien être ? Enfin, j'entends le bruit rassurant de l'essence qui remplit le réservoir. 15 minutes plus tard, le plein est fait ! Les petits détails font toute la différence...
Une autre expérience intéressante que vous n'auriez jamais crue possible après autant d'années d'expérience : remplir un chèque. Rien de plus simple que remplir un chèque, me direz-vous ? C'est justement parce que vous avez trop l'habitude avec les vôtres, que vous êtes perdu quand le chèque n'est pas tout à fait organisé de la même manière. Le montant en chiffres, plutôt facile, puis en lettres, se rappeler l'épellation des chiffres (merci le rabâchage de l'école). La date et le nom de la personne vraiment pas au même endroit qu'en France, presque au même niveau que le montant en lettres. La date, ne pas oublier d'inverser le jour et le mois. La signature. Trois chèques plus tard, vous avez l'impression de passer au mieux pour un adolescent au pire pour un idiot.

La tonte de la pelouse devient tyrannique. Les tondeuses forment comme le corps d'une armée prête à rentrer en action à tout moment. Lorsque le premier du lotissement commence, c'est l'armée tout entière qui lui emboîte le pas. Sauf que nous, nous ne sommes pas bien équipés. En cas de conflit, les moins bien équipés sont toujours les étrangers ! En effet, un voisin nous a prêté une tondeuse, avant que l'on récupère celle d'un ex-expat qui retourne en France et qui n'a pas assez de place pour emporter la sienne. Et nous avons acheté un roto-fil américain, que personnellement je ne connais pas encore bien. Heureusement, j'avais pris des cours de roto-fil en France pour faire notre jardin et du coup, j'ai quelques notions. Mais j'imagine notre voisin impeccablement spécialiste du domaine extérieur, en train de me regarder faire. Je me débats entre une tondeuse qui fait un drôle de bruit à certains moments et va jusqu'à s'étouffer, et un roto-fil qui perd son fil. Du coup, j'ai besoin de deux jours pour finir de tondre. Cela me rappelle une croisière en Égypte avec des amis techniciens (donc formés à l'école française). Ils s'amusaient de voir les Égyptiens (donc formés à l'école égyptienne, si tant soit peu qu'ils y soient allés) tenter de réparer un moteur avec l'utilisation de fils électriques peu protégés, plus ou moins en contact avec l'eau. Ce jour-là, je me suis dit que nous n'avions pas tous eu la la même chance en matière de connaissance, et que cela ne faisait pas d'eux des imbéciles, mais plutôt des malchanceux. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être Égyptienne...
J'ai un peu peur que parmi mes voisins il y ait des acharnés de la gâchette tondeusienne. Je n'arriverais jamais à suivre leur rythme. Je suis en train de regretter la taille de la haie, un WE par an... Heureusement, nous venons de recevoir notre nouvelle tondeuse, celle où l'on s'assoie dessus. Je vais pouvoir jouer au tracteur à moteur. Vive l'école !

vendredi 28 juin 2013

Back to school (première partie)


Semaine 6 : reprise de l'école. Back to school.

Après notre visite à l'école en juillet rien que pour nous, Flore est enthousiaste à l'idée de retourner à l'école. C'est bien la première fois! Mais, la réunion de pré-rentrée entre élèves, professeurs et parents aura fait resurgir des doutes. Est-ce que je vais me faire des copines ? Est-ce que les garçons sont aussi bêtes qu'en France ? (d'autant qu'en la regardant, ils ont rigolé). Est-ce que je vais comprendre et me faire comprendre ? De mon côté, je me demande si nous avons bien fait de l'inscrire de Fifth grade (à peu près le CM2), les autres paraissent bien grands (elle a un an de moins), nous n'avons pas bien regardé le niveau auquel cela correspondait, est ce que ce ne sera pas trop dur ? Il faut déjà qu'elle se familiarise avec le vocabulaire, même le plus simple (chiffres pairs se disent even et impairs odd : encore faut-il le savoir). Je tente de la rassurer mais je suis aussi inquiète. Julie, notre voisine, viendra à notre secours. D'une certaine manière, elle comprend bien les choses. Elle dira à Flore que si les garçons ont rigolé, c'est certainement qu'ils l'ont trouvée mignonne (cute) mais qu'ils ne savent pas comment l'exprimer ; puis elle nous proposera de retourner le lendemain à l'école pour refaire une visite privée avec elle. L'effet est magique, Flore se sent mieux et je suis rassurée, même si je suis assez mal à l'aise à déambuler dans l'école comme si le lieu nous appartenait, rentrer dans les classes où les professeurs installent leur classe pour le lendemain, mais qui nous accueillent très chaleureusement. Les parents sont des partenaires ici.
Sinon, le lien avec l'école m’apparaît comme une révolution culturelle. Tout le monde communique par mail, sur la page web, les professeurs se présentent de manière très personnalisée : enfants, animaux domestiques, conjoints..., les parents sont grandement invités à investir l'école, y compris au sein de la classe (les parents font partie du système mais il y a aussi des codes car cela ne me semble pas pour autant la jungle), ici on montre ce que l'on fait, la classe est ouverte (open space). L'école que nous avons choisie est publique, mais pour autant, enfants et parents doivent s'investir car ce qui est offert n'est pas pour autant donné. Le don s'accompagne d'une dette que tout le monde est invité à honorer en s'investissant dans le volontariat. Je suis allée à la première réunion des parents d'élèves. Ils organisent beaucoup de manifestations pour récolter des fonds qui sont redistribués en actions pour les enfants (achat de nouveau matériel, nouvelles activités...).
Pour autant, les commentaires que j'ai déjà entendus me font penser à ce que j'entendais déjà en France : comment gérer les parents qui vous disent comment faire votre classe ! Les profs demandent le même niveau à chacun sans pousser les plus performants ! Finalement, les questions de transmission sont tout autant un enjeu personnel.

L'école suppose une adaptation à de nouveaux horaires, une nouvelle organisation sur l'année. L'école publique n'étant pas sous la responsabilité directe de l’État américain, mais sous la responsabilité de chaque État, il peut y avoir des variantes en fonction des États, mais le principe est assez proche. Le matin, l'école commence à 8h20. Elle finit à 14h50. Les enfants ont une récréation dans la journée de 10 minutes, 20 minutes pour manger (le temps pour les écoliers français de faire la queue à la cantine!). Tous les jours de la semaine sont travaillés. Les vacances sont à Noël (11 jours en comptant les WE), à Pâques 4 jours qui entourent un WE et les vacances l'été qui commencent mi-juin (l'école fini plus ou moins tôt en fonction des jours de neige, ou l'école aura été fermée pendant l'année). Puis, elle recommence mi-août. Il y a aussi quelques longs WE dus à des jours fériés : en septembre labor's day (un jour), en novembre thanksgiving (trois jours pour les élèves), en janvier Martin Luther King's day (un jour associé à un jour non travaillé par les élèves), en février President's day (un jour), en mai Memorial day (un jour de souvenir pour toutes les guerres). Donc, question jours fériés c'est assez équivalent sauf qu'ils n'en ont que deux dans la période des beaux jours : ah ! le regretté joli mois de mai français; par contre, les jours fériés ne sont pas à dates fixes, mais toujours accolés à un WE, ce qui est extrêmement pratique pour profiter de trois ou 4 jours complets. Par contre, pour les vacances, c'est beaucoup plus court. Je m'amuse à entendre les débats sur le rallongement ou raccourcissement des vacances en France, associés à des théories extrêmement complexes sur les rythmes biologiques. Sommes-nous prêts à renoncer à nos vacances pour plus vivre en harmonie avec la nature ? J'ai le sentiment que les vacances ici prennent un tout autre sens : on visite sa famille bien souvent éloignée, on se retrouve en famille pour célébrer les fêtes traditionnelles (thanksgiving et Christmas sont des fêtes familiales). C'est plus rare de prendre une semaine pour faire du ski, une semaine à l'étranger et deux à trois semaines au bord de mer. Un pays étranger ici, ce sont les autres États. D'autre part, on peut remarquer qu'aucun jour férié n'est associé à une fête religieuse. Seules, les vacances peuvent être en lien : Christmas et Easter. Les jours fériés sont plutôt des reconnaissances de faits importants liés à leur histoire ou en hommage à des personnages qui ont compté.

Lorsqu'il faut remplir un document administratif, et l'école n'est pas en reste question documents, c'est un vrai travail de des-conditionnement. Il y a des petits ajustements à opérer qui selon la loi de Pavlov sont parfois un peu difficiles à réaliser. Lorsque l'on nous demande notre nom, ils attendent que l'on commence par son prénom (first name) puis par le nom de famille (last name) ; les dates : on commence toujours par le mois, puis le jour  (les deux portent des majuscules); les lettres ne s'écrivent pas en attaché ; les chiffres sont comme ceux sur vos claviers (attention pour le 1, 4, 7)...

Quant à moi, je suis obligée à apprendre une troisième langue vivante qui m'est particulièrement difficile : le langage des nouvelles technologies. En plus du vocabulaire d'usage, il me faut aussi me familiariser avec le vocabulaire spécifique : LOL, MDR... et la nouvelle orthographe. Après avoir tant passé du temps à apprendre cette maudite orthographe française (et encore aujourd'hui, je fais beaucoup de fautes), maintenant je n'arrive pas à comprendre un mot écrit lorsque son orthographe ne n'est pas familière : c'est un comble. Lisez ! me disaient mes professeurs très inspirés. Le problème, c'est que moi je dévore les livres, sans passer par la case « regarder les mots », en particulier leur orthographe. Comment peut-on s'intéresser à une histoire en faisant attention à l'orthographe des mots ? Je n'ai pas une mémoire photographique, c'est sans doute ce qui explique pourquoi j'ai toujours été plus à l'aise avec l'Espagnol où toutes les lettres se prononcent. Je présente l'énorme désavantage de m'intéresser au contenu, pas au contenant. Shame on me (honte à moi).

Les Skype parties que je poursuis activement tant que l'école n'a pas repris en France, me rapprochent de mon point d'origine mais ont tendance à m'éloigner de mon point d'arrivée. Il va falloir que je trouve un équilibre. En attendant, je profite de ces moments d'échange pour baigner un peu plus longtemps dans le bain français. Moi qui ne suis pas une spécialiste d'internet et de l'utilisation de l'ordinateur en général, je deviens une vraie "pro" lorsqu'il s'agit de Skype. La motivation est le moteur de nos actions, la mère de nos réussites. Peut-être qu'il y a un filon à suivre pour l'apprentissage : comment motiver les apprenants ?
  1. Une petite dose de besoin : une personne trop bien nourrie n'a pas faim, mais quelqu'un de trop affamé ne peut pas non plus se concentrer sur le résultat,
  2. quelques ingrédients ludiques : une énigme a plus de chances de susciter l'intérêt, qu'une page à apprendre par cœur
  3. un savant dosage entre libertés d'action et règles à suivre
  4. une participation active dans le résultat.
« just a spoon full of sugar helps the medecine go down »

vendredi 21 juin 2013

Plongée en Caroline du Nord : dernière chance d'en profiter avant la rentrée


WE du 15 août : WE plongeur en Caroline du Nord. Dernière chance d'en profiter avant la rentrée.

C'est le royaume des épaves et la vie autour n'est pas sans intérêt : requins-tigres des sables, barracudas, glass fish... Les animaux sont très tranquilles, friendly (amicaux) : les intrus ici, c'est nous. Les plongées seront un régal : 2 fois 40 minutes de bonheur pour une journée sous le sceau (saut) ... du mal de mer. L'eau est à 30° ce qui augmente le bonheur. La termo clim est quand même présente même si l'eau ne doit pas descendre en dessous de 25°, mais lorsque l'on remonte, on a l'impression de prendre son bain, protégé par une escadrille de barracudas, tellement proches qu'on peut quasiment les toucher. Le bonheur est presque parfait, sauf qu'il faut remonter sur le bateau et retrouver le mal de mer. Terry, notre dive master (directeur de plongée) me dira que pour lui, ça lui a passé en mangeant des pommes. « Manger des pommes », ça c'est un slogan...
Pour un régime minceur, choisir le régime plongeur : entre l'énergie dépensée dans l'eau pour compenser le différentiel avec la t° du corps (choisissez de préférence une eau froide car ici avec de l'eau à 30° le différentiel n'est pas terrible), et l'exercice de la plongée, vous allez perdre vos kg en trop, en rien de temps. Mais le plus important, c'est le mal de mer, car sinon, vous risquerez de compenser par de la malbouffe (junk food) que vous auriez emportée avec vous. Tandis qu'avec le mal de mer, effet garantit, sinon on vous rembourse vos frais alimentaires.

La nature a voulu que nous ne soyons tous différents. Alors que je suis camouflée dans ma serviette pour lutter contre l'air marin vivifiant, je regarde avec étonnement un plongeur s’asperger d'eau douce et rester à l'air libre sans se sécher. Je suis frileuse, et je ne pourrais jamais imaginer un tel scénario pour moi-même. De même, alors que je lutte depuis une bonne heure contre le mal de mer, je regarde envieuse certains plongeurs discuter dans la cabine en bas, ou vaquer à leurs occupations le nez dans leurs affaires, ou encore se soumettre aux odeurs de carburant sans broncher. Ce sont mes trois pires ennemis sur un bateau. Et avec cela, il faut que je regarde l'horizon sans discontinuer, ce qui présente un intérêt limité tant pour le paysage que pour la conversation (cela m'aura quand même permis de voir des dauphins nager dans les vagues du bateau : vive le mal de mer !). Lorsque le mal de mer s'en prend à moi, je suis particulièrement peu disponible pour l'échange, j'ai beaucoup de mal à sourire et voir les autres manger, ou pire les voir fumer m'est vraiment insupportable. Toute personne soumise aux effets du mal de mer ne paraît plus du tout sympathique. Pour savoir si une personne est antipathique ou s'il est victime du mal de mer, ne juger pas trop vite, à la première impression mais à son teint (cela ne vaut que sur un bateau!). Parfois, j'ai la chance de ne pas avoir le mal de mer, mais j'ai l'appréhension que cela arrive. Il suffit donc que je pose le pied sur un bateau (même effet dans un avion), pour ne pas être très disponible à l'échange.
En tout cas, même tout entière concentrée sur mon mal de mer, je ne m'en suis pas pour autant privée de penser que si la nature à juger bon de ne pas nous cloner, il serait sage de penser à plutôt qu'éradiquer les différences, chercher à les sublimer ! Ce sont ces différences qui font les couleurs de la vie, et mises bout à bout, elles forment un arc-en-ciel, tandis que mélangées, elles font du blanc. Je pense là à l'école française, et de nombreuses autres dans le monde, qui cherche à homogénéifier le niveau scolaire au risque de laisser de côté les plus forts et les plus faibles. Ils peuvent alors finir par décrocher tandis qu'en cherchant un peu, chacun pourrait développer son talent et en faire profiter les autres avec l'énorme avantage de se sentir reconnu et donc d'avoir une valeur. Mais j'entends déjà les manques de moyens...

Il est convenu aux États-Unis, que chacun se débrouille pour son repas de midi et son petit déjeuner. Il est même plutôt étonnant de poser la question sur une telle organisation. Sur le bateau français, l'habitude est de partager tout ce qui est apporté : bouteille de blanc (tous au goulot s'il vous plaît), le saucisson, les sucreries... parfois il y a beaucoup à partager, et d'autres fois beaucoup moins. On se rend compte aussi, que ce sont souvent les mêmes qui apportent! (on revient sur la nature qui nous a fait différents). Ici, chacun amène ce qu'il veut et il ne vient pas en tête de partager car il y a un savoir tacite sur le fait que l'autre à lui aussi prévu d'apporter ce qui lui conviendrait. Seule l'eau est proposée et apparemment aussi une pastèque (ce qui est l'essentiel). Il est question ici de responsabilité individuelle en ce qui concerne l'alimentation. On peut donc voir des fruits pour certains, des sandwichs, des crackers... pour moi, je n'ai apporté que des barres de céréales, que j'aurai à cœur de surtout ne pas sortir pour ne pas stimuler mon mal de mer. On peut se dire que c'est peut-être ce principe qui a des effets sur l'obésité car il y aura plus de crackers et de sandwichs que de fruits. Ce qui pourrait laisser entendre que la responsabilité individuelle est directement responsable de l'obésité. Cela ne me paraît pas si simple, car si vous regardez le prix de cette junk food (vraiment très abordable), associé à un matraquage très performant dans la publicité, vous aurez vite fait de passer pour un masochiste de ne pas vous laisser tenter. Je propose plutôt que d'augmenter le prix de la malbouffe (ce qui ne manquerait pas de créer d'énormes problèmes avec des sociétés alimentaires très puissantes), il faudrait mieux aider ceux qui produisent des produits sains ; de même, il pourrait être interdit de matraquer de pubs pendant les émissions d'enfants, tout commence très tôt, après il est souvent trop tard.
Le repas du soir est proposé dans un restaurant voisin. Chacun paye sa part, sauf le dernier soir où nous n'avons qu'à régler le tip car notre club le prend à sa charge. Le RDV est à... 17h30. Il est vrai que le repas de midi était plus un snack qu'un pique-nique. Nous commençons à nous familiariser avec ce repas du soir aussi tôt, le temps pour l'apéro est forcément plus réduit, il nous faut renoncer...

La plongée dure entre 25 et 30 minutes sur site selon la profondeur. Cela me convient bien, car j'ai souvent l'impression qu'il y a un enjeu en France à rester le plus longtemps possible dans l'eau. A ce petit jeu, je ne suis pas favorite : entre le froid et l'intérêt limité après un temps déjà suffisant, j'ai du mal à dépasser 45 minutes en tout. Mais, l'enjeu est de taille car vous êtes jugé sur votre capacité à rester longtemps dans l'eau. Les favoris restent 1h dans une eau à 15°, sans combinaison étanche. Alors justement pour améliorer mes chances d'être dans le trio de tête, je me suis acheter une combinaison étanche. Cela a été ma révolution : non seulement le froid n'est plus un problème, mais l'intérêt de la plongée s'en trouve grandi. C'est le double effet étanche. Je n'ai jamais eu l'ambition de jouer les superwoman à résister au froid ; par contre il est impossible pour soi-même comme pour son coéquipier d’accepter de reconnaître que l'on a froid après … 5 minutes d'immersion. Je ne reste pas forcément plus de temps, mais j'apprécie au centuple (unité de mesure internationale). Par contre, ici dans une eau à 30°, je retrouve ma combinaison standard qui a manifestement rétréci...

Il faut encore jongler avec les différentes unités de mesure : mon bloc est gonflé à 2100 pmi; avec le nitrox, on ne doit pas dépasser 132 feet de profondeur ; les plombs pèsent 4 pounds; la température de l'eau est de 85°F, prête à bouillir (ils me feront la remarque qu'avec les Celsius, la température paraît toujours plus froide, et c'est vrai l'eau en Europe est plus froide...) : plongeur européen, si tu décides de venir plonger aux États-Unis, prépares toi à emporter ton convertisseur.
Nous avons pu noter quelques différences entre les plongées de Kris et les miennes : on me portera mes blocs au départ, et je ne pourrais en rapporter qu'un au retour, le deuxième a mystérieusement disparu ; j'ai un dive buddy (un co-équipié de plongée), alors que Kris est laissé à choisir à plonger seul ou se joindre au premier qui passe mais qui ne l'attend pas. Par contre, il y a des ressemblances : le matin, réveil 5h30, organisation sur le bateau à 6h, départ du bateau à 6h45 (il faut 1h30 de bateau pour arriver sur les sites, 2h quand vous êtes chanceux et que les vagues ralentissent l'allure et augmentent le mal de mer), retour vers 14h. Et puis, il y a aussi des chasseurs avec bouteilles qui plongent armés des fusils harpon ; il semble admis de rapporter des choses des fonds marins : dents de requins (pas pris directement sur l'animal mais plutôt trouvées au fond, vestige d'une attaque ancienne ou simplement des dents de lait que la petite souris peu aquatique aura laissés traîner), coquillages : il y en a même qui plongent avec des filets ; au palier, chacun se gère, mon buddy me laissera poursuivre tandis qu'il remonte à la surface, mais il est vrai aussi qu'il a beaucoup moins de paliers que moi (mon ordi ne gère pas le nitrox). Je préfère les différences que les ressemblances...