C'est fou tout ce que l'on peut faire avec du temps libéré :
faire du sport aux moments favorables (ni trop chauds, ni trop
froids), se laver les dents de manière complète après chaque
repas, aller dans les magasins, la banque, la poste quand il n'y a
personne qui attend au guichet, travailler sur des textes avec des
délais raisonnables, répondre à tous les mails en temps, et
prendre le temps d'écrire des mots sympas, réfléchir aux
meilleures options, reporter à demain ce que l'on peut faire le jour
même ou même la veille, prendre le temps de discuter avec les
Voisins, de lire... Mais passer du temps à boire un café et à
discuter en pleine journée, faire une rando, du vélo un jour de
semaine, ne se fait pas sans une pointe de culpabilité. Je me
rassure en me disant que je socialise et que c'est ma mission pour
toute la famille. En compensation aussi, je fais le ménage et je
m'occupe de la pelouse : je ne suis pas encore arrivée à
imaginer payer quelqu'un pour le faire alors que je ne travaille pas.
Mais ce n'est pas mon idéal dans la vie, loin s'en faut et je n'ai
d'habitude aucun problème à laisser une personne compétente s'en
occuper.
Comme je l'ai déjà indiqué plutôt, aller en Suède pour l'expatriation n'était pas au départ une option pour moi, mais rencontrer des Suédois, mieux les connaitre, voilà qui est intéressant, surtout qu'ils sont plus nombreux que les Français à Hagerstown. Je m'intéresse beaucoup à la manière de vivre des différents peuples. Cela permet de tenter de comprendre les différences entre les cultures et leur origine. Il y a beaucoup à apprendre de ce qui se passe ailleurs. par exemple, une amie Suédoise m'indique que le CP commence à 7 ans là bas, pourtant il ne me semble pas que les Suédois soient en retard au bout de la chaîne. Est-ce que laisser les enfants jouer plus longtemps les prémunisse d'une overdose de savoir?
En parlant d'école, celle de Flore vient de nous faire parvenir un « A+ school reward ». C'est un accord entre un magasin et l'école : une fois enregistrée au nom de l'école, chaque famille qui fait ses courses dans ce magasin, permet à l'école de récolter de l'argent, qui peut être alors utilisé pour les fournitures, livres, équipement. Je trouve le principe plutôt intéressant. Pour les parents et famille, ce n'est pas une contrainte et c'est une manière de payer notre dette envers l'école ; pour le magasin, c'est une bonne publicité gratuite, et il ne donne à l'école qu'au prorata de ce qui a été acheté (rien à perdre), et pour l'école, c'est une chance de garantir un bon niveau d'équipement. Il s'agit encore une fois d'une mutualisation de nos actions pour répondre à nos besoins respectifs, pourquoi pas ? En fait, il existe de nombreux accords entre le commerce et l'éducation. On peut trouver sur des emballages, des « Box tops » qui une fois accumulés et donnés à l'école lui rapportent de l'argent (10 centimes par Box top, Flore en a rapporté une 50ène après une demi année à l'école). Il y a encore les livres achetés sur un site spécialisé (plutôt dédié à l'éducation), par le biais de l'école, ce qui permet à cette dernière d'avoir des livres gratuitement. Le principe me semble intéressant pour favoriser la responsabilité des enfants et des familles à la qualité du cadre de vie de l'enseignement ; mais le « trop » de ses démarches, fini par rendre le rapport à l'école beaucoup trop mercantile.
Lundi
10 septembre : la nuit a été fraîche. Pour la première fois,
nous sommes passés sous la barre des 70°F,
il faisait même 52°
en allant à l'école (11°c). L'été avait joué les prolongations,
et s'étalait sans discontinuité depuis notre arrivée. Les feuilles
mortes à ramasser à la pelle dans la piscine avaient bien sur
rappelé
le début de l'automne, mais les températures restaient très
agréables. J'aime les étés indiens! Aujourd'hui, c'est aussi l'anniversaire de mon frère de
l'autre côté du globe. Heureusement qu'internet est là, pour
Skype, il faudra attendre. Nous ne sommes pas des habitués à fêter
les anniversaires dans la famille, surtout ceux inscrits sur le
calendrier pour ne pas oublier. Notre manière de nous intéresser à
l'autre est plus discrète, moins démonstrative. Et pourtant, elle
se produit à tout instant sans avoir une date fixe. Mais pour une
fois, je lui ai fêté par un petit mot, ce qui donne lieu à un
échange de messages
sur les vacances, et d'autres plaisirs de la vie.
09/11/2012 (US) ou 11 sept 2012 (fr) : 11 ans déjà,
mais ici la plaie ne se referme pas (attaque du World trade center)! Bien loin, mais en même temps si prêt, l'ambassadeur des USA en
Libye vient de succomber à une attaque de roquettes. Les musulmans
ont été malmenés dans un film produit ici, et ils font savoir leur
mécontentement dans le monde. Rien ne justifie une telle cruauté en
retour, mais la colère peut s'entendre. Je suis engagée dans la
liberté de parole, mais toute liberté à un
prix et la parole se doit d'être mesurée. De plus, ce qu'à
dit le producteur du film sur la religion musulmane est tout
simplement une atteinte à la liberté d'être : une liberté contre
une autre... Ce qui est d'autant plus cruel, c'est bien sur la coïncidence de
dates : le jour de cet évènement ne laisse évidemment pas les
Américains indifférents et ne peut qu'augmenter leur ressentiment.
De part et d'autres, on touche aux symboles, mais lorsqu'il y a des
morts d'engagés, on atteint un autre niveau de la conception de la
vie. Depuis longtemps, je sais que le prix de la vie n'est pas le
même selon le pays d'où l'on est originaire, la vie des otages en
particulier nous rappelle cette évidence : un otage d'un pays
pauvre aura beaucoup plus de chance de s'en sortir s'il y a avec lui
un otage occidental ! Mais lorsque la vie est prise au nom de
symboles, il n'y a tout simplement pas de nom...
La coïncidence veut que mon blog s'arrête sur cette référence à Noël, au moment de s'installer dans la période du mois d’août, que nous allons tous réserver pour d'autres activités... J'ai préféré finir le post sur cette note légère, plutôt que de s'arrêter sur la sombre pensée de l'attentat. Mais, les évènements ne nous laissent pas toujours le choix...
Aux États-Unis, le mois d’août n'est pas un mois où tout s'arrête comme en France, c'est pourquoi j'aurai sans doute beaucoup de choses à rapporter à la rentrée. Mais je préfère continuer à vivre selon un rythme qui alterne entre temps d'activités et temps de pause. Je reprendrai les posts à la fin du mois (c'est-à-dire vendredi 30 août). Bonnes vacances pour ceux qui peuvent en prendre. Happy holidays.
J'essaye
de ne pas me laisser déprimer par la situation humaine dans le
monde. Alors, je continue à m'intéresser à ce nouvel
environnement. J'ai
appris
à saluer lorsque je rencontre une personne, dans mon quartier,
lorsque je fais du sport, sur le parking de l'entreprise... J'espère
que je le fais à bon escient, car bien sûr
on ne le pratique pas n'importe où.
Dans le voisinage
d'abord, on se salue
même avec des personnes que l'on ne connaît pas, mais le simple
fait de se croiser donne lieu à un échange de salutations de la
main. Ce qui serait entendu en France comme un geste de
reconnaissance et d'appréciation réciproque, ici apparait comme un
geste de courtoisie, il serait apparemment mal venu de ne pas le
faire ! Et bien sur, en lien avec l'open space,
on peut voir beaucoup de monde. Pour moi, cela me donne la sensation
de connaître tout le monde et d'être reconnue, cela génère un
sentiment de partage, de convivialité. Je garde pour plus tard les
effets de la désillusion. Je suis encore comme un jeune enfant
devant la magie de Noël. Je sais qu'un jour viendra, où je
réaliserai que le père Noël n'existe pas. En effet, ce n'est qu'un
geste de courtoisie qui a peu à voir avec la réelle appréciation
de l'autre, on doit aussi le faire à celui que l'on n'apprécie
pas ce qui peut donner lieu à des remarques désobligeantes sur des
gens que l'on vient de saluer, avec Julie. Ce qui pourrait paraitre
comme de l’hypocrisie est sans doute une interprétation culturelle
erronée. En se donnant à voir à l'autre, on attend que l'autre
nous voit
et nous le fasse savoir. Il est sans doute aussi question
d'appartenance : on appartient au même quartier, à la même
entreprise, on fait du sport au même moment de la journée, on
emprunte les mêmes terrains de jeux... En attendant, je laisse la
magie de Noël opérée : Merry Christmas to all,
and to all a good night.
La coïncidence veut que mon blog s'arrête sur cette référence à Noël, au moment de s'installer dans la période du mois d’août, que nous allons tous réserver pour d'autres activités... J'ai préféré finir le post sur cette note légère, plutôt que de s'arrêter sur la sombre pensée de l'attentat. Mais, les évènements ne nous laissent pas toujours le choix...
Aux États-Unis, le mois d’août n'est pas un mois où tout s'arrête comme en France, c'est pourquoi j'aurai sans doute beaucoup de choses à rapporter à la rentrée. Mais je préfère continuer à vivre selon un rythme qui alterne entre temps d'activités et temps de pause. Je reprendrai les posts à la fin du mois (c'est-à-dire vendredi 30 août). Bonnes vacances pour ceux qui peuvent en prendre. Happy holidays.