Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 19 juillet 2013

la fin du début ou le début de la fin ! (deuxième partie)


Semaine 7 : la fin du début ou le début de la fin ! 

Pour la première fois, je mange dehors à midi. Notre appréciation de la cohabitation avec les moustiques nous rendait prudents quant à retrouver le plaisir de manger dehors. Mais je crois avoir compris leurs modes de vie : ils passent l'été à Ibiza ! Ils se lèvent vers 17h, font un petit snack sur la terrasse, attaquent l'apéro à 18h30, 19h qu'ils prolongent jusqu'à 21h, puis ils passent à table (sur nos corps endormis) et enfin font la fête jusqu'à 5h du matin. Puis, on n'en entend plus parler jusqu'à 17h. Je m'en suis rendu compte lorsque j'ai eu le malheur de les réveiller pendant leur sieste, au moment de tondre (tondre n'est pas une addiction, mais une nécessité!). Ils sont tellement petits qu'on ne les voit pas, ce qui rend leur action encore plus vicieuse. En effet, on ne se méfie pas et on offre généreusement nos mollets et nos bras à leur appétit dévorant !

Au pays des chercheurs d'or, j'ai trouvé deux mines : Julie et internet. Dans un nouvel environnement, tout est source de questionnement :
  • comment marche le dryer , en effet on se retrouve devant le fonctionnement des machines comme une poule devant un œuf dur ;
  • en voiture, quelle vitesse au delà de la limite ne pas dépasser. En tant que Française qui se respecte, j'ai du mal à tenir la stricte limitation de vitesse mais avec les nouveaux radars, j'ai appris à ne pas dépasser une certaine limite au-delà. Qu'est-ce qu'il en est ici car je n'ai pas envie d'avoir affaire au shérif, ni de prendre a ticket ? 7 miles en plus semblent raisonnables ;
  • ou trouver les bons magasins, les magasins spécialisés?
  • quelle lessive utiliser ? tous les produits dans les magasins sont nouveaux, portent d'autres noms ;
  • ou trouver la bibliothèque, la librairie ; le labo pour la prise de sang, l'hôpital que nous espérons ne jamais avoir besoin...
  • comment remplir les documents de l'école
    ...
      Je ne me rappelle pas avoir eu autant besoin de savoir où trouver les choses à mon premier séjour. Il est vrai aussi, que je n'avais pas à acheter autant de choses pour faire vivre une famille, je n'avais que moi à m'occuper et je vivais chez des gens qui avaient déjà leurs propres réseaux. Et puis j'étais plus jeune, moins attachée aux produits et ce qu'il y a de mieux pour la santé, pour notre bien-être. Alors, Julie est ma source inépuisable de renseignements. Mais dans ce cas, il s'agit d'une mutualisation de nos besoins respectifs pour créer une alliance réciproque (Julie me semble avoir besoin aussi de se sentir utile) ; pour internet, ce n'est pas vraiment nouveau pour moi, je vis au moyen-Age des nouvelles technologies mais pas à la pré-histoire tout de même. Dans ce domaine, cette mine d'or me permet plutôt de trouver les choses recherchées : la bibliothèque, le livre que je dois lire pour le groupe de lecture de mercredi, le magasin de piscine, les activités extra scolaires... Internet me donne le sentiment de garder vives mes capacités à trouver des infos, même si parfois, mon utilisation très personnelle que j'en fais me joue des tours : je trouve les infos que je cherche, je n'ai donc plus qu'à me déplacer, mais ce n'est pas au bon endroit, car je n'avais pas vu que l'article était en fait dans le magasin de... Floride ! Ce n'est pas grave, maintenant je sais où acheter des livres d'occasion. Internet est une porte « grande » ouverte sur le monde, mais il faut porter des lunettes spéciales pour lire correctement toutes ses données : quand je tape « Hagerstown, book store », il ne me vient pas à l'idée que je puisse tomber sur la page de la Floride, mais c'est sans compter sur les nombreux liens qu'internet propose. J'aurai besoin qu'on referme un peu la porte derrière soi après être allé dans une pièce. Une porte entrebâillée pour moi, est largement suffisante.
La nouveauté est source d'intérêt, elle stimule notre curiosité, elle donne envie de découvrir, elle ouvre de nouveaux horizons. Mais lorsque la nouveauté est massive, quand elle s'impose sans pouvoir parfois s'asseoir sur des repères antérieurs, lorsqu'elle envahit tout notre espace, elle peut devenir encombrante, fatigante. Et ici, tout est nouveau. Il y a du bon nouveau et le nouveau moins bon (c'est comme le vin nouveau !). Le bon « nouveau » se sont les nouvelles activités, les nouvelles personnes, les nouveaux produits... le « moins bon » c'est quand il faut chercher un docteur, les étiquettes des produits pour éviter les produits reconnus toxiques, l'assurance de la voiture... Très souvent, je compare les fonctionnements des États-Unis et de la France, cela me permet de tisser des liens de proximité entre tout ce qui est nouveau et ce qui est ancien pour moi. Cela me permet aussi de ne pas me laisser submerger par toute cette nouveauté, au risque d'un début de cirrhose.

Ce matin, j'ai reçu une nouvelle triste de France. Même ces nouvelles-là ont trouvé leur chemin à travers les océans. La tristesse est d'autant plus forte que je ne suis pas là pour être présente auprès de mon amie. Cette nouvelle me rappelle aussi qu'un jour, je serai à mon tour confrontée à une telle perte. Alors, je pleure dans la solitude qui est la mienne à ce moment-là. Je sais aussi que cette nouvelle fait écho à une autre perte pour moi, celle de ma situation précédente que je retrouverai à jamais changée en rentrant. « Tu as semé des petits cailloux derrière toi pour retrouver ton chemin, tu as laissé la vie de donner la main, laisses tes rêves nourrir ton cœur ».

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