Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 21 juin 2013

Plongée en Caroline du Nord : dernière chance d'en profiter avant la rentrée


WE du 15 août : WE plongeur en Caroline du Nord. Dernière chance d'en profiter avant la rentrée.

C'est le royaume des épaves et la vie autour n'est pas sans intérêt : requins-tigres des sables, barracudas, glass fish... Les animaux sont très tranquilles, friendly (amicaux) : les intrus ici, c'est nous. Les plongées seront un régal : 2 fois 40 minutes de bonheur pour une journée sous le sceau (saut) ... du mal de mer. L'eau est à 30° ce qui augmente le bonheur. La termo clim est quand même présente même si l'eau ne doit pas descendre en dessous de 25°, mais lorsque l'on remonte, on a l'impression de prendre son bain, protégé par une escadrille de barracudas, tellement proches qu'on peut quasiment les toucher. Le bonheur est presque parfait, sauf qu'il faut remonter sur le bateau et retrouver le mal de mer. Terry, notre dive master (directeur de plongée) me dira que pour lui, ça lui a passé en mangeant des pommes. « Manger des pommes », ça c'est un slogan...
Pour un régime minceur, choisir le régime plongeur : entre l'énergie dépensée dans l'eau pour compenser le différentiel avec la t° du corps (choisissez de préférence une eau froide car ici avec de l'eau à 30° le différentiel n'est pas terrible), et l'exercice de la plongée, vous allez perdre vos kg en trop, en rien de temps. Mais le plus important, c'est le mal de mer, car sinon, vous risquerez de compenser par de la malbouffe (junk food) que vous auriez emportée avec vous. Tandis qu'avec le mal de mer, effet garantit, sinon on vous rembourse vos frais alimentaires.

La nature a voulu que nous ne soyons tous différents. Alors que je suis camouflée dans ma serviette pour lutter contre l'air marin vivifiant, je regarde avec étonnement un plongeur s’asperger d'eau douce et rester à l'air libre sans se sécher. Je suis frileuse, et je ne pourrais jamais imaginer un tel scénario pour moi-même. De même, alors que je lutte depuis une bonne heure contre le mal de mer, je regarde envieuse certains plongeurs discuter dans la cabine en bas, ou vaquer à leurs occupations le nez dans leurs affaires, ou encore se soumettre aux odeurs de carburant sans broncher. Ce sont mes trois pires ennemis sur un bateau. Et avec cela, il faut que je regarde l'horizon sans discontinuer, ce qui présente un intérêt limité tant pour le paysage que pour la conversation (cela m'aura quand même permis de voir des dauphins nager dans les vagues du bateau : vive le mal de mer !). Lorsque le mal de mer s'en prend à moi, je suis particulièrement peu disponible pour l'échange, j'ai beaucoup de mal à sourire et voir les autres manger, ou pire les voir fumer m'est vraiment insupportable. Toute personne soumise aux effets du mal de mer ne paraît plus du tout sympathique. Pour savoir si une personne est antipathique ou s'il est victime du mal de mer, ne juger pas trop vite, à la première impression mais à son teint (cela ne vaut que sur un bateau!). Parfois, j'ai la chance de ne pas avoir le mal de mer, mais j'ai l'appréhension que cela arrive. Il suffit donc que je pose le pied sur un bateau (même effet dans un avion), pour ne pas être très disponible à l'échange.
En tout cas, même tout entière concentrée sur mon mal de mer, je ne m'en suis pas pour autant privée de penser que si la nature à juger bon de ne pas nous cloner, il serait sage de penser à plutôt qu'éradiquer les différences, chercher à les sublimer ! Ce sont ces différences qui font les couleurs de la vie, et mises bout à bout, elles forment un arc-en-ciel, tandis que mélangées, elles font du blanc. Je pense là à l'école française, et de nombreuses autres dans le monde, qui cherche à homogénéifier le niveau scolaire au risque de laisser de côté les plus forts et les plus faibles. Ils peuvent alors finir par décrocher tandis qu'en cherchant un peu, chacun pourrait développer son talent et en faire profiter les autres avec l'énorme avantage de se sentir reconnu et donc d'avoir une valeur. Mais j'entends déjà les manques de moyens...

Il est convenu aux États-Unis, que chacun se débrouille pour son repas de midi et son petit déjeuner. Il est même plutôt étonnant de poser la question sur une telle organisation. Sur le bateau français, l'habitude est de partager tout ce qui est apporté : bouteille de blanc (tous au goulot s'il vous plaît), le saucisson, les sucreries... parfois il y a beaucoup à partager, et d'autres fois beaucoup moins. On se rend compte aussi, que ce sont souvent les mêmes qui apportent! (on revient sur la nature qui nous a fait différents). Ici, chacun amène ce qu'il veut et il ne vient pas en tête de partager car il y a un savoir tacite sur le fait que l'autre à lui aussi prévu d'apporter ce qui lui conviendrait. Seule l'eau est proposée et apparemment aussi une pastèque (ce qui est l'essentiel). Il est question ici de responsabilité individuelle en ce qui concerne l'alimentation. On peut donc voir des fruits pour certains, des sandwichs, des crackers... pour moi, je n'ai apporté que des barres de céréales, que j'aurai à cœur de surtout ne pas sortir pour ne pas stimuler mon mal de mer. On peut se dire que c'est peut-être ce principe qui a des effets sur l'obésité car il y aura plus de crackers et de sandwichs que de fruits. Ce qui pourrait laisser entendre que la responsabilité individuelle est directement responsable de l'obésité. Cela ne me paraît pas si simple, car si vous regardez le prix de cette junk food (vraiment très abordable), associé à un matraquage très performant dans la publicité, vous aurez vite fait de passer pour un masochiste de ne pas vous laisser tenter. Je propose plutôt que d'augmenter le prix de la malbouffe (ce qui ne manquerait pas de créer d'énormes problèmes avec des sociétés alimentaires très puissantes), il faudrait mieux aider ceux qui produisent des produits sains ; de même, il pourrait être interdit de matraquer de pubs pendant les émissions d'enfants, tout commence très tôt, après il est souvent trop tard.
Le repas du soir est proposé dans un restaurant voisin. Chacun paye sa part, sauf le dernier soir où nous n'avons qu'à régler le tip car notre club le prend à sa charge. Le RDV est à... 17h30. Il est vrai que le repas de midi était plus un snack qu'un pique-nique. Nous commençons à nous familiariser avec ce repas du soir aussi tôt, le temps pour l'apéro est forcément plus réduit, il nous faut renoncer...

La plongée dure entre 25 et 30 minutes sur site selon la profondeur. Cela me convient bien, car j'ai souvent l'impression qu'il y a un enjeu en France à rester le plus longtemps possible dans l'eau. A ce petit jeu, je ne suis pas favorite : entre le froid et l'intérêt limité après un temps déjà suffisant, j'ai du mal à dépasser 45 minutes en tout. Mais, l'enjeu est de taille car vous êtes jugé sur votre capacité à rester longtemps dans l'eau. Les favoris restent 1h dans une eau à 15°, sans combinaison étanche. Alors justement pour améliorer mes chances d'être dans le trio de tête, je me suis acheter une combinaison étanche. Cela a été ma révolution : non seulement le froid n'est plus un problème, mais l'intérêt de la plongée s'en trouve grandi. C'est le double effet étanche. Je n'ai jamais eu l'ambition de jouer les superwoman à résister au froid ; par contre il est impossible pour soi-même comme pour son coéquipier d’accepter de reconnaître que l'on a froid après … 5 minutes d'immersion. Je ne reste pas forcément plus de temps, mais j'apprécie au centuple (unité de mesure internationale). Par contre, ici dans une eau à 30°, je retrouve ma combinaison standard qui a manifestement rétréci...

Il faut encore jongler avec les différentes unités de mesure : mon bloc est gonflé à 2100 pmi; avec le nitrox, on ne doit pas dépasser 132 feet de profondeur ; les plombs pèsent 4 pounds; la température de l'eau est de 85°F, prête à bouillir (ils me feront la remarque qu'avec les Celsius, la température paraît toujours plus froide, et c'est vrai l'eau en Europe est plus froide...) : plongeur européen, si tu décides de venir plonger aux États-Unis, prépares toi à emporter ton convertisseur.
Nous avons pu noter quelques différences entre les plongées de Kris et les miennes : on me portera mes blocs au départ, et je ne pourrais en rapporter qu'un au retour, le deuxième a mystérieusement disparu ; j'ai un dive buddy (un co-équipié de plongée), alors que Kris est laissé à choisir à plonger seul ou se joindre au premier qui passe mais qui ne l'attend pas. Par contre, il y a des ressemblances : le matin, réveil 5h30, organisation sur le bateau à 6h, départ du bateau à 6h45 (il faut 1h30 de bateau pour arriver sur les sites, 2h quand vous êtes chanceux et que les vagues ralentissent l'allure et augmentent le mal de mer), retour vers 14h. Et puis, il y a aussi des chasseurs avec bouteilles qui plongent armés des fusils harpon ; il semble admis de rapporter des choses des fonds marins : dents de requins (pas pris directement sur l'animal mais plutôt trouvées au fond, vestige d'une attaque ancienne ou simplement des dents de lait que la petite souris peu aquatique aura laissés traîner), coquillages : il y en a même qui plongent avec des filets ; au palier, chacun se gère, mon buddy me laissera poursuivre tandis qu'il remonte à la surface, mais il est vrai aussi qu'il a beaucoup moins de paliers que moi (mon ordi ne gère pas le nitrox). Je préfère les différences que les ressemblances...

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