Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 14 juin 2013

Un mois tout juste

Semaine 5 : un mois tout juste. August, 12th

Il y a un mois tout juste, nous débarquions à l'aéroport de Washington. Nous sommes aujourd'hui le 15 août (non férié ici), j'ai fait des courses ce matin, chercher des timbres, regarder la classe dans laquelle sera Flore à la rentrée et regarder le bus qu'elle devra prendre, fait le ménage, emmener Flore à un cours d'essai de gym : est-ce que c'est cela que l'on appelle adaptation ? Demain, je dois conduire jusqu'en Caroline du Nord. Nous passons le WE pour plonger, et Kris est déjà sur place.

Sur la route du Sud, en direction de la Caroline du Nord pour un WE plongée, je conduis pour 8 heures de temps. Nous jouons les Belges ou les Allemands qui descendent sur la Côte d'Azur. Combien de fois en les voyant remonter l'A7, ne me suis-je pas dit que leur route était encore bien longue. Eh bien, aujourd'hui et à partir de maintenant, vu les distances dans ce pays, je ne serai plus que Belge ou Allemande ! Pour me consoler de la distance, je regarde le paysage. Des arbres, encore des arbres, toujours des arbres, où que l'on regarde de l'highway, il y a des arbres de partout. Moi, je distingue à peine les chênes, des boulots, des pins et peut être encore des saule pleureurs, et des palmiers, mais après pour les autres, ce ne sont pour moi que des arbres. Les villes sont parfaitement camouflées par les arbres, ce qui fait que vous avez vraiment l'impression de traverser le pays au temps des premiers explorateurs. A part peut-être, ces quelques voitures sur le bord de la route comme à Québec, mais celles-ci sont loin de toutes habitations, il y souvent quelqu'un à l'intérieur et il n'y a pas de panneau en vente. Je pense qu'ils devraient plus les rendre visibles pour favoriser la vente. Celles-ci sont tellement camouflées qu'on pourrait croire... qu'elles se cachent !
La vitesse autorisée sur les highways est de 55, ou 65 et même jusqu'à 70 miles an hour. J'ai tenté de convertir : 85, 104 ou 112 km par heure. En fait, ils nous obligent à rouler sous la pluie ! Beaucoup me dépassent très souvent, malgré mes 7 miles au-dessus, y compris les camions qui doublent sans complexe. Il y a ceux aussi qui doublent par la droite : je rappelle que les États-Unis roulent à droite, comme chez nous, et que tout dépassement doit se faire par la gauche. Je crois avoir compris que le principe ici consiste à rester sur sa voie, gauche ou droite, et celui qui veut soit entrer sur l'autoroute, soit te doubler se débrouille pour te laisser tranquille (les voitures qui s'engagent sur l'autoroute et qui se déportent sur la gauche car une voiture est sur la voie de droite...). Autre vie, autres morses.

La recherche des plaques est un excellent passe temps pour agrémenter les longs voyages en voiture. Le plus souvent, chaque Etat a une devise marquée sur les plaques.
Massachusette : spirit of América (l'esprit de l'Amérique)
New Jersey : garden state
New york (à ne pas confondre avec la ville) : empire state
New Hamshire : live free or die (vivre libre ou mourir) : ma préférée.
Vermont : green state
Maryland : war of 1812
Connecticut : constitution state
La caroline du Nord : first in flight. Au départ, je ne comprenais pas très bien le sens de ce message alors je me suis demandé si ce n'était pas plutôt first in fight, pouvant signifier que pendant la guerre de sécession, ils avaient été les premiers à s'engager. Mais en m'approchant d'une plaque, j'ai repéré un avion première génération, dessiné. Cela se rapporte à l'histoire des frères Wright (1)
Le Canada n'est pas en reste, ce que nous avons pu constater lors de nos premières vacances :
Québec : je me souviens (peut-être du vieux pays?) ou : la belle province.
Ontario : yours to discover
En revenant à la maison, j'ai cherché les devises d'autres Etats emblématiques :
Alaska (difficile de trouver une plaque ici): the last frontier ou North to the futur
Hawaiï (encore plus difficile à trouver) : Aloha state
Floride : sunshine state
Le Dakota du Nord (en hommage à Julie qui en est originaire) : discover the spirit
Le Dakota du sud (pour ne pas laisser la petite sœur jalouse) : Great faces, great Places (en regardant attentivement on peut voir les têtes de 4 présidents Américains en dessous).
Nebraska (en hommage à une très belle chanson du boss) : je n'ai pas trouvé de devise, mais elles s'accompagnent souvent d'un Chariot tourné vers l'Ouest et tiré par un cheval.
Texas (en hommage à Boby et JR) : the lone star state.
Louisiana, qui est l'un de mes États préférés, surtout pour la nouvelle Orléan : Pelican State
Et encore quelques petites, histoire de vous faire réviser votre géographie (il ne faudrait pas que ce soit toujours les mêmes qui travaillent!) :
Delaware : the first state
Idaho : famous potatoes (je ne suis pas persuadée que ce soit vraiment la devise !).

La grincheuse ou un GPS en mal de relation : conduire vers une direction inconnue, suppose d'emporter avec soi son GPS. Le GPS, c'est ma conscience morale, mon surmoi tyrannique : elle m'indique que je suis toujours en dépassement de vitesse, elle accepte jusqu'à 3 milles au-delà, après elle voit rouge ; elle veut me faire prendre un chemin sans autre détour. Il faut lui faire confiance aveuglément, et personnellement je ne suis pas sujette à la cécité. J'ai besoin de garder un certain contrôle, je n'aime pas m'abandonner entièrement à la machine, surtout lorsque c'est moi qui la programme. Les machines et moi appartenons à deux mondes singulièrement différents, qui se sont rencontrées par hasard. Nos langages, notre manière de pensée, nos codes sont diamétralement opposés, ce qui ne rend pas l'apprivoisement très facile.
Je l'ai surnommée la grincheuse pour lui donner une consistance humaine, elle qui peut tout nous dire en gardant le même ton. Je me suis même imaginée la voir nous traiter d'imbécile lorsque nous ne suivions pas ses indications à la lettre, mais au lieu de cela, inlassablement « dès que possible, faites demi-tour », ou « turn around when possible».
Il y a très peu de rest aera (aires de repos) sur le long des highways. Alors, il nous faut faire un détour dans un restaurant indiqué par les panneaux aux intersections, pour les toilettes. Cela n'a de cesse de contrarier la grincheuse, qui se montre très insistante dans ces moments-là pour nous faire reprendre le bon chemin, dans une forme de compulsion de répétition, jusqu'à ce que nous cédions à sa demande. Je pense qu'elle est anxieuse de nous mener à bon port... à moins qu'elle ne soit prise dans un besoin de maîtrise elle aussi !

En Caroline du Nord au mois d'août, il y a deux bonnes nouvelles : l'Atlantique est à 30°. Jamais, je n'avais imaginé qu'il y avait deux Atlantiques : le nôtre, forcément froid, et celui-ci de l'autre côté. Cela doit être un coup du golf Stream ! ; et la place sur la plage : priez pauvres Aoûtiens de France, de ne jamais voir ce dessert de sable nu, sinon... impossible de revenir en arrière. Pour moi, c'est ça, le rêve Américain ! Par contre, il nous faut penser aux codes vestimentaires. A-t-on le droit de marcher en maillot de bain sur les routes pour rentrer à l'hôtel ? Les Américains peuvent être très prudes parfois. Les hommes portent tous sans exception (sauf un : Kris), un maillot très large type caleçon. Avec un maillot moulant, je pense que Kris s'attire quelques regards étonnés, voire inquiets. Il faudra penser à en acheter un autre. 

(1) Le vent, le sable et un rêve de vol ont amené Wilbur et Orville Wright au Faucon de Kitty original, en Caroline du Nord où, après quatre ans d'expérimentation, ils ont pu présenter un stellaire et réaliser les premiers vols d'avion réussis en 1903.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Qu'est-ce qu'il a mon maillot ??!