Il y a un mois tout juste, nous débarquions à
l'aéroport de Washington. Nous sommes aujourd'hui le 15 août (non
férié ici), j'ai fait des courses ce matin, chercher des timbres,
regarder la classe dans laquelle sera Flore à la rentrée et regarder le bus qu'elle devra prendre, fait le
ménage, emmener Flore à un cours d'essai de gym : est-ce que
c'est cela que l'on appelle adaptation ? Demain, je dois
conduire jusqu'en Caroline du Nord. Nous passons le WE pour plonger,
et Kris est déjà sur place.
Sur
la route du Sud, en direction de la Caroline du Nord pour un WE
plongée, je conduis pour 8 heures de temps. Nous jouons les Belges
ou les Allemands qui descendent sur la Côte d'Azur. Combien de fois
en les voyant remonter l'A7, ne me suis-je pas dit que leur route
était encore bien longue. Eh bien, aujourd'hui et à partir de
maintenant, vu les distances dans ce pays, je ne serai plus que Belge
ou Allemande ! Pour me consoler de la distance, je regarde le paysage.
Des arbres, encore des arbres, toujours des arbres, où que l'on
regarde de l'highway, il y a des arbres de partout.
Moi, je distingue à peine les chênes, des boulots, des pins et peut
être encore des saule pleureurs, et des palmiers, mais après pour les autres, ce ne
sont pour moi que des arbres. Les villes sont parfaitement camouflées
par les arbres, ce qui fait que vous avez vraiment l'impression de
traverser le pays au temps des premiers explorateurs. A part
peut-être, ces quelques voitures sur le bord de la route comme à
Québec, mais celles-ci sont
loin de toutes habitations, il y souvent quelqu'un à l'intérieur et
il n'y a pas de panneau en vente. Je pense qu'ils devraient plus les
rendre visibles pour favoriser la vente. Celles-ci sont tellement
camouflées qu'on pourrait croire... qu'elles se cachent !
La
vitesse autorisée
sur les highways
est de 55, ou 65 et même jusqu'à 70 miles an
hour.
J'ai tenté de convertir : 85, 104 ou 112 km par heure. En
fait, ils nous obligent à rouler sous la pluie ! Beaucoup me
dépassent très souvent, malgré mes 7 miles
au-dessus,
y compris les camions qui doublent sans complexe. Il y a ceux aussi
qui doublent par la droite : je rappelle que les États-Unis
roulent
à droite, comme chez nous, et que tout dépassement doit se faire
par la gauche. Je crois avoir compris que le principe ici consiste à
rester sur sa voie, gauche ou droite, et celui qui veut soit entrer
sur l'autoroute, soit te doubler se débrouille pour te laisser
tranquille (les voitures qui s'engagent sur l'autoroute et qui se
déportent sur la gauche car une voiture est sur la voie de
droite...). Autre vie, autres morses.
La recherche des plaques est un excellent passe temps
pour agrémenter les longs voyages en voiture. Le plus souvent,
chaque Etat a une devise marquée sur les plaques.
Massachusette :
spirit of América
(l'esprit de l'Amérique)
New
Jersey : garden state
New
york (à ne pas confondre avec la ville) : empire
state
New
Hamshire : live free or die
(vivre libre ou mourir) : ma préférée.
Vermont :
green state
Maryland :
war of 1812
Connecticut :
constitution state
La
caroline du Nord : first in flight. Au
départ, je ne comprenais pas très bien le sens de ce message alors
je me suis demandé si ce n'était pas plutôt first
in fight,
pouvant signifier que pendant la guerre de sécession, ils avaient
été les premiers à s'engager. Mais en m'approchant d'une plaque,
j'ai repéré un avion première génération, dessiné. Cela se
rapporte à l'histoire des frères Wright (1)
Le Canada n'est pas en reste, ce que nous avons pu
constater lors de nos premières vacances :
Québec : je me souviens (peut-être
du vieux pays?) ou : la belle province.
Ontario :
yours to discover
En revenant à la maison, j'ai cherché les devises
d'autres Etats emblématiques :
Alaska
(difficile de trouver une plaque ici): the last frontier
ou North to the futur
Hawaiï
(encore plus difficile à trouver) : Aloha
state
Floride :
sunshine state
Le
Dakota du Nord (en hommage à Julie qui en est originaire) :
discover the spirit
Le
Dakota du sud (pour ne pas laisser la petite sœur jalouse) :
Great faces, great Places
(en regardant attentivement on peut voir les têtes de 4 présidents
Américains
en dessous).
Nebraska
(en
hommage à une très belle chanson du boss) :
je n'ai pas trouvé de devise, mais elles s'accompagnent souvent d'un
Chariot tourné vers l'Ouest et tiré par un cheval.
Texas
(en hommage à Boby
et JR) : the lone star state.
Louisiana, qui est
l'un de mes États
préférés, surtout pour la nouvelle Orléan : Pelican
State
Et encore quelques petites, histoire de vous faire
réviser votre géographie (il ne faudrait pas que ce soit toujours
les mêmes qui travaillent!) :
Delaware :
the first state
Idaho :
famous potatoes (je
ne suis pas persuadée que ce
soit vraiment la
devise !).
La grincheuse ou un GPS en mal de relation : conduire vers une direction inconnue, suppose d'emporter avec soi son GPS. Le GPS, c'est ma
conscience morale, mon surmoi tyrannique : elle m'indique que je
suis toujours en dépassement de vitesse, elle accepte jusqu'à 3
milles au-delà, après elle voit rouge ; elle veut me faire
prendre un chemin sans autre détour. Il faut lui faire confiance
aveuglément, et personnellement je ne suis pas sujette à la cécité.
J'ai besoin de garder un certain contrôle, je n'aime pas
m'abandonner entièrement à la machine, surtout lorsque c'est moi
qui la programme. Les machines et moi
appartenons à deux mondes singulièrement différents, qui se sont
rencontrées par hasard. Nos langages, notre manière de pensée, nos
codes sont diamétralement opposés, ce qui ne rend pas
l'apprivoisement très facile.
Je
l'ai surnommée la grincheuse pour lui donner une consistance
humaine, elle qui peut tout nous dire en gardant le même ton.
Je me suis même imaginée la voir nous traiter d'imbécile lorsque
nous ne suivions pas ses indications à la lettre, mais au lieu de
cela, inlassablement « dès que possible, faites demi-tour »,
ou « turn around when
possible».
Il
y a très peu de rest aera (aires
de repos) sur le long des highways.
Alors, il nous faut faire un détour dans un restaurant indiqué par
les panneaux aux intersections, pour les toilettes. Cela n'a de cesse
de contrarier la grincheuse, qui se montre très insistante dans ces
moments-là
pour nous faire reprendre le bon chemin, dans une forme de compulsion
de répétition, jusqu'à ce que nous cédions à sa demande. Je
pense qu'elle est anxieuse de nous mener à bon port... à moins
qu'elle ne soit prise dans un besoin de maîtrise elle aussi !
En Caroline du Nord au mois d'août, il y a deux bonnes
nouvelles : l'Atlantique est à 30°. Jamais, je n'avais imaginé qu'il y avait deux Atlantiques : le nôtre, forcément
froid, et celui-ci de l'autre côté. Cela doit être un coup du golf
Stream ! ; et la place sur la plage : priez pauvres Aoûtiens
de France, de ne jamais voir ce dessert de sable nu, sinon... impossible de revenir en arrière. Pour moi, c'est ça, le rêve
Américain ! Par contre, il nous faut penser aux codes vestimentaires.
A-t-on le droit de marcher en maillot de bain sur les routes pour
rentrer à l'hôtel ? Les Américains peuvent être très prudes
parfois. Les hommes portent tous sans exception (sauf un :
Kris), un maillot très large type caleçon. Avec un maillot moulant,
je pense que Kris s'attire quelques regards étonnés, voire
inquiets. Il faudra penser à en acheter un autre.
(1) Le vent, le sable et un rêve de vol ont amené Wilbur et Orville Wright au Faucon de Kitty original, en Caroline du Nord où, après quatre ans d'expérimentation, ils ont pu présenter un stellaire et réaliser les premiers vols d'avion réussis en 1903.
(1) Le vent, le sable et un rêve de vol ont amené Wilbur et Orville Wright au Faucon de Kitty original, en Caroline du Nord où, après quatre ans d'expérimentation, ils ont pu présenter un stellaire et réaliser les premiers vols d'avion réussis en 1903.
1 commentaire:
Qu'est-ce qu'il a mon maillot ??!
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