Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 28 mars 2014

le mois de mai et les stéréotypies


L'un de nos thèmes de discussions avec notre professeur d'anglais au mois de mai a porté sur les clichés et autres stéréotypies. Comment les autres nations nous voient : arrogants, toujours très distingués, toujours en grève, romantiques, fainéants, (ça c'est à cause des vacances), qui possèdent un art de vivre (de la cuisine, à la peinture...), sales (surtout les hommes!), amoureux de la culture, qui parlent très mal une autre langue (je soupçonne que cela soit lié soit au fait que le Français voyage peu et n'est pas besoin de beaucoup utiliser une autre langue, soit parce qu'il a honte de son niveau de langue, et oui après avoir passé 8 ans à étudier l'anglais, je crois que mon niveau était celui d'un jeune enfant balbutiant), qui sont toujours en retard. J'ai peur de dire que ce ne sont pas que des clichés ! Là où j'ai été surprise c'est d'entendre Peggy dire que pour les Américains, le plus pénible ce sont les pourboires à de nombreuses occasions. On donne un pourboire au taxis, aux coiffeurs, quand on se fait placer à l'opéra, au restaurant ce n'est pas une habitude... Et moi qui me plaignais de ne jamais savoir comment fonctionnait les tips ici aux États-Unis. Ce n'est pas l'herbe qui est plus verte dans le champ du voisin, pour cette occasion, elle est plus jaune et mal entretenue !!!
Il y a une blague Anglaise que j'aime bien : « à la création du monde, Dieu avait doté un pays de toutes les qualités : il était tellement beau, avec tellement de richesses, tellement de qualités que les autres peuples ont commencé à être jaloux. Il a appelé ce pays : la France. La jalousie des autres nations est devenue tellement importante que Dieu a été obligé de réfléchir à un moyen de rétablir l'équilibre. Après plusieurs jours d'intense réflexion, il a pensé à une solution : il y a installé... les Français!!! » (histoire de nous rappeler que nous sommes souvent vus comme arrogants, belliqueux, irrespectueux, agressifs... mais pour les plus chauvins, ils peuvent toujours se rassurer en se disant que ne n'est qu'une blague anglaise !).
Les stéréotypies sur les Allemands : très ordonnés, toujours à l'heure, très organisés, rigoureux, méthodiques (parfois trop ce qui laisse peu de place à la créativité, l'imaginaire, les arts...), très propres chez eux mais sales et peu respectueux à l'étranger, arrogants (il n'y a qu'à voir la pub de Volkswagen), athlétiques, ouverts sur les voyages, bons en langue étrangères surtout l'Anglais, qui aiment la bière, parfois abusivement...
Sur les Américains : Ce sera à vous de remplir cette partie...
Voici ma proposition : The United states is a country of contrasts. With more than 300 millions people, I think it is pretty normal. Americans think that they can interfere in other countries for a principle of freedom. They think they are right about everything, and that is why they don't understand when we disagree with them (about the war in Irak when the french president refused to get engaged in the war).
They are very patriotic, and it can be difficult for them to think that their country can be wrong. But when they realize that it is not the way it should be, they can fight really hard for their convictions (end of the Vietnam war).
They are in the same time very open to others (except when it relates to racism issues for some of them) and closed to their own point of view.
They like the easiest way, most convenient and the fastest : junk food, time is money, so you should not use time in matters that are not important.
The religion is a very important issue.
They are very good in business (first country in the world for the level of GDP = Gross Domestic Product), less in environment.
They work hard, and they believe in their own achievement : the American dream. In the same time, if your life is a mess, you are the only one to be blamed.

vendredi 21 mars 2014

le joli mois de mai, made in USA


Lors de notre premier séjour en avril dernier, je m'étais résignée à prendre le meilleur d'Hagerstown, et à laisser de côté les renoncements. L'un de ces renoncements, c'est la richesse de la vie culturelle. Pour les spectacles à la maison des spectacles de Hagerstown, il y a les renoncements, mais aussi des belles surprises. Pour l'instant, nous avons été voir The Nutcraker pour Noël, du gospel et un spectacle de magie. Après ces quelles que fois, je peux dire que le sentiment est mitigé. Pour Flore, aucun spectacle ne l'a intéressée. Elle n'aime pas la musique classique, le gospel était trop fort, elle n'a pas trouvé le spectacle de magie particulièrement transcendant ! Je crois que les spectacles, ce n'est pas son truc ! En ce qui me concerne, le spectacle du Nutcraker, était certes local, mais cela reste le Nutcraker ! Nous étions un peu près pour le Gospel et en effet, c'était un peu fort (c'est un comble pour une fois que nous étions bien placées! J'ai aussi trouvé personnellement que c'était trop religieux) ; pour le spectacle de Magie, sans être l'attendu d'un spectacle de las Vegas, c'était néanmoins de qualité et drôle. Par contre, récemment, nous avons rencontré deux jeunes filles lors d'un anniversaire, qui se trouvent avoir participées au spectacle du Nutcraker. Cela nous a donné l'impression de connaître les artistes. Et bien voilà, c'est cela la magie de Hagerstown : les spectacles ne sont peut-être pas du niveau de ceux à Times Square (NYC) mais au moins ici, on connaît les vedettes... Et puis, il y a eu aussi l'exposition des œuvres d'art des enfants des écoles du County au musée d'art de Hagerstown. Flore a eu une de ses œuvres de retenue! Et puis encore, la parade d'octobre, où nous avons défilé de l'intérieur avec le groupe de gym de Flore. C'était drôle les jours suivants de croiser des gens qui nous reconnaissaient...  Remember, every cloud has a silver lining.

Je m’intègre à cette nouvelle vie, à ce nouvel environnement social, mais je n'oublie mes anciens camarades de régiment. Le blog est une manière de les tenir au courant. Mais je leur envoie aussi régulièrement des nouvelles du front, des photos... Il y a des personnes avec qui je n'ai jamais été autant en contact. Il y a vraiment des distances qui rapprochent. En anglais, il existe une expression qui dit : « Distances, make the heart grow fonder », alors qu'en France on aurait tendance à dire « Loin des yeux, loin du cœur ». Je préfère la version Américaine, alors je vous propose une nouvelle expression : « loin du corps, près du cœur », histoire de brouiller un peu plus les pistes des non francophones... J'envoie donc régulièrement des mails collectifs. Je m'amuse à observer les réponses qui m'arrivent. Il y a :
- les premiers arrivés, premiers servis. Leur expérience des cantines Françaises a dû les marquer.
Caractéristiques : mails succincts, toujours chaleureux.
Je pense que ces amis et collègues ont en tête qu'un mail répondu est un mail qui n'est plus à faire. Et il vrai que cela gagne beaucoup d'énergie mentale. Dans un temps ou je n'avais pas le temps, je tentais de répondre assez vite, mais je négligeais un peu quelques mails moins importants que je conservais néanmoins en tête, jusqu'à ce que je les ai traités. Et dans ces cas, je ne cessais de penser à répondre, ce qui était finalement assez coûteux.
- les diesels au démarrage, mais un moteur qui dure longtemps.
Caractéristiques : mails généreux qui prennent le temps d'une réponse approfondie.
- il y a ceux qui ont une réponse épisodique, quand ils ont un peu plus d'une minute devant eux, et je me souviens d'avoir été dans cette situation. Leur réponse en pointillé, volée sur un temps compté, est tout aussi précieuse.
- il y ceux qui ne répondent pas, sans doute agacés par encore des mails à traités. Je ne les blâme pas, je me souviens d'une époque où les mails étaient plus des corvées que des moments de plaisir.
Les mails collectifs deviendront plus ciblés, car je ne veux pas les embarrasser avec des nouvelles qu'ils n'ont pas demandées.

Comme je l’ai déjà évoqué, nous en sommes arrivés à un stade ou les deux langues que nous parlons au quotidien se chevauchent. Kris m'explique qu'au boulot cela lui arrive souvent de glisser un mot français dans la conversation ; personnellement, j'ai déjà réalisé qu'avec des amies proches, mais non francophones, j'ai tendance à spontanément leur parler français (et mon amie Allemande me dira que cela lui arrive aussi en allemand) : notre langue maternelle nous retiens et s'invite dans les échanges affectifs. Par contre, lorsque je m'exprime en français, quand la famille était là, les mots en français me manquent et je les trouve en anglais plus facilement, ce qui donne à mon interlocuteur une étrange sensation de snobisme (à la Jean-Claude V.) qui, je vous l'assure, n'est pas une réalité. Mais les mots commencent à nous manquer dans notre propre langue, et comme nous sommes sans doute un peu fainéants, nous préférons prendre le mot dans la langue... où il arrive !!!

Le fait de ne pas parler parfaitement la langue a au moins un avantage : celle d'éviter les situations de confrontations verbales. Par contre, autour de moi, j'observe que les Américains ne sont pas moins en reste qu'en France. J'avais l'impression jusqu’à là d'échapper à ces discussions stériles sur la confrontation de deux positions opposées... Avec Flore, nous avons participé à un événement sur l'adoption d'animaux. Les deux personnes responsables de la HS qui étaient présentes, ne s'entendaient pas et le faisaient savoir. On aurait dit un chien et un chat. Heureusement, cela n'a pas eu de conséquences sur le nombre d'adoptions qui a été très important.
J'ai envie de partager que le bon et de laisser suspendu ce qui peut créer des désagréments dans les relations. Notre vie Américaine est trop courte pour nous laisser prendre dans des enjeux de rivalité, de pouvoir, de jalousie... qui il faut bien l'avouer se partage dans tous les pays. Au moins là, on peut être sur d'être sur la même longueur d'onde...

vendredi 14 mars 2014

le joli mois de mai, et les statistiques


Aujourd’hui, c'est la fête des mères aux États-Unis. Évidemment, les magasins en font un gros évènement (commercial). Mais en en parlant autour de moi, les Américains sont plutôt enclins ce jour-là à recevoir la famille pour un repas, finalement un peu comme en France. La fête des mères semble partager par beaucoup de nations, mais ne se fête pas à la même date. En France ce sera plus tard, mais je ne serai pas encore rentrée en France, sinon, j'aurai pu avoir deux fête des mères. Dommage ! En même temps aujourd'hui, c'est aussi mon anniversaire. Peut-on parler alors d'un jour important ? Mon anniversaire a longtemps coïncidé pour moi aux moments des révisions pour le Bac, puis pour chaque examen universitaire. Alors, je ne l'ai pas beaucoup fêté. Je n'aime pas non plus cette forme d’hypocrisie qui peut se cacher derrière les fêtes à date fixe : ce jour-là est une trêve à tous les ressentiments. Eh bien moi, il y a des gens à qui je n'ai pas envie de fêter l'anniversaire, tandis que d'autres, j'ai envie de leur fêter tous les jours... Je me reconnais assez bien dans la doctrine du lapin d'Alice au pays des merveilles : « joyeux non anniversaire ». Et puis, après tout, l'anniversaire est une date sur laquelle nous avons peu de prises (c'est indépendant de nos actions), cela nous rappelle aussi un peu plus tous les ans notre vieillissement et la finitude du monde (c'est peut-être d'ailleurs une raison pour laquelle on le fête, pour se prémunir de l'angoisse du temps qui passe !). Je préfère quant à moi, fêter d'autres évènements qui ont plus d'importance à mon sens : l'arrivée du printemps par la floraison, les bébés dans leur nid ou terrier, le beau temps retrouvé (finalement, je pense que l'hiver n'existe que pour nous faire encore plus apprécier le printemps), la fin d'une guerre quelque part dans le monde, la réussite d'un projet qui nous est cher, l'accord entre des pays pour trouver des solutions pour l'environnement, les retrouvailles avec la famille, les amis après un long temps de séparation (pour moi, cela va faire 11 mois que nous ne sommes pas rentrées en France ; je n'ose même pas imaginer quelle a été la joie de ceux qui se sont retrouvés après une séparation non volontaire)... Mais voilà, maintenant, j'habite les USA et je suis plutôt intégrée à la vie locale. La meilleure preuve ? Je viens de recevoir deux cartes postales me fêtant mon anniversaire : l'un de mon dentiste, l'autre de la Human Society (avec deux petits mots écrits à la main : de Kim d'abord la coordinatrice des volontaires « Coleen, so good to have you with us ! I hope you have a great birthday » et un autre : « from all your friends at the Human society »). J'avoue que je suis touchée, d'autant que j'ai l'impression que c'est moi qui leur doit quelque chose ! Les Américains ont le sens des anniversaires ! Beaucoup d'entreprises donne un jour de congé à cette occasion (il est vrai que les congés sont rares, alors un jour de plus cela compte!). Plus que le rappel de mon anniversaire, c'est le sentiment d'intégration qui me touche le plus.

Mais je sais aussi que je reste une expat. D’ailleurs, j’ai eu envie d’en savoir plus sur notre communauté, qui bien qu’elle me soit proche, m’est encore à bien des égards éloignée. C’est à la fois une communauté, mais aussi un groupe très disparate. Les expat ne constitue pas une communauté parfaitement homogène, mais il semble que nous partageons néanmoins quelques caractéristiques au-delà de nos cultures respectives. Des personnes plutôt ouvertes aux autres (on a intérêt si l'on veut que les autres soient aussi ouverts à nous), ce qui les situe dans des catégories politiques de centre gauche (car en même temps, ils partagent des conditions de vie plutôt confortable). Lors des élections Américaines en novembre 2012, il semble que nous partagions tous le même élan pour le futur président Américain. Intéressés pas les voyages, les découvertes, chaque famille tente de profiter au maximum de son intégration dans ce nouveau pays (enrichissement culturel, découverte de nouveaux horizons...). Nous sommes aussi tous très attachés à nos pays respectifs.
Les conjoints d'expats ne sont plus psychologue, professeur, infirmière, graphiste, nutritionniste... ce ne sont plus que des conjoints d'expat, des desperate housewifes ou househusband, des femmes ou hommes au foyer... Untel a laisser un poste chèrement acquis dans son pays, un autre a perdu son réseau professionnel si minutieusement construit, un autre encore ne jouira plus d'un statut privilégié à l'Université... La situation nous fait changer de statut social et sans doute personnel. Je rêve beaucoup de mon travail sous toutes ses formes, les relations professionnelles sont réinterrogées, les expériences passées resurgissent comme pour mieux régler quelques comptes non élaborés, de nouveaux scenarii sont envisagés... Le rêve entretient la réalité vivante et vient l'actualiser sans doute aux mêmes heures où je devrais travailler si j'étais en France. Mon esprit ne s'est pas libéré des chaînes d'hier, peut-être parce que ces chaînes sont les maillons d'une longue histoire.
De la même manière nous n'avons plus 30, 40 ou 50 ans, les expat sont sans âge. We are all in the same boat, l'âge n'est plus un critère distinctif de génération. Les expat forme une communauté, ils ont même leur site internet, leurs bons plans, les mêmes besoins...
Par contre, ce n'est pas parce que l'on fait partie de la même communauté, que d'emblée nous partageons des affinités. Les difficultés liées à la situation peuvent nous rapprocher pour un temps, mais il y a aussi un temps qui suit, pour réaliser avec qui nous avons le plus de points communs, avec qui nous avons envie de faire un petit bout de chemin ensemble. Entre les premieres personnes rencontrées, et celles que maintenant je prends plaisir à voir souvent, il y a souvent des différences. Les deux personnes expat avec lesquelles je partage le plus de choses aujourd'hui, sont Allemande et Brésilienne. Le temps nous fait apprécier les personnes en fonction de leurs qualités, de nos points communs et non en fonction de leur proximité... Je vérifie encore ici combien l'origine des personnes n'a rien à voir avec ce qu'elles sont réellement. Il faut faire la chasse aux idées reçues, aux stéréotypies, aux opinions trop tranchées sur l'autre. Peut-être que l'être humain a un très fort besoin d'appartenance, de reconnaissance, pour mieux savoir qui il est. Peut-être aussi qu'il est plus facile de juger l'autre que de se juger soi-même. C'est pourquoi, nous utilisons ces savoirs pré-emballés sur les autres cultures pour mieux nous différentier, nous reconnaître, et ne pas trop nous regarder en face....
Dans l'idée de mieux connaître les autres expats dans leurs singularités, je me suis intéressée à leur pays d'origine à partir de la comparaison de quelques éléments statistiques.(*)
(*) informations recueillies avec les sites suivants :
Selon, les sources les statistiques peuvent varier, c'est pourquoi, je préfère préciser mes sources.

nb d'hab superficie densité hab/km PIB par hab esp de vie ind de féc
Allemagne 81 843 743 357 138 km2 229.17 41 168 $ 78.95 ans 1.4 enf/fem
Espagne 47 265 321 505 992 93.81 28 976 $ 81.48 1.43
France 63 703 191 551 695 115.47 44 400$ 81.75 2
Suède 9 276 509 449 964 20.62 47 934$ 80.87 1.67

Brésil 205 716 890 8 511 965 24.1 11 800$ 72.79 1.82
Colombie 45 239 079 1 138 910 39.7 10 100$ 74.79 2.12
Mexique 114 975 406 1 972 550 58.3 15 10 $ 76.66 2.27

USA 314 192 965 9 631 420 32.6 48 100$ 78.49 2.06

Je pense que ces quelques indications peuvent déjà suffire à se représenter que nos sociétés ont évolué avec des perspectives différentes et que cela n'est pas sans incidences sur la manière de vivre. L'Allemagne à une densité importante, il faut bien de l'ordre pour que tout cela s'organise sans désagrément pour les autres ; l'Espagne a un plus petit PIB, il faut bien compenser en faisant la fête ; la France fait rêver avec son espérance de vie, sans doute dû à son art de vivre ; la Suède avec une faible densité peut prendre toute la place ; le Brésil qui représente la moitié de la population de l'Amérique du Sud, peut bien continuer à ne parler que portugais ; la Colombie devrait rechercher la colombe de la paix ; le Mexique avec son taux de fécondité a encore de beaux jours devant lui ; les USA peuvent être envié pour leur PIB !!!
Mais il faut aussi se montrer prudent, car les statistiques brutes sont trompeuses. Le pays qui a le plus haut PIB par habitant est... le Luxembourg ! Suivi par : le Qatar. Tandis que le pays qui produit le plus de richesse (PIB total) est les USA ! Le pays en 2012 qui a l'espérance de vie la plus forte est Monaco avec 90 ans (comme quoi tout s'achète finalement!!!). Et tandis que le taux de fécondité est le plus fort au Niger (7.52), il est le plus bas au... Vatican (0)!!! Les statistiques ne renseignent toutefois pas sur les pays où il fait vraiment bon vivre !

vendredi 7 mars 2014

Mai 2013 : presque la fin de l'année scolaire!

C'est presque la fin de l'année scolaire qui est marquée par de nombreuses sorties, fêtes, célébrations... à l'école, mais aussi par les tests finaux pour déterminer la classe de l'année prochaine. Jusqu’au dernier jour, les enfants ont du travail. Il n'y a peut-être bien que le dernier jour où le travail va se désaccentuer. Pour Flore, il y aura aussi le jour d'avant au cours duquel sera célébrée la fin des années de primaires : recognition day. Il est prévu une cérémonie à l'image de celle pour la graduation (la réussite des examens).
Après une année passée à l'école Américaine, nous avons plus de recul pour apprécier le fonctionnement Américain. Mais encore une fois, il ne faut pas oublier que l'école n'étant pas centralisée, il peut y avoir de nombreuses différences d'une scolarisation à l'autre selon les endroits où l'on habite. Le Maryland semble être un État plutôt bien doté en matière d'éducation, les écoles sont réputées de qualité et avec de nombreux moyens. J'ai même entendu dire un jour que la meilleure école de l’État de Géorgie, est sans doute de moindre qualité que la moins bonne école de l’État du Maryland. Tout cela bien sur ne vaut que pour les écoles publiques.
Depuis le début, Flore est plutôt heureuse avec le système Américain qui laisse une large place aux projets en phase avec la réalité, au travail en groupe, à la réflexion, aux expériences, à l'alternance entre les enseignants (trois pour les matières principales tous les jours : Anglais, Maths et Sciences, et 5 secondaires pour Espagnol, Art, Gym, Musique, Media à raison d'une fois tous les 4 jours). Malgré un emploi du temps plus chargé (5 jours par semaines, 6 heures par jour, avec moins de vacances), elle est moins fatiguée. Évidemment, le fait de rentrer chez elle directement après l'école à 15H10, y fait pour beaucoup. Il y a des élèves qui vont au day care (la garderie) à 6h00 du matin et n'en reviennent qu'à 18H30. Personnellement, je trouve intéressant la manière dont ils cherchent à impliquer l'élève dans une réflexion, à donner son opinion, en utilisant des sources de travail variés. Un des sujets d'opinion (opinion riding) en grande section maternel avait été : choisir le repas de midi emporté de la maison ou acheté à la cantine, expliquez votre choix ; un autre avait porté sur : donnez des raisons à votre parent de prendre un animal domestique et précisez lequel ; pour Flore cela a pu être : l'uniforme à l'école pour ou contre et pourquoi ; En Maths, elle a eu à préparer le voyage de la famille en Floride (calcul des coûts réel en fonction de sites internet sur les locations de voitures, l'hébergement, l'alimentation, les activités), dessiner sa maison idéale en calculant les périmètres des pièces, la quantité de carrelage et de papier peint, le coût ; un livret à faire pour expliquer à des enfants plus jeunes les notions de fractions... En sciences, la leçon commence par des expérimentations, des hypothèses... Peut-être que l'utilisation importante de méthodes ludiques au profit de méthodes plus fastidieuses ne permet pas un apprentissage approfondi ; de même, le manque de structure des leçons font que parfois les notions sont survolées... Mais peut-être que cela interroge derrière le projet de société : est-ce que l'on veut des enfants qui réfléchissent, qui s'impliquent, qui cherchent par eux-mêmes, sans compter sur quelqu'un pour leur donner la réponse. A ce sujet, il est souvent demandé aux parents de laisser l'enfant faire seul ses devoirs car même les erreurs sont potentiellement sources d'apprentissage (j'ai souvent entendu cela en France aussi, mais dans la réalité, les erreurs sont plus souvent sanctionnées). En même temps, le goût de l'effort semble de plus en plus faire défaut (il y a des élèves qui ont rendu avec au moins 15 jours de retard certains devoirs). Mais sans doute encore une fois, un équilibre entre plusieurs méthodes serait l'idéal. Et puis, ces méthodes ne conviennent pas à tous les enfants. Il faut déjà une bonne dose de créativité, d'un plaisir au partage, une capacité d'autonomie, de maturité pour ne pas voir dans la méthode ludique, le seul plaisir du jeu... Je reconnais aussi que les méthodes françaises ne me manquent pas, mais en même temps je réalise que nous sommes devenus négligents pour accompagner Flore dans sa scolarité (quelques notes plus bases, nous rappellerons que nous avons aussi un rôle à jouer).
Dimanche 2 juin, 19h, le county nous appelle. Rien que de bien normal ici, nous sommes souvent appelés par une machine qui nous fait écouter un message pré-enregistré : pour nous prévenir des délais, de jours annulés à cause de la neige, pour nous dire que nous travaillons ensemble à l'éducation de nos enfants, que nous allons recevoir un document important auquel il faudra apporter toute notre vigilance. Aujourd’hui, c'est tout simplement pour nous souhaiter un bon été, nous remercier de notre collaboration dans l'éducation de notre enfant et que l'année prochaine sera encore meilleure !!! J'ai un peu l'impression que ce devrait être nous qui les remercions, mais peut-être finalement que nous ne sommes pas si négligents dans le support de l'éducation de Flore. Il y a sans doute d'autres parents qui sont beaucoup moins présents, et ces messages sont là pour leur rappeler qu'ils ont un rôle à jouer...

D'une manière générale d'ailleurs, nous sommes souvent rappelés à nos obligations ou pour nous garantir la collaboration. Par exemple pour honorer un RDV chez le médecin : nous sommes systématiquement appelés par la secrétaire quelques jours plus tôt pour nous rappeler le jour et l'horaire du RDV. L'orthodontiste en personne, qui va nous appeler le soir de la pose des bagues sur les dents de Flore pour nous demander comment elle va et que si nécessaire leur office est ouvert pour nous aider. C'est le service après vente...

vendredi 28 février 2014

10ème mois : à la rosée, du joli mois de mai... (1) (mai 2013)


(1) dans nos campagnes, non loin de Villefranche sur Saône (Rhône) qui en est le représentant le plus démonstratif, il y a une tradition pour le 1er mai pour les jeunes de la commune, c'est de passer dans la nuit du 30 avril au 1er mai, auprès de chacune des maisons du village en chantant la chanson du joli mois de mai. En général, les habitants habitués à cette tradition les reçoivent quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit en leur offrant de l'argent pour un prochain gueuleton, et en offrant aussi un coup à boire pour avoir bien chanté. Je ne vous dis comment on chante à 2 heures du matin, après plusieurs maisons. « Ah, le rosé du joli mois de mai... »

La famille vient de partir, nous voilà revenus à la vie ordinaire... Les évènements passent, les habitudes restent !

La distinction entre deux cultures imprègne même les situations de honte, qui ne se situent pas au même endroit. Pour moi, c'est plutôt quand il s'agit d'aller à l'école en pyjama (surtout avec celui que je porte !) ; c'est de devoir faire une demande pour offrir mes services, de parler un anglais digne d'un adolescent affublé d'un sacré appareil dentaire ; c'est aussi d'avoir l'impression d'être une débutante à chaque démarche (y compris quand j'ai du me servir de ma tondeuse lors du premier été)... Sans être une situation de honte, je suis tout de même sans cesse gênée lorsque je dois appeler des personnes que je ne connais pas par leur prénom (y compris la personne que j'appelle pour postuler sur un poste l'année prochaine). Pour un Américain, c'est de voir un nu (mais par contre parler de sexe est plus courant). C'est aussi de porter une odeur corporelle (ne pas oublier ce qu'ils pensent des Français au sujet des odeurs corporelles!). Ces situations de honte, de gène nous entraînent sur un chemin glissant dans la rencontre avec l'autre car ces ressentis intimes qui ne sont pas partagés de la même manière peuvent fonctionner comme des répulsifs extrêmement puissantes !

Home school : j'ai été surprise par cette situation que j'ai rencontrée à plusieurs reprises : la maman d'un enfant autiste a décidé de le de-scolariser et d'assurer l'école à la maison car l'enfant était anxieux de venir à l'école ; il y a eu aussi lorsque nous sommes allées visiter une ferme pour des leçons de cheval qui n'avait plus de place sauf à 14h en même temps que les enfants home school. De même pour les documents scolaires de l'année prochaine, il nous est demandé où l'enfant à été scolarisé précédemment, et l'une des réponses du quiz est Home school. L'école à la maison est assez répandue ici. Plus de 1 million 500 000 étudiants bénéficient de l’école à la maison, aux USA.
Une enquête réalisée dans le cadre du recensement américain donne un aperçu des motivations des parents choisissant de ne pas envoyer leurs enfants à l'école dans ce pays :
  • la supériorité de l'éducation à la maison (50,8 %) des parents ;
  • motivations religieuses (33,0 %) ;
  • mauvaise qualité de l'environnement scolaire (29,8 %) ;
  • objection au contenu des programmes scolaires (14,4 %) ;
  • niveau insuffisant de l'enseignement scolaire (11,5 %).
En France, la principale motivation semble être « politique » et psychologique : respecter la liberté et l'épanouissement des enfants, privilégier une véritable vie « sociale », plus autonome et libre.
En ce qui me concerne, je pense que l'enfant a besoin de vivre des expériences en dehors de la famille, a besoin de découvrir les autres dans toute leur singularité, mais aussi de s'affronter aux autres, dans leurs différences, avec les bons et les mauvais côtés. Je le pense d'autant plus au collège où c'est l'âge de la socialisation (« tu devras trouver ton propre chemin sur les traces de tes pairs ») de l'ouverture aux autres, de l'identification aux peers. Et même pour un enfant autiste en difficulté dans le lien aux autres, l'ouverture à un environnement varié est source de stimulations. Il y a cependant un bon dosage à trouver car la sur-stimulation peut être inhibitrice ou excitatrice. Il faut aussi accompagner l'enfant dans cette rencontre, dans ses étonnements, ses questionnements, et aussi le protéger contre des agressions qui pourraient dépasser son seuil de tolérance. Flore a par exemple des préoccupations sur le bullying (l'intimidation, le racket). Il faut dire que l'entrée en Middle school est une grande étape, sans doute de partout mais ici cela est d'autant plus marqué dans les esprits. Il existe de nombreux diaries qui évoquent la pire année comme celle d'entrée au collège, professeurs et parents en rajoutent souvent. Bien sur, l'entrée au collège coïncide plus ou moins avec l'entrée dans la puberté. Les jeunes qui peuvent avoir le plus de mal à supporter ces bouleversements psychologiques et physiques, peuvent être tentés de les ignorer en projetant sur les autres toute leur agressivité. Mais il y a aussi le fait qu'ils ne sont plus aussi dociles, et pour les adultes, la gestion de ces nouveaux adolescents est plus compliquée. Quoi qu’il en soit, lorsque vous quittez le cocon de l'école primaire, tout vous rappelle que rien ne sera plus jamais comme avant... C'est ce qui est en train de se passer pour Flore, et je suis assez heureuse de constater que malgré son inquiétude, elle en parle ouvertement C'est l'occasion de parler sans tabou du lien avec les autres, des différences avec les bons et les mauvais côtés, de l'envie de ressembler, de singulariser, des émotions naissantes pour l'autre sexe. Mais en tant que parents, cela nous implique à aller vers le terrain de l'introspection (comment cela s'est passé pour moi, ce que je ne voudrais pas que ma fille vivent comme je l'ai vécu), d'ouvrir la discussion sur nos propres rapports aux autres. Et en même temps, il nous faut rester à une place de parent, il y a des choses que l'on ne partage pas avec son enfant, il ne faut pas non plus projeter sur l'enfant notre propre expérience, nos renoncements... C'est finalement, une vraie expérience de partage, de confiance. Je ne voudrais pas manquer cette étape avec mon enfant en le laissant étudier dans le giron de la maison, et à bien y regarder dans mon emprise. Bien sûr, l'école n'est pas le seul lieu de socialisation, et ce n'est d'ailleurs pas son premier objectif. Mais, c'est un terrain de rencontres, d'expérience, de confrontation avec le monde qui nous entoure dans toutes ses formes.

vendredi 21 février 2014

Avril 2013 : les inventions du future

Je ne suis pas encore arrivée à me faire à tous ces cadavres d'animaux qui trônent sur les route. Ce sont surtout des petits rongeurs, mais c'est vraiment une avalanche. Tous les jours, j'en découvre un nouveau sur ma route. Quel carnage ! J'ai plus de facilité avec les bouts de pneus, qui me sont devenus presque familiers. Il y a un moment quand l'habitude rend l’événement invisible, il a fort à craindre que nous ne soyons plus vigilent, et nous laissons l'habitude nous insensibiliser, au point de ne même plus remarquer. Jusqu'à quel point ce mécanisme fonctionne ? D'un côté, je pense que cela peut avoir une certaine valeur, notamment lorsque l'on ne s'aperçoit plus que son voisin n'est pas de la même couleur que soi, lorsque l'on accepte que l'esclavage soit rangé au rang des abomination... ; mais, je crains que cela ne fonctionne aussi en sens inverse ! Ne laissons pas l'habitude guider nos émotions, ou nous rendre aveugle...

Avec le beau temps revenu, je fais sécher mon linge dehors. C'est une coutume héritée d'un autre âge pour un Américain, qui ne sait plus qu'utiliser son sèche linge. En fait, les deux présentent des avantages différents. Mais, il y a aussi un troisième larron : le cleaner. En ce qui nous concerne, nous les utilisons de façon complémentaire. Pour le sèche linge, il est plus facile de se passer de repassage (lorsque l'on est pas trop regardant sur les finitions), et pour les draps, c'est quand même plus facile. Pour le séchage naturel, cela économise de l'énergie, d'autant que les journées ensoleillées sont généreuses, le linge a une bonne odeur naturelle. Pour le cleaner, cela fait travailler du monde, c'est plus abordable qu'en France, on en trouve de partout donc forcément à proximité, et pour les chemises, c'est impeccable.

Le retour du printemps depuis quelques jours, au-delà du beau temps, s'accompagne aussi de nombreuses joies : refaire du hiking sur les Appalaches ; faire du vélo sur route car il a trouvé des chemins idéaux : ni trop raides, ni monotones, sans trop de voitures ; même faire du roller va être possible sur une ancienne voix de chemin de fer reconvertie en voie verte et aussi bien sur les joies de... la tondeuse ! Nos voisins ont été bien plus promptes que nous à aiguiser les lames. Mais, il vaut se résoudre à reprendre du service. Pour la première tournée, Kris va m'aider, un avec la tondeuse, l'autre avec le rotifil. Vive le printemps... Il n’empêche que seulement après une année aux États-Unis je suis en passe de devenir le leader des tondeuses du quartier. En effet, la tonte mais surtout l'utilisation du rotofil permet de faire du sport. Alors, j'ai décidé de la faire une fois par semaine. Et justement, cette semaine, je suis la première du quartier à m'avancer. Et comme de bien entendu, les voisins non pas tardé à me suivre, il faut dire qu'une fois une pelouse tondue, les autres paraissent bien négligées

En préparant nos futures vacances et en se rendant aux chutes du Niagara, j'ai repensé très forts à ces inventions du futur :
- la télé-transportation, j'en ai déjà parlé et pour moi, maintenant tout le monde le sait, cela devient vraiment urgent.
- un ordinateur directement connecté au fonctionnement psychique de son utilisateur, qui sait se caler à ses besoins et surtout ses compétences en matière de nouvelles technologies, qui sait aussi parler la même langue que lui, et qui ne révèle pas pour autant ses secrets les plus cachés...
- une grincheuse sympa et non une mère abusive, qui s'adapte instantanément aux différents états de la route (notamment les routes barrées du Québec!), et qui n'attend pas qu'on la programme pour trouver le chemin !!!
= le tout évidemment, complètement vert, recyclable ou encore mieux inusable tout en s'adaptant aux évolutions futures.
Peut-être que je vivrais assez longtemps pour voir ces bouleversements technologiques même si je ne suis pas sûre de pouvoir en profiter directement. Il faut tout de même que je songe à déposer un brevet de... propositions. En même temps, j'ai entendu aux infos ce matin que Richard Branson avait comme projet pour 2014, de nous permettre de rejoindre l'Australie à partir des États-Unis en... 1h30. C'est le début de la télé-transportation (est-ce que cela exclura tout soubresaut aériens ?) !
Je pense qu'il y a encore une invention à inventer :
- un dentiste qui peut directement travailler sur la dent sans passer par votre bouche... Tomorrow will be a better world...

vendredi 14 février 2014

Avril 2013 : la visite des cousins


En Avril ne te découvre pas d'un fil... mais seulement en France (aux vacances de printemps il aura encore neigé à Lyon) car ici il fait beau, même très beau. Nous allons pouvoir faire profiter de ce beau temps à mon frère et de sa famille qui nous rendent visite. Retrouver des Français de France, et de sur-crois la famille, est un bonheur immense : nous retrouvons nos codes, nos repères, notre âge... mais nous réalisons aussi combien il est bien commode de comprendre l'Anglais ! Lorsque mes neveux le souhaitent nous échangeons en anglais. Flore et moi jouons souvent les traductrices. Notre mission : leur donner envie de travailler leur anglais. J'espère que nous y serons arrivées sans les décourager car la route est longue et semée d’embauches : faux frère, tournures de phrases un peu détournées, sentiment de régression, honte de réaliser ses erreurs... J’ai essayé de trouver des livres qui pourraient les intéresser pour poursuivre leur démarche en revenant en France. Mais il y a une contradiction quand on apprend une langue étrangère, qu’il est très difficile de contourner : soit ils sont trop grands pour s’intéresser à une littérature accessible, soit ce qui les intéresse est inaccessible par rapport au niveau de langue. C’est un vrai casse-tête. Je trouve pourtant une revue sur la mode et la musique, peu prolixe et une autre sur les animaux terrifiants dans laquelle le choc des photos peut atténuer le poids des mots ! Là encore, je voudrais déposer un brevet : littérature jeunesse ou adulte en langue étrangère accessible.
Mon frère nous aura rapporté dans ses bagages le journal professionnel dans lequel j'ai coordonné un dossier. Le rendu est de qualité, il y a de quoi être fier. Je réalise à quel point aujourd'hui, les distances ne sont plus des entraves à la poursuite d'un travail collectif entre collègues qui habitent à des milliers de kilomètres. Bien belle réalisation...

Que d'eau, que d'eau...
Avec leur venue, nous allons en profiter pour faire des visites réservées à nos invités. Ce sera les Chute du Niagara : du haut de ces chutes, 2800 m3/s d'eau vous submerge ! Il y a les chutes et puis plus rien autour. Même pour longer le lac, ce n'est pas passionnant car la route n'est pas panoramique et les routes qui mènent au lac sont souvent privées (No trepasing = ne pas venir mourir sur ma propriété !!!). 7 heures de route à l'aller pour une demi-journée aux chutes : c'est cher payé, mais en même temps, il n'y a pas de mots pour décrire la beauté du paysage, l'ampleur de l'impression, la grandeur de la chute : voire les chutes et mourir... D'ailleurs pour le retour, c'est assez mortel ! En effet, la route sera aussi longue, et la traversée de l'État de New York par son centre est interminable et ennuyeuse. Pour ne pas avoir l'impression de n'avoir fait que les chutes pour tout un week end, nous décidons de faire une incursion au pays Amish et dans une chocolaterie (à deux heures de chez nous!). Sur notre route, la forêt domine comme souvent dans ce pays, mais elle semble en mauvais état, comme si l'hiver l'avait figée dans un éternel manteau sombre et dégarni. Les rares villages que nous traversons me paraissent figurer la tristesse de l'isolement. Il nous est arrivé de rouler une heure sans avoir d'indication sur âme qui vive. Nous sommes inquiets pour notre couchage, non prévu pour la deuxième nuit, et pour notre repas du soir. L'auberge rouge me traverse l'esprit... C'est pourquoi, lorsque nous serons arrivés à Mansfield, après avoir emprunté des chemins de traverse, à peine goudronnés, et qui semblent menés nulle part (c'est pourquoi nous ferrons demi-tour : tous les chemins ne mènent pas à Rome, surtout ici!!!), nous nous arrêterons pour manger à… 17h. L'auberge se révèlera excellente, comme quoi le bout du monde peut réserver bien des trésors!

A mon retour à Hagerstown, au cours de l'une de mes nombreuses visites au dentiste, une assistante me dira qu'il existe une réserve indienne à côté des chutes. J'aurai du lui demander plus tôt ! Mais l'inconvénient chez ce dentiste, c'est qu'il est rare de tomber deux fois sur la même assistante. Par contre, lorsque la chance nous permet de retrouver une figure familière dans ce paysage aseptisé, elle se rappelle invariablement de moi (et de Flore). Sans doute à cause de l'accent, ou peut-être de mon excessive anxiété ! Il suffit que je m'allonge sur la fauteuil pour que tout mon corps se raidisse, et que mon cœur se ralentisse. C'est sans doute pour cela que l'assistante me parle et c'est ainsi que nous évoquerons les chutes du Niagara. Je suis devenue une experte pour parler la bouche grande ouverte. De même, quand je suis anxieuse, je fixe mon regard sur le plafond. Et je dois admettre que celui-ci ressemble étrangement à celui de mon dentiste en France : peu avenant. Je pense qu'ils devraient songer à illuminer leur plafond pour mieux détendre leurs patients, peut-être pourquoi pas avec des cartes routières et des sites touristiques (brevet déposé!).

Dans la vie il n'y a pas que les dentistes ! Nous avons visité un village Amish sur notre retour des chutes. Vous le croirez si vous voulez, mais ce que j'ai surtout retenu c'est que lorsqu'ils ont des soins dentaires à faire, comme ils ne croient pas au système d'assurance sociale, ils payent eux-même leurs soins, y compris pour l'orthodontiste. Mes idées fixes ont la dent dure...
Aux pays des Amishs, c'est plein de vieilles choses, sauf qu'elles sont neuves ! J'ai appris que ce qu'ils refusaient surtout ce n'est pas tant la modernité que d'être reliés aux autres qui ne partagent pas leurs croyances. C'est pourquoi, ils refusent l'électricité car les fils sont reliés, mais ils ont des machines à laver, des frigos, des fer à repasser... qu'ils font marcher avec de l'air comprimé ou du gaz. Ils ne vont plus à l'école après la quatrième et apprennent leur métier sous forme d'apprentissage. Ils peuvent décider de se faire baptiser lorsqu'ils ont une vingtaine d'années, mais avant cela, ils peuvent aller goûter aux fruits défendus afin de se faire leur propre opinion (je ne sais pas pour autant si une fois nourri au grain on peut si facilement passer à l'avoine!!!). Les filles lorsqu'elle sont autorisées par leur père à montrer qu'elles sont disponibles pour le mariage portent une robe d'une certaine couleur ce qui les rendent reconnaissables et les garçons de leur côté ne portent pas la barbe. Mistic pourrait s'en inspirer !
C'est un peu étrange de vouloir visiter cette communauté qui n'a rien demandé à personne et qui préfère vivre repliée sur elle-même. C'est pourquoi, la visite de ce village, qui n'est qu'une reconstitution et qui est animé par des Anglais (c'est ainsi que sont appelés les Américains par les Amishs), est parfaite. J'aurais eu quelques scrupules à jouer les voyeuristes !



Buggy Amish
La chocolaterie
La chocolaterie : si les Américains n'ont pas l'art du chocolat (celui-ci nous donnera l'impression de ressembler au chocolat à cuisiner en France), ils ont par contre l'art de l'emballage. La fausse usine à visiter est comme un parc d'attraction : on fait la visite dans un tunnel à l'aide d'un petit train qui se tourne aux endroits où il nous faut regarder, on peut faire une dégustation de chocolat (avec un faux professeur!) et on peut fabriquer soi-même une barre de chocolat (la partie gustative sera d'égale qualité, mais quel régal de voir réaliser sa propre barre de chocolat, avec une boite costomisée !). A côté de cette fausse usine, ils ont aussi installé un parc d'attraction avec des vrais manèges, un parc aquatique avec des vrais piscines, et le village tout entier est au nom de la marque de chocolat. Tout le monde y prend plaisir et cela donne vraiment envie de revenir. La prochaine fois, j’emmènerai du chocolat de France... que je dégusterai sur place !!!
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