Aujourd’hui,
c'est la fête des mères aux États-Unis. Évidemment, les magasins
en font un gros évènement (commercial). Mais en en parlant autour
de moi, les Américains sont plutôt enclins ce jour-là
à recevoir la famille pour un repas, finalement un peu comme en
France. La fête des mères
semble partager par beaucoup de nations, mais ne se fête pas à la
même date. En France ce sera plus tard, mais je ne serai pas encore
rentrée en France, sinon, j'aurai pu avoir deux fête des mères.
Dommage ! En même temps aujourd'hui, c'est aussi mon
anniversaire. Peut-on parler alors d'un jour important ? Mon
anniversaire a longtemps coïncidé pour moi aux moments
des révisions pour le Bac, puis pour chaque examen universitaire.
Alors, je ne l'ai pas beaucoup fêté. Je n'aime pas non plus cette
forme d’hypocrisie qui peut se cacher derrière les fêtes à date
fixe : ce jour-là
est une trêve à tous les ressentiments. Eh
bien
moi, il y a des gens à qui je n'ai pas envie de fêter
l'anniversaire, tandis que d'autres, j'ai envie de leur fêter tous
les jours... Je me reconnais assez bien dans la doctrine du lapin
d'Alice au pays des merveilles : « joyeux non
anniversaire ». Et puis, après tout, l'anniversaire est une
date sur laquelle nous avons peu de prises (c'est indépendant de nos
actions), cela nous rappelle aussi un peu plus tous les ans notre
vieillissement et la finitude du monde (c'est peut-être d'ailleurs
une raison pour laquelle on le fête, pour se prémunir de l'angoisse
du temps qui passe !). Je préfère quant à moi, fêter
d'autres évènements qui ont plus d'importance à mon sens :
l'arrivée du printemps par la floraison, les bébés dans leur nid
ou terrier, le beau temps retrouvé (finalement, je pense que
l'hiver n'existe que pour nous faire encore plus apprécier le
printemps), la fin d'une guerre quelque part dans le monde, la
réussite d'un projet qui nous est cher, l'accord entre des pays pour
trouver des solutions pour l'environnement, les retrouvailles avec la
famille, les amis après un long temps de séparation (pour moi, cela
va faire 11 mois que nous ne sommes pas rentrées en France ; je
n'ose même pas imaginer quelle a été la joie de ceux qui se sont
retrouvés après une séparation non volontaire)... Mais voilà,
maintenant, j'habite les USA et je suis plutôt intégrée à la vie
locale. La meilleure preuve ? Je viens de recevoir deux cartes
postales me fêtant mon anniversaire : l'un de mon dentiste,
l'autre de la Human
Society
(avec deux petits mots écrits à la main : de Kim d'abord la
coordinatrice des volontaires « Coleen,
so good to have you with us ! I hope you have a great birthday »
et un autre : « from
all your friends at the Human society »).
J'avoue que je suis touchée, d'autant que j'ai l'impression que
c'est moi qui leur doit quelque chose ! Les Américains ont le
sens des anniversaires ! Beaucoup d'entreprises donne un jour de
congé à cette occasion (il est vrai que les congés sont rares,
alors un jour de plus cela compte!). Plus que le rappel de mon
anniversaire, c'est le sentiment d'intégration qui me touche le
plus.
Mais je sais aussi que je reste une expat. D’ailleurs,
j’ai eu envie d’en savoir plus sur notre communauté, qui bien
qu’elle me soit proche, m’est encore à bien des égards
éloignée. C’est à la fois une communauté, mais aussi un groupe
très disparate. Les expat ne constitue pas une communauté
parfaitement homogène, mais il semble que nous partageons néanmoins
quelques caractéristiques au-delà de nos cultures respectives. Des
personnes plutôt ouvertes aux autres (on a intérêt si l'on veut
que les autres soient aussi ouverts à nous), ce qui les situe dans
des catégories politiques de centre gauche (car en même temps, ils
partagent des conditions de vie plutôt confortable). Lors des
élections Américaines en novembre 2012, il semble que nous
partagions tous le même élan pour le futur président Américain.
Intéressés pas les voyages, les découvertes, chaque famille tente
de profiter au maximum de son intégration dans ce nouveau pays
(enrichissement culturel, découverte de nouveaux horizons...). Nous
sommes aussi tous très attachés à nos pays respectifs.
Les
conjoints d'expats ne sont plus psychologue, professeur, infirmière,
graphiste, nutritionniste... ce ne sont plus que des conjoints
d'expat, des desperate
housewifes ou househusband,
des femmes ou hommes au foyer... Untel a dû
laisser un poste chèrement acquis dans son pays, un autre a perdu
son réseau professionnel si minutieusement construit, un autre
encore ne jouira plus d'un statut privilégié à l'Université... La
situation nous fait changer de statut social et sans doute personnel.
Je rêve beaucoup de mon travail sous toutes ses formes, les relations
professionnelles sont réinterrogées, les expériences passées
resurgissent comme pour mieux régler quelques comptes non élaborés,
de nouveaux scenarii
sont envisagés... Le rêve entretient la réalité vivante et vient
l'actualiser sans doute aux mêmes heures où je devrais travailler
si j'étais en France. Mon esprit ne s'est pas libéré des chaînes
d'hier, peut-être parce que ces chaînes sont les maillons d'une
longue histoire.
De
la même manière nous n'avons plus 30, 40 ou 50 ans, les expat sont
sans âge. We
are all in the same boat,
l'âge n'est plus un critère distinctif de génération. Les expat
forme une communauté, ils ont même leur site internet, leurs bons
plans, les mêmes besoins...
Par
contre, ce n'est pas parce que l'on fait partie de la même
communauté, que d'emblée nous partageons des affinités. Les
difficultés liées à la situation peuvent nous rapprocher pour un
temps, mais il y a aussi un temps qui suit, pour réaliser avec qui
nous avons le plus de points communs, avec qui nous avons envie de
faire un petit bout de chemin ensemble. Entre les premieres
personnes rencontrées, et celles que maintenant je prends plaisir à
voir souvent, il y a souvent des différences. Les deux personnes
expat avec lesquelles je partage le plus de choses aujourd'hui, sont
Allemande et Brésilienne. Le temps nous fait apprécier les
personnes en fonction de leurs qualités, de nos points communs et
non en fonction de leur proximité...
Je
vérifie encore ici combien l'origine des personnes n'a rien à voir
avec ce qu'elles sont réellement.
Il faut faire la chasse aux idées reçues, aux stéréotypies, aux
opinions trop tranchées sur l'autre. Peut-être que l'être humain a
un très fort besoin d'appartenance, de reconnaissance, pour mieux
savoir qui il est. Peut-être aussi qu'il est plus facile de juger
l'autre que de se juger soi-même. C'est pourquoi, nous utilisons ces
savoirs pré-emballés sur les autres cultures pour mieux nous
différentier, nous reconnaître, et ne pas trop nous regarder en
face....
Dans l'idée de mieux connaître les autres expats dans
leurs singularités, je me suis intéressée à leur pays d'origine à
partir de la comparaison de quelques éléments statistiques.(*)
(*)
informations recueillies
avec les sites suivants :
Selon, les sources les
statistiques peuvent varier, c'est pourquoi, je préfère préciser
mes sources.
nb
d'hab superficie densité hab/km
PIB par hab esp
de vie
ind de féc
Allemagne
81 843 743 357
138 km2 229.17
41 168 $ 78.95
ans 1.4
enf/fem
Espagne 47
265 321 505
992 93.81
28 976 $ 81.48 1.43
France 63
703 191 551 695 115.47
44 400$ 81.75 2
Suède 9
276 509 449
964 20.62
47 934$ 80.87 1.67
Brésil 205
716 890 8
511 965 24.1
11 800$ 72.79 1.82
Colombie 45
239 079 1
138 910 39.7
10 100$ 74.79 2.12
Mexique 114
975 406 1
972 550 58.3
15 10 $ 76.66 2.27
USA 314
192 965 9
631 420 32.6
48 100$ 78.49 2.06
Je pense que ces quelques indications peuvent déjà
suffire à se représenter que nos sociétés ont évolué avec des
perspectives différentes et que cela n'est pas sans incidences sur
la manière de vivre. L'Allemagne à une densité importante, il faut
bien de l'ordre pour que tout cela s'organise sans désagrément pour
les autres ; l'Espagne a un plus petit PIB, il faut bien
compenser en faisant la fête ; la France fait rêver avec son
espérance de vie, sans doute dû à son art de vivre ; la Suède
avec une faible densité peut prendre toute la place ; le
Brésil qui représente la moitié de la population de l'Amérique du
Sud, peut bien continuer à ne parler que portugais ; la
Colombie devrait rechercher la colombe de la paix ; le Mexique
avec son taux de fécondité a encore de beaux jours devant lui ;
les USA peuvent être envié pour leur PIB !!!
Mais il faut aussi se montrer prudent, car les
statistiques brutes sont trompeuses. Le pays qui a le plus haut PIB
par habitant est... le Luxembourg ! Suivi par : le Qatar.
Tandis que le pays qui produit le plus de richesse (PIB total) est
les USA ! Le pays en 2012 qui a l'espérance de vie la plus
forte est Monaco avec 90 ans (comme quoi tout s'achète
finalement!!!). Et tandis que le taux de fécondité est le plus fort
au Niger (7.52), il est le plus bas au... Vatican (0)!!! Les
statistiques ne renseignent toutefois pas sur les pays où il fait vraiment bon
vivre !
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