Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 14 mars 2014

le joli mois de mai, et les statistiques


Aujourd’hui, c'est la fête des mères aux États-Unis. Évidemment, les magasins en font un gros évènement (commercial). Mais en en parlant autour de moi, les Américains sont plutôt enclins ce jour-là à recevoir la famille pour un repas, finalement un peu comme en France. La fête des mères semble partager par beaucoup de nations, mais ne se fête pas à la même date. En France ce sera plus tard, mais je ne serai pas encore rentrée en France, sinon, j'aurai pu avoir deux fête des mères. Dommage ! En même temps aujourd'hui, c'est aussi mon anniversaire. Peut-on parler alors d'un jour important ? Mon anniversaire a longtemps coïncidé pour moi aux moments des révisions pour le Bac, puis pour chaque examen universitaire. Alors, je ne l'ai pas beaucoup fêté. Je n'aime pas non plus cette forme d’hypocrisie qui peut se cacher derrière les fêtes à date fixe : ce jour-là est une trêve à tous les ressentiments. Eh bien moi, il y a des gens à qui je n'ai pas envie de fêter l'anniversaire, tandis que d'autres, j'ai envie de leur fêter tous les jours... Je me reconnais assez bien dans la doctrine du lapin d'Alice au pays des merveilles : « joyeux non anniversaire ». Et puis, après tout, l'anniversaire est une date sur laquelle nous avons peu de prises (c'est indépendant de nos actions), cela nous rappelle aussi un peu plus tous les ans notre vieillissement et la finitude du monde (c'est peut-être d'ailleurs une raison pour laquelle on le fête, pour se prémunir de l'angoisse du temps qui passe !). Je préfère quant à moi, fêter d'autres évènements qui ont plus d'importance à mon sens : l'arrivée du printemps par la floraison, les bébés dans leur nid ou terrier, le beau temps retrouvé (finalement, je pense que l'hiver n'existe que pour nous faire encore plus apprécier le printemps), la fin d'une guerre quelque part dans le monde, la réussite d'un projet qui nous est cher, l'accord entre des pays pour trouver des solutions pour l'environnement, les retrouvailles avec la famille, les amis après un long temps de séparation (pour moi, cela va faire 11 mois que nous ne sommes pas rentrées en France ; je n'ose même pas imaginer quelle a été la joie de ceux qui se sont retrouvés après une séparation non volontaire)... Mais voilà, maintenant, j'habite les USA et je suis plutôt intégrée à la vie locale. La meilleure preuve ? Je viens de recevoir deux cartes postales me fêtant mon anniversaire : l'un de mon dentiste, l'autre de la Human Society (avec deux petits mots écrits à la main : de Kim d'abord la coordinatrice des volontaires « Coleen, so good to have you with us ! I hope you have a great birthday » et un autre : « from all your friends at the Human society »). J'avoue que je suis touchée, d'autant que j'ai l'impression que c'est moi qui leur doit quelque chose ! Les Américains ont le sens des anniversaires ! Beaucoup d'entreprises donne un jour de congé à cette occasion (il est vrai que les congés sont rares, alors un jour de plus cela compte!). Plus que le rappel de mon anniversaire, c'est le sentiment d'intégration qui me touche le plus.

Mais je sais aussi que je reste une expat. D’ailleurs, j’ai eu envie d’en savoir plus sur notre communauté, qui bien qu’elle me soit proche, m’est encore à bien des égards éloignée. C’est à la fois une communauté, mais aussi un groupe très disparate. Les expat ne constitue pas une communauté parfaitement homogène, mais il semble que nous partageons néanmoins quelques caractéristiques au-delà de nos cultures respectives. Des personnes plutôt ouvertes aux autres (on a intérêt si l'on veut que les autres soient aussi ouverts à nous), ce qui les situe dans des catégories politiques de centre gauche (car en même temps, ils partagent des conditions de vie plutôt confortable). Lors des élections Américaines en novembre 2012, il semble que nous partagions tous le même élan pour le futur président Américain. Intéressés pas les voyages, les découvertes, chaque famille tente de profiter au maximum de son intégration dans ce nouveau pays (enrichissement culturel, découverte de nouveaux horizons...). Nous sommes aussi tous très attachés à nos pays respectifs.
Les conjoints d'expats ne sont plus psychologue, professeur, infirmière, graphiste, nutritionniste... ce ne sont plus que des conjoints d'expat, des desperate housewifes ou househusband, des femmes ou hommes au foyer... Untel a laisser un poste chèrement acquis dans son pays, un autre a perdu son réseau professionnel si minutieusement construit, un autre encore ne jouira plus d'un statut privilégié à l'Université... La situation nous fait changer de statut social et sans doute personnel. Je rêve beaucoup de mon travail sous toutes ses formes, les relations professionnelles sont réinterrogées, les expériences passées resurgissent comme pour mieux régler quelques comptes non élaborés, de nouveaux scenarii sont envisagés... Le rêve entretient la réalité vivante et vient l'actualiser sans doute aux mêmes heures où je devrais travailler si j'étais en France. Mon esprit ne s'est pas libéré des chaînes d'hier, peut-être parce que ces chaînes sont les maillons d'une longue histoire.
De la même manière nous n'avons plus 30, 40 ou 50 ans, les expat sont sans âge. We are all in the same boat, l'âge n'est plus un critère distinctif de génération. Les expat forme une communauté, ils ont même leur site internet, leurs bons plans, les mêmes besoins...
Par contre, ce n'est pas parce que l'on fait partie de la même communauté, que d'emblée nous partageons des affinités. Les difficultés liées à la situation peuvent nous rapprocher pour un temps, mais il y a aussi un temps qui suit, pour réaliser avec qui nous avons le plus de points communs, avec qui nous avons envie de faire un petit bout de chemin ensemble. Entre les premieres personnes rencontrées, et celles que maintenant je prends plaisir à voir souvent, il y a souvent des différences. Les deux personnes expat avec lesquelles je partage le plus de choses aujourd'hui, sont Allemande et Brésilienne. Le temps nous fait apprécier les personnes en fonction de leurs qualités, de nos points communs et non en fonction de leur proximité... Je vérifie encore ici combien l'origine des personnes n'a rien à voir avec ce qu'elles sont réellement. Il faut faire la chasse aux idées reçues, aux stéréotypies, aux opinions trop tranchées sur l'autre. Peut-être que l'être humain a un très fort besoin d'appartenance, de reconnaissance, pour mieux savoir qui il est. Peut-être aussi qu'il est plus facile de juger l'autre que de se juger soi-même. C'est pourquoi, nous utilisons ces savoirs pré-emballés sur les autres cultures pour mieux nous différentier, nous reconnaître, et ne pas trop nous regarder en face....
Dans l'idée de mieux connaître les autres expats dans leurs singularités, je me suis intéressée à leur pays d'origine à partir de la comparaison de quelques éléments statistiques.(*)
(*) informations recueillies avec les sites suivants :
Selon, les sources les statistiques peuvent varier, c'est pourquoi, je préfère préciser mes sources.

nb d'hab superficie densité hab/km PIB par hab esp de vie ind de féc
Allemagne 81 843 743 357 138 km2 229.17 41 168 $ 78.95 ans 1.4 enf/fem
Espagne 47 265 321 505 992 93.81 28 976 $ 81.48 1.43
France 63 703 191 551 695 115.47 44 400$ 81.75 2
Suède 9 276 509 449 964 20.62 47 934$ 80.87 1.67

Brésil 205 716 890 8 511 965 24.1 11 800$ 72.79 1.82
Colombie 45 239 079 1 138 910 39.7 10 100$ 74.79 2.12
Mexique 114 975 406 1 972 550 58.3 15 10 $ 76.66 2.27

USA 314 192 965 9 631 420 32.6 48 100$ 78.49 2.06

Je pense que ces quelques indications peuvent déjà suffire à se représenter que nos sociétés ont évolué avec des perspectives différentes et que cela n'est pas sans incidences sur la manière de vivre. L'Allemagne à une densité importante, il faut bien de l'ordre pour que tout cela s'organise sans désagrément pour les autres ; l'Espagne a un plus petit PIB, il faut bien compenser en faisant la fête ; la France fait rêver avec son espérance de vie, sans doute dû à son art de vivre ; la Suède avec une faible densité peut prendre toute la place ; le Brésil qui représente la moitié de la population de l'Amérique du Sud, peut bien continuer à ne parler que portugais ; la Colombie devrait rechercher la colombe de la paix ; le Mexique avec son taux de fécondité a encore de beaux jours devant lui ; les USA peuvent être envié pour leur PIB !!!
Mais il faut aussi se montrer prudent, car les statistiques brutes sont trompeuses. Le pays qui a le plus haut PIB par habitant est... le Luxembourg ! Suivi par : le Qatar. Tandis que le pays qui produit le plus de richesse (PIB total) est les USA ! Le pays en 2012 qui a l'espérance de vie la plus forte est Monaco avec 90 ans (comme quoi tout s'achète finalement!!!). Et tandis que le taux de fécondité est le plus fort au Niger (7.52), il est le plus bas au... Vatican (0)!!! Les statistiques ne renseignent toutefois pas sur les pays où il fait vraiment bon vivre !

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