Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 21 mars 2014

le joli mois de mai, made in USA


Lors de notre premier séjour en avril dernier, je m'étais résignée à prendre le meilleur d'Hagerstown, et à laisser de côté les renoncements. L'un de ces renoncements, c'est la richesse de la vie culturelle. Pour les spectacles à la maison des spectacles de Hagerstown, il y a les renoncements, mais aussi des belles surprises. Pour l'instant, nous avons été voir The Nutcraker pour Noël, du gospel et un spectacle de magie. Après ces quelles que fois, je peux dire que le sentiment est mitigé. Pour Flore, aucun spectacle ne l'a intéressée. Elle n'aime pas la musique classique, le gospel était trop fort, elle n'a pas trouvé le spectacle de magie particulièrement transcendant ! Je crois que les spectacles, ce n'est pas son truc ! En ce qui me concerne, le spectacle du Nutcraker, était certes local, mais cela reste le Nutcraker ! Nous étions un peu près pour le Gospel et en effet, c'était un peu fort (c'est un comble pour une fois que nous étions bien placées! J'ai aussi trouvé personnellement que c'était trop religieux) ; pour le spectacle de Magie, sans être l'attendu d'un spectacle de las Vegas, c'était néanmoins de qualité et drôle. Par contre, récemment, nous avons rencontré deux jeunes filles lors d'un anniversaire, qui se trouvent avoir participées au spectacle du Nutcraker. Cela nous a donné l'impression de connaître les artistes. Et bien voilà, c'est cela la magie de Hagerstown : les spectacles ne sont peut-être pas du niveau de ceux à Times Square (NYC) mais au moins ici, on connaît les vedettes... Et puis, il y a eu aussi l'exposition des œuvres d'art des enfants des écoles du County au musée d'art de Hagerstown. Flore a eu une de ses œuvres de retenue! Et puis encore, la parade d'octobre, où nous avons défilé de l'intérieur avec le groupe de gym de Flore. C'était drôle les jours suivants de croiser des gens qui nous reconnaissaient...  Remember, every cloud has a silver lining.

Je m’intègre à cette nouvelle vie, à ce nouvel environnement social, mais je n'oublie mes anciens camarades de régiment. Le blog est une manière de les tenir au courant. Mais je leur envoie aussi régulièrement des nouvelles du front, des photos... Il y a des personnes avec qui je n'ai jamais été autant en contact. Il y a vraiment des distances qui rapprochent. En anglais, il existe une expression qui dit : « Distances, make the heart grow fonder », alors qu'en France on aurait tendance à dire « Loin des yeux, loin du cœur ». Je préfère la version Américaine, alors je vous propose une nouvelle expression : « loin du corps, près du cœur », histoire de brouiller un peu plus les pistes des non francophones... J'envoie donc régulièrement des mails collectifs. Je m'amuse à observer les réponses qui m'arrivent. Il y a :
- les premiers arrivés, premiers servis. Leur expérience des cantines Françaises a dû les marquer.
Caractéristiques : mails succincts, toujours chaleureux.
Je pense que ces amis et collègues ont en tête qu'un mail répondu est un mail qui n'est plus à faire. Et il vrai que cela gagne beaucoup d'énergie mentale. Dans un temps ou je n'avais pas le temps, je tentais de répondre assez vite, mais je négligeais un peu quelques mails moins importants que je conservais néanmoins en tête, jusqu'à ce que je les ai traités. Et dans ces cas, je ne cessais de penser à répondre, ce qui était finalement assez coûteux.
- les diesels au démarrage, mais un moteur qui dure longtemps.
Caractéristiques : mails généreux qui prennent le temps d'une réponse approfondie.
- il y a ceux qui ont une réponse épisodique, quand ils ont un peu plus d'une minute devant eux, et je me souviens d'avoir été dans cette situation. Leur réponse en pointillé, volée sur un temps compté, est tout aussi précieuse.
- il y ceux qui ne répondent pas, sans doute agacés par encore des mails à traités. Je ne les blâme pas, je me souviens d'une époque où les mails étaient plus des corvées que des moments de plaisir.
Les mails collectifs deviendront plus ciblés, car je ne veux pas les embarrasser avec des nouvelles qu'ils n'ont pas demandées.

Comme je l’ai déjà évoqué, nous en sommes arrivés à un stade ou les deux langues que nous parlons au quotidien se chevauchent. Kris m'explique qu'au boulot cela lui arrive souvent de glisser un mot français dans la conversation ; personnellement, j'ai déjà réalisé qu'avec des amies proches, mais non francophones, j'ai tendance à spontanément leur parler français (et mon amie Allemande me dira que cela lui arrive aussi en allemand) : notre langue maternelle nous retiens et s'invite dans les échanges affectifs. Par contre, lorsque je m'exprime en français, quand la famille était là, les mots en français me manquent et je les trouve en anglais plus facilement, ce qui donne à mon interlocuteur une étrange sensation de snobisme (à la Jean-Claude V.) qui, je vous l'assure, n'est pas une réalité. Mais les mots commencent à nous manquer dans notre propre langue, et comme nous sommes sans doute un peu fainéants, nous préférons prendre le mot dans la langue... où il arrive !!!

Le fait de ne pas parler parfaitement la langue a au moins un avantage : celle d'éviter les situations de confrontations verbales. Par contre, autour de moi, j'observe que les Américains ne sont pas moins en reste qu'en France. J'avais l'impression jusqu’à là d'échapper à ces discussions stériles sur la confrontation de deux positions opposées... Avec Flore, nous avons participé à un événement sur l'adoption d'animaux. Les deux personnes responsables de la HS qui étaient présentes, ne s'entendaient pas et le faisaient savoir. On aurait dit un chien et un chat. Heureusement, cela n'a pas eu de conséquences sur le nombre d'adoptions qui a été très important.
J'ai envie de partager que le bon et de laisser suspendu ce qui peut créer des désagréments dans les relations. Notre vie Américaine est trop courte pour nous laisser prendre dans des enjeux de rivalité, de pouvoir, de jalousie... qui il faut bien l'avouer se partage dans tous les pays. Au moins là, on peut être sur d'être sur la même longueur d'onde...

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