Afin, nous avons un WE prolongé en mai : celui de
Mémorial day, le lundi 27 mai. Beaucoup, en profitent pour rejoindre
l'Atlantique, pour visiter les alentours. Les routes doivent être
chargées, les hôtels encombrés. Nous avons décidé de rester à
Hagerstown. De toute façon avec le programme de cet été, nous
n'allons pas manquer de découvertes. Ce sera alors le WE des
invitations. D'abord, le vendredi soir, au restaurant avec un couple
de nos voisins. Nous allons encore pouvoir vérifier leur sincère
entraide. C'est en même temps l'occasion de mieux connaître
l'origine de notre lotissement, les relations dans le voisinage. Les
relations sont cordiales mais sans approfondissement (sauf avec …
nous). Le lendemain, ce sont d'autres voisins un peu plus loin qui
nous invitent à un BBQ. Leur fils est dans la classe de Flore, c'est
comme cela que nous les connaissons et que régulièrement nous
partageons des activités. Mais en même temps sur mon portable, j'ai
un message d'invitation pour un goûter le même jour. Les deux
familles se connaissent, nous pourrons aller au deux (en évitant de
manger à midi pour ne pas surcharger l'estomac). Le lendemain, c'est
nous qui invitons tous les expat français qui travaillent dans la
compagnie de Kris. Cela fait seulement trois familles (sans nous
compter). La communauté française est réduite ici. Et cela tombe
bien car je ne suis pas désireuse de rester seulement avec des
compatriotes, j'aime au contraire rencontrer des gens d'autres
nations. Nous évoquerons les différences entre la France et les
USA, notamment ce qui nous manquera d'ici à notre retour en France
(un couple va bientôt rentrer) : la confiance et le respect,
les journées très ensoleillées, la vie moins stressante (nous
quitterons une petite ville pour rentrer dans une grosse
agglomération).
Le jour de Memorial day, c'est l'anniversaire de mon
amie Allemande. Elle nous a invité après notre traditionnelle
marche du mardi pour prendre un café et manger le gâteau. Je tiens
à lui offrir des fleurs. Mais ce jour-là, tout n'est que bleu,
blanc, rouge, aux couleurs de la nation. Et même si cela pourrait
être aussi mes couleurs, ce ne sont pas les siennes. Alors, je
rajoute une jaune et une orange et j'aurai pris soin d'enlever le
petit drapeau Américain, pour faire moins patriotique...
J'ai enfin réussi à trouver mon « fraise au
champ », ce sont ces fermes dans lesquelles l'on ramasse ses
propres fraises. Ce n'est pas tant le plaisir de la cueillette, que
le plaisir de manger des fraises qui ont du goût et en grande
quantité qui me fait apprécier cette forme de ferme. Il y en a même
plusieurs tout près de chez moi (mais impossibles à trouver sans
aide et internet pour ce type de besoin n'est pas le meilleur moyen :
j'en ai trouvé en effet beaucoup, mais pas du tout à côté de chez
moi). A force d'en parler à tout le monde, mes voisins nous ont
proposé de les accompagner dans leur ramassage. Et lorsque j'en ai
parlé à la communauté d'expat, d'autres m'ont fait découvrir de
nouveaux endroits : c'est le principe de la multiplication des
pains... J'avais cette habitude depuis trois, quatre ans en France
et j'avoue que j'espérai bien trouver l'équivalent ici. Question
équivalence, cela s'arrête à la cueillette par soi-même. En
effet, alors qu'en France vous vous retrouver sur un vaste terrain
qu'il vous faut arpenter à pied, déjà investit par de nombreuses
personnes, sans trop savoir où vous rendre, dans un parfait :
chacun pour soi, voir même « si je peux induire l'autre en
erreur cela me laissera plus de chance pour avoir les meilleurs
emplacements » ; ici vous êtes conduit personnellement et
parfois en voiture par une personne qui vous indique votre
emplacement en fonction de ce qui a déjà été ramassé, de ce qui
est mûr, et il vous faut à votre tour placer le petit drapeau à la
fin de votre ramassage pour indiquer aux suivants à quel endroit il
reste des fruits murs, dans une parfaite organisation bien rodée. Il
y a même un répondeur qui vous indique quand ils sont ouverts en
fonction de l'avancée du ramassage, de la maturité des fruits. Mais
peu importe la manière, ce qui compte c'est que dans chacun des
pays, les fraises soient délicieuses...
De
toute façon, je vais pouvoir peut-être pouvoir comparer les goûts,
car nos billets pour notre retour en France sont pris. Il ne nous
reste plus qu'à compter les jours. Je donne les dates à notre
famille et les amis qui s'empressent de nous proposer des dates pour
se voir. Le challenge : faire tenir tout le monde en moins d'un
mois ! j'ai
tellement envie de voir tout le monde, que je ferai bien une grande
fête avec tous mes amis du 9 juin au 4 juillet sans interruption...
Bon en même temps, je pense qu'au bout de quelques jours, cela
risquerait d'être too
much.
J'ai en même temps peur que rien n'est changé en France : les
mêmes soirées, avec les mêmes personnes, les mêmes discussions,
mêmes petits agacements... Je ne veux pas non plus les envahir avec
notre vie ici, ou simplement avec l'expérience qui nous transforme,
nous questionne, nous fait aller chercher des ressources internes qui
se cachent... et que nous sommes les seuls à vivre ! Et puis,
je sais aussi que la vie ici va me manquer, nos nouveaux amis, le
beau temps, la vie moins stressante, la tondeuse... « quand
reverrai-je mon petit village, et en quelle saison ? »