Lors de notre premier séjour en avril dernier, je
m'étais résignée à prendre le meilleur d'Hagerstown, et à
laisser de côté les renoncements. L'un de ces renoncements, c'est
la richesse de la vie culturelle. Pour les spectacles à la maison
des spectacles de Hagerstown, il y a les renoncements, mais aussi des
belles surprises. Pour l'instant, nous avons été voir The
Nutcraker pour Noël, du gospel et un spectacle de magie.
Après ces quelles que fois, je peux dire que le sentiment est
mitigé. Pour Flore, aucun spectacle ne l'a intéressée. Elle n'aime
pas la musique classique, le gospel était trop fort, elle n'a pas
trouvé le spectacle de magie particulièrement transcendant !
Je crois que les spectacles, ce n'est pas son truc ! En ce qui
me concerne, le spectacle du Nutcraker, était certes
local, mais cela reste le Nutcraker ! Nous étions
un peu près pour le Gospel et en effet, c'était un peu fort (c'est
un comble pour une fois que nous étions bien placées! J'ai aussi
trouvé personnellement que c'était trop religieux) ; pour le
spectacle de Magie, sans être l'attendu d'un spectacle de las Vegas,
c'était néanmoins de qualité et drôle. Par contre, récemment,
nous avons rencontré deux jeunes filles lors d'un anniversaire, qui
se trouvent avoir participées au spectacle du Nutcraker.
Cela nous a donné l'impression de connaître les artistes. Et bien
voilà, c'est cela la magie de Hagerstown : les spectacles ne
sont peut-être pas du niveau de ceux à Times Square (NYC) mais au
moins ici, on connaît les vedettes... Et puis, il y a eu aussi l'exposition des œuvres d'art des enfants des écoles du County au musée d'art de Hagerstown. Flore a eu une de ses œuvres de retenue! Et puis encore, la parade d'octobre, où nous avons défilé de l'intérieur avec le groupe de gym de Flore. C'était drôle les jours suivants de croiser des gens qui nous reconnaissaient... Remember, every
cloud has a silver lining.
Je
m’intègre à cette nouvelle vie, à ce nouvel environnement
social, mais je n'oublie mes anciens camarades de régiment. Le blog
est une manière de les tenir au courant. Mais je leur envoie aussi
régulièrement des nouvelles du front, des photos... Il y a des
personnes avec qui je n'ai jamais été autant en contact. Il y a
vraiment des distances qui rapprochent. En anglais, il existe une
expression qui dit : « Distances,
make the heart grow fonder »,
alors qu'en France on aurait tendance à dire « Loin des yeux,
loin du cœur ». Je préfère la version Américaine, alors je
vous propose une nouvelle expression : « loin du corps,
près du cœur », histoire de brouiller un peu plus les pistes
des non francophones... J'envoie donc régulièrement des mails
collectifs. Je m'amuse à observer les réponses qui m'arrivent. Il y
a :
- les premiers arrivés, premiers servis. Leur
expérience des cantines Françaises a dû les marquer.
Caractéristiques : mails succincts, toujours
chaleureux.
Je pense que ces amis et collègues ont en tête qu'un
mail répondu est un mail qui n'est plus à faire. Et il vrai que
cela gagne beaucoup d'énergie mentale. Dans un temps ou je n'avais
pas le temps, je tentais de répondre assez vite, mais je négligeais
un peu quelques mails moins importants que je conservais néanmoins
en tête, jusqu'à ce que je les ai traités. Et dans ces cas, je ne
cessais de penser à répondre, ce qui était finalement assez
coûteux.
- les diesels au démarrage, mais un moteur qui dure
longtemps.
Caractéristiques : mails généreux qui prennent
le temps d'une réponse approfondie.
- il y a ceux qui ont une réponse épisodique, quand
ils ont un peu plus d'une minute devant eux, et je me souviens
d'avoir été dans cette situation. Leur réponse en pointillé,
volée sur un temps compté, est tout aussi précieuse.
- il y ceux qui ne répondent pas, sans doute agacés
par encore des mails à traités. Je ne les blâme pas, je me
souviens d'une époque où les mails étaient plus des corvées que
des moments de plaisir.
Les
mails collectifs deviendront plus ciblés, car je ne veux pas les
embarrasser avec des nouvelles qu'ils n'ont pas demandées.
Comme je l’ai déjà évoqué, nous en sommes arrivés
à un stade ou les deux langues que nous parlons au quotidien se
chevauchent. Kris m'explique qu'au boulot cela lui arrive souvent de
glisser un mot français dans la conversation ; personnellement,
j'ai déjà réalisé qu'avec des amies proches, mais non
francophones, j'ai tendance à spontanément leur parler français
(et mon amie Allemande me dira que cela lui arrive aussi en
allemand) : notre langue maternelle nous retiens et s'invite
dans les échanges affectifs. Par contre, lorsque je m'exprime en
français, quand la famille était là, les mots en français me
manquent et je les trouve en anglais plus facilement, ce qui donne à
mon interlocuteur une étrange sensation de snobisme (à la
Jean-Claude V.) qui, je vous l'assure, n'est pas une réalité. Mais
les mots commencent à nous manquer dans notre propre langue, et
comme nous sommes sans doute un peu fainéants, nous préférons
prendre le mot dans la langue... où il arrive !!!
Le fait de ne pas parler parfaitement la langue a au
moins un avantage : celle d'éviter les situations de
confrontations verbales. Par contre, autour de moi, j'observe que les
Américains ne sont pas moins en reste qu'en France. J'avais
l'impression jusqu’à là d'échapper à ces discussions stériles
sur la confrontation de deux positions opposées... Avec Flore, nous
avons participé à un événement sur l'adoption d'animaux. Les deux
personnes responsables de la HS qui étaient présentes, ne
s'entendaient pas et le faisaient savoir. On aurait dit un chien et
un chat. Heureusement, cela n'a pas eu de conséquences sur le nombre
d'adoptions qui a été très important.
J'ai envie de partager que le bon et de laisser suspendu
ce qui peut créer des désagréments dans les relations. Notre vie
Américaine est trop courte pour nous laisser prendre dans des enjeux
de rivalité, de pouvoir, de jalousie... qui il faut bien l'avouer se
partage dans tous les pays. Au moins là, on peut être sur d'être
sur la même longueur d'onde...