Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 17 janvier 2014

9 ème mois : accouchement sans douleur ! (avril 2013)

Rien de tel qu'une semaine de repos après un accouchement toujours éprouvant. Nous sommes partis en Floride, et plus précisément dans le Sud : les Keys = joyaux des USA; les Everglades = la dernière frontière de la vie civilisée; les plages de sables blanc de l'Ouest de la Floride. Je ne sais pas pourquoi, nous sommes toujours très en retard pour préparer nos vacances. C'est pourtant ni le temps qui nous manque aujourd'hui, ni l'envie de partir. Il n'y a aucun intérêt à prévoir ses vacances à la dernière minutes, car les bons plans de dernière minutes, cela ne semble pas exister ici. Préparer ses vacances, c'est aussi la peur de ne pas prévoir des vacances parfaites. Peut-être que les autres pays peuvent nous envier ou nous jalouser nos vacances, mais ils ne réalisent pas à quel point il est compliqué d'organiser chaque fois des vacances parfaites ! Il n'y a rien de plus troublant pour un Français que de ne pas réussir ses vacances. Quel stress alors pour les organiser.
Dans la préparation, nous ne passons plus par les agences de voyage, car on peut tout trouver par internet. Mais lors des réservations, il y a toujours des questions pernicieuses qui s'infiltrent : est-ce qu'il vaudrait mieux voler ou conduire ? Si on vole, avec quelle compagnie, de quel aéroport ? Comment trouver la location de voiture pour un coût raisonnable ? Les hôtels, comment prendre le meilleure au meilleur prix (les sites pour trouver des hôtels à prix très compétitifs ont bien compris nos questionnements existentiels et à chaque fois que vous vous intéresser d'un peu près à un produit, il vous suggère d'aller en voir un autre très prometteur...) ? Faire des comparaisons, prendre l'avis d'autres internautes... Sans compter évidemment sur les questions d'itinéraire, les envies, les renoncements, le calcul des distances... Il s'agit de se projeter, avec un vaste panel d'espoirs et des doutes. Pour les réservations à l'avance par internet c'est toujours comme des pochettes surprise : il y a les espoirs, les attentes, les bonnes et les mauvaises surprises, les déceptions, les vrais miracles. Et bien sur, ce qui compte, c'est de réussir ses vacances. Pas question de rentrer à moitié satisfaits : les vacances s'est parfaitement réussit ou c’est vain...

Avant de partir en vacances, j'ai eu l'impression de devenir une « ordinateur portable addict ». J'avais du mal à penser à autre chose, je n'avais plus envie de sortir, j'étais branchée en permanence. Heureusement, je l’utilise pour plusieurs choses : les mails, le blog, les travaux professionnels, la recherche de documents, l'écriture d'articles, d'éléments plus personnels... Je viens même de mettre mon agenda sur l'ordinateur. Je suis en train de vivre dans un monde virtuel. Je n'aurai jamais cru cela possible un jour. Moi qui ne voulais pas que l'expatriation ne soit qu'une aventure de plus sans apporter de changements conséquents, me voilà servie. Je n'avais pas pensé que cela allait aller dans ce sens. Mais la vie m'a appris à me laisser surprendre... J'ai l'impression de vivre dans une bulle, ce cocon doux qui protège des agressions extérieures (je n'ai pas encore rencontrée d'agression via internet, mais je suis sûre que cela arrivera aussi), qui permet d'être reliés aux autres pour le meilleur et qui laisse tomber le pire... Je me vois prendre plaisir à chercher des fonctions techniques, mais à ma manière sans mode d'emploi, plutôt à l'aveugle (en appuyant sur tous les boutons pour voir ce que cela produit). Il y a quelques années, j'avais lu un livre qui parlait d'un monde devenu invivable car trop pollué, et chacun vivait dans une bulle, connecté aux autres par ordinateur. Il était possible de tout faire avec l'ordinateur, même l'amour. Par contre avec les avatars il n'était pas toujours sur de savoir avec qui... Rappelez vous le rêve de la fin du monde, je crois que je viens de connecter que c'était en lien avec ce livre, sauf qu'à la fin, l'humanité ne mourait pas mais survivait en se repliant dans des bulles... Il est temps que je traite cette addiction... Peut-être par la participation à un groupe pour échanger avec d'autres malades. Comment en trouver un ? Mais bien sur, avec internet. Bon là, je crois que je ne vais pas beaucoup avancer ! 
 
Heureusement, les vacances en Floride arrivent et là je sais que je peux décrocher sans douleur. C'est plutôt Kris qui reste accroché à sa bulle internet. Difficile de le faire apprécier le temps présent, il est sans cesse connecté pour trouver des infos, mais aussi faire partager aux amis nos aventures sur facebook, comme si cela ne pouvait pas attendre. Finalement, c'est un nouveau maillot de bain américanisé, c'est à dire non moulant et long avec des poches, qui aura eu raison de son addiction : l'eau de mer aura été fatale à son portable. Heureusement, il reste la tablette, et accessoirement des cartes pour se repérer. Et puis les amis, attendront pour avoir de nos nouvelles. Le Facebook d'aujourd'hui est en partie l'aboutissement de ce qui l'a précédé, c'est à dire le «devines d'où je t'appelle ? ». En effet, au début des téléphones portables, il y a quelques années en arrière, vous vous rappelez de ces amis qui vous appelaient en pleine journée de travail pour vous demander de deviner d'où ils vous appelaient : généralement d'en haut d'une piste de ski, ou sur une île paradisiaque.

vendredi 10 janvier 2014

8eme mois, Mars 2013 : le dentiste.


Comment ce pays au sommet de la technologie, me donne l'impression d'être resté enfermé dans le siècle dernier de l’électricité, de l'eau et du chauffage. Ils ont dû rater leurs tests au MSA, ceux qui sont en charge de s'occuper de ces domaines ! Ils vont vite pour construire une maison, mais l'arrivée d'eau est placée à un endroit qui inévitablement gèlera en hiver (c'est arrivé à des amis, heureusement pas à nous). Le voltage est bien bas et les prises électriques ressemblent à celles de la maison de vos grands parents quand vous étiez enfant (pour les gens de ma génération, en tout cas). Les fils électriques sont tous à découvert sur les routes (plus faciles à réparer, mais plus vite endommagés aussi) Quant au chauffage, il s'active lorsque la température est trop basse (mais il attend parfois bien longtemps avant de se mettre en route) et c'est une sorte de soufflerie fort désagréable, quand vous êtes comme moi peu enclin aux courants d'air. Cela me rappelle lorsque j'ai passé le BAFA (1) à 19 ans (je vous laisse calculer...). C'était au mois de février. Le chauffage fonctionnait en alternance : soufflerie d'air chaud avec un bruit d'enfer et une chaleur proche de l'été à Hagerstown ; puis, plus rien et les pièces avaient la fâcheuse habitude de se refroidir très vite. Je sens que je vais repasser mon BAFA...
(1) Brevet d'Aptitude aux Fonctions d'Animateur : vous savez ce sont les gentils animateurs des colonies de vacances de vos enfants. Quand vous passez le BAFA vous apprenez à vous occuper d'enfants, mais aussi à à ne plus vous conduire comme un enfant, à vous émanciper de vos parents, à fumer des pétards... Un grand moment d'évolution, et je le dis sans ironie. C'est un peu un rituel de passage, avec ses découvertes, ses renoncements, ses changements d'identité et ses épreuves enfumées. J'ai peur que mes paroles ne changent à jamais votre regard sur les colos, qui pourtant sont des moments d'intenses émotions pour les enfants.

Kris doit passer une semaine en Europe, quelques jours en France, et deux jours en Suède. C'est fou comme la Suède est devenue proche de la France depuis que l'on vit ici... Nous préparons quelques éléments typiquement Américains à rapporter à nos amis. Kris me demande si je veux qu'il me rapporte quelque chose de France. Je n'y avait même pas pensé ! Et même en y pensant très fort, il n'y a rien qui ne me manque vraiment à part peut-être mon dentiste que je connais bien, et que je ne suis pas sûre de pouvoir attendre de voir à notre retour, mais qui sera difficile à rapporter dans les bagages. Peut-être si : du Saumon frais mariné... de Suède. A bien y regarder, je ne vois rien qui me manque au point de le rapporter de France. Bien sur, le chocolat est meilleure, le foie gras plus légal, mais cela ne vaut pas la peine. Même la baguette, nous en avons trouvé une à faire cuire soi-même qui est excellente. Cela devient ridicule de faire le pain soi-même ! Quant aux produits spécifiques, on les trouve facilement sur internet : citro-tonic, huiles essentielles, bougie Hopi (1). Alors, à part le dentiste et le saumon frais mariné, je ne vois rien.
(1) Les indiens Hopis  font partie du groupe amérindien d'Amérique du Nord. Les Hopis vivent dans le nord-est de l'Arizona, dans une région très aride. Est-ce qu'ils sont vraiment à l'origine de la bougie d'oreille (pour nettoyer le conduit auditif) ? C'est une autre histoire.

Si les produits français ne me manquent pas c'est parce que nous avons trouvé ici de très bonnes substitutions : le banana bread, les muffins, the rasberry lemonade sont excellents... Nous n'avons pas encore succombé à la folie des cup cakes. J'avoue que ces petits gâteaux tout colorés, plein de crème, cela ne me tente pas vraiment. Nous y avons quand même goûté, et je dois dire que j'ai du mal à comprendre l'engouement. Je serais plus tentée par des macarons, mais c'est sans doute plus compliqué à faire. Nous en avons de toute façon trouvé ici, comme quoi vous voyez bien que Hagerstown peut devenir une vraie caverne remplie de tous les trésors du monde. J'ai osé en offrir aux maîtresses de Flore pour leur faire goûter les produits français. Nous avons été chaleureusement remerciés, mais je ne suis pas sûre de leur véritable appréciation, la chaleur du remerciement n'est pas toujours proportionnelle à la réalité du sentiment. J'avoue que parfois me manque les accents de sincérité : « c'est mangeable, mais j'en ferais pas une folie ».

Je crois que je ne vais pas pouvoir attendre notre retour en France pour aller voir le dentiste. Depuis quelques jours, j'ai une dent qui me chatouille. Je n'aime pas être malade, je crois que cela est assez répandu. Mais pour moi, c'est un signe de faiblesse : je ne suis pas arrivée à prévenir plutôt que de guérir. Je vais voir le dentiste et autres spécialistes en prévention, je m'immunise contre les maux d'hiver par le citro-tonic et les huiles essentielles, je vais voir un ostéopathe, j'ai une hygiène de vie plutôt anti-maladie : sport et équilibre alimentaire. Alors, tomber malade, me donne un vrai sentiment d'avoir échoué dans ma mission de prévention. Bien sur, quand on est en bonne santé, la prévention est difficile. Cela signifie qu'il ne faut pas attendre les premiers signes d'affaiblissement pour anticiper. Il faut renforcer ses défenses immunitaires, alors même que rien ne vient nous confirmer que nous en avons besoin (sauf un contact rapproché avec des personnes malades, ce qui veut dire que face à toute personne malade on doit avoir un réflexe d'exclusion, ce que j'ai beaucoup de mal à faire). C'est un peu une manière inversée de faire avec sa santé que celle apprise en Occident : on soigne un symptôme, pas une hypothèse ! Mais voilà, je crois que j'ai une infection dentaire. Pour l'instant rien de grave, mais à soigner avant juin. Première étape : se renseigner sur les dentistes recommandables. Je ne sais pas vous, mais moi je ne peux pas aller voir n'importe quel dentiste venu. Il est vrai qu'enfant, j'ai plutôt eu à faire à des boucher-charcutier qu'à des dentistes. Je me souviens d'un dentiste qui me disait que j'étais vraiment une chochotte, et qu'il n'y avait pas lieu de pleurnicher. Et bien moi, j'avais mal et je ne veux plus vivre une telle expérience. Mon dentiste actuel en France est parfait. Il me rassure, à la moindre douleur, il me propose une anesthésie locale, il fait des examens complets pour ne rien laisser au hasard. Bref, j'ai confiance. En plus, nous nous sommes connus dans le milieu de la plongée, on fait parti du même monde. A 6000 km, je ne crois pas qu'il pourra m'aider aujourd’hui ! Mes amis expat m'indique un cabinet dentaire qu'ils consultent eux-mêmes et qui selon eux est très bien (ils sont en plus plusieurs à le recommander). Parfait, première étape réussie !
Deuxième étape : savoir s'il prend notre assurance santé. Les soins pouvant être tellement exorbitants, il vaut mieux s'assurer de cette formalité. On vient justement de changer d'assurance avec l'entreprise. Alors, il faut refaire les démarches auprès de tous les médecins (généralistes, orthodontistes, et dentistes). On comprend mieux la myriade de secrétaires !
Troisième étape : prendre un rendez-vous. Ce n'est pas le plus compliqué : le rendez vous sera pour le lendemain, et la secrétaire s'adresse à moi en m'appelant Coleen. Il n'y a vraiment qu'à l'école où les adultes sont encore appelés Miss ou Mister avec leur nom de famille...
Quatrième étape : remplir les nombreux documents sur le présent, le passé, l'avenir (quels sont les soins déjà opérés, qu'est-ce qu'il y a faire aujourd’hui et est-ce que je suis satisfaire de ma dentition actuelle?) ; sur l'assurance santé bien sur ; sur ma responsabilité d'honorer rendez-vous et les payements... Il devient aussi compliqué d'aller voir son médecin que de faire immatriculer sa voiture à la préfecture !!!!
Je crois que je vais zaper la cinquième étape... non, je rigole, je ne peux vraiment pas attendre.

Week-end du 16 et 17 mars 2013 : Kris est en France en train de faire la fête avec les copains. Ici il ne fait pas beau (j'ai rarement vu trois jours de mauvais temps de suite comme cela, il va même neiger ce lundi), j'ai pris un rhume et une dent continue à me chatouiller, nos amis Français expatriés eux-aussi nous annoncent le décès de leur petit lapin, le lendemain Kris nous apprend que Lapinette est morte elle aussi : triste week end aux USA (surtout pour les léporidés!) Il n'y a pas que des bons moments. J'en profiterais pour enfin finaliser nos albums photos que nous voulons partager avec nos amis. J'ai besoin d'eux en ce moment et des souvenirs en image des bons moments...

vendredi 3 janvier 2014

8eme mois, Mars 2013 : les mines d'or.

Moi aussi, je me prépare pour mon MSA : Mission de Socialisation Américaine. Première étape, je travaille mon vocabulaire en anglais. Toujours avec Peggy, je travaille à partir d'un livre de vocabulaire vocabulary workshop, qui comprend plusieurs niveaux et qui d'habitude est proposé aux élèves Américains de … Middle school et High school. J'en suis au niveau D, c'est à dire à peu près (9h grade (3eme du collège). Et oui, je suis en train de refaire ma révolution adolescente ! Et encore, en ce qui me concerne, je suis en avance, mais d'autres n'en sont qu'à la 6ème : les petits nouveaux, ceux sur qui on peut taper sur la tête à la récré, sur qui on se venge de toutes nos frustrations d'adolescents, de tous ces changements que l'on ne maîtrise pas du tout et qui souvent nous débordent... La situation d'expatriation comme situation de régression. On va bientôt nous demander de monter nous coucher et nous donner une curfew (heure limite pour rentrer) lorsque l'on veut sortir.
Comme je n'aime pas trop l'apprentissage mécanique auquel je suis soumise pour le vocabulaire, j'ai enregistré la leçon sur mon portable. Et selon le principe qu'une femme peut toujours faire deux choses en même temps, j'écoute la leçon lorsque je vais faire du sport au Y. Comme ce sont deux choses qui ne me passionnent pas mais qui sont nécessaires, je tente de les optimiser, car selon certaines lois mathématiques : l'addition de deux (-), ça fait un (+) (j'ai depuis appris à relativiser un peu les lois mathématiques!).
Deuxième étape : participer à tous ce qui me permet de rencontrer du monde, provoquer des situations de rencontre, aller vers l'autre, se montrer ouvert... Que c'est difficile parfois de ne pas se refermer sur ce que l'on connaît le mieux : le fonctionnement français ; et c'est étrange comme la France ne nous aura jamais paru aussi belle, aussi pleine de qualités que depuis qu'on la quittée. Mais nos nouveaux amis n'ont pas besoin de s'en cesse nous entendre nous référer à la France, comme s'il n'y avait que cela au monde. Rappelez-vous autour de vous les personnes qui ne parlent que d'elles, comme c'est ennuyeux !
Troisième étape, aller voir les films qui parlent de l'histoire Américaine. A cette période, il passe encore « Lincoln », de Stephen Spielberg. Magnifique ! Je vous le recommande. Là, on touche au savoir faire Américain, proche de la perfection  : ils sont capables de faire un film de 2H30 sur une partie de l'histoire qui portait sur quatre mois de temps en tout, sans action, et sans me donner l'envie de m'endormir alors que c'est dimanche soir, 20h, et que la langue des politiciens ne m'est vraiment pas familière et qu'en plus je ne maîtrise pas particulièrement cette partie de leur histoire. Je suis très surprise de comprendre que les Démocrates à cette époque se sont opposés à la loi d'émancipation (je n'ai sans doute pas du bien comprendre). Pour moi, les Démocrates représentent le parti politique aux idées sociales fortes, à l'ouverture vers la prise en compte des minorités... (surtout avec le président qu'ils ont aujourd'hui!). En fait, à cette époque les partis politiques ne ressemblaient pas à ceux qu'on connaît de nos jours. Et effectivement, c'étaient les républicains, et tout particulièrement le président Lincoln, qui ont réussi à faire voter la loi d'émancipation et d'abolition de l'esclavage, dernière enclave de l'inhumanité. Ce sont des lois comme celles-ci qui ont enfin pu permettre aux sociétés d'aujourd'hui de se libérer des chaînes (comportementales), héritière de la préhistoire où sa survie pouvait dépendre de sa capacité à soumettre les autres peuples.

Comme toutes ces démarches me prennent déjà du temps, alors je tente d'en gagner dans des démarches que je peux faire de mon ordinateur. Mais, j'avais oublié que l'ordinateur n'est pas mon outil de prédilection. Et puis, l'anglais n'est pas ma langue maternelle, et il y a encore quelques subtilités qui m'échappent, surtout lorsqu'il s'agit de lire un mode d'emploi. Mais au fait en France non plus je ne lis jamais le mode d'emploi, alors ce sont plutôt les subtilités des modes d'emploi qui m'échappent et non de l'anglais, me voilà rassurée. Alors lorsque j'ai voulu renouveler mes minutes de communication sur mon téléphone, je me suis risquée à le faire directement de mon téléphone et de mon ordinateur. Trois heures plus tard, j'ai réussi. Je pense que cela aurait été plus rapide d'aller au magasin, surtout que je ne suis pas du tout sûre de savoir refaire. Mais j'ai au moins gagné l'estime d'y être arrivée. Je n'avais jamais mesuré l'impact des nouvelles technologies sur l'estime de soi...

J'ai décidé d'ouvrir les mines d'or au public. En effet, en tant qu'expat ou nouvel arrivant sur Hagerstown, nous partageons les mêmes préoccupations, interrogations, besoins... : trouver la bonne école, la maison, le médecin, le magasin spécialisé, les activités ludiques, les bons plans, les bibliothèques, librairies,... Mais il y a aussi l'intérêt d'échanger sur les évènements culturels locaux (pumkin patch, maple syrup festival, blossom cherry festival, le spectacle de Magie...) mais aussi sur nos cultures respectives (les événements dans nos pays : le 8 décembre à Lyon, le carnaval au brésil, Santa Lucia en Suède..., la musique, les livres...) sur les liens internet un peu extraordinaires (j'ai fait connaissance avec un lien qui propose de louer des livres français pour les enfants, je n'aurai jamais eu idée que cela puisse exister!). Mes meilleures informations, je les ai souvent trouvées grâce à un autre expat. La dernière en date : une librairie de livres d'occasion, une vraie caverne d'Ali Baba, des livres comme je n'en avais jamais vu, mais aussi des CD, DVD, des prix très attractifs (toujours indiqués sans les taxes). Je crois avoir compris ce qu'à pu ressentir Ali en entrant dans la caverne, j'en suis restée baba. Hagerstown est souvent vu comme une petite ville provinciale, sans beaucoup d'attrait. Un peu pour rire avant de partir (mais n'en doutez pas, surtout pour me rassurer!), on la comparait en termes d'habitants à St Chamond (Loire)! Mais, en mutualisant nos informations, peut-être que le St Chamond Américain peut devenir la caverne d'Ali baba... C'est pourquoi, j'ai proposé à quelques amies de réfléchir au meilleur moyen pour mettre en commun nos informations. Nous avons aussi pensé que cela pourrait être un site pour échanger, se réunir. Il doit être en anglais qui est notre langue commune, ce qui n'est pas sans intérêt pour travailler notre écriture dans la langue d'accueil. Nous avons alors opte pour un web-site. C'est en réunissant nos petits filons, que l'on peut faire de ce monde, une mine d’or !

vendredi 27 décembre 2013

vendredi 20 décembre 2013

8eme mois, Mars 2013 : patriots ou royalists?


Au post précédent, je vous ai parlé des vêtements proposés pour la semaine de préparation du MSA. La mode est un sujet d'ailleurs intéressant et énigmatique. Je pense que c'est comme avec la nourriture, lorsque l'on grandit avec certaines images ou goûts développés, on ne peut plus s'en passer.
La mode est plutôt colorée, assez voyante, beaucoup de paillettes, et pas toujours de très bon goût. Les associations de couleurs sont parfois peu harmonieuses (rose et rouge, vert et bleu), ou au contraire trop uniformes : tout en violet. Il y a des robes qui semblent aussi faite d'un seul tenant entre un tee shirt et une jupe, la coupe n'est pas toujours du plus délicat. Les volants sont importants, les froufrous aussi. Vous pouvez tout aussi bien voir Blanche neige en robe de taffetas rouge, extrêmement élégante avec... des baskets ; et inversement vous pouvez tout aussi bien voir Cendrillon avec des souliers de verre et... un jean. Cette impression étonnante sur les vêtements se retrouve dans les publicités qui sont censés venter un produit, ou dans les émissions TV de ventes sur les bijoux, les vêtements : je ne cesse d'être surprise par ce qu'ils mettent en avant et qui me paraît de fort mauvais goût. L'habit ne fait pas le moine... mais le moine porte tout de même un drôle d'habit.

A l'école publique dans le Maryland, nous avions été agréablement surpris de voir à notre arrivée, qu'il n'y avait pas d'uniforme. Quelques règles cependant : pas de robe ou de shorts au-dessus de la taille indiquée par votre bras tendu sur votre jambe, pas de dos nu ou de bretelles légères. On dira que c'est plus ou moins respecté. 
 
En hiver, je suis plutôt enclin à porter trois couches, une écharpe, des gants, un chapeau et plus si je peux trouver. Alors qu'elle n'est pas ma consternation de voir qu'ici beaucoup ne porte jamais de blouson. Par 32°F, il y a beaucoup de personnes en short et tee shirt, surtout chez les adolescents très soucieux de leur apparence. Quand je vous disais que la clim à fond l'été à des effets à long terme sur l'adaptation du corps l'humain... En même temps, je suis frileuse comme vous le savez et pourtant j'ai été élevée dans une maison froide (deux seules pièces de chauffées en hiver). Je ne m'y suis jamais habituée. Petite, j'étais perçue comme « l'enfant près de la cheminée ». C'est sans doute pour cela que « Cendrillon » et « la petite fille aux allumettes » m'ont tant marquée. Alors, lorsque j'entends qu'il faut s'habituer au froid, qu'il ne faut pas trop s'habiller, qu'à 24° une piscine est largement assez chaude... j'ai l'impression de ne pas parler le même langage corporel. Bon en même temps ici, ils se vaccinent à tour de bras contre la flu (grippe), peut-être qu'un peu plus de vêtements chauds seraient une solution acceptable.

Le mois de mars, c'est aussi pour les 5th grade le moment de travailler sur la confrontation entre patriots et royalistes. Pour leur permettre de mieux comprendre les tensions de cette époque, les élèves sont invitées à prendre parti pour un camp et défendre (verbalement) leur point de vue. C’est une pratique régulière à l’école d’encourager les élèves à se mettre dans la peau d’un personnage, de défendre une conviction (même s’ils ont parfois à défendre une position qui n’est pas la leur propre, ce qui les oblige à tenter de comprendre les intentions et arguments d’un adversaire par exemple ; les adultes pourraient s’en inspirer !!!). Flore choisira d’être patriots et terminera sa tirade contre les Anglais, par un : vous n’avez pas arrêté d’embêter les Français, maintenant ce sont les Américains, vous pourriez pas vous occuper de vos affaires !!!
(*) Les Loyalistes sont les colons américains restés fidèles à la Grande-Bretagne et à la monarchie britannique pendant la guerre d’indépendance. Ils s’opposaient aux Patriots, en faveur de la Révolution Américaine. La Révolution américaine est une période de changements politiques après 1763 dans les 13 colonies britanniques d’Amérique du Nord, qui ont donné lieu à la guerre d’indépendance des États-Unis contre la Grande-Bretagne (1775-1783). C’est un épisode fondateur de la nation américaine et de la naissance des USA.

Un autre apprentissage de 5th grade que j'ai trouvé fort intéressant en science, est celui des nouvelles unités de mesure. Non vous ne rêvez pas, les enfants Américains s'ouvrent aux mesures internationales : vive les grammes, kilomètres, litres, Celsius. Ils se sont rendus comptent que d'être à part dans ces mesures, était incompatible avec l'échange entre nations. Je pense que ce qui les intéresse ce sont les échanges commerciaux. Mais tandis pis, tant que ce sont eux qui changent, et je peux vous assurez que ce n'est pas rien comme changement (merci Pavlov...). Les États-Unis sont une tellement grande nation qu'ils pouvaient se permettre de développer leurs propres unités de mesure, leur propre football (ne pas oublier le ball car sinon, c'est le pied!!!), leurs propres règles de rapport avec les autres pays. Mais, pour la prochaine génération, peut-être que tout cela va changer. Encore que ma voisine à qui j'en parlais m'a dit qu'à son époque on leur avait dit la même chose à l'école et que cela les avaient beaucoup effrayés, mais que depuis rien n'a changé : adieu grammes, kilomètres, litres, Celsius : le rêve était trop beau !

vendredi 13 décembre 2013

8ème mois, Mars 2013 et le MSA

Au mois de mars, il y a les giboulées et... le MSA (1). Mais où est donc passé le temps où les enfants passaient plus de temps à apprendre qu'à tester leurs connaissances ? En effet, les tests sont tellement nombreux qu'il est facile de s'y perdre. Il y a d'abord ceux de la classe en lien avec une leçon. Plutôt normal. Puis, il y a ceux du County pour déterminer les enfants gifted ; les tests chaque trimestre pour évaluer le niveau général (souvent en contradiction dans les résultats de Flore avec les deux précédents), ceux pour les enfants dont l'anglais est le seconde langue ; et enfin, il y a le MSA. Celui-ci, tout le monde en parle, il faut dire que l'enjeu est de taille, mais je n'ai pas encore bien compris comment. Quand je pose la question, « qu'est-ce qui se passerait si un enfant ne le réussit pas ? » les réponses sont en générale assez vagues, comme si cela n'était jamais arrivé. Alors peut-être que pour un Américain cela peut avoir des conséquences sur son classement, son suivi de scolarité. Mais pour Flore, qui devrait revenir en France, cela ne sera qu'un test de plus. Me reviennent en mémoire les débats passionnés autour des évaluations nationales du CE1. Ici le MSA se passe toutes les années de 3rd grade (CE2) jusqu’à 8th grade (4e). Alors, les débats se sont tues depuis bien longtemps. Rien de tel pour faire taire les discordances que la chape de plomb...
Les notes n'ont pas la même valeur que chez nous. Un A+ correspond à 100% de réussite, A = 97 %, A- = 90 % ; B+ = au-dessus de 87 %, B= au-dessus de 83 %, B-= au-dessus de 80 % ; un C+ = plus de 77 %, un C= au-dessus de 73 %, C- = au-dessus de 70 %; D= au-dessus de 60 et U si le test à été raté (mais il y a une deuxième chance!!!). Un D finalement correspond approximativement à 12/20 ce qui n'est pas catastrophique pour un Français). Sauf, bien sûr que les tests ne sont pas équivalents à ceux que nous connaissons dans l'hexagone. Il y a beaucoup de Quiz, de questionnaires à choix multiples, les fautes ne comptent pas de la même manière si le test ne porte pas sur le spelling... Il y a souvent une tentation de n'avoir que des A, car cela donne une bonne représentation de votre travail et peut avoir comme conséquence de vous faire accepter dans les meilleures écoles (d’où le besoin de négocier ses notes, de refaire un test peu réussi la première fois; en même temps je ne suis pas allée jusqu’à savoir ce qui se passerait si les A étaient systématiquement obtenus qu'à la deuxième chance).

Une règle générale qui s'applique ici aux États-Unis à l'école, mais aussi dans la vie de tout les jours, ce sont les encouragements permanents, les félicitations surdimensionnées (rappelez-vous : « congratulation, you are so good, what a wonderful job ! ») et la règle de la deuxième chance. Il est difficile de connaître la vérité sur les choses, les vraies appréciations des gens. Je me demande jusqu’à quel point les encouragements systématiques quel que soit le niveau d'effort, la non discrimination sur le résultat des élèves, la deuxième chance (un exercice à été mal réussit, on peut le refaire), la valorisation de l'enfant sans réellement tenir compte ni du résultat, ni de la marge de progression, ni des efforts dépensés... n'entretiennent pas un climat de toute puissance. J'ai entendu des professeurs d'Université qui se plaignaient d'étudiants qui venaient tout simplement réclamer de changer leurs notes sous le prétexte d'injustice, plutôt que d’interroger leur propre travail, leurs qualités... Est ce que cela n'entretient pas un climat fictif d'égalité à tout prix ? Par contre, une chose est sûre pour moi, le dénigrement perpétuel, l'insatisfaction permanente (le « peux mieux faire » à la française), la comparaison systématique entre les résultats des uns et des autres... est une valeur sûre pour développer un sentiment de mésestime et d'insécurité personnelle.
De toute façon dans ces domaines, il y a encore de nombreuses contradictions, car malgré le sentiment général de valorisation, si vous n'avez pas un bon rapport, de bonnes notes, un bon bulletin... il est difficile d'intégrer l'école de votre choix. Et surtout pour ceux qui n'ont pas les moyens financiers, le meilleur moyen de réussir à intégrer une Université sera par les bonnes notes. Et en même temps, quelle ne sera pas notre surprise après un devoir long à faire à la maison (au moins 6 heures, mais aussi parce que Flore affinera la présentation), d'apprendre que plus de la moitié des élèves ne l'ont pas fait ! Ou encore d'apprendre par la maîtresse, que Flore connaît mieux les États et les capitales des USA, que la plupart de ses camarades de classe. Les devoirs ne sont pourtant pas une option. Nous ne sommes plus à une contradiction près...

Quoi qu’il en soit, pour se préparer à cette intense activité de l'esprit pendant les tests, l'école n'est pas en reste de propositions amusantes : MSA (1) spirit Week : pendant la semaine précédente, il sera proposé aux enfants et adultes de venir habillés de manière assez spéciale :

Lundi = mettre sa casquette de penseur : put on your thinking caps and do your best on the test !. Bon jusqu’à là rien de bien exceptionnel, il était juste autorisé de porter une casquette à l'école...

Mardi = porter ses vêtements à l'envers, et des vêtements dépareillés don't let the test mix you up... always reread and check your answers!. Pour les vêtements dépareillés, ce n'est rien d'autre qu'une habitude américaine... (j'exagère bien sûr !)

Mercredi = s'habiller chic avec des vêtements classes : look the part... dress smart for MSA. C'est là où les paillettes et frou-frou sont de sortie (voir un peu plus loin sur la mode).

Jeudi = porter son pyjama ou s'habiller comme son héros de livre préféré : read across America Day ! Do lots of reading to get your brain ready for the test. Flore choisira Daphné dans la série de Scoubidoo, non que ce soit son héroïne préférée, mais nous avons au moins réussi à trouver les vêtements (je vous rappelle les couleurs : robe violette, collants roses, écharpe verte, ruban dans les cheveux, violet). Contrairement à elle, beaucoup d'Américains seront venus en pyjamas, adultes compris. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'une journée pyjama est organisée, c'est la troisième. Mais leur pyjama à eux sont longs, avec beaucoup de couleurs, chauds (cela ressemble à de la flanelle, mais je ne suis quand même pas allée jusqu’à toucher !). Il y a des pyjamas qu'il serait inadéquat de porter dans une école. Ce n'est pas leur cas. Je ne sais pas s'ils les portent pour de vrais, je veux dire la nuit. Bien souvent c'est la seule occasion de voir un Américain habillé... chaudement...

Vendredi = porter son tee shirt de sport préféré ou son équipement de l'école (en début d'année, nous avions pu acheter des tee shirts et autres vêtements aux couleurs de l'école) : team up to do your best and score high on the MSA.

(1) MSA = The Maryland School Assessment (MSA) est un test de lecture et de Mathématiques qui répond aux exigences fédérale « No Child Left Behind Act » (= aucun enfant laissé en arrière). Le test est passé chaque année début Mars en lecture et Maths des grades 3 à 8. Le test de science se passe plus tard en Avril ou début Mai.

vendredi 6 décembre 2013

7eme mois, fevrier 2013 (4eme partie) : vamos a la playa...


Et puis encore une autre découverte, sur la route, les règles s'écrivent en jaune. Il est important de connaître les règles qui s'appliquent à la rencontre avec les bus scolaires sur la route. Tout le monde a en tête les fameux bus jaunes qui conduisent les enfants scolarisés à l'école américaine. Ce que nous savons moins, ce sont les règles qui régissent la circulation à leur côté. Lorsqu’un bus jaune s'arrête pour faire descendre les élèves, toute circulation s'arrête, dans tous les sens. Le bus est doté d'un panneau « stop » sur le côté gauche qui se met en place dès que le bus s'arrête, interdisant aux voitures en contresens de rouler. Il n'est pas question non plus aux voitures de derrière de chercher à dépasser le bus, comme on le voit faire en France. Ici, cela peut même aller jusqu'à une dénonciation à la police. Cela donne une impression d'arrêt sur images, tandis que seuls les élèves peuvent bouger. De plus, lorsqu'un bus jaune arrive près d'un chemin de fer, quel n'est pas notre étonnement de le voir s'arrêter, ouvrir la porte avant, puis continuer sa route après avoir refermé la porte. Qu'est ce qui c'est passé ? Est ce qu'il aurait perdu quelque chose ? Bien sur, au même moment toute circulation est interrompue (mais seulement celle à l'arrière du bus). Je vous rappelle que Hagerstown est construit à un carrefour de nombreux chemins de fer, qui ne conduisent plus que des trains de marchandises. C'est pourquoi, il y a de nombreux arrêt entre 7h et 9h am ainsi qu'entre 2h et 4h pm. Il vaut mieux le savoir pour ne pas risquer d'arriver en retard à un RDV. Peut-être que vous vous demandez qu'est ce qui peut bien pousser les bus jaunes à faire ainsi ? Nous avons mené notre enquête et c'est Kris qui a trouvé la solution à l'énigme. Les bus s'arrêtent ainsi, ouvre leur porte pour que le chauffeur puisse écouter si aucun train n'arrive. Si tel est le cas, il peut repartir. Je ne suis jamais tombée encore à un moment où un train va passer, mais cela pourrait suggérer que l'attente sera longue, car les trains de marchandises concentrent deux caractéristiques : ils sont très longs et très lents... Le plus drôle, c’est que je suis déjà tombée sur un bus jaune qui s’était arrêté avant un chemin de fer désaffecté ou clairement, la voie n’était plus en usage. Mais cela ne change rien, une règle est une règle...
Il y a aussi d'autres choses en jaune : une ligne continue jaune ou même deux, des panneaux d'école... Le jaune représente vraiment quelque chose d'important à signaler.

Mais surtout l’une des découvertes les plus intéressantes du mois de février sera ... la déclaration d'impôt. Les impôts dans une situation d'expat : paradis ou enfer ? Avant de partir, nous avions calculé que pour l'année en cours, nos impôts connaîtraient une forte dévalorisation, car je suis la seule à travailler en France, sur une demi-année et les impôts pour Kris sont payés directement par l'entreprise : là c'est le paradis. C'est bien la première fois que nos impôts connaîtront une dévalorisation ! Encore faut-il faire sa déclaration américaine. Et là, c'est l'enfer. Il faut déclarer beaucoup de choses qui ne nous paraissent pas toujours en lien avec la question des impôts. Au bout d'un fastidieux WE à tenter de récolter toutes les précieuses informations, la déclaration est envoyée à une personne spécialisée dans l’entreprise, en charge de s'en occuper. Enfin délivré ! C'est sans compter qu'en mai pour la déclaration française, il nous faudra recommencer le processus car ce qui est compliqué avec notre situation, c'est que Kris est arrivé 6 mois avant moi et que nous avons des impôts à payer dans les deux pays, la même année.

Comme cela ne nous a pas paru assez compliqué, j’ai décidé de me lancer a la conquête du marché du travail, pour rajouter quelques tracas au mois de février 2014.
Le travail n'est pas une nécessité absolue comme cela pouvait l'être lorsque que j'étais plus jeune. Il n'était pas question à l'époque de motivation, mais de nécessité vitale. Et lorsque les choses dépendent de soi, il faut alors trouver la force pour affronter les entretiens, les démarches, le sentiment de ne pas être à la hauteur, de ne pas être attendu : il y en a tant d'autres, tout autant ou même plus qualifiés ! Surtout que lorsque l’on est plus jeunes, il y a plus de doutes que de certitudes. Or, le travail reste une voie essentielle pour l’expression de la personne, la réalisation de ses capacités, sa sécurité matérielle, sa reconnaissance sociale. C’est pourquoi, c’est un enjeu très fort, bien au-delà du besoin matériel. Je commence donc à réfléchir de plus en plus à une activité salariée ici. Mon visa de travail est en cours, alors je pense me lancer à la conquête du marché. J'ai fait mon CV en anglais, selon les standards américains : donner des faits, des réalisations, des chiffres, aucun élément discriminatif comme l'adresse, l'âge, le poids, la situation maritale, la religion... Puis, les lettres de recommandation par des personnes extérieures, susceptibles d'apporter leur point de vue sur vos capacités. Il en faut trois, et si possible confidentielles (elles doivent être directement envoyées sans passer par le postulant). Cela fait partie des démarches avec lesquelles je ne suis pas très à l'aise. Il faut un sacré ego pour demander à d'autres de dire des choses positifs sur vous. En même temps, cela évite que le futur employeur ne fasse des recherches dans votre dos. Ici, tout est clair, il est explicitement dit que tous vos documents sont susceptibles d'être vérifiés, vos recommandations seront appelées...
J’ai pris un peu de temps pour me lancer. J’ai d’abord eu besoin de temps pour m’installer sur place, m’assurer que j’avais du temps disponible en fonction de l’organisation pour Flore et toute la famille. Ensuite, j’ai eu besoin de temps pour savoir ce qui m’intéresserait et ce qui serait envisageable en fonction de la barrière de la langue, car même si mon anglais est correct, de là à envisager de l’utiliser dans un métier, et en particulier le mien dans lequel les subtilités de la langue sont si importants. Il ne s’agit pas seulement de se comprendre, il s’agit de faire preuve d’empathie ce qui suppose d’être plutôt au clair avec le discours... Mais en même temps, je ne suis pas complètement dupe, j’ai aussi dû lutter contre le sentiment de ne pas être à la hauteur à cause de la langue. Alors qu’aujourd’hui, je suis plutôt fière de mes accomplissements dans mon domaine professionnel, et je sais que mes qualités professionnelles sont reconnues par mes pairs et les personnes pour lesquelles je travaille, lorsqu’il s’agit de le transférer en anglais, les moyens me manquent et je me retrouve jeune débutante, pleine de doutes et d’incertitudes. Je suis aussi passée par une phase de culpabilité liée au sentiment de prendre le travail à quelqu'un qui pourrait en avoir plus besoin que moi. Nous vivons une époque ou le travail est une valeur importante tant dans le domaine vital (travailler pour survivre), que sociale (le travail comme valeur refuge dans une société ou l’image auprès des autres est si importante : récompense d’une intégration réussie), que personnelle (le travail comme valeur narcissique : je sais ce que je vaux à travers mes accomplissements professionnels). Alors, j’ai décidé de tenter d’être professeur remplaçante. Professeur, car les questions de transmission m’ont toujours intéressées. Et puis, j’ai beaucoup travaillé auprès d’enfants, de professionnels de l’Éducation, j’ai aussi enseigné à des adultes et j’apprécie cette relation au savoir (je pense que j’apprends autant que je peux enseigner!). Remplaçante, car cela ne sera que pour un temps court et cela évite de devoir passer des tests, repasser des examens, d’avoir trop de contraintes horaires. En effet, pour être remplaçante (ici dans notre county), il faut seulement justifier d'avoir passé un DEUG. Mon expérience de bénévole auprès de la classe d’enfants autisme m’a confirmé que c’était un domaine qui m’intéressait et qui me semblait accessible. Je ne postulerai pour autant que pour être prof de Français et auprès des enfants en difficulté car je me vois mal enseigner l’anglais à des Américains ! Par contre, on m'a suggéré d’être aussi prof remplaçante d'espagnol car avec le niveau qui est demandé ici, même mes vieilles notions un peu rafraîchies devraient suffire. Alors, vamos a la playa...