Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 14 novembre 2014

Automne 2014 en France

Et puis le retour en France sera aussi marqué par la redécouverte des joies :
- des distances importantes et du monde sur les routes,
- des magasins bondés le samedi, surtout juste avant la rentrée des classes, alors qu'il nous avait fallu attendre la dernière minute pour faire les courses scolaires vu que l'on savait pas dans quelle école Flore allait aller : pour les courses scolaires le samedi avant la rentrée des classes, hip hip hip… oula,la,
- des vacances à rythme régulier,
- des cartables trop lourds (à quand les livres scolaires sur des tablettes ?), des devoirs et des leçons à apprendre par cœur,
- des repas avec les amis après 20h, des plats sans sucre, des desserts fabuleux,
- des Skype parties en fin de journée,
- des sourires inexistants chez les commerçants

Tous les médecins, dentistes, orthodontistes que nous consultons en France nous disent invariablement la même chose en observant le travail réalisé sur nous: « c'est un peu étrange la manière dont ils travaillent aux US. En France, nous utilisons d'autres méthodes », forcément plus efficaces ! : rassurant ! Mais ne vous y tromper pas, nous avions les mêmes remarques aux US ! Alors qui croire ! Le transfert des compétences d'un pays à l'autre : rêve ou réalité? L'internationalisation des soins : un mythe de l'homme moderne? La médecine parallèle : une chance ou un risque ? Cette expérience d'expatriation m'aura convaincue d'une chose, s'il en était nécessaire : la difficulté pour l'être humain à se décentrer pour faire confiance à l'autre ! En tout cas nous, nous n'aurons pas eu le choix !
(en matière médicale, beaucoup de nos amis expat dans la mesure du possible, se sont tournés vers des compatriotes pour leurs soins, sans doute pour être sur de bien tout comprendre , mais sans doute aussi pour une histoire de confiance, même si apparemment il vaut mieux accoucher aux US , qu'au Brésil!).

Une journée ordinaire. Entre les démarches à faire, le boulot et l'envie d'être de partout, de répondre à tout, les journées sont bien remplies. Pour vous donner un aperçu :
Samedi 11 octobre :
- matinée de travail (exceptionnel certes, mais quand même). Comme Flore va au cheval et que je ne peux pas l'emmener, on a couché la veille chez des amis qui vont pouvoir l'emmener.
- 13h  récupération de Flore.
- 13h30 Achat d'un vélo pour elle.
- 14h30 récupération de nos affaires chez nos amis
- 15h participation à une ballade contée dans le village,
- 18h30 se rendre chez les cousins de Flore à 3/4 d'h car on fait du babysitting.
- 19h Skype avec une ancienne étudiante
- 20h skype avec Kris en même temps que l'on mange (les petits ont du mal à patienter)
et tout cela bien en 12h puisque que l'on soit en France ou n'importe où ailleurs dans le monde, les journées ne sont que de 12h. A quand les clones ???????? En même temps, nous trainons avec nous nos bagages bien chargés, notre Twingo est devenue notre deuxième dressing. Cela nous donne l'impression d'être comme des colporteurs : toujours sur les routes ! Et bien sur l'inévitable oubli des chaussures qui accompagne la petite tenue décontractée du dimanche me fera ressembler à une … américaine !!!

Une fusillade vient d'avoir lieu dans un lycée d'une petite ville Américaine près de Seattle (à Marysville, Samedi 25 octobre). J'ai l'impression d'y être, et je me dis que cela aurait pu être mon collège. Cette information me rappelle aux USA mais surtout je réalise à quel point en Europe et j'imagine aussi dans beaucoup de pays qui réglementent l'utilisation des armes à feu, nous nous sentons plus en sécurité. Bien sur, il existe des truands qui en utilisent quotidiennement, mais à moins d'évoluer dans leur milieu, il n'y a pas de raison d'être pris pour cible. Tandis que là, tout le monde est concerné.

samedi 8 novembre 2014

La réadaptation, automne 2014

Il nous aura fallu 3 bonnes semaines une fois le travail repris, l'école recommencée pour retrouver un rythme, des habitudes, une organisation rodée ce qui me donne l'impression de pouvoir enfin respirer. La situation n'est pas idéale, et il nous faudra encore faire des adaptations, mais au moins nous ne nous trouvons plus dans le feu du volcan. Nous pouvons commencer à anticiper, à organiser les activités périphériques, à nous projeter. Flore a pu trouver une place dans un cours d'équitation le samedi. Elle intégrera aussi la Chorale de l'école. Alors tout va bien pour elle. De mon côté, j'ai vraiment envie de refaire une activité sportive, mais j'ai besoin encore de voir comment l'organisation va me laisser du temps. Pour l'instant, mes journée de 12h ne me permettent pas de faire autre chose. Comme je suis déjà passée par la casse médecin, j'ai le certificat médical d'aptitude. C'est toujours ça !

Question école, le collège du village sera finalement intéressante. Flore s'est rapidement fait des amis, elle est dans la classe option musique ce qui suppose une classe tranquille, des élèves attentifs, ouverts, calmes. Cela la change !!! Les aménagements ne sont pas encore organisés, mais ils en parlent. Je vois bien que cela semble compliqué, mais je ne vois pas ce qu'elle va apprendre en anglais. La France reste avec une drôle de façon de penser les langues étrangères. Je ne vois pas très bien comment elle peut conserver sa pratique de l'anglais avec des cours en France en cinquième. Donc à part perdre son temps, je ne vois pas très bien. Par contre, elle pourrait enrichir son espagnol. Je vais devoir insister. Mais finalement, je renoncerais car elle pourrait intégrer la section européenne de l'année prochaine, et je ne sens pas l’enthousiasme nécessaire pour que cela ne soit pas préjudiciable à Flore. J'assurerai moi-même les cours d'Espagnol, et elle aura de bonnes notes en Anglais (à condition que la prof accepte que certains mots se disent autrement en américain… ce n'est pas gagner !).

Avec notre installation en ville, nous sommes au cœur du rythme cardiaque de Lyon et nous pouvons tout à loisir ressentir son pouls. Les artères et les veines de la capitale des Gaules ont été bien aménagés pour accueillir les vélos en ville. Lyon a été précurseur en matière de partage de vélos dans la ville. A Lyon ce système est appelé vélo'v. Des pistes cyclables ont été aménagées et cela marche. Je n'ai pas habité la ville depuis bien longtemps et aujourd'hui je retrouve une ville bien changée. Les vélos ont envahis l'espace, les vé-love bien reconnaissables sont de partout, sans que cela ne crée une gène aux automobilistes car les voies de circulation sont distingues (peut-être que les automobilistes sont une gène pour les cyclistes, mais cela est une autre histoire !). Il faut que j'essaye, surtout que notre appartement est juste à côté d'une magnifique piste cyclable qui longe le Rhône, sans voitures.

L'appartement que nous occupons est celui d'une amie qui a déménagé sur Castre mais qui a gardé son appartement meublé pour venir voir ses parents tout en restant indépendante, à peu près un week end sur 3. Il est du coup très fonctionnel, bien aménagé et même très bien décoré. Cela et vraiment agréable. Par contre, comme il n'était plus utilisé pour la vie quotidienne, il n'y a ni TV, ni d'internet. Cela complique considérablement les choses, car je réalise que si on peut très bien se passer de TV, il n'en est pas de même pour inter-net. Net en anglais signifie filet, et en effet nous sommes pris dans les mailles du filet, lorsqu'il s'agit de faire la moindre petite démarche, sans parler des communications lointaines en visuel. Je me suis sentie perdue, surtout au début où je n'avais pas encore les codes WIFI à mon travail ou chez les amis. Alors je reviens sans cesse au point de départ de toute vie : dans la maison familiale, léguée depuis à mon frère.

vendredi 31 octobre 2014

La rentrée : le retour à une vie ordinaire (fin Août 2014)

Il y a des matins ou l'on voudrait que le soleil ne ce soit pas levé, ou l'on voudrait effacer les traces de ce qui a été vécu entre le réveil et le couché . Mais parfois, ce sont des semaines que l'on voudrait effacer. Lundi 25 août, le test pour Flore à l'école internationale. 4 heures consécutives de tests (un en anglais, un en maths mais en anglais et un de français), puis un quart d'heure d'un entretien à l'oral. Je stresse car je pense que cette école est vraiment bien pour son ouverture à l'autre. Ce jour là, de nombreuses langues sont parlées. J'utiliserai ce temps libre pour moi pour aller voir la directrice de l'établissement où je travaille pour évoquer ma rentrée. J'ai l'impression que peu de choses ont changées, surtout les choses les moins agréables. Cela sera confirmé le lendemain, premier jour de rentrée avec une réunion générale. Les mêmes tics de langage, les mêmes problèmes, les mêmes rappels à l'ordre, les mêmes places autour de la table… Le mercredi j'aurai une mammographie de routine à faire. Même si je ne suis pas spécialement anxieuse, ce n'est pas un examen très agréable, d'autant que le médecin souhaite faire une échographie complémentaire car j'ai oublié mes anciennes radios. Les échographies des seins c'est un appel au meurtre de la sensualité. Entre le rouleur compresseur de la radio, le produit gélatineux déposé en gerbe sur les seins, et le médecin qui passe son instrument d'écho en appuyant fort sans vous regarder… vous pouvez dire adieu à la dimension sensuelle. Il n'y a rien d'agréable dans une échographie des seins ! Mais bon, je n'ai rien, ce qui est en soi suffisant pour se détendre. Mais j'ai à peine le temps car je dois aller chercher Flore que j'ai déposé chez des amis un peu loin de Lyon, et comme elle a un rendez-vous chez l'orthodontiste, il nous faudra nous dépêcher. Pour elle, par contre tout va bien car elle est encore en vacances et elle va ensuite chez une autre amie, puis encore une autre, tandis que je serais au travail. Les premières journées de reprises de mes fonctions, sont éprouvantes. On reprend le travail là où ils l'ont arrêté avant les vacances sauf que les miennes ont duré deux ans. De plus l'organisation de ma collègue remplaçante ne me paraît pas des plus efficace et je ne retrouve pas les informations importantes dont j'ai besoin ce jour là pour me repérer. J'ai donc l'impression d'être toujours décalée. Dans mon cerveau c'est comme un bouillonnement d'informations que je n'arrive pas à classer. Je sais aussi que je ne suis pas aidée par l'attente anxieuse des résultats de Flore pour la nouvelle école. Il me faudra plusieurs jours pour retrouver mes marques. Heureusement l'accueil des collègues est très agréable et celui de enfants exceptionnel. Ils sont heureux de me retrouver et sont fiers de me montrer qu'ils ont grandi. Ces enfants, malgré leurs difficultés, leur handicaps seront les ambassadeurs de la bonne humeur. Ce jour là, ce sont eux qui me font du bien, qui m'aident à surmonter ma déprime du moment.

Et voilà, j'appelle l'école internationale. Il n'y aura pas de place pour Flore malgré ses bons résultats au test (elle est 3ème sur liste d'attente). Je suis dépitée mais je n'ai pas le temps de me laisser aller. Cela veut dire qu'il faut que je rappelle l'autre école que nous avions contactée pour inscrire Flore. L'organisation va être beaucoup plus compliquée. Je suis vraiment déçue, mais en plus je vois tous les tracas du quotidien qu'il va nous falloir gérer car nous nous étions installées en fonction de la première école. Bien sur nous nous rapprochons de notre ancienne maison mais qui n'ait pas encore disponible. Et bien sur tout le monde veut savoir ses résultats, ce qui me rappelle à chaque fois qu'elle n'a pas été prise. Cette semaine n'aura pas été heureuse ! Et dans ces moments là, il ne sert à rien de savoir qu'il y a beaucoup plus grave comme situation, que ce ne sont que des problèmes mineurs, car il s'agit de vivre le deuil d'une situation rêvée à laquelle il faut renoncer, déjà qu'il nous a fallut faire un travail de deuil de nos deux années passées aux USA. Cette école, cela aurait été comme un prolongement... Mais il n'aura pas lieu. Cette semaine là, je n'aime pas la France.

Parfois aussi, avec la reprise presque à l'identique de mon travail (même travail, mêmes collègues, mêmes horaires…), j'ai l'impression étrange de ne pas être partie. Un jour à table, je suis surprise d'entendre mes collègues évoquer des stéréotypies sur les américains comme si je n'étais pas là car à aucun moment ils ne me demandent ce que j'en pense alors que j'en reviens et que je l'ai vécu de l'intérieur. Cela me donne l'impression que ces deux ans n'ont pas comptées. Les français restent plantés dans leurs certitudes et leurs croyances profondes, peu prêtes au changement. J'ai toujours beaucoup de mal à entendre un non français critiqué la France, baser leur jugement sur des stéréotypies bien ancrées. Aujourd'hui, ce sont les critiques des USA qui m'exaspèrent. Je n'ai même pas envie d'en parler, de les détromper, de leur demander d'ouvrir leur esprit. Je suis seulement lucide sur la situation : je vais avoir beaucoup de mal à me joindre à leur discussion !

Je n'aurai pas cru que le retour soit aussi difficile, à certains moments j'avais l'impression d'un tourbillon incessant dans ma tête, d'un sentiment d'être sans cesse décalée, avec mille choses à gérer. J'ai compris ici que l'absence de lieu stable d'habitation, de cocon protecteur, d'îlot de décompression était un vrai frein à l'équilibre personnel et au bien être. Mais là encore, nous n'avons pas manqué de chaleur compensatrice à travers l'amitié et la famille. J'avais l'impression de leur demander tant et leur réponse était si naturelle, comme si cela allait de soi de nous prêter un appartement en ville sans date butoir, d'accueillir notre fille avant ou après l'école tous les jours, de se porter caution dans notre quête d'un logement à nous, de me soigner une dent dont la couronne venait de sauter, après les heures de travail... Et tout cela gratuitement, sans rien attendre en échange, de façon complètement désintéressée. Je n'ai jamais autant compris les valeurs de « fraternité » (liberté, égalité, F.) de notre cher pays. Ne les oublions pas, elles sont notre richesse nationale, notre patrimoine commun le plus précieux.

Ode à l'amitié :

à toi mon ami, mon frère...
tu es mon âme, mon mythe, mon tiers
Comment t'écrire ce que je ne peux te dire ?
alors je décline Âme qui éclaircie le ciel,
de ces nuages lourds encombrant l'atmosphère
je décline Mythes, aux accents millénaires
qui relient les hommes à jamais immortels
je décline tiers qui sépare de la dyade,
et donne un souffle neuf pour une nouvelle pléiade

à toi qui m'a ouvert les bras, et offert ton sourire
tu es comme une Terre qui sauve du naufrage,
l'étranger apatride, errant et sans bagage,
qui cherche des racines aux autres à venir.

vendredi 24 octobre 2014

La fin des vacances d'été 2014 : de l'autre côté de l'atlantique

Cette fois nous passerons par Munich pour notre vol retour, Londres ne nous réservera pas ses nuages. Par contre, je n'ai pas emporté mon nouveau code de carte bleue française, ma carte américaine ne sera pas acceptée dans le café ou j'essaye de prendre du expresso, et je n'ai ni euro, ni dollars. L'expresso restera sur le comptoir. Quel gâchis, moi qui voulait m'offrir un petit plaisir lié au retour sur nos terres ! Nous passerons la douane en Allemagne. Je regrette l'accueil souriant du douanier français !

Pour commencer nous logeons chez mes parents. Je suis un peu inquiète de les retrouver car j'ai peur de l'évolution de leur situation personnelle. Finalement, même si des choses ont encore un peu évoluée, il y a aussi des choses qui se sont installés et la routine à pris le pas sur l'affrontement douloureux à la nouveauté de la situation. Je trouve que le climat s'est apaisé, et j'aurai plus de plaisir à rester auprès d'eux.

Chez mes parents, j'ai le plaisir de retrouver ses chers paysages français : cette vaste plaine dégagée, qui offre au ciel une large place. En arrière fond, les montagnes des Alpes se devinent, tels des géants fantomatiques tout juste sortis de terre. J'aime à regarder ce paysage qui m'a vu grandir et qui m’accueille de nouveau sans trace de rancune. J'ai envie de retrouver les sensations éprouvées lors de mes randonnées dans les Appalaches. Alors je décide d'aller marcher. En France, l'une des particularité des chemins et parfois même des petites routes de campagne, c'est qu'ils mènent systématiquement à un enclos avec des barbelés. Difficile de déambulé au gré des rencontres de chemins car l'on ne sait jamais si cela passera.

J'ai du mal à me recaler dans mon sommeil. Je m'endors tard et j'ai du mal à me lever. Je sais que c'est aussi lier à un sentiment ambiguë de ne pas vouloir abandonner mon ancienne vie, de m'accrocher à ce qui fut ma vie ces 2 dernières années. J'ai envie d'entendre les musiques américaines, j'ai l'impression que la musique française n'a pas évolué. J'ai peur de perdre mon anglais, j'avais eu l'impression avant de partir que j'avais encore franchi un cap dans mon expression et ma compréhension. Les jurons et les excuses spontanées se font en anglais. Je sais aussi qu'il faut que je fasse attention à ne pas me référer qu'aux États-Unis auprès de ceux qui m'entourent, car c'est moi qui est du mal à lâcher prise. J'ai déjà vécu cette expérience de se sentir décalé par rapport à ceux que l'on a connu avant le départ, même si aujourd'hui avec Skype le décalage est largement atténué.

Je peste sur les démarches à faire en arrivant. Changer l'assurance de la voiture, prendre un téléphone portable provisoire, refaire faire mon permis de conduire… Heureusement, il y a la famille et les amis à voir. Ils se sont finalement arrangés pour ne pas partir tous en vacances tous en même temps, ce qui nous permet de les voir à tour de rôle. C'est sympa cette organisation tacite…
Je veux aussi tenter de voir le plus de monde possible, car j'ai peur que la rentrée ne soit un peu bousculée. La famille, nos amis s'impatientent de nous voir et je ne voudrais pas leur donner l'impression de les snober, surtout que moi aussi j'ai très envie de revoir tout le monde, et de passer du temps de qualité avec chacun.

Nous avons bien fait de prolonger l'aventure sur l'été à Hagerstown, car la France nous fait profiter de ces fraicheurs digne d'un mois d'octobre… « Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour là », sauf que ce jour là, c'est le 15 Août et Brest c'est la Drôme : quelle misère !
Pour le 15 août, nous allons en effet faire du camping dans la Drôme. La pluie nous accompagne, puis le froid du soir : les tournesols sont en berne !!! Heureusement, nous pourrons quand même profiter des joies de la nature : via ferratas, randonnée aquatique, dégustation de clairette de Die… Nous pourrons vérifier avec Flore que les activités ne se déclinent pas tout à fait de la même façon entre la France et les USA : la France laisse plus de place à l'initiative individuelle, l'organisation Américaine est plus anxieuse des risques et peut apparaître plus rigide, même si en même temps elle permet une structure solide. En même temps en France, en été, la montagne si belle, peut dévoiler aussi sa part de morbidité. Cela aussi me fait drôle de ne pas laisser de tip, surtout que le prix des mêmes activités est souvent moins cher en France.

Quand on revient dans son pays après plusieurs années à l'étranger, il y a des démarches banales qui se révèlent acrobatiques : déposer un chèque à la poste où tout se fait par des machines déshumanisantes (c'est quoi l'horodateur ?, et quand on a le malheur de demander de l'aide, on a vraiment l'impression d'être prise pour une idiote, et la réponse systématique sera : vous n'avez qu'à le faire à la machine derrière vous. Je plaints les étrangers qui veulent prendre des timbres en France !!! C'est vrai qu'aux USA, la postière me demandait toujours si j'avais besoin d'autres choses, et me proposait des services que je ne demandais pas, mais au moins, j'avais droit à un sourire et je n'avais pas l'impression de la déranger), à prendre une carte SIM par internet, à tenter de joindre la préfecture…

Je tente d'organiser au mieux la répartition entre les démarches à faire pour notre installation, les visites aux amis, et la présence auprès de mes parents. J'ai l'impression que 3 semaines de congé en France, avant la reprise du travail ne vont pas suffire. Mais il est vrai que là encore je multiplie les activités : j'ai proposé d'initier ma fille (en principe déjà initiée), mon neveu et ma nièce aux joies de la langue espagnole (ce qui me permet de vérifier la qualité de mes cours), je passe le plus de temps possible auprès de ma mère que je vois de nouveau évoluer après un temps de sollicitation douce, mais continue. Les gestes ancestraux se retrouvent (essuyer la table, la vaisselle, balayer…), alors que je croyais que eux aussi avaient disparus.

vendredi 17 octobre 2014

Eté 2014  : prolonger encore un peu l'aventure (deuxième partie)

Ces dernières semaines vont être marquées par un va et vient entre les USA et la France. Je réalise à ce moment combien la France peut être économe en informations. Aux USA, j'ai parfois l'impression d'être surinformée, d'être envahie par une communication sans fin, d'avoir les renseignements avant que je les cherche. De la France, j'attends parfois les nouvelle avec impatience (la date de l'examen d'entrée dans la nouvelle école de Flore, alors que les écoles de France viennent d'entamer leur première journée de vacances, heureusement pas les secrétariats)

En appelant les écoles susceptibles d'être retenue pour Flore, je me vois appelée par mon nom de famille avec le qualificatif « Madame ». Mais où est passée Coleen ? Et ma puce ?

J'ai du retourner au collège où j'avais enseigné car je voulais conserver mes cours (après tout ce travail!) et je n'arrivais plus à les retrouver sur la clefs USB où je pensais qu'ils profitaient d'un repos bien mérité. Les quelques personnes que j'ai pu voir ce jour là m'ont chaudement remerciée de mon travail, j'ai même eu droit à un hug (= accolade) du principal. J'ai encore du mal à évaluer la sincérité de ces messages, car je sais que les américains sont généreux en superlatifs et acclamations. Pourtant, j'ai eu envie de les prendre pour ce qu'ils étaient à mon sens : la reconnaissance de ma ténacité malgré l'adversité, de mon professionnalisme (après tout je n'avais eu à déplorer aucune perte d'élèves!!!), ma détermination à ne pas subvenir à la tentation de tout lâcher (ils auraient eu plus à perdre que moi!). Je réutiliserai mes cours auprès de ma fille et des neveux et amis intéressés par l'apprentissage de l'espagnol, avec l'agréable surprise de les entendre m'en redemander.

Comme Kris restera seul ici, nous n'avons plus besoin de deux voitures. Nous allons donc vendre celle qui nous appartient. Et là, nous retrouvons les joies du MVA (Motor Vehicul Administration) et de la bureaucratie. Jamais le bon document, jamais rempli comme il faut, jamais au bon moment : never, never, never (jamais, jamais, jamais). Par contre, cette fois nous partageons ce plaisir avec notre acheteur. Que c'est bon de partager ! Il puis, il faut que je récupère mon ancien permis de conduire français. Mais lorsque je me rends au MVA, je découvre qu'il a été détruit, je ne reverrais donc jamais celui que j'avais eu avec ma photo de 18 ans ! Ils peuvent quand même me donner une photocopie. J'espère que cela va marcher en France, car celui de Maryland expire en 2015.

Pour ma dernière semaine, je propose une soirée entre expat au bowling : il y a de nombreux nouveaux arrivés, de nouveaux venus, et je les envie presque, alors que je suis prête au départ. J'ai eu la même impression lorsque j'ai vu le poste de prof que j'occupais publié sur le site du County : cela m'avait donné un sentiment étrange d'être déjà remplacée, un sentiment très étrange de presque avoir envie de restée (alors que vraiment cela ne me convenait pas)

Je suis prête à partir, à retrouver mon ancienne vie mais il y a encore tant de choses qui s'invitent dans ma vie. Lors d'un cours sur l'optimisation de l'apprentissage, j'ai découvert un site sur l'apprentissage efficace d'une langue vivante. Je suis toujours intéressée pour apprendre à communiquer avec de nouvelles personnes, ouvrir de nouveaux horizons, alors pourquoi pas le chinois, le brésilien, ou encore approfondir mon espagnol. Je découvre aussi un site pour acheter des livres numériques à des prix très intéressants. C'est grâce à une amie américaine qui peut lire jusqu'à 4 livres dans la semaine. Face aux livres, il y a ceux qui les dévorent et il y a ceux qui sont les lecteurs de la 25ème heure du 367ème jour. Moi je suis un peu entre les deux, mais je voudrais bien poursuivre des lectures en anglais mais je ne suis pas sure que les sites en question fonctionnent en France.

La dernière semaine avant le départ a un drôle de goût. Il nous faut préparer les valises qui partiront avec nous. Les placards se vident, les valises se remplissent, mais ce ne sera pas pour les vacances. Nous devons emporter avec nous tous nos affaires pour 3 saisons, vu que l'on ne sait toujours pas quand Kris rentrera, ce qui devrait s'accompagner du déménagement de l'ensemble de nos affaires. La dernière limite de son visa étant décembre 2014, nous aurons peut-être à tenir 3 saisons sans rapatriement de nos vêtements. L'entreprise à aussi réaliser que le fret aérien en décalé à un coût supplémentaire et ils nous demandent d'emporter avec nous ce que nous aurons besoin y compris avec un supplément de frais, pour ne pas utiliser le fret. Nous nous retrouvons avec 4 grosses valises ou sacs, deux sacs que nous garderons avec nous dans l'avion, plus un sac à main. Le retour promet d'être chargé ! Pour le déménagement qui aura lieu plus tard, des compagnies de déménagement doivent passer pour faire l'inventaire et l'estimation de notre déménagement. Nous commençons à nous projeter dans un futur encore bien incertain. Et encore, je n'ai pas à vivre les visites de ceux qui veulent louer la maison après votre départ et qui d'une certaine manière viennent vous signifier que votre temps est passé, que nous ne sommes plus désirés ici, qu'il vous faut passer à autre chose. J'ai vraiment besoin de faire autre chose pour ne pas ressentir le vide qui commence à s'installer en moi.

La première séparation a eu lieu en avril. C'était au YMCA. Nous venions d'annuler notre member ship (= carte de membre), et c'était le dernier jour où nous pouvions en profiter. Nous avons quitter les lieux sans regret, mais avec une pointe d’amertume peut-être, surtout parce que cela venait inaugurer le long processus de deuil qu'il nous fallait entamer. Cette dernière semaine, nous allons dire au revoir à mon amie du Connecticut venue nous rendre visite pour le Week end (elle viendra nous voir en France, nous n'avons aucun doute), la Human Society, nous y avons nos habitudes et ce ne sera pas pareil en France, nos voisins, il est prévu que nous revenions pour Halloween alors c'est n'est pas encore un adieu, la ferme équestre qui va beaucoup manqué à Flore, même si elle sait qu'elle à un centre pour l’accueillir en France, et puis le voile est tombé ce mercredi 30 Juillet, les faux semblant se sont dérobés pour laisser la place aux sentiments véritables. J'avais eu l'impression de ne faire que conceptualiser la notion de mixte feelings (sentiments mitigés) quant à notre départ. Mais ce jour là, trop de monde à dire au revoir, des hugs un peu trop serrés, des moments d'hésitations pour se séparer… et voilà, nous sommes pris par le trop plein d'émotions. J'avais pourtant pris la précaution de remplir nos dernières semaines de moments forts : des parcs d'attraction, du cheval pour Flore et de la rando pour moi, de l'accrobranche et du zipline (= tyrolienne ), voir des amis… Mais l'agitation de dernière minute n'a pas empêché le voile de tomber. D'abord après un petit Lunch avec des amies; et puis, ce fût le tour de Flore après sa dernière séance d'équitation. Malgré les promesses de rester en contact, la tristesse n'a pas pu être contenue. Nous venions de toucher les limites de nos réserves d'opacité sur la tristesse du départ.

vendredi 10 octobre 2014

Eté 2014  : prolonger encore un peu l'aventure (au moins ici on est sur que l'été sera chaud !) première partie

Ranger : ce qu'il y a de bien avec un déménagement tous les 2 ans c'est que l'on est sur de ne pas s'encombrer de choses inutiles. « déménagement tous les 2 ans, la solution à vos problème de stockage !!! ». Mais c'est fou comme cela va vite, par rapport au souvenir que j'en ai de deux ans en arrière. Le délestage précédent avait été bien fait, et fort de l'expérience précédente, nous ne nous sommes pas trop chargés depuis que nous sommes arrivés. Même les appareils électriques pourront repartir avec nous. Dernier petit tour d'horizon de la maison, pour ne laisser que ce que nous voulons emporter.

Mais bien sur, avant de partir, il me tarde de voir une dernière fois les amis. Et même si c'est toujours un moment plaisant, à cette veille de départ c'est un moment chargé de nostalgie : c'est le plus dur ! alors on essaye de se voir un dernière fois dans le même esprit que les fois d'avant pour que cela ne ressemble pas à de pathétiques « au revoir = farewell ». Je saisi toutes les occasions pour profiter de nos amis comme : Le match Germany- Brasil avec nos amis allemands qui partent dans 2 jours (j'ai bien choisi mon camp ce soir là : Allemagne 7 ; Brésil 1). Un petit coucou pour parler des vacances ; un petit Bird watching walk (=une marche pour observer les oiseaux) organisé par la commune, avec mon amie Brésilienne, une petite randonnée dans les Appalaches, une dégustation d'huile et de vinaigre ... comme si de rien n'était, comme si nous allions nous revoir le lendemain.
 
Et puis, il s'agit de tenter de profiter une dernière fois des bons côtés de notre vie ici. C'est incroyable tout ce qui tout à coup nous apparaît intéressant, et en même temps regrettable car il nous manque du temps pour en faire plus. Alors c'est le temps des regrets : tout ce que nous aurions pu faire, mais que nous n'avons pas fait. On tente alors d'en faire le plus possible. Toutes ces images que l'on veut garder en soi, toutes ces personnes que l'on veut emmener avec soi . On multiplie les visites, les randos, les activités, les soirées entre amis... C'est quand le temps commence à manquer et que tout semble se précipiter que l'on veut retenir en soi les meilleurs moments… Et puis, nous ne retrouverons pas les sweet corns que nous apprécions tant, le banana bread, le pink lemonade, le cruch (pour Flore), les Marguaritas... et bien sur l'incontournable pinut butter que nous savons utiliser à petite dose. Ce qui ne va pas nous manquer par contre, c'est le sucre dans tout : les desserts et les boissons bien sur, mais parcontre en surdose, et aussi dans les sauces, salade, barbecue, les plats préparés comme les entrées (salade de pâtes, de pomme de terre…)… Le goût original a depuis longtemps disparu. Et sincèrement, ce n'est pas seulement pour des raisons de santé mais aussi pour le plaisir du palais.
Et puis, il y a aussi nos endroits préférés : le dutch market, la ferme qui vend ses propres glaces, le dentiste, la bibliothèque, Potery by me, où l'on peut peindre des poteries... Une erreur s'est glissée dans la liste ci-dessus. Seras-tu la retrouver ?
J'essaye aussi de garder en mémoire (sur disque dur, c'est plus prudent) les musiques qui nous ont accompagnées ici et que nous ne retrouverons pas toujours en France. J'ai besoin de m'accrocher à ce qui m'a tant touché. Adieu veaux, vaches, cochons : adieux distances réduites, vacances de rêve, routes sans bouchon, étés continuellement chauds...

vendredi 3 octobre 2014

Eté 2014 à Puerto rico (port riche)

Nous aimons marquer les transitions de saisons par le démarrage de nos vacances. Cette fois, nous commencerons l'été à Puerto Rico.

Encore un paradis sur terre ! D'ailleurs, sa devise est « Isla del encanto » = île de charme. Et oui, ici nous sommes sur un territoire Américain, dont la langue principale est l'espagnol, mais nous restons aux États-Unis. Donc pas de passage de frontière.
D'un côté, on n'est pas trop dépaysé des US, mais en même temps c'est un autre monde. Il y a d'abord les ressemblances : pas de frontières à passer, même monnaie (et même prix pratiqués, à se demander comment la population locale peut faire pour vivre sachant que c'est l'endroit des USA le plus pauvre), les mêmes enseignes de magasins, les animaux morts sur la route (seul le type d'animaux change : chiens, iguanes...), les routes cabossées, les indications sur la route, les bus jaunes, le bruits des ambulances, des pompiers ou de la police...
Et puis il y a les différences : l'espagnol est parlé en premier, le rythme est celui des caraïbes (un peu comme dans notre Sud de la France, les horaires sont élastiques), les bananes sont servies à tous les repas (bananes plantains)...

Puerto Rico nous permet de goûter aux Caraïbes sans l'exposition et l'exploitation de la pauvreté qui nous rappelle à tout instant notre responsabilité face au monde qui nous entoure. Je crois que je suis faites pour les Caraïbes, et en même temps, c'est bien petit, moi qui aime les grands espaces. J'aime la chaleur des tropiques, mais avec une petite brise marine qui vient nous rafraichir. J'aime la mer chaude, où nous n'avons pas à nous poser de question lorsque l'on veut se baigner. Comment vais-je faire pour retrouver la méditerranée, pire l'Atlantique ?

Puerto Rico, c'est la garanti de bonnes surprises : laisser la magie opérer ! Mais pour vivre des moments magiques, il faut :
- provoquer l'évènement sans trop espérer (à n'en pas douter cela à moins de chance se produire si on reste toujours au même endroit!!!);
- être là au bon moment (ce qui suppose d'être réactif et de se lever la nuit pour voir une tortue luth venir pondre sur la plage) ;
- accepter de se laisser surprendre (il faut aimer les surprises).

Nous avons donc :
- eu la chance de voir une tortue luth venir pondre sur la plage en pleine nuit ;
- eu le plaisir de plongée sur un tombant fantastique appelé « the wall » = le mur ;
- pu célébrer la fête nationale du 4 juillet sur un kayak dans la bay fluorescente avec un double feu d'artifice : le premier est humain et ressemble à tous ceux que l'on a déjà vus quelque soit notre emplacement dans le monde; le deuxième est animal et se révèle à la surface de l'eau au gré du mouvement de nos kayaks et de nos mains. Celui-ci est unique ;
- pu réussir à maintenir le cap de nos contrastes chéris : sur cette petite île, nous pouvons dans la même journée nous promener dans une forêt sèche aux accents rêches et secs et dans une forêt tropicale luxuriante aux couleurs resplendissantes.

Puerto Rico ressemble en journée à un champ de coquelicots géants, vu que la taille des coquelicots est celle des arbres aux belles couleurs rouge-orangées. Nous avons bien fait de programmer notre séjour en juin, mois illuminé par les floraisons...
En soirée, les rues ne sont éclairées que par une faible lumière tamisée, suffisante pour voir son chemin, mais pas trop lumineuse pour laisser à la lune et aux étoiles toutes leur chance de briller, à condition qu'il n'y ait pas trop de nuages car il y a quand même quelques orages à cette période de début de saison humide. Par contre, la lumière naturelle du ciel n'est peut-être pas suffisante pour éviter les trous que l'on rencontre sur les routes principales. C'est sans doute pour cela que beaucoup de locaux roulent sur la bande d'arrêt d'urgence... Soyez avertis, une bande d'arrêt d'urgence porte bien mal son nom car il ne s'agit nullement de s'arrêter et encore moins en urgence...

Dans ce département américain, la fête nationale est célébrée comme partout ailleurs dans les États-Unis, le 4 juillet. Mais cette fête nationale ici, a des accents coloniaux. Je le rappelle, la fête nationale américaine célèbre l'indépendance des USA. Mais lorsque l'on se trouve à Puerto Rico, et que l'on a la chance de pouvoir rencontrer et discuter avec des locaux, on se demande de quelle indépendance il s'agit. La fête nationale a sans -t-il un petit goût amer. (*)

C'est décidé, pour les prochaines vacances, je me fais une liste des choses à emporter. Je n'aime pas faire les valises et nous avons simplement oublié l'appareil photos et les jumelles, rien de fondamentale, mais tout de même...

Dernière petite découverte avant de rentrer : lors de ce voyage, nous avons célébré les vertus des fruits et légumes et réalisé les limites du régime bananes. C'est très bon les bananes, qui en plus sont remplies de qualités nutritionnelles, mais en régime cela pèse un peu sur l'estomac. En rentrant, promis, je m'informe sur chaque aliment et leurs conséquences sur la santé et les dérèglements du corps humain.


* Puerto Rico, sous le gouvernement Espagnol depuis le deuxième voyage de Christophe Collomb en 1493, a été annexé par les USA en 1898, (Spain was forced by the United States to cede the island following the Spanish–American War, under the terms of the Treaty of Paris. : l'Espagne a été forcé de céder l'île à la suite de la guerre Américano-Espagnol, sous les termes du traité de Paris)
Aujourd'hui, c'est un des départements le plus pauvre des USA.