Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 17 octobre 2014

Eté 2014  : prolonger encore un peu l'aventure (deuxième partie)

Ces dernières semaines vont être marquées par un va et vient entre les USA et la France. Je réalise à ce moment combien la France peut être économe en informations. Aux USA, j'ai parfois l'impression d'être surinformée, d'être envahie par une communication sans fin, d'avoir les renseignements avant que je les cherche. De la France, j'attends parfois les nouvelle avec impatience (la date de l'examen d'entrée dans la nouvelle école de Flore, alors que les écoles de France viennent d'entamer leur première journée de vacances, heureusement pas les secrétariats)

En appelant les écoles susceptibles d'être retenue pour Flore, je me vois appelée par mon nom de famille avec le qualificatif « Madame ». Mais où est passée Coleen ? Et ma puce ?

J'ai du retourner au collège où j'avais enseigné car je voulais conserver mes cours (après tout ce travail!) et je n'arrivais plus à les retrouver sur la clefs USB où je pensais qu'ils profitaient d'un repos bien mérité. Les quelques personnes que j'ai pu voir ce jour là m'ont chaudement remerciée de mon travail, j'ai même eu droit à un hug (= accolade) du principal. J'ai encore du mal à évaluer la sincérité de ces messages, car je sais que les américains sont généreux en superlatifs et acclamations. Pourtant, j'ai eu envie de les prendre pour ce qu'ils étaient à mon sens : la reconnaissance de ma ténacité malgré l'adversité, de mon professionnalisme (après tout je n'avais eu à déplorer aucune perte d'élèves!!!), ma détermination à ne pas subvenir à la tentation de tout lâcher (ils auraient eu plus à perdre que moi!). Je réutiliserai mes cours auprès de ma fille et des neveux et amis intéressés par l'apprentissage de l'espagnol, avec l'agréable surprise de les entendre m'en redemander.

Comme Kris restera seul ici, nous n'avons plus besoin de deux voitures. Nous allons donc vendre celle qui nous appartient. Et là, nous retrouvons les joies du MVA (Motor Vehicul Administration) et de la bureaucratie. Jamais le bon document, jamais rempli comme il faut, jamais au bon moment : never, never, never (jamais, jamais, jamais). Par contre, cette fois nous partageons ce plaisir avec notre acheteur. Que c'est bon de partager ! Il puis, il faut que je récupère mon ancien permis de conduire français. Mais lorsque je me rends au MVA, je découvre qu'il a été détruit, je ne reverrais donc jamais celui que j'avais eu avec ma photo de 18 ans ! Ils peuvent quand même me donner une photocopie. J'espère que cela va marcher en France, car celui de Maryland expire en 2015.

Pour ma dernière semaine, je propose une soirée entre expat au bowling : il y a de nombreux nouveaux arrivés, de nouveaux venus, et je les envie presque, alors que je suis prête au départ. J'ai eu la même impression lorsque j'ai vu le poste de prof que j'occupais publié sur le site du County : cela m'avait donné un sentiment étrange d'être déjà remplacée, un sentiment très étrange de presque avoir envie de restée (alors que vraiment cela ne me convenait pas)

Je suis prête à partir, à retrouver mon ancienne vie mais il y a encore tant de choses qui s'invitent dans ma vie. Lors d'un cours sur l'optimisation de l'apprentissage, j'ai découvert un site sur l'apprentissage efficace d'une langue vivante. Je suis toujours intéressée pour apprendre à communiquer avec de nouvelles personnes, ouvrir de nouveaux horizons, alors pourquoi pas le chinois, le brésilien, ou encore approfondir mon espagnol. Je découvre aussi un site pour acheter des livres numériques à des prix très intéressants. C'est grâce à une amie américaine qui peut lire jusqu'à 4 livres dans la semaine. Face aux livres, il y a ceux qui les dévorent et il y a ceux qui sont les lecteurs de la 25ème heure du 367ème jour. Moi je suis un peu entre les deux, mais je voudrais bien poursuivre des lectures en anglais mais je ne suis pas sure que les sites en question fonctionnent en France.

La dernière semaine avant le départ a un drôle de goût. Il nous faut préparer les valises qui partiront avec nous. Les placards se vident, les valises se remplissent, mais ce ne sera pas pour les vacances. Nous devons emporter avec nous tous nos affaires pour 3 saisons, vu que l'on ne sait toujours pas quand Kris rentrera, ce qui devrait s'accompagner du déménagement de l'ensemble de nos affaires. La dernière limite de son visa étant décembre 2014, nous aurons peut-être à tenir 3 saisons sans rapatriement de nos vêtements. L'entreprise à aussi réaliser que le fret aérien en décalé à un coût supplémentaire et ils nous demandent d'emporter avec nous ce que nous aurons besoin y compris avec un supplément de frais, pour ne pas utiliser le fret. Nous nous retrouvons avec 4 grosses valises ou sacs, deux sacs que nous garderons avec nous dans l'avion, plus un sac à main. Le retour promet d'être chargé ! Pour le déménagement qui aura lieu plus tard, des compagnies de déménagement doivent passer pour faire l'inventaire et l'estimation de notre déménagement. Nous commençons à nous projeter dans un futur encore bien incertain. Et encore, je n'ai pas à vivre les visites de ceux qui veulent louer la maison après votre départ et qui d'une certaine manière viennent vous signifier que votre temps est passé, que nous ne sommes plus désirés ici, qu'il vous faut passer à autre chose. J'ai vraiment besoin de faire autre chose pour ne pas ressentir le vide qui commence à s'installer en moi.

La première séparation a eu lieu en avril. C'était au YMCA. Nous venions d'annuler notre member ship (= carte de membre), et c'était le dernier jour où nous pouvions en profiter. Nous avons quitter les lieux sans regret, mais avec une pointe d’amertume peut-être, surtout parce que cela venait inaugurer le long processus de deuil qu'il nous fallait entamer. Cette dernière semaine, nous allons dire au revoir à mon amie du Connecticut venue nous rendre visite pour le Week end (elle viendra nous voir en France, nous n'avons aucun doute), la Human Society, nous y avons nos habitudes et ce ne sera pas pareil en France, nos voisins, il est prévu que nous revenions pour Halloween alors c'est n'est pas encore un adieu, la ferme équestre qui va beaucoup manqué à Flore, même si elle sait qu'elle à un centre pour l’accueillir en France, et puis le voile est tombé ce mercredi 30 Juillet, les faux semblant se sont dérobés pour laisser la place aux sentiments véritables. J'avais eu l'impression de ne faire que conceptualiser la notion de mixte feelings (sentiments mitigés) quant à notre départ. Mais ce jour là, trop de monde à dire au revoir, des hugs un peu trop serrés, des moments d'hésitations pour se séparer… et voilà, nous sommes pris par le trop plein d'émotions. J'avais pourtant pris la précaution de remplir nos dernières semaines de moments forts : des parcs d'attraction, du cheval pour Flore et de la rando pour moi, de l'accrobranche et du zipline (= tyrolienne ), voir des amis… Mais l'agitation de dernière minute n'a pas empêché le voile de tomber. D'abord après un petit Lunch avec des amies; et puis, ce fût le tour de Flore après sa dernière séance d'équitation. Malgré les promesses de rester en contact, la tristesse n'a pas pu être contenue. Nous venions de toucher les limites de nos réserves d'opacité sur la tristesse du départ.

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