Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 18 juillet 2014

automne 2013 : les activités locales


Pour notre deuxième année, nous avons décidé de vivre au plus près de toutes les activités locales. On va commencer par ... la fête de la bière, qui célèbre les origines Allemandes de la ville (Hager town). Bon, je reconnais qu’il y a plus Américain comme fête, mais c’est assez drôle de voir les Américains fièrement boire leur pinte de bière dans la rue, d’être habillés comme des Bavarois, et de chanter à tue-tête en allemand. Le fun s’arrêtera là car la nourriture était épouvantable, la musique trop forte et peu de mon goût.

Notre activité suivante, sera les arts dans la rue dans le village d’à côté, en Pennsylvanie.

Il y aura aussi Bark in the park (aboiement dans le parc) ou nous allons être volontaires avec Flore pour la Humane Society (SPA). Il s’agit de récolter des fonds à partir d’une fête célébrant les animaux domestiques. Une clinique sur place sera aussi proposée pour les vaccins et pour les licences, cela va attirer beaucoup de monde, car comme pour tout, le cout des soins pour les animaux est assez prohibitif. Avec Flore nous seront responsables d’un stand de vente d’objets en lien avec les animaux. Même si les prix sont très attractifs, nos objets ne sont pas très attrayants et nous ne vendrons pas grand-chose, mais cela aura toujours permis à Flore d’apprendre à mettre en valeur, ce qui n’en a plus beaucoup. 
 
Puis, ce sera le cinéma en plein air dans notre voiture (drive in)... au mois d’octobre. L’écran est vraiment géant, nous pouvons avoir le son directement sur une station de notre radio dans la voiture, les sièges sont inclinables. On va alors s’en faire deux dans la semaine. J’adore... Surtout qu’au mois d’octobre, il fait nuit tôt alors le film commence à 19h. Et puis, cette semaine-là sera particulièrement chaude, alors c’est le bonheur parfait !

Et évidemment à l’époque de l’automne, il y a les pumpkins patches, ou les fermes se mettent en 4 pour vous donner la possibilité d’aller cueillir vous-même votre citrouille, de participer à des jeux, de vous perdre dans un labyrinthe végétal.

Mais bien sûr, l’évènement le plus marquant du mois d’octobre est ... le retour d’Halloween. Déjà en septembre les premières traces apparaissaient dans les magasins. Cette année j’ai anticipé pour la décoration de la maison : il suffit de ne pas faire le ménage pendant 3 mois, et nous avons la parfaite décoration pour Halloween, pleine de toiles d’araignée, de stingbug (punaises), de bazars !!! Pour le bazar, nous avons reçu l’aide de deux amies à Flore car cette année pas de tempête Sandy à l’horizon, pour retarder leur avion. Elles seront donc là pour participer pleinement à la fête d’Halloween, et pour aller à l’école Américaine pendant leurs vacances françaises. Vives les vacances... Parfois, j’ai de la peine pour elles, car non seulement elles font partie intégrante de l’école ici avec les mêmes cours, les mêmes devoirs ... et en plus elles ont tous leurs devoirs de France, et là je dois dire que je ne trouve pas cela marrant du tout. Même le cours d’histoire qui est le même (il porte sur l’Égypte des Pharaons) n’est pas traité de la même manière. Aux USA, ils ont une longueur d’avance sur la manière de rendre la cours intéressant, tandis qu’en France je réalise que les enseignants ont le chic pour rendre cela ennuyeux. Je ne maîtrise pas quelle méthode est la plus adaptée pour imprimer des repères aux élèves (méthode interactive ludique ou méthode de cours appris et récités sans aucune perspective). Mais ce que je sais, c’est que cela semble mieux leur convenir et les rendre plus actives et plus intéressées. Je réalise aussi pourquoi beaucoup d’élèves en France se retrouvent complètement désemparés lorsqu’ils arrivent à l’Université, où l’apprentissage dépend de leur implication. Beaucoup manquent d’autonomie pour gérer leur propre parcours. Lorsque j’ai commencé mes études en psychologie, invariablement en début d’année nous étions tellement nombreux que nous avions rarement de place pour nous assoir dans les Amphis. Le résultat était qu’il suffisait d’attendre quelques semaines pour voir les cours se désemplir au point de laisser des sièges libres bien avant la fin du semestre. Bien sur, il est fort connu (de manière stéréotypée) que la culture générale des Américains n’est pas des plus éclairée. Mais à contrario, je ne suis pas sure que l’apprentissage forcé, sans grand plaisir, ne leur laisse des empreintes remarquables de son passage. Par contre, ce qui risque de rester, c’est que l’apprentissage est une contrainte, dans lequel la notion de plaisir est une étrangère. Quand je pense au plaisir que j’ai à prendre part au cours en ligne, je me dis quel gâchis. Surtout que le cours sur l’introduction à l’enseignement prône exactement le contraire : implication, partage, échanges actifs, enseignement engageant... sont les maîtres mots. J’ai appris à cette occasion que le modèle d’enseignement le plus abouti est celui de la Finlande. Pour ceux que cela intéressent...

vendredi 11 juillet 2014

Octobre 2013 : changement de décor ou simplement changement de statut


1 octobre : je ne suis plus desesprate housewife, je viens d’être promue Subtitute (prof remplaçante) dans le county de Washington. Après un long processus d’interrogation sur ce que je pourrais bien faire, sur la prise de renseignements, de contacts, l’inscription en ligne, sur le CV en anglais, sur les trois lettres de recommandation, sur la prise de contact directe, sur l’entretien (en anglais évidemment), sur l’attente de résultats d’empreintes digitales, me voila anoblie au titre de substitute. La recherche d’emploi, c’est un travail à temps plein ! Après avoir reçu mon numéro d’employée, il me suffit de m’enregistrer sur une boite vocale. Dès le soir même, j’ai un premier appel. Je ne peux pas répondre tout de suite, car je suis sur la route. Est-ce que l’on a le droit a une dérogation pour l’utilisation du portable en conduisant quand on recherche du travail ? Peut-être que si je dis que je travaille pour le service public, il y a des circonstances atténuantes, ou les lois ne s’appliquent pas de la même manière ? Mais quand je peux enfin répondre, il n’y a pas de messages. Deuxième coup de fil, le lendemain 10h, je suis sur mon vélo. Cette fois je peux répondre, mais j’ai oublié d’emporter avec moi mon précieux numéro d’immatriculation. Je crois que je vais rester à la maison devant mon téléphone... Ou alors, je vais essayer d’être un peu plus organisée : on n’a pas idée aussi de faire du vélo par une magnifique journée d’octobre, à 10h du matin... C’est sur, au prochain coup de téléphone, je serai prête pour dégainer mon téléphone, et j’aurai tous les numéros utiles à porter de main : ne jamais sortir découvert... Du coup, mon téléphone est devenu mon meilleur ami, toujours à mes côtés...

Pour la réponse après l'entretien, suite a un long processus de sélection et de vérification, j’ai reçu un simple mail un peu laconique : Good morning Coleen, your employee’s number is... Please, follow the 6 steps on the front of the pink pamphlet to activate yourself in the substitute system. (bonjour Coleen, ton numéro d'employé est le... S'il te plait, suit les 6 étapes sur le recto du dépliant rose pour activer ton inscription dans le système de remplacement). Et voila, tout est dit, c’est-à-dire l’essentiel, pas de phrases encombrante de politesse, ou de phrases d’explication longues et compliquées : L’E.S.S.E.N.T.I.E.L.

Lorsque je demande a Kris de m’aider dans la rédaction d’un courrier un peu officiel (il a quand même plus l’habitude que moi, il le pratique depuis au moins 10 ans en continue dans son boulot), il me propose de mettre des phrases de courtoisie, d’accoler mon nom de famille, d’appeler les gens par le nom de famille, mais lorsque je vois leurs réponses à eux, je ne peux m’empêcher de sourire, car tout est très simple : ils signent de leur prénom (même la directrice de l’école de ma fille), simplement un Good morning d’introduction.



Mon nouveau statut va avoir des répercussions sur l’organisation de notre vie : plus de ballades en foret le matin, Flore rentre souvent seule l’après midi de l’école, il lui faudra un portable (après l’avoir beaucoup réclamé sous le prétexte que tout le monde à l’école en a un, cela tombe bien, nous aimons nous singulariser!!! mais là, on n’a plus le choix, elle aura son téléphone), je suis obligée d’utiliser mon téléphone car lorsque je suis appelée à 8.30 pour être à l’école à 8.45 alors que je suis en train de faire le ménage et que j’ai vraiment besoin d’une douche, je préfère appeler l’école où je dois me rendre pour leur dire que je serai un peu en retard, ou lorsque je m’aperçois que je serai en retard pour mon RDV chez le periodondist (c’est l’arracheur de dents!!!) et que bien sur je n’ai pas le temps de me déplacer... Le premier appel a été assez tranquille : remplacement pendant 3 heures dans l’après-midi, d’un prof de ... instrumental music (cours avec des instruments musicaux). J’ai longtemps hésité avant de l’accepter car je me demandais bien ce que j’allais pouvoir faire, même si le message précisait : pas de qualification nécessaire. Mais c’était la première proposition, et j’avais déjà raté deux appels, alors je l’ai pris, je ne voulais pas être perçue comme trop sélective. Mais il faut savoir que lorsque l’on remplace un professeur aussi spécialisé, et qu’il y a très peu, voire aucun remplaçant aussi spécialisé, il suffit au remplaçant de savoir... allumer la TV et le lecteur DVD. J’en ai quand même profité pour me présenter aux élèves et discuter un peu de la France, ce qui les intéresse toujours. Deuxième remplacement, pour travailler dans le secteur de l’Éducation Spécialisée. Je me sens déjà beaucoup plus à l’aise. Il s’agira d’aider dans une classe d’enfants de 5 a 6 ans, très en difficultés dans les apprentissages et dans la vie quotidienne (certains en fauteuil roulant, avec peu ou aucun langage). Le lendemain changement de décors, je dois aller dans un lycée, toujours dans le domaine de l’Éducation Spécialisée. En fait, il s’agit d’aider des élèves qui suivent l’enseignement tout a fait ordinaire à leur âge mais qui ont des difficultés pour les apprentissages... Du coup, je dois les aider dans un cours de politique US : ouahh !!! Heureusement que je pourrais suivre le premier cours avec eux sans trop rien avoir à faire, seulement prendre des notes que je réutiliserai pour ceux de la classe suivante. Je vais devenir incollable sur la politique Américaine ! Les étudiants seront fascinés par le fait que je sois une prof remplaçante Française et me demandent de leur parler en français. Je pense que dans une certaine mesure cela leur confère à eux aussi par répercussion un statut privilégié d’avoir eu l’occasion de rencontrer une vraie Française, à eux qui sont trop souvent les déshérités du système de l’éducation...J’en profite pour leur faire réviser (pardon apprendre) quelques faits sur la France, telle que la Capitale, ce qui ne va pas de soi pour tous... J’ai quand même eu l’impression de faire le grand écart entre les deux journées. Be prepared !!! Finalement, j’arrive toujours à m’adapter, même si j’ai eu quelques suées froides.



Le prof remplaçant est soit accueilli comme celui avec qui les élèves vont ne rien faire ou profiter de la situation, soit comme une déception. A nous de leur prouver le contraire, et pour l’instant je crois que pour un certain nombre d’entre eux, ils aimeraient bien me voir revenir. Pour les adultes habitués à voir sans cesse de nouvelles têtes, j’ai le sentiment partagé d’être attendue mais d’être aussi une tête anonyme. Sans rien avoir à faire de plus d’être moi-même (c’est-à-dire française), je repars rarement anonyme.

Je ne chaume pas, vu que je suis appelée tous les jours pour l’instant, et à chaque fois dans différentes écoles, pour différentes situations. Il est sûr que faire des remplacements, c’est la diversité assurée. ! J’ai aussi fait connaître ma situation aux profs de Français et dans une école spécialisée. Et je sais déjà que vue ma spécialité à moi (le Français je le pratique un peu et je suis aussi psychologue dans une autre vie), ils sont ravis d’avoir enfin quelqu’un de compétent. Je sais même qu’un remplacement de longue durée de Français est à venir pour un remplacement de congé maternité. Je vais regretter la diversité et les pochettes surprises. En effet, quand le téléphone sonne pour un remplacement, c’est toujours comme une pochette surprise, on ne sait jamais sur quoi on va tomber...


Je viens de recevoir mon adresse mail du county. Cela m’en fait 4 en tout : une pour le boulot en France, one for work in the US, une pour mes amis de France, one for my friends in the US. Je suis très occupée à aller consulter chacune !!! Mais en fait, cela fait gagner du temps car les mails sont déjà en grande partie triés..

vendredi 4 juillet 2014

Septembre 2013 : le monde réinventé


Septembre 2013 sera marqué pour moi par de nombreux nouveaux projets : cours en ligne, web-site, travail par internet, préparation au travail de substitut (prof remplaçante) en perspective..

Les cours en ligne.
Afin de me préparer pour mon entretien d'embauche pour être remplaçante dans les écoles de notre county, j'ai décidé de prendre des cours sur l 'éducation. J'ai cherché des cours en ligne et j'ai trouvé un site de cours gratuits, que personnellement j'ai trouvé de grande qualité . J'avais déjà entendu parlé de ce site lors d'un reportage où Bill Clinton en parlait comme l'avenir de l'éducation aux États-Unis pour compenser le prix démesuré des études universitaires dans ce pays. Puis une amie m'avait fait passer le lien. Je me suis inscrite à une introduction sur l'éducation, un cours de psychologie sociale, un cours d'histoire sur l'humanité, un cours de psychologie générale (j'étais intéressée de voir comment les Nord Américains présentaient le métier que j’exerce depuis maintenant 16 ans). Comme il ne s'agit pas seulement de passivement suivre le cours, mais qu'il y a des devoirs à rendre, des recherches à faire, des quiz, j'ai préféré me concentrer sur ces 4 domaines, d'autant que tous ces cours sont en anglais. Pour l'instant, des 4 cours que j'ai pris (tournés vers les sciences humaines), je ressens beaucoup de militantisme humaniste du côté des enseignants. Par contre, je suis consternée de constater aussi que malgré la gratuite (on ne perd rien si on arrête), la possibilité de faire ou de ne pas faire un devoir... il y a encore des personnes qui dénigrent la formule, tout en continuant à perdre leur temps à faire le devoir, à suivre le cours, à poster des commentaires négatifs sur le forum. Lorsque quelque chose ne me convient pas, sans pour autant que cela n’enfreigne mes valeurs, I simply quite ! (j’arrête simplement) Et j'emploie mon temps plus utilement à faire autre chose. Est-ce qu'il y a du militantisme derrière leur démarche  : je veux démontrer à la terre entière la perversion de ce cours, de cet exercice ? Ou est-ce une démarche masochiste : cela ne me convient pas mais je continu pour me prouver que j'ai raison, et pour le prouver aussi aux autres en postant des commentaires?
Par contre, le militantisme humaniste, je vais m’apercevoir qu'il traverse aussi les autres cours, vu que Kris est devenu un class online addict (un drogué des cours en ligne) et que ses domaines d’intérêt sont un peu différents des miens.
C'est arrivé subrepticement, une petite dose inoculée à la fois, mais de façon répétitive. Quand est-ce que je m'en suis aperçue ? Je m'en souviens encore, c’était un sombre après-midi de septembre où je venais d'apprendre le décès d'un scientifique que je respectais beaucoup : Albert Jacquart venait de mourir ce 12 septembre 2013. Une lumière venait de s’éteindre... Je respectais cet homme, d'abord parce qu'il m'avait réconciliée avec les sciences, lui et Hubert Reeve a qui je rends vraiment hommage. Mais par-dessus tout, c'est son combat humaniste que je respectais, et sa façon tranquille mais passionnée de militer pour des causes, qui en ce début de 21eme siècle semblaient bien souvent perdues d'avance : le respect et la considération pour l'autre. Et c'est alors que tout m'est revenu en mémoire : mon cours de psychologie sociale en ligne qui m'a invitée à participer à un sondage sur mes habitudes alimentaires (pour en définitive me faire réaliser qu'il existe une anomalie entre ma pensée d'être un animals lover, un amoureux des animaux, et de manger de la viande ou du poisson et même des produits animaux, vu le sort réservé aux animaux destinés à nous nourrir!), le cours de gym de Flore qui s'est associé avec un site à propos de Kindness (gentillesse), mon cours de l'histoire de l’humanité toujours en ligne, qui défendait le théorie du développement de la maltraitance des animaux d’élevage avec l’arrivée de l'agriculture pour l'homme (l'agriculture aurait permis le développement en nombre des espèces animales, mais au détriment de la qualité de vie pour chacune des espèce, homme compris), mon devoir sur le jour de compassion, la petite vache dans le jeu de ma fille qu'il faut sauver des griffes du méchant fermier qui lui veut du mal run cow run : cours petit vache, cours (1) ... Je venais d’être prise au piège de la pensée diabolique de la compassion pour l'Autre : Homme, Animal, Végétal et tout cela sous l'ignoble prétexte d'un monde meilleur, d'un futur possible (le futur réinventé). Comment est-ce que j'ai pu me laisser manipuler par ce courant empathique ? D'autant que je ne m’étais pas méfiée car je vis quand même aujourd'hui dans un pays où les armes à feu sont en vente libre, où la quantité de viande absorbée pas habitant est très élevée, où le taux d’emprisonnement est gigantesque, où les questions de protection de l'environnement me semblaient bien secondaire. Eh bien voila, je venais d'ouvrir la deuxième porte, celle d'un autre courant de pensée qui existe aussi ici autour du respect, de la considération, de l'empathie pour tout ce qui existe autour de nous.

Mais dans les formes que prennent les campagnes de santé publique, de protection de l'environnement, de changement de comportement sur la route, d'empathie... il y a souvent l'utilisation de la culpabilité pour nous faire changer de comportement, associée bien souvent à un arrière fond d’agressivité. Dans une société qui prône le libre choix, dont le bonheur est associé aux valeurs individualistes (au moins dans les sociétés occidentales), dont la réussite se mesure au compte en banque, c'est à la responsabilité individuelle que ces campagnes vont appel pour nous sensibiliser. Si la planète va mal, c'est à cause de toi qui ne fermes pas l'eau quand tu te laves les dents ; si ta santé n'est pas bonne c'est parce que tu ne manges pas 5 fruits et légumes par jour, ; comment je peux dire en même temps que tu aimes les animaux et que tu manges de la viande, compte tenu du sort réservé aux animaux de boucherie ou de poissonnerie ? Cela a me semble-il pour effet soit de
  • culpabiliser le pauvre citoyen qui essaye de faire bien mais qui peut tout de même être tenté
  • enrager le citoyen aigri (si le monde va mal, c'est la faute des autres!)
  • laisser indifférent le citoyen pour qui le profit individuel est la valeur centrale.
Est- ce qu'il n'existe pas une voie périphérique, plus douce, moins directe et toutefois engageante ?

Les cours en ligne ont été une vraie révélation pour moi qui aime apprendre. Vous apprenez à votre rythme, confortablement installé chez vous, sans les nuisances d'un environnement peu respectueux de l'autre (je suis allée à l'université en France à une époque où il était absolument acceptable de fumer en cours, les profs en premier). Par contre, il faut une forte forme de motivation, car vous être seul pour vous motiver. Mais je pense vraiment que c'est le monde de l'éducation réinventé, car cela ouvre des perspectives nouvelles. Et je me suis mise à penser que la formation continue pourrait en bénéficier. En tant que psychologue, notre domaine d'intervention est tellement large, l'évolution des techniques suffisante pour avoir besoin d’approfondir sans cesse nos connaissances. Mais le temps manque parfois. Alors qu'avec les cours en ligne, cela devient moins contraignant, plus accessible. Je vais me mettre à proposer des cours en ligne à mon retour en France. Un web-site s'impose. Je prendrais le temps en septembre de me familiariser avec cet outil.

Pour la motivation des élèves, les cours en ligne doivent se doter de moyens. Lors d'un cours de psychologie sociale, le professeur bien équipé et entouré de gens compétents, nous a proposé (plus de 10 000 élèves de part le monde, à la fin je crois même que nous étions plus de 27 000 !!!), de nous rencontrer pour discuter de l'un des topics (sujet) du moment : la compassion. Il fallait s'inscrire sur un horaire donné et au moment choisi, nous n'avions plus qu'à ouvrir notre ordinateur , mettre le son et la caméra et nous étions connectés avec les personnes de notre groupe. J'avais choisi 10h du matin ce qui m'a permis de rencontrer des personnes en décalage horaire d'une dizaines d'heures . Quel monde fantastique ! En septembre 2013, mes pages du blog n'en étaient pas encore là bien sur, mais j'ai voulu partager un peu de cette expérience si singulière. Voilà ce que j’écrivais en septembre comme mise en bouche :
« Donnons de la couleurs à nos rencontres : ce matin, mercredi 17 septembre 2013, j'ai échangé en même temps avec Peng de Singapour, Paul de Floride, Bilal du Pakistan et Shaleila d'Inde. Quelle merveilleuse communauté humaine nous formons... si seulement l'homme pouvait s'en rendre compte!!! Encore de belles expériences en perspectives... Je vous raconterai ces rencontres multiculturelles dans les pages de septembre 2013, alors n’hésitez pas à en parler autour de vous... ». Ce que j'ai vraiment ressenti comme un miracle, c'est que nous avions dans notre groupe une personne du Pakistan et une personne d'Inde pour parler de compassion, alors que ce sont tout de même deux pays continuellement en guerre. Cela n'a pas manqué d'être discuté. De même, les âges variaient de 15 à 60 ans. N'est ce pas magnifique...

Quelques uns des messages d'introduction du jeu :
« milk is good for babies, cow babies !!! » = le lait est bon pour les bébés, les bébés des vaches !
« go vegan, save the cow » = devenez végétalien, sauver la vache
« milk, no thanks » = du lait, non merci
« cows are not food » = les vaches ne sont pas de la nourriture
Vous l'aurez compris il s'agit pour un français de renoncer au fromage, au saucisson, aux merguez, aux mâchons, et bien sur au foie gras... = mission impossible

vendredi 27 juin 2014

les accents, les sting bugs et autres réjouissantes de la rentrée scolaire


En septembre, j'ai perdu l'accent, ... ou plutôt les accents. En effet, invariablement mon accent Français me confond. Donc, ce n'est pas celui-ci que j'ai perdu, tandis que Flore elle ne l'a plus du tout et me donne des cours de prononciation, mais aussi des cours d'anglais appliqué car il paraitrait que je n’utilisasse point les bonnes formules !!! Quand les enfants surpassent leurs parents, qui garde l’autorité ?
Donc il s'agit des accents de mon clavier que j'ai perdu car j'ai un nouvel ordinateur avec un clavier Américain. Je n'avais jamais été très assidue aux cours de dactylographie en seconde, cours recommandés à l’époque par mon conseiller d'orientation extrêmement clairvoyant, qui au vu de mes notes de 3e, me prédisait une section G : Gestion et Dactylographie. A l’époque, cette section était réservée pour ceux qui ne pouvaient pas suivre les filières générales... Je n'ai jamais eu d'aussi mauvaises notes qu'en ces deux matières, alors que je pouvais pour autant être dans les 5 premières de la classe par ailleurs ! La gestion et la Dactylographie pour quelqu'un comme moi aussi peut terre a terre... Bref, mes mauvais résultats en dactylo ne m'ont jamais permis de pouvoir élever mes yeux du clavier, mais aujourd’hui je peux facilement passer d'un clavier à l'autre sans déconditionnement laborieux. Depuis que j’ai perdu l’accent, le Français s’atrophie... Comme il y à une solution à tout (ou presque), nous avons acheté des lettres Françaises auto-collantes. C’est dommage, lorsqu’elles sont arrivées, je m’étais habituée au nouvel emplacement des lettres américaines, sans doute du fait de mon incapacité persistante à enregistrer l’emplacement des lettres Française. Tous les non-apprentissages ne sont pas que des inepties...

En septembre, je me suis aussi inscrite sur mon facebook à moi : le réseau LinkedIn. Je m’étais déjà inscrite il y a quelque temps, mais mon réseau était dormant. Mais c’était avant qu'un ami de la plongée m'ait fait une invitation. Et depuis, le réseau ne cesse de me proposer de me connecter avec de nouvelles personnes. J'ai un peu rafraîchi mon profil, j'ai recommandé une ancienne collègue, j'envoie et reçois des invitations (je savais que notre livre d'adresse pouvait être facilement pirate, mais là j'en ai la preuve!). Pour autant, je l'utilise pour l'instant (à défaut de chercher du travail), comme réseau d’amitié et c'est assez sympa, cela permet de rester en contact avec des personnes qui n'utilise pas toujours les mêmes outils informatiques que moi.

Le retour annoncé des sting bug (punaises) : l’arrière saison dans le Maryland, réserve bien des surprises. Il fait encore chaud, mais sans l’humidité, ce qui fait que l’on peut vraiment en profiter. Les couleurs de la nature se travestissent des couleurs d’or, d’ogre et de sang et c’est un vrai régal visuel ! Mes tours en vélo sont a chaque fois jalonnes de rencontres inoubliables. Ce matin, dernière semaine de septembre 2013, j’ai fait de belles rencontres, comme celles qu’il devient difficile de faire de nos jours en France. J’ai rencontré plusieurs familles qui sont habituellement difficiles d’approcher, car nous ne vivons pas la même vie. Il s’agit sans aucun doute de la faute d’une méconnaissance réciproque. D’abord sans m’y attendre, j’ai rencontre une famille matriarcale, deux, trois mères et leurs enfants. Ils étaient plutôt effarouchés, je crois qu’ils n’aiment pas la société ! Puis, deux dames blanches, dont les robes pouvaient se confondre avec celle d’une mariée. C’est seulement plus loin que j’ai vu l’époux qui semblaient bien peu soucieux de ces dames. Les couleurs de son costume a lui étaient magnifiques, on sait dans la famille qui porte les couleurs... Puis une famille élargie, d’au moins une vingtaine d’individus. Difficile de les distinguer, tant leurs habits se ressemblent. Et au contraire de la famille précédente, c’est le gris qui domine ici. A voir leur excitation et leur empressement, on aurait dit qu’ils se préparaient pour thanksgiving ! La première famille était une famille de biches. J’ai revu très souvent sur ce parcours quelques individus isolés depuis, mais toute une famille... les dames blanches et le mâle colorés étaient des paons, et le groupe de 20, des dindons (qui sont dégustés en met privilégié sur les tables de thanksgiving). Eh bien sur, cela ne tenait pas compte des écureuils endémiques, des chenilles prédicatrices du temps en hiver (selon la taille du noir sur leur robe!!!!) et qui participent à l’explosion de couleurs en Automne, des vaches tellement curieuses qui me regardent passer comme si elle n’avait jamais vu un vélo... Que la nature est généreuse, comment peut-elle encore nous pardonner, nous qui en prenons si peu soin... Je crois que je vais rechercher une organisation non-gouvernementale à laquelle je pourrais adhérer et qui prône le respect de l’environnement de la nature et des animaux... à l’exception des moustiques et des sting bugs (punaises). J’ai déjà parlé de notre douloureuse co-habitation non pacifiste avec les moustiques l’été. Maintenant ils ont dû immigrer, car ils nous laissent enfin profiter de la terrasse. Mais en cette saison, c’est le retour des Sting bug qui nous menacent... Ils cherchent refuge dans les maisons, et nous disputent les endroits bien chauffés par le soleil. On a vraiment l’impression qu’il y en a de plus en plus. Le seul moyen de s’en débarrasser c’est de leur offrir un séjour dans un hôtel avec piscine, ou plutôt de les plonger dans une jar remplie d’eau. Je suis habituellement un animal lover (amoureux des animaux) mais avec ces deux espèces, je ne sais plus trop. J’ai essayé de rechercher leur utilité. Pas facile. Par contre, voila ce que j’ai trouvé d'intéressant : « Some authorities argue accordingly that mosquitoes are the most dangerous animals on Earth »  Wikipedia (certaines autorités s’accordent a reconnaître que le moustique est l’animal le plus dangereux sur terre!!!) Le moustiques tue plus que le requin, et si le sting bug ne tue pas, il est capable de s’enrouler d’une odeur très désagréable. J’ai l’habitude de penser que l’existence de chacun à une utilité sur terre et que si l’homme a pu apparaître et évoluer aujourd’hui c’est grâce à une combinaison de plusieurs micro et macro évènements et c’est aussi le résultat d’un équilibre entre les espèces. Alors peut-être que le moustique est encore sur terre aujourd’hui, c’est pour rappeler que même ce qui pourrait paraître la plus petite insignifiante action, peut avoir de grandes conséquences: « If you think you're too small to have an impact, try going to bed with a mosquito » (1) ("si tu penses que tu es trop petit pour avoir un impact, essaye d’aller au lit avec un moustique", selon le principe de la théorie du chaos à propos du principe énoncé en 1972 par Lorenz : « Prédictibilité : le battement d'ailes d'un papillon au Brésil provoque-t-il une tornade au Texas ? (2) » ).
(2) En 1972, Lorenz fait une conférence à l'American Association for the Advancement of Science intitulée23: « Predictability: Does the Flap of a Butterfly's Wings in Brazil Set off a Tornado in Texas? » http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_chaos

vendredi 20 juin 2014

Septembre 2013 : une histoire qui se renouvelle (histoire qui se répète ou une nouvelle aventure qui commence ?)


Après une première année ici, cela nous donne une impression de « déjà vu ». On commence à avoir une assez bonne vue de ce qu'il y a à faire d’intéressants, les bons magasins, restaurants, activités... Restera-t-il des choses a découvrir ? En un an, nous avons sans doute autant fait qu'en 10 ans pour certains, mais le temps nous ai compté. Ce "déjà vu" nous donne toutefois une impression de sérénité, tranquillité, l'urgence est passée. Sans doute qu'une troisième année serait ennuyeuse, mais la deuxième année, c'est surtout du bonheur d'avoir des repères, mais encore des choses à faire, et de pouvoir passer à la fois à la vitesse supérieure (trouver un travail, prendre des cours en lignes, voyager toujours plus loin) à un rythme moins effréné.

Ce qui ne change pas, ce sont les activités liés à la vie quotidienne, ici principalement la tondeuse et le ménage. Avec la tondeuse, l'habitude a prit le pas sur la recherche et la vraiment je m'ennuie sur mon tracteur à pédale. Alors, je suis moins attentive aux pierres, à la géométrie régulière... « Quand le sens disparaît, il reste l'essence de l'ennui ». Je me demande comment mes voisins font avec cette théorie, eux qui tondent en moyenne deux fois par semaine, ce qui permet de ne pas couper trop court pour ne pas avoir une pelouse qui ressemble à un champ de foin.... Je réalise qu'avec mes activités de recherche des fonctions ergonomiques du matériel d'entretien des surfaces, le même ennui s'est installé. La seule activité de recherche que je continue encore aujourd'hui avec entrain est celle des meilleurs lieux pour les activités. Nous venons de découvrir après un an de recherches intenses (6 lieux explorés) un centre équestre qui convient bien a Flore : on change de cheval (l'habitude ne s'installe pas!), les cours se font en groupe (les copines), c'est fun (amusant) et en même temps on apprend... = l’idéal ! J'ai aussi trouvé des fermes pour prendre directement les fruits et légumes = c'est le goût retrouvé !

Le début de l'année scolaire sera toutefois marqué par un changement important : l'entrée au middle school (collège) de Flore. Je viens de lire sur le journal que le Maryland est l’État avec le meilleure taux de réussite scolaire, et cela depuis 5 ans. En même temps, je me suis toujours demandée ce que l'on mesurait ainsi : le niveau des élèves en Maths et dans la langue du pays ? (merci pour toutes les autres matières!). Le niveau de réussite aux examens ? Le niveau de réussite dans le monde professionnel ? Le niveau de réussite de sa vie ?

Au collège, Flore va rencontrer une nouvelle organisation : les horaires de repas à 10h40 AM, les cours de langue sur un 1/4 d’année tous les jours, alors que la chorale est toute l’année tous les deux jours. Or pour l’un comme pour l’autre c’est la répétition régulièrement qui compte. Comment est-il possible d’apprendre une langue vivante pendant un 1/4 d’année et ne plus en refaire pendant 3/4 de l’année ? Quand je pense qu’en France, les élèves sont amenés à pratiquer leur première langue vivante 3h par semaine pendant au moins 7 ans, si l’on va jusqu’au bac! Mais il y a aussi les changements de classes à tous les cours, des profs différents pour chaque matière, la suppression des récré, l'intérêt grandissant pour les relations amoureuses, le transfert des amitiés lié au changement de comportement de certains avec l'entrée dans la puberté...

Les heures de colle au collège : je suis sûre que vous vous rappelez de ces foutues heures de colle (excuse my language! = pardonnez mon langage) qui nous faisait rester plus longtemps au collège, à faire des choses idiotes, sous le regard sadique des Sur-Ges (surveillants générale qui ont pris depuis l’élégant nom de Conseiller d’Éducation, j’espère que leur élégance leur à fait perdre leur sadisme!). Ici, c'est appelé « detention ». On ne rigole pas avec la discipline aux États-Unis ! Plus tard j’aurais à faire un remplacement dans un collège et l’une de mes fonctions sera de faire le remplacement du temps de repas de la personne en charge de la salle de détention : le sadisme n’est pas perdu. Comme je n’étais pas habituée, je me suis mise à discuter avec les élèves sur les raisons de leur venue ici : au départ, ils ont tous exprimés leur colère, l’injustice, leur rage, puis petit à petit, car je pense je ne les jugeais pas, ils se sont mis à parler plus tranquillement et en fin de période, la salle était parfaitement calme. Mais depuis que je suis devenue prof à part entière, je dois reconnaître que j'ai utilisé cette détention car parfois vous avez le choix entre l'impossibilité d'enseigner ou signifier à un élève que sa place n'est pas dans la classe... J'aurai sans doute à expliquer comment certains élèves se sont comportés pendant la classe, mais nous attendrons ma nomination officielle en tant que prof.

Une autre rencontre inédite en ce renouvèlement d'année : pour la première fois, je me suis retrouvée dans un magasin d'armes. Non, vous ne vous trompez pas, moi qui suis pacifiste, me voila dans un magasin d'armes. En fait je voulais acheter une paire de jumelles. Après notre séjour au Yellow Stone, nous trouvions que les nôtres n'étaient pas assez puissantes. Les jumelles susdites se trouvaient au rayon sport du magasin général national, au milieu des cannes à pèche et autres armes. J'ai commencé par penser que c’était des jouets (il y avaient des fusils roses, et des mitraillettes qui pouvaient faire penser à des jouets), mais à ce prix là, je suis vite revenue à la réalité. Même dans un magasin général de base, vous trouver des armes, pas d'alcool car nous sommes dans le Maryland, mais des armes à feu, c'est possible. Je dois avouer que les jumelles ont eu un drôle de goût. D’ailleurs, je ne les ai pas acheté, là. Je crois que j’étais arrivée à un point ou je trouvais un peu exagéré le discours sur les armes à feu aux États-Unis par les autres pays, car je n'en avais jamais vu personnellement et j’étais ici depuis un an. Mais je pense que c'est parce que inconsciemment, pour ne pas troubler mon intégration sans doute, j'ai évité la confrontation à cette réalité. Comment est-ce que s'est accepté, il s'agit quand même d'un magasin ou l'on trouve aussi du matériel scolaire, des jouets, des couches... Et je peux vous assurer que les personnes à ce rayon n'avaient rien en commun avec moi. Je me suis sentie déplacée, en minorité.
Je n'avais jamais remarqué les armes a feu, mais j'avais déjà ressenti l’atmosphère plus violente ici. Au pénitencier de Philadelphie, j'ai été choquée de voir les statistiques comparées entre les pays sur le taux de détention :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_taux_de_d%C3%A9tention) ;
Bien sur, la peine de mort reste en vigueur dans de nombreux États (comment justifier faire à un autre ce que justement on l'accuse d'avoir fait lui-même : mais bien sur les circonstances ne sont pas les mêmes, il y en a un qui a la loi avec lui, sauf que l'on oublie que les lois sont dictées par les hommes et que selon les époques ou les lieux, elles peuvent être diamétralement opposées). En écoutant un reportage sur le sort réservé à des pirates informatiques, le présentateur s'amusait à dire que lorsqu'il avait présenté la peine des jeunes arrêtés pour avoir récupéré des numéros de cartes bancaires, en Europe on trouvait que c’était une peine trop lourde et aux États-Unis pas assez lourde, pour la même peine... Je suis personnellement convaincue que la violence engendre la violence, il n'y a qu'à voir des enfants qui reçoivent la fessée et qui sont plus enclin à la donner à leur tour... aux plus petits qu'eux même, car ils ont bien compris la loi du plus fort !!!. Et d'autre part, les pays qui appliquent la peine de mort n'ont pas moins de délinquance que ceux qui ne l'appliquent pas, tout cela sans pour autant prôner un régime permissif car la nature humaine n'est pas toute blanche et les circonstances de vie peuvent parfois être violentes, avec des conséquences sur le comportement des hommes qui les subissent, ce qui bien sur n’excuse pas tout.

vendredi 13 juin 2014

Août 2013 : troisième virée estivale : free and Healthy


J'ai toujours eu plaisir a lire les guides touristiques surtout... à mon retour de vacances. Ce n'est sans doute pas la meilleure façon d'organiser ses voyages, ses excursions, mais a notre retour c'est comme si tout ce qui était dit dans ces guides prenaient sens. Alors qu'avant le départ, j'ai du mal à me projeter, à me représenter les meilleures options, à calculer. A notre retour par contre, je suis au top, prête a écrire un guide moi-même. Mais il faut reconnaître que ce principe ne nous permet pas toujours d'optimiser notre séjour, et nous pouvons passer à côté de quelques bons plans. De toute façon, c'est aussi vrai lorsque la planification est optimum car par essence, le guide ne peut pas tout prévoir, il est fait pour répondre aux attentes d'un maximum de personnes avec lesquelles je ne partage pas toujours les mêmes intérêts. Alors, j'essaye de trouver les quelques renseignements indispensables qui permettent d'assurer l'essentiel, puis les quelques trucs qui correspondent à nos attentes, mais aussi la plupart du temps, je demande l'avis d'autres personnes qui y sont déjà allées (en triant car là encore, nos centres d’intérêt ne sont pas toujours les mêmes, à part peut-être lorsque vous allez au Yellow Stone, ou si vous n'y allez pas pour la nature et la vie sauvage, il y a assez peu d’intérêts!).

Avec nos déplacements de l’été, je ne cesse d’être surprise par les différences entre les États : alcool, règles sur les routes, ouverture des magasins, vitesse maximum, les magasins sont différents aussi et nous ne retrouvons les marques auxquelles nous sommes attaches, sauf pour le Walmart national, l’équivalent de notre Au pré Français ou encore de notre Intersection national. Certains États prônent la responsabilité individuelle au profit de la responsabilité collective : le port du casque n'est pas obligatoire en Floride pour rouler en moto sous l’idée que « ta vie t'appartient ! ». Il y a donc beaucoup de monde qui n'en porte pas. Ce qui tend a faire penser que sans règle collective, la responsabilité individuelle n'est pas toujours très efficace ! Il y a des États (surtout Nord de la côte Est), ou magasins d'alimentation et magasins pour l'alcool sont séparés (c'est l'une des rares traces de catégorisation, vu que dans le même magasin d'alimentation, on peut trouver des armes a feu !). Mais la consommation excessive d'alcool ne semble pas souffrir de cette différentiation.
Mais dans un pays aussi vaste (le troisième en superficie après la Russie, et le Canada ; le 4e en population après la Chine, L'Inde et la Communauté Européenne), comment concilier les intérêts, les préoccupations, les aspirations de chacun?

Malgré une bonne année de vie ici, je me laisse encore surprendre par des détails d’organisation que je n’avais fait qu’effleurer, et parfois même, je ne les avais pas remarqués. Je viens de réaliser que les numéros de sorties sur l’autoroute, correspondent aux miles sur lequel se situe la sortie et non une suite logique de sortie (sortie 1, sortie 2...). Vous pouvez donc avoir la sortie 29, puis passer a la 32 pour la suivante, ce qui veut dire qu’elles sont séparées de 3 miles. Et lorsqu’elles ne sont pas plus éloignées d’un mile, alors, il y a la sortie 32A et la sortie 32B. Ce n’est peut-être pas aussi crucial comme information que de savoir trouver un dentiste, mas cela peut quand même servir. Et puis j’avoue, que j’ai eu l’impression d’être un peu bête de réaliser une chose aussi simple et aussi fréquente dans notre vie, seulement au bout d’un an. Je crois que mon esprit a du mal à lâcher ses conditionnements... Mais en même temps, cela donne l’impression d’avoir encore de nombreuses choses à découvrir (apprendre, c’est rester jeune!!!)..

Au mois d’Août, nous avons expérimenté une nouvelle façon de voyager  : le bus a étage pour visiter une ville. J'ai toujours perçu ces bus comme l'antichambre du déclin culturel, pratique mais à réserver quand les jambes ne peuvent plus nous porter. Sauf qu'il faut bien dire qu’après avoir visité Washington près d'une dizaine de fois, toujours aux mêmes endroits car sinon les distances sont des remparts pour aller plus loin, le bus à étage est devenu une option (peut-être aussi faut-il l'avouer pour trouver plus d’enthousiasme chez Flore). Eh bien, j'ai été bluffée. C'est vraiment pratique, bien fait et cela nous a permis non pas de reposer nos jambes, mais d'aller explorer d'autres continents inaccessibles : le Capitol, le cimetière d'Arlington, le Pentagone, tout en allant toujours voir la maison blanche, le Mall, un musée. En fait cela ne diminue pas la fatigue, mais augmente l’étendue de la découverte. Nous avons même entendu parler d'un bus amphibie (quack bus http://www.dctours.us/?event=offer.detail&offerId=18498) qui explore les dessus et les dessous d'une ville (ou plutôt vue du sol et vue de l'eau). A réserver toutefois pour les enfants qui ne cherchent pas à descendre à chaque arrêt pour prendre des photos, car il n'y a pas d’arrêt, justement.

Avec nos amis de France, nous sommes retournes à NYC. The big apple est loin d'être pourrie, et nous réserve encore de bonnes surprises. Il y a encore des choses à explorer, des univers à découvrir. Notre devise à NYC concernant ce voyage aurait pu être : free and Healthy !
- Free (gratuit) :
  • le bateau qui fait toutes les demi-heures la traversée de Manhattan a Staten Island, en passant juste devant la statue de la liberté (pour ceux qui l'on déjà vue ou qui préfère privilégier d'autres arrêts).
  • La messe de Gospel le dimanche matin à Harlem
  • un ressourcement naturel a central parc
  • la vue exceptionnelle de Manhattan du pont de Brooklyn
- Healthy (sain) :
  • les vendeurs ambulants de smoothies à tous les coins de rue ( au point qu'ils risquent de détrôner les vendeurs du traditionnel hotdog, ou du prezzel géant!)
  • la marche intensive pour tout voir en trois jours (healthy and free!)
  • la piscine au 27 e étage de notre Hôtel en plein cœur de Manhattan (healthy mais far from free : loin d'etre gratuit)
Attention : aux USA le froid polaire s'exporte aussi sur les boissons. Si vous ne précisez pas without ice (sans glacons), vous êtes sûre de vous retrouver avec une boisson Antartica, c'est à dire couverte d'icebergs. Mais comme la fonte des glaces est prévue dans les 10 minutes compte tenu du réchauffement climatique, vous risquer une montée du niveau des eaux, et les terres submergées. Mais surtout, vous risquer de trouver votre boisson trop froide (et sans glace, elle est vraiment trop chaude, alors préférer la formule : not too much ice please, pas trop de glacon, SVP). Le pire, c'est qu'en hiver... c'est pareil !!!

vendredi 6 juin 2014

Août 2013 : la France endormie


Le mois d’août : la France endormie, peu de mails, peu de Skype partie, peu de personnes connectées... à moins que ce soit nous qui soyons moins disponibles, moins en manque de relations avec la France...
L’été apporte tous les ingrédients d'un bon ressourcement. En France, le mois d’août est le mois de la méditation... Je coupe internet, et je me ressource...

D'ailleurs, j'ai tenté une expérience avec nos amis Français qui suivent le blog. Nous avions rapporté dans nos bagages de France des cahiers de vacances pour travailler le français et suivre l’évolution du programme de manière plus intéressante, moins formelle. C'est la première année que j'en achète car je n'ai jamais été très favorable au travail scolaire l’été (l'apprentissage peut tellement prendre d'autres formes !). Mais l’expérience de l’année précédente avec le cahier de français traditionnel ne m'avait pas convaincue et il faut bien garder les connaissances actives (qui se souvient ce que c'est qu'un attribut du sujet, qu'une phrase relative... programme CM2). Cela a été l'occasion de découvrir des cahiers très bien fait, avec des exercices plus adaptés à la vraie vie (même s'il faut bien avouer que nous n'utilisons pas la notion de l’attribut du sujet, tous les jours!), ils permettent aussi une plus grande autonomie de l'enfant car cela est rédigé dans un Français compréhensible pour un enfant de 10 ans, il y a un aide mémoire et un cahier de corrections (heureusement car sinon, je ne suis pas sûre que j'aurai pu corriger avec autant d’acuité !). Nous avons même eu l'occasion de trouver des cahiers organisés sous forme d’énigmes, vraiment très bien faits. Alors, nous en avons achetés 7 (du CM2 a la 6e et de la 6e a la 5e), et aussi deux cahiers de jeux. Pour les cahiers de vacances, hip pip pip ... hourra ! Et voila qu'au mois d’août, je me suis amusée sur le blog a voir comment les adultes réagiraient aux cahiers de vacances. Alors j'ai posé une question relative à un post précédent sur les devises des États que l'on trouve sur les plaque d'immatriculation, il s'agissait de celle du Maryland, et j'ai posté la question à la manière Américaine sous forme de Quiz. Je n'ai eu que deux réponses ! Mais il est vrai qu'au mois d’août, on passe plus de temps sur la plage que sur son ordinateur ! Pour les cahiers de vacances au mois d’août : ouh ouh !!!

D’ailleurs comme moi aussi je suis Française, au mois d’août mon post sera plus court (même si vous le lirez à un autre mois). Il ne faudrait pas que ce soit toujours les mêmes qui...