Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 4 juillet 2014

Septembre 2013 : le monde réinventé


Septembre 2013 sera marqué pour moi par de nombreux nouveaux projets : cours en ligne, web-site, travail par internet, préparation au travail de substitut (prof remplaçante) en perspective..

Les cours en ligne.
Afin de me préparer pour mon entretien d'embauche pour être remplaçante dans les écoles de notre county, j'ai décidé de prendre des cours sur l 'éducation. J'ai cherché des cours en ligne et j'ai trouvé un site de cours gratuits, que personnellement j'ai trouvé de grande qualité . J'avais déjà entendu parlé de ce site lors d'un reportage où Bill Clinton en parlait comme l'avenir de l'éducation aux États-Unis pour compenser le prix démesuré des études universitaires dans ce pays. Puis une amie m'avait fait passer le lien. Je me suis inscrite à une introduction sur l'éducation, un cours de psychologie sociale, un cours d'histoire sur l'humanité, un cours de psychologie générale (j'étais intéressée de voir comment les Nord Américains présentaient le métier que j’exerce depuis maintenant 16 ans). Comme il ne s'agit pas seulement de passivement suivre le cours, mais qu'il y a des devoirs à rendre, des recherches à faire, des quiz, j'ai préféré me concentrer sur ces 4 domaines, d'autant que tous ces cours sont en anglais. Pour l'instant, des 4 cours que j'ai pris (tournés vers les sciences humaines), je ressens beaucoup de militantisme humaniste du côté des enseignants. Par contre, je suis consternée de constater aussi que malgré la gratuite (on ne perd rien si on arrête), la possibilité de faire ou de ne pas faire un devoir... il y a encore des personnes qui dénigrent la formule, tout en continuant à perdre leur temps à faire le devoir, à suivre le cours, à poster des commentaires négatifs sur le forum. Lorsque quelque chose ne me convient pas, sans pour autant que cela n’enfreigne mes valeurs, I simply quite ! (j’arrête simplement) Et j'emploie mon temps plus utilement à faire autre chose. Est-ce qu'il y a du militantisme derrière leur démarche  : je veux démontrer à la terre entière la perversion de ce cours, de cet exercice ? Ou est-ce une démarche masochiste : cela ne me convient pas mais je continu pour me prouver que j'ai raison, et pour le prouver aussi aux autres en postant des commentaires?
Par contre, le militantisme humaniste, je vais m’apercevoir qu'il traverse aussi les autres cours, vu que Kris est devenu un class online addict (un drogué des cours en ligne) et que ses domaines d’intérêt sont un peu différents des miens.
C'est arrivé subrepticement, une petite dose inoculée à la fois, mais de façon répétitive. Quand est-ce que je m'en suis aperçue ? Je m'en souviens encore, c’était un sombre après-midi de septembre où je venais d'apprendre le décès d'un scientifique que je respectais beaucoup : Albert Jacquart venait de mourir ce 12 septembre 2013. Une lumière venait de s’éteindre... Je respectais cet homme, d'abord parce qu'il m'avait réconciliée avec les sciences, lui et Hubert Reeve a qui je rends vraiment hommage. Mais par-dessus tout, c'est son combat humaniste que je respectais, et sa façon tranquille mais passionnée de militer pour des causes, qui en ce début de 21eme siècle semblaient bien souvent perdues d'avance : le respect et la considération pour l'autre. Et c'est alors que tout m'est revenu en mémoire : mon cours de psychologie sociale en ligne qui m'a invitée à participer à un sondage sur mes habitudes alimentaires (pour en définitive me faire réaliser qu'il existe une anomalie entre ma pensée d'être un animals lover, un amoureux des animaux, et de manger de la viande ou du poisson et même des produits animaux, vu le sort réservé aux animaux destinés à nous nourrir!), le cours de gym de Flore qui s'est associé avec un site à propos de Kindness (gentillesse), mon cours de l'histoire de l’humanité toujours en ligne, qui défendait le théorie du développement de la maltraitance des animaux d’élevage avec l’arrivée de l'agriculture pour l'homme (l'agriculture aurait permis le développement en nombre des espèces animales, mais au détriment de la qualité de vie pour chacune des espèce, homme compris), mon devoir sur le jour de compassion, la petite vache dans le jeu de ma fille qu'il faut sauver des griffes du méchant fermier qui lui veut du mal run cow run : cours petit vache, cours (1) ... Je venais d’être prise au piège de la pensée diabolique de la compassion pour l'Autre : Homme, Animal, Végétal et tout cela sous l'ignoble prétexte d'un monde meilleur, d'un futur possible (le futur réinventé). Comment est-ce que j'ai pu me laisser manipuler par ce courant empathique ? D'autant que je ne m’étais pas méfiée car je vis quand même aujourd'hui dans un pays où les armes à feu sont en vente libre, où la quantité de viande absorbée pas habitant est très élevée, où le taux d’emprisonnement est gigantesque, où les questions de protection de l'environnement me semblaient bien secondaire. Eh bien voila, je venais d'ouvrir la deuxième porte, celle d'un autre courant de pensée qui existe aussi ici autour du respect, de la considération, de l'empathie pour tout ce qui existe autour de nous.

Mais dans les formes que prennent les campagnes de santé publique, de protection de l'environnement, de changement de comportement sur la route, d'empathie... il y a souvent l'utilisation de la culpabilité pour nous faire changer de comportement, associée bien souvent à un arrière fond d’agressivité. Dans une société qui prône le libre choix, dont le bonheur est associé aux valeurs individualistes (au moins dans les sociétés occidentales), dont la réussite se mesure au compte en banque, c'est à la responsabilité individuelle que ces campagnes vont appel pour nous sensibiliser. Si la planète va mal, c'est à cause de toi qui ne fermes pas l'eau quand tu te laves les dents ; si ta santé n'est pas bonne c'est parce que tu ne manges pas 5 fruits et légumes par jour, ; comment je peux dire en même temps que tu aimes les animaux et que tu manges de la viande, compte tenu du sort réservé aux animaux de boucherie ou de poissonnerie ? Cela a me semble-il pour effet soit de
  • culpabiliser le pauvre citoyen qui essaye de faire bien mais qui peut tout de même être tenté
  • enrager le citoyen aigri (si le monde va mal, c'est la faute des autres!)
  • laisser indifférent le citoyen pour qui le profit individuel est la valeur centrale.
Est- ce qu'il n'existe pas une voie périphérique, plus douce, moins directe et toutefois engageante ?

Les cours en ligne ont été une vraie révélation pour moi qui aime apprendre. Vous apprenez à votre rythme, confortablement installé chez vous, sans les nuisances d'un environnement peu respectueux de l'autre (je suis allée à l'université en France à une époque où il était absolument acceptable de fumer en cours, les profs en premier). Par contre, il faut une forte forme de motivation, car vous être seul pour vous motiver. Mais je pense vraiment que c'est le monde de l'éducation réinventé, car cela ouvre des perspectives nouvelles. Et je me suis mise à penser que la formation continue pourrait en bénéficier. En tant que psychologue, notre domaine d'intervention est tellement large, l'évolution des techniques suffisante pour avoir besoin d’approfondir sans cesse nos connaissances. Mais le temps manque parfois. Alors qu'avec les cours en ligne, cela devient moins contraignant, plus accessible. Je vais me mettre à proposer des cours en ligne à mon retour en France. Un web-site s'impose. Je prendrais le temps en septembre de me familiariser avec cet outil.

Pour la motivation des élèves, les cours en ligne doivent se doter de moyens. Lors d'un cours de psychologie sociale, le professeur bien équipé et entouré de gens compétents, nous a proposé (plus de 10 000 élèves de part le monde, à la fin je crois même que nous étions plus de 27 000 !!!), de nous rencontrer pour discuter de l'un des topics (sujet) du moment : la compassion. Il fallait s'inscrire sur un horaire donné et au moment choisi, nous n'avions plus qu'à ouvrir notre ordinateur , mettre le son et la caméra et nous étions connectés avec les personnes de notre groupe. J'avais choisi 10h du matin ce qui m'a permis de rencontrer des personnes en décalage horaire d'une dizaines d'heures . Quel monde fantastique ! En septembre 2013, mes pages du blog n'en étaient pas encore là bien sur, mais j'ai voulu partager un peu de cette expérience si singulière. Voilà ce que j’écrivais en septembre comme mise en bouche :
« Donnons de la couleurs à nos rencontres : ce matin, mercredi 17 septembre 2013, j'ai échangé en même temps avec Peng de Singapour, Paul de Floride, Bilal du Pakistan et Shaleila d'Inde. Quelle merveilleuse communauté humaine nous formons... si seulement l'homme pouvait s'en rendre compte!!! Encore de belles expériences en perspectives... Je vous raconterai ces rencontres multiculturelles dans les pages de septembre 2013, alors n’hésitez pas à en parler autour de vous... ». Ce que j'ai vraiment ressenti comme un miracle, c'est que nous avions dans notre groupe une personne du Pakistan et une personne d'Inde pour parler de compassion, alors que ce sont tout de même deux pays continuellement en guerre. Cela n'a pas manqué d'être discuté. De même, les âges variaient de 15 à 60 ans. N'est ce pas magnifique...

Quelques uns des messages d'introduction du jeu :
« milk is good for babies, cow babies !!! » = le lait est bon pour les bébés, les bébés des vaches !
« go vegan, save the cow » = devenez végétalien, sauver la vache
« milk, no thanks » = du lait, non merci
« cows are not food » = les vaches ne sont pas de la nourriture
Vous l'aurez compris il s'agit pour un français de renoncer au fromage, au saucisson, aux merguez, aux mâchons, et bien sur au foie gras... = mission impossible

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