Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 20 juin 2014

Septembre 2013 : une histoire qui se renouvelle (histoire qui se répète ou une nouvelle aventure qui commence ?)


Après une première année ici, cela nous donne une impression de « déjà vu ». On commence à avoir une assez bonne vue de ce qu'il y a à faire d’intéressants, les bons magasins, restaurants, activités... Restera-t-il des choses a découvrir ? En un an, nous avons sans doute autant fait qu'en 10 ans pour certains, mais le temps nous ai compté. Ce "déjà vu" nous donne toutefois une impression de sérénité, tranquillité, l'urgence est passée. Sans doute qu'une troisième année serait ennuyeuse, mais la deuxième année, c'est surtout du bonheur d'avoir des repères, mais encore des choses à faire, et de pouvoir passer à la fois à la vitesse supérieure (trouver un travail, prendre des cours en lignes, voyager toujours plus loin) à un rythme moins effréné.

Ce qui ne change pas, ce sont les activités liés à la vie quotidienne, ici principalement la tondeuse et le ménage. Avec la tondeuse, l'habitude a prit le pas sur la recherche et la vraiment je m'ennuie sur mon tracteur à pédale. Alors, je suis moins attentive aux pierres, à la géométrie régulière... « Quand le sens disparaît, il reste l'essence de l'ennui ». Je me demande comment mes voisins font avec cette théorie, eux qui tondent en moyenne deux fois par semaine, ce qui permet de ne pas couper trop court pour ne pas avoir une pelouse qui ressemble à un champ de foin.... Je réalise qu'avec mes activités de recherche des fonctions ergonomiques du matériel d'entretien des surfaces, le même ennui s'est installé. La seule activité de recherche que je continue encore aujourd'hui avec entrain est celle des meilleurs lieux pour les activités. Nous venons de découvrir après un an de recherches intenses (6 lieux explorés) un centre équestre qui convient bien a Flore : on change de cheval (l'habitude ne s'installe pas!), les cours se font en groupe (les copines), c'est fun (amusant) et en même temps on apprend... = l’idéal ! J'ai aussi trouvé des fermes pour prendre directement les fruits et légumes = c'est le goût retrouvé !

Le début de l'année scolaire sera toutefois marqué par un changement important : l'entrée au middle school (collège) de Flore. Je viens de lire sur le journal que le Maryland est l’État avec le meilleure taux de réussite scolaire, et cela depuis 5 ans. En même temps, je me suis toujours demandée ce que l'on mesurait ainsi : le niveau des élèves en Maths et dans la langue du pays ? (merci pour toutes les autres matières!). Le niveau de réussite aux examens ? Le niveau de réussite dans le monde professionnel ? Le niveau de réussite de sa vie ?

Au collège, Flore va rencontrer une nouvelle organisation : les horaires de repas à 10h40 AM, les cours de langue sur un 1/4 d’année tous les jours, alors que la chorale est toute l’année tous les deux jours. Or pour l’un comme pour l’autre c’est la répétition régulièrement qui compte. Comment est-il possible d’apprendre une langue vivante pendant un 1/4 d’année et ne plus en refaire pendant 3/4 de l’année ? Quand je pense qu’en France, les élèves sont amenés à pratiquer leur première langue vivante 3h par semaine pendant au moins 7 ans, si l’on va jusqu’au bac! Mais il y a aussi les changements de classes à tous les cours, des profs différents pour chaque matière, la suppression des récré, l'intérêt grandissant pour les relations amoureuses, le transfert des amitiés lié au changement de comportement de certains avec l'entrée dans la puberté...

Les heures de colle au collège : je suis sûre que vous vous rappelez de ces foutues heures de colle (excuse my language! = pardonnez mon langage) qui nous faisait rester plus longtemps au collège, à faire des choses idiotes, sous le regard sadique des Sur-Ges (surveillants générale qui ont pris depuis l’élégant nom de Conseiller d’Éducation, j’espère que leur élégance leur à fait perdre leur sadisme!). Ici, c'est appelé « detention ». On ne rigole pas avec la discipline aux États-Unis ! Plus tard j’aurais à faire un remplacement dans un collège et l’une de mes fonctions sera de faire le remplacement du temps de repas de la personne en charge de la salle de détention : le sadisme n’est pas perdu. Comme je n’étais pas habituée, je me suis mise à discuter avec les élèves sur les raisons de leur venue ici : au départ, ils ont tous exprimés leur colère, l’injustice, leur rage, puis petit à petit, car je pense je ne les jugeais pas, ils se sont mis à parler plus tranquillement et en fin de période, la salle était parfaitement calme. Mais depuis que je suis devenue prof à part entière, je dois reconnaître que j'ai utilisé cette détention car parfois vous avez le choix entre l'impossibilité d'enseigner ou signifier à un élève que sa place n'est pas dans la classe... J'aurai sans doute à expliquer comment certains élèves se sont comportés pendant la classe, mais nous attendrons ma nomination officielle en tant que prof.

Une autre rencontre inédite en ce renouvèlement d'année : pour la première fois, je me suis retrouvée dans un magasin d'armes. Non, vous ne vous trompez pas, moi qui suis pacifiste, me voila dans un magasin d'armes. En fait je voulais acheter une paire de jumelles. Après notre séjour au Yellow Stone, nous trouvions que les nôtres n'étaient pas assez puissantes. Les jumelles susdites se trouvaient au rayon sport du magasin général national, au milieu des cannes à pèche et autres armes. J'ai commencé par penser que c’était des jouets (il y avaient des fusils roses, et des mitraillettes qui pouvaient faire penser à des jouets), mais à ce prix là, je suis vite revenue à la réalité. Même dans un magasin général de base, vous trouver des armes, pas d'alcool car nous sommes dans le Maryland, mais des armes à feu, c'est possible. Je dois avouer que les jumelles ont eu un drôle de goût. D’ailleurs, je ne les ai pas acheté, là. Je crois que j’étais arrivée à un point ou je trouvais un peu exagéré le discours sur les armes à feu aux États-Unis par les autres pays, car je n'en avais jamais vu personnellement et j’étais ici depuis un an. Mais je pense que c'est parce que inconsciemment, pour ne pas troubler mon intégration sans doute, j'ai évité la confrontation à cette réalité. Comment est-ce que s'est accepté, il s'agit quand même d'un magasin ou l'on trouve aussi du matériel scolaire, des jouets, des couches... Et je peux vous assurer que les personnes à ce rayon n'avaient rien en commun avec moi. Je me suis sentie déplacée, en minorité.
Je n'avais jamais remarqué les armes a feu, mais j'avais déjà ressenti l’atmosphère plus violente ici. Au pénitencier de Philadelphie, j'ai été choquée de voir les statistiques comparées entre les pays sur le taux de détention :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_taux_de_d%C3%A9tention) ;
Bien sur, la peine de mort reste en vigueur dans de nombreux États (comment justifier faire à un autre ce que justement on l'accuse d'avoir fait lui-même : mais bien sur les circonstances ne sont pas les mêmes, il y en a un qui a la loi avec lui, sauf que l'on oublie que les lois sont dictées par les hommes et que selon les époques ou les lieux, elles peuvent être diamétralement opposées). En écoutant un reportage sur le sort réservé à des pirates informatiques, le présentateur s'amusait à dire que lorsqu'il avait présenté la peine des jeunes arrêtés pour avoir récupéré des numéros de cartes bancaires, en Europe on trouvait que c’était une peine trop lourde et aux États-Unis pas assez lourde, pour la même peine... Je suis personnellement convaincue que la violence engendre la violence, il n'y a qu'à voir des enfants qui reçoivent la fessée et qui sont plus enclin à la donner à leur tour... aux plus petits qu'eux même, car ils ont bien compris la loi du plus fort !!!. Et d'autre part, les pays qui appliquent la peine de mort n'ont pas moins de délinquance que ceux qui ne l'appliquent pas, tout cela sans pour autant prôner un régime permissif car la nature humaine n'est pas toute blanche et les circonstances de vie peuvent parfois être violentes, avec des conséquences sur le comportement des hommes qui les subissent, ce qui bien sur n’excuse pas tout.

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