Moi
aussi, je me prépare pour mon MSA : Mission de Socialisation
Américaine. Première étape, je travaille mon vocabulaire en
anglais. Toujours avec Peggy, je travaille à partir d'un livre de
vocabulaire vocabulary workshop, qui comprend plusieurs
niveaux et qui d'habitude est proposé aux élèves Américains de …
Middle school et High school. J'en suis
au niveau D, c'est à dire à peu près (9h grade (3eme
du collège). Et oui, je suis en train de refaire ma révolution
adolescente ! Et encore, en ce qui me concerne, je suis en
avance, mais d'autres n'en sont qu'à la 6ème : les petits
nouveaux, ceux sur qui on peut taper sur la tête à la récré, sur
qui on se venge de toutes nos frustrations d'adolescents, de tous ces
changements que l'on ne maîtrise pas du tout et qui souvent nous
débordent... La situation d'expatriation comme situation de
régression. On va bientôt nous demander de monter nous coucher et
nous donner une curfew (heure
limite pour rentrer) lorsque l'on veut sortir.
Comme
je n'aime pas trop l'apprentissage mécanique auquel je suis soumise
pour le vocabulaire, j'ai enregistré la leçon sur mon portable. Et
selon le principe qu'une femme peut toujours faire deux choses en
même temps, j'écoute la leçon lorsque je vais faire du sport au Y.
Comme ce sont deux choses qui ne me passionnent pas mais qui sont
nécessaires, je tente de les optimiser, car selon certaines lois
mathématiques : l'addition de deux (-), ça fait un (+) (j'ai
depuis appris à relativiser un peu les lois mathématiques!).
Deuxième
étape : participer à tous ce qui me permet de rencontrer du
monde, provoquer des situations de rencontre, aller vers l'autre, se
montrer ouvert... Que c'est difficile parfois de ne pas se refermer
sur ce que l'on connaît le mieux : le fonctionnement français ;
et c'est étrange comme la France ne nous aura jamais paru aussi
belle, aussi pleine de qualités que depuis qu'on la quittée. Mais
nos nouveaux amis n'ont pas besoin de s'en cesse nous entendre nous
référer à la France, comme s'il n'y avait que cela au monde.
Rappelez-vous autour de vous les personnes qui ne parlent que
d'elles, comme c'est ennuyeux !
Troisième
étape, aller voir les films qui parlent de l'histoire Américaine. A
cette période, il passe encore « Lincoln », de Stephen
Spielberg. Magnifique ! Je vous le recommande. Là, on touche au
savoir faire Américain, proche de la perfection : ils sont
capables de faire un film de 2H30 sur une partie de l'histoire qui
portait sur quatre mois de temps en tout, sans action, et sans me
donner l'envie de m'endormir alors que c'est dimanche soir, 20h, et
que la langue des politiciens ne m'est vraiment pas familière et
qu'en plus je ne maîtrise pas particulièrement cette partie de leur
histoire. Je suis très surprise de comprendre que les Démocrates à
cette époque se sont opposés à la loi d'émancipation (je n'ai
sans doute pas du bien comprendre). Pour moi, les Démocrates
représentent le parti politique aux idées sociales fortes, à
l'ouverture vers la prise en compte des minorités... (surtout avec
le président qu'ils ont aujourd'hui!). En fait, à cette époque les
partis politiques ne ressemblaient pas à ceux qu'on connaît de nos
jours. Et effectivement, c'étaient les républicains, et tout
particulièrement le président Lincoln, qui ont réussi à faire
voter la loi d'émancipation et d'abolition de l'esclavage, dernière
enclave de l'inhumanité. Ce sont des lois comme celles-ci qui ont
enfin pu permettre aux sociétés d'aujourd'hui de se libérer des
chaînes (comportementales), héritière de la préhistoire où sa
survie pouvait dépendre de sa capacité à soumettre les autres
peuples.
Comme
toutes ces démarches me prennent déjà du temps, alors je tente
d'en gagner dans des démarches que je peux faire de mon ordinateur.
Mais, j'avais oublié que l'ordinateur n'est pas mon outil de
prédilection. Et puis, l'anglais n'est pas ma langue maternelle, et
il y a encore quelques subtilités qui m'échappent, surtout
lorsqu'il s'agit de lire un mode d'emploi. Mais au fait en France non
plus je ne lis jamais le mode d'emploi, alors ce sont plutôt les
subtilités des modes d'emploi qui m'échappent et non de l'anglais,
me voilà rassurée. Alors lorsque j'ai voulu renouveler mes minutes
de communication sur mon téléphone, je me suis risquée à le faire
directement de mon téléphone et de mon ordinateur. Trois heures
plus tard, j'ai réussi. Je pense que cela aurait été plus rapide
d'aller au magasin, surtout que je ne suis pas du tout sûre de
savoir refaire. Mais j'ai au moins gagné l'estime d'y être arrivée.
Je n'avais jamais mesuré l'impact des nouvelles technologies sur
l'estime de soi...
J'ai
décidé d'ouvrir les mines d'or au public. En effet, en tant
qu'expat ou nouvel arrivant sur Hagerstown, nous partageons les mêmes
préoccupations, interrogations, besoins... : trouver la bonne
école, la maison, le médecin, le magasin spécialisé, les
activités ludiques, les bons plans, les bibliothèques,
librairies,... Mais il y a aussi l'intérêt d'échanger sur les évènements culturels locaux (pumkin patch, maple syrup
festival, blossom cherry festival, le spectacle de Magie...)
mais aussi sur nos cultures respectives (les événements dans nos
pays : le 8 décembre à Lyon, le carnaval au brésil, Santa
Lucia en Suède..., la musique, les livres...) sur les liens internet
un peu extraordinaires (j'ai fait connaissance avec un lien qui
propose de louer des livres français pour les enfants, je n'aurai
jamais eu idée que cela puisse exister!). Mes meilleures
informations, je les ai souvent trouvées grâce à un autre expat.
La dernière en date : une librairie de livres d'occasion, une
vraie caverne d'Ali Baba, des livres comme je n'en avais jamais vu,
mais aussi des CD, DVD, des prix très attractifs (toujours indiqués
sans les taxes). Je crois avoir compris ce qu'à pu ressentir Ali en
entrant dans la caverne, j'en suis restée baba. Hagerstown est
souvent vu comme une petite ville provinciale, sans beaucoup
d'attrait. Un peu pour rire avant de partir (mais n'en doutez pas,
surtout pour me rassurer!), on la comparait en termes d'habitants à
St Chamond (Loire)! Mais, en mutualisant nos informations,
peut-être que le St Chamond Américain peut devenir la caverne d'Ali
baba... C'est pourquoi, j'ai proposé à quelques amies de réfléchir
au meilleur moyen pour mettre en commun nos informations. Nous avons
aussi pensé que cela pourrait être un site pour échanger, se
réunir. Il doit être en anglais qui est notre langue commune, ce
qui n'est pas sans intérêt pour travailler notre écriture dans la
langue d'accueil. Nous avons alors opte pour un web-site. C'est en
réunissant nos petits filons, que l'on peut faire de ce monde, une
mine d’or !