Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 3 janvier 2014

8eme mois, Mars 2013 : les mines d'or.

Moi aussi, je me prépare pour mon MSA : Mission de Socialisation Américaine. Première étape, je travaille mon vocabulaire en anglais. Toujours avec Peggy, je travaille à partir d'un livre de vocabulaire vocabulary workshop, qui comprend plusieurs niveaux et qui d'habitude est proposé aux élèves Américains de … Middle school et High school. J'en suis au niveau D, c'est à dire à peu près (9h grade (3eme du collège). Et oui, je suis en train de refaire ma révolution adolescente ! Et encore, en ce qui me concerne, je suis en avance, mais d'autres n'en sont qu'à la 6ème : les petits nouveaux, ceux sur qui on peut taper sur la tête à la récré, sur qui on se venge de toutes nos frustrations d'adolescents, de tous ces changements que l'on ne maîtrise pas du tout et qui souvent nous débordent... La situation d'expatriation comme situation de régression. On va bientôt nous demander de monter nous coucher et nous donner une curfew (heure limite pour rentrer) lorsque l'on veut sortir.
Comme je n'aime pas trop l'apprentissage mécanique auquel je suis soumise pour le vocabulaire, j'ai enregistré la leçon sur mon portable. Et selon le principe qu'une femme peut toujours faire deux choses en même temps, j'écoute la leçon lorsque je vais faire du sport au Y. Comme ce sont deux choses qui ne me passionnent pas mais qui sont nécessaires, je tente de les optimiser, car selon certaines lois mathématiques : l'addition de deux (-), ça fait un (+) (j'ai depuis appris à relativiser un peu les lois mathématiques!).
Deuxième étape : participer à tous ce qui me permet de rencontrer du monde, provoquer des situations de rencontre, aller vers l'autre, se montrer ouvert... Que c'est difficile parfois de ne pas se refermer sur ce que l'on connaît le mieux : le fonctionnement français ; et c'est étrange comme la France ne nous aura jamais paru aussi belle, aussi pleine de qualités que depuis qu'on la quittée. Mais nos nouveaux amis n'ont pas besoin de s'en cesse nous entendre nous référer à la France, comme s'il n'y avait que cela au monde. Rappelez-vous autour de vous les personnes qui ne parlent que d'elles, comme c'est ennuyeux !
Troisième étape, aller voir les films qui parlent de l'histoire Américaine. A cette période, il passe encore « Lincoln », de Stephen Spielberg. Magnifique ! Je vous le recommande. Là, on touche au savoir faire Américain, proche de la perfection  : ils sont capables de faire un film de 2H30 sur une partie de l'histoire qui portait sur quatre mois de temps en tout, sans action, et sans me donner l'envie de m'endormir alors que c'est dimanche soir, 20h, et que la langue des politiciens ne m'est vraiment pas familière et qu'en plus je ne maîtrise pas particulièrement cette partie de leur histoire. Je suis très surprise de comprendre que les Démocrates à cette époque se sont opposés à la loi d'émancipation (je n'ai sans doute pas du bien comprendre). Pour moi, les Démocrates représentent le parti politique aux idées sociales fortes, à l'ouverture vers la prise en compte des minorités... (surtout avec le président qu'ils ont aujourd'hui!). En fait, à cette époque les partis politiques ne ressemblaient pas à ceux qu'on connaît de nos jours. Et effectivement, c'étaient les républicains, et tout particulièrement le président Lincoln, qui ont réussi à faire voter la loi d'émancipation et d'abolition de l'esclavage, dernière enclave de l'inhumanité. Ce sont des lois comme celles-ci qui ont enfin pu permettre aux sociétés d'aujourd'hui de se libérer des chaînes (comportementales), héritière de la préhistoire où sa survie pouvait dépendre de sa capacité à soumettre les autres peuples.

Comme toutes ces démarches me prennent déjà du temps, alors je tente d'en gagner dans des démarches que je peux faire de mon ordinateur. Mais, j'avais oublié que l'ordinateur n'est pas mon outil de prédilection. Et puis, l'anglais n'est pas ma langue maternelle, et il y a encore quelques subtilités qui m'échappent, surtout lorsqu'il s'agit de lire un mode d'emploi. Mais au fait en France non plus je ne lis jamais le mode d'emploi, alors ce sont plutôt les subtilités des modes d'emploi qui m'échappent et non de l'anglais, me voilà rassurée. Alors lorsque j'ai voulu renouveler mes minutes de communication sur mon téléphone, je me suis risquée à le faire directement de mon téléphone et de mon ordinateur. Trois heures plus tard, j'ai réussi. Je pense que cela aurait été plus rapide d'aller au magasin, surtout que je ne suis pas du tout sûre de savoir refaire. Mais j'ai au moins gagné l'estime d'y être arrivée. Je n'avais jamais mesuré l'impact des nouvelles technologies sur l'estime de soi...

J'ai décidé d'ouvrir les mines d'or au public. En effet, en tant qu'expat ou nouvel arrivant sur Hagerstown, nous partageons les mêmes préoccupations, interrogations, besoins... : trouver la bonne école, la maison, le médecin, le magasin spécialisé, les activités ludiques, les bons plans, les bibliothèques, librairies,... Mais il y a aussi l'intérêt d'échanger sur les évènements culturels locaux (pumkin patch, maple syrup festival, blossom cherry festival, le spectacle de Magie...) mais aussi sur nos cultures respectives (les événements dans nos pays : le 8 décembre à Lyon, le carnaval au brésil, Santa Lucia en Suède..., la musique, les livres...) sur les liens internet un peu extraordinaires (j'ai fait connaissance avec un lien qui propose de louer des livres français pour les enfants, je n'aurai jamais eu idée que cela puisse exister!). Mes meilleures informations, je les ai souvent trouvées grâce à un autre expat. La dernière en date : une librairie de livres d'occasion, une vraie caverne d'Ali Baba, des livres comme je n'en avais jamais vu, mais aussi des CD, DVD, des prix très attractifs (toujours indiqués sans les taxes). Je crois avoir compris ce qu'à pu ressentir Ali en entrant dans la caverne, j'en suis restée baba. Hagerstown est souvent vu comme une petite ville provinciale, sans beaucoup d'attrait. Un peu pour rire avant de partir (mais n'en doutez pas, surtout pour me rassurer!), on la comparait en termes d'habitants à St Chamond (Loire)! Mais, en mutualisant nos informations, peut-être que le St Chamond Américain peut devenir la caverne d'Ali baba... C'est pourquoi, j'ai proposé à quelques amies de réfléchir au meilleur moyen pour mettre en commun nos informations. Nous avons aussi pensé que cela pourrait être un site pour échanger, se réunir. Il doit être en anglais qui est notre langue commune, ce qui n'est pas sans intérêt pour travailler notre écriture dans la langue d'accueil. Nous avons alors opte pour un web-site. C'est en réunissant nos petits filons, que l'on peut faire de ce monde, une mine d’or !

vendredi 27 décembre 2013

vendredi 20 décembre 2013

8eme mois, Mars 2013 : patriots ou royalists?


Au post précédent, je vous ai parlé des vêtements proposés pour la semaine de préparation du MSA. La mode est un sujet d'ailleurs intéressant et énigmatique. Je pense que c'est comme avec la nourriture, lorsque l'on grandit avec certaines images ou goûts développés, on ne peut plus s'en passer.
La mode est plutôt colorée, assez voyante, beaucoup de paillettes, et pas toujours de très bon goût. Les associations de couleurs sont parfois peu harmonieuses (rose et rouge, vert et bleu), ou au contraire trop uniformes : tout en violet. Il y a des robes qui semblent aussi faite d'un seul tenant entre un tee shirt et une jupe, la coupe n'est pas toujours du plus délicat. Les volants sont importants, les froufrous aussi. Vous pouvez tout aussi bien voir Blanche neige en robe de taffetas rouge, extrêmement élégante avec... des baskets ; et inversement vous pouvez tout aussi bien voir Cendrillon avec des souliers de verre et... un jean. Cette impression étonnante sur les vêtements se retrouve dans les publicités qui sont censés venter un produit, ou dans les émissions TV de ventes sur les bijoux, les vêtements : je ne cesse d'être surprise par ce qu'ils mettent en avant et qui me paraît de fort mauvais goût. L'habit ne fait pas le moine... mais le moine porte tout de même un drôle d'habit.

A l'école publique dans le Maryland, nous avions été agréablement surpris de voir à notre arrivée, qu'il n'y avait pas d'uniforme. Quelques règles cependant : pas de robe ou de shorts au-dessus de la taille indiquée par votre bras tendu sur votre jambe, pas de dos nu ou de bretelles légères. On dira que c'est plus ou moins respecté. 
 
En hiver, je suis plutôt enclin à porter trois couches, une écharpe, des gants, un chapeau et plus si je peux trouver. Alors qu'elle n'est pas ma consternation de voir qu'ici beaucoup ne porte jamais de blouson. Par 32°F, il y a beaucoup de personnes en short et tee shirt, surtout chez les adolescents très soucieux de leur apparence. Quand je vous disais que la clim à fond l'été à des effets à long terme sur l'adaptation du corps l'humain... En même temps, je suis frileuse comme vous le savez et pourtant j'ai été élevée dans une maison froide (deux seules pièces de chauffées en hiver). Je ne m'y suis jamais habituée. Petite, j'étais perçue comme « l'enfant près de la cheminée ». C'est sans doute pour cela que « Cendrillon » et « la petite fille aux allumettes » m'ont tant marquée. Alors, lorsque j'entends qu'il faut s'habituer au froid, qu'il ne faut pas trop s'habiller, qu'à 24° une piscine est largement assez chaude... j'ai l'impression de ne pas parler le même langage corporel. Bon en même temps ici, ils se vaccinent à tour de bras contre la flu (grippe), peut-être qu'un peu plus de vêtements chauds seraient une solution acceptable.

Le mois de mars, c'est aussi pour les 5th grade le moment de travailler sur la confrontation entre patriots et royalistes. Pour leur permettre de mieux comprendre les tensions de cette époque, les élèves sont invitées à prendre parti pour un camp et défendre (verbalement) leur point de vue. C’est une pratique régulière à l’école d’encourager les élèves à se mettre dans la peau d’un personnage, de défendre une conviction (même s’ils ont parfois à défendre une position qui n’est pas la leur propre, ce qui les oblige à tenter de comprendre les intentions et arguments d’un adversaire par exemple ; les adultes pourraient s’en inspirer !!!). Flore choisira d’être patriots et terminera sa tirade contre les Anglais, par un : vous n’avez pas arrêté d’embêter les Français, maintenant ce sont les Américains, vous pourriez pas vous occuper de vos affaires !!!
(*) Les Loyalistes sont les colons américains restés fidèles à la Grande-Bretagne et à la monarchie britannique pendant la guerre d’indépendance. Ils s’opposaient aux Patriots, en faveur de la Révolution Américaine. La Révolution américaine est une période de changements politiques après 1763 dans les 13 colonies britanniques d’Amérique du Nord, qui ont donné lieu à la guerre d’indépendance des États-Unis contre la Grande-Bretagne (1775-1783). C’est un épisode fondateur de la nation américaine et de la naissance des USA.

Un autre apprentissage de 5th grade que j'ai trouvé fort intéressant en science, est celui des nouvelles unités de mesure. Non vous ne rêvez pas, les enfants Américains s'ouvrent aux mesures internationales : vive les grammes, kilomètres, litres, Celsius. Ils se sont rendus comptent que d'être à part dans ces mesures, était incompatible avec l'échange entre nations. Je pense que ce qui les intéresse ce sont les échanges commerciaux. Mais tandis pis, tant que ce sont eux qui changent, et je peux vous assurez que ce n'est pas rien comme changement (merci Pavlov...). Les États-Unis sont une tellement grande nation qu'ils pouvaient se permettre de développer leurs propres unités de mesure, leur propre football (ne pas oublier le ball car sinon, c'est le pied!!!), leurs propres règles de rapport avec les autres pays. Mais, pour la prochaine génération, peut-être que tout cela va changer. Encore que ma voisine à qui j'en parlais m'a dit qu'à son époque on leur avait dit la même chose à l'école et que cela les avaient beaucoup effrayés, mais que depuis rien n'a changé : adieu grammes, kilomètres, litres, Celsius : le rêve était trop beau !

vendredi 13 décembre 2013

8ème mois, Mars 2013 et le MSA

Au mois de mars, il y a les giboulées et... le MSA (1). Mais où est donc passé le temps où les enfants passaient plus de temps à apprendre qu'à tester leurs connaissances ? En effet, les tests sont tellement nombreux qu'il est facile de s'y perdre. Il y a d'abord ceux de la classe en lien avec une leçon. Plutôt normal. Puis, il y a ceux du County pour déterminer les enfants gifted ; les tests chaque trimestre pour évaluer le niveau général (souvent en contradiction dans les résultats de Flore avec les deux précédents), ceux pour les enfants dont l'anglais est le seconde langue ; et enfin, il y a le MSA. Celui-ci, tout le monde en parle, il faut dire que l'enjeu est de taille, mais je n'ai pas encore bien compris comment. Quand je pose la question, « qu'est-ce qui se passerait si un enfant ne le réussit pas ? » les réponses sont en générale assez vagues, comme si cela n'était jamais arrivé. Alors peut-être que pour un Américain cela peut avoir des conséquences sur son classement, son suivi de scolarité. Mais pour Flore, qui devrait revenir en France, cela ne sera qu'un test de plus. Me reviennent en mémoire les débats passionnés autour des évaluations nationales du CE1. Ici le MSA se passe toutes les années de 3rd grade (CE2) jusqu’à 8th grade (4e). Alors, les débats se sont tues depuis bien longtemps. Rien de tel pour faire taire les discordances que la chape de plomb...
Les notes n'ont pas la même valeur que chez nous. Un A+ correspond à 100% de réussite, A = 97 %, A- = 90 % ; B+ = au-dessus de 87 %, B= au-dessus de 83 %, B-= au-dessus de 80 % ; un C+ = plus de 77 %, un C= au-dessus de 73 %, C- = au-dessus de 70 %; D= au-dessus de 60 et U si le test à été raté (mais il y a une deuxième chance!!!). Un D finalement correspond approximativement à 12/20 ce qui n'est pas catastrophique pour un Français). Sauf, bien sûr que les tests ne sont pas équivalents à ceux que nous connaissons dans l'hexagone. Il y a beaucoup de Quiz, de questionnaires à choix multiples, les fautes ne comptent pas de la même manière si le test ne porte pas sur le spelling... Il y a souvent une tentation de n'avoir que des A, car cela donne une bonne représentation de votre travail et peut avoir comme conséquence de vous faire accepter dans les meilleures écoles (d’où le besoin de négocier ses notes, de refaire un test peu réussi la première fois; en même temps je ne suis pas allée jusqu’à savoir ce qui se passerait si les A étaient systématiquement obtenus qu'à la deuxième chance).

Une règle générale qui s'applique ici aux États-Unis à l'école, mais aussi dans la vie de tout les jours, ce sont les encouragements permanents, les félicitations surdimensionnées (rappelez-vous : « congratulation, you are so good, what a wonderful job ! ») et la règle de la deuxième chance. Il est difficile de connaître la vérité sur les choses, les vraies appréciations des gens. Je me demande jusqu’à quel point les encouragements systématiques quel que soit le niveau d'effort, la non discrimination sur le résultat des élèves, la deuxième chance (un exercice à été mal réussit, on peut le refaire), la valorisation de l'enfant sans réellement tenir compte ni du résultat, ni de la marge de progression, ni des efforts dépensés... n'entretiennent pas un climat de toute puissance. J'ai entendu des professeurs d'Université qui se plaignaient d'étudiants qui venaient tout simplement réclamer de changer leurs notes sous le prétexte d'injustice, plutôt que d’interroger leur propre travail, leurs qualités... Est ce que cela n'entretient pas un climat fictif d'égalité à tout prix ? Par contre, une chose est sûre pour moi, le dénigrement perpétuel, l'insatisfaction permanente (le « peux mieux faire » à la française), la comparaison systématique entre les résultats des uns et des autres... est une valeur sûre pour développer un sentiment de mésestime et d'insécurité personnelle.
De toute façon dans ces domaines, il y a encore de nombreuses contradictions, car malgré le sentiment général de valorisation, si vous n'avez pas un bon rapport, de bonnes notes, un bon bulletin... il est difficile d'intégrer l'école de votre choix. Et surtout pour ceux qui n'ont pas les moyens financiers, le meilleur moyen de réussir à intégrer une Université sera par les bonnes notes. Et en même temps, quelle ne sera pas notre surprise après un devoir long à faire à la maison (au moins 6 heures, mais aussi parce que Flore affinera la présentation), d'apprendre que plus de la moitié des élèves ne l'ont pas fait ! Ou encore d'apprendre par la maîtresse, que Flore connaît mieux les États et les capitales des USA, que la plupart de ses camarades de classe. Les devoirs ne sont pourtant pas une option. Nous ne sommes plus à une contradiction près...

Quoi qu’il en soit, pour se préparer à cette intense activité de l'esprit pendant les tests, l'école n'est pas en reste de propositions amusantes : MSA (1) spirit Week : pendant la semaine précédente, il sera proposé aux enfants et adultes de venir habillés de manière assez spéciale :

Lundi = mettre sa casquette de penseur : put on your thinking caps and do your best on the test !. Bon jusqu’à là rien de bien exceptionnel, il était juste autorisé de porter une casquette à l'école...

Mardi = porter ses vêtements à l'envers, et des vêtements dépareillés don't let the test mix you up... always reread and check your answers!. Pour les vêtements dépareillés, ce n'est rien d'autre qu'une habitude américaine... (j'exagère bien sûr !)

Mercredi = s'habiller chic avec des vêtements classes : look the part... dress smart for MSA. C'est là où les paillettes et frou-frou sont de sortie (voir un peu plus loin sur la mode).

Jeudi = porter son pyjama ou s'habiller comme son héros de livre préféré : read across America Day ! Do lots of reading to get your brain ready for the test. Flore choisira Daphné dans la série de Scoubidoo, non que ce soit son héroïne préférée, mais nous avons au moins réussi à trouver les vêtements (je vous rappelle les couleurs : robe violette, collants roses, écharpe verte, ruban dans les cheveux, violet). Contrairement à elle, beaucoup d'Américains seront venus en pyjamas, adultes compris. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'une journée pyjama est organisée, c'est la troisième. Mais leur pyjama à eux sont longs, avec beaucoup de couleurs, chauds (cela ressemble à de la flanelle, mais je ne suis quand même pas allée jusqu’à toucher !). Il y a des pyjamas qu'il serait inadéquat de porter dans une école. Ce n'est pas leur cas. Je ne sais pas s'ils les portent pour de vrais, je veux dire la nuit. Bien souvent c'est la seule occasion de voir un Américain habillé... chaudement...

Vendredi = porter son tee shirt de sport préféré ou son équipement de l'école (en début d'année, nous avions pu acheter des tee shirts et autres vêtements aux couleurs de l'école) : team up to do your best and score high on the MSA.

(1) MSA = The Maryland School Assessment (MSA) est un test de lecture et de Mathématiques qui répond aux exigences fédérale « No Child Left Behind Act » (= aucun enfant laissé en arrière). Le test est passé chaque année début Mars en lecture et Maths des grades 3 à 8. Le test de science se passe plus tard en Avril ou début Mai.

vendredi 6 décembre 2013

7eme mois, fevrier 2013 (4eme partie) : vamos a la playa...


Et puis encore une autre découverte, sur la route, les règles s'écrivent en jaune. Il est important de connaître les règles qui s'appliquent à la rencontre avec les bus scolaires sur la route. Tout le monde a en tête les fameux bus jaunes qui conduisent les enfants scolarisés à l'école américaine. Ce que nous savons moins, ce sont les règles qui régissent la circulation à leur côté. Lorsqu’un bus jaune s'arrête pour faire descendre les élèves, toute circulation s'arrête, dans tous les sens. Le bus est doté d'un panneau « stop » sur le côté gauche qui se met en place dès que le bus s'arrête, interdisant aux voitures en contresens de rouler. Il n'est pas question non plus aux voitures de derrière de chercher à dépasser le bus, comme on le voit faire en France. Ici, cela peut même aller jusqu'à une dénonciation à la police. Cela donne une impression d'arrêt sur images, tandis que seuls les élèves peuvent bouger. De plus, lorsqu'un bus jaune arrive près d'un chemin de fer, quel n'est pas notre étonnement de le voir s'arrêter, ouvrir la porte avant, puis continuer sa route après avoir refermé la porte. Qu'est ce qui c'est passé ? Est ce qu'il aurait perdu quelque chose ? Bien sur, au même moment toute circulation est interrompue (mais seulement celle à l'arrière du bus). Je vous rappelle que Hagerstown est construit à un carrefour de nombreux chemins de fer, qui ne conduisent plus que des trains de marchandises. C'est pourquoi, il y a de nombreux arrêt entre 7h et 9h am ainsi qu'entre 2h et 4h pm. Il vaut mieux le savoir pour ne pas risquer d'arriver en retard à un RDV. Peut-être que vous vous demandez qu'est ce qui peut bien pousser les bus jaunes à faire ainsi ? Nous avons mené notre enquête et c'est Kris qui a trouvé la solution à l'énigme. Les bus s'arrêtent ainsi, ouvre leur porte pour que le chauffeur puisse écouter si aucun train n'arrive. Si tel est le cas, il peut repartir. Je ne suis jamais tombée encore à un moment où un train va passer, mais cela pourrait suggérer que l'attente sera longue, car les trains de marchandises concentrent deux caractéristiques : ils sont très longs et très lents... Le plus drôle, c’est que je suis déjà tombée sur un bus jaune qui s’était arrêté avant un chemin de fer désaffecté ou clairement, la voie n’était plus en usage. Mais cela ne change rien, une règle est une règle...
Il y a aussi d'autres choses en jaune : une ligne continue jaune ou même deux, des panneaux d'école... Le jaune représente vraiment quelque chose d'important à signaler.

Mais surtout l’une des découvertes les plus intéressantes du mois de février sera ... la déclaration d'impôt. Les impôts dans une situation d'expat : paradis ou enfer ? Avant de partir, nous avions calculé que pour l'année en cours, nos impôts connaîtraient une forte dévalorisation, car je suis la seule à travailler en France, sur une demi-année et les impôts pour Kris sont payés directement par l'entreprise : là c'est le paradis. C'est bien la première fois que nos impôts connaîtront une dévalorisation ! Encore faut-il faire sa déclaration américaine. Et là, c'est l'enfer. Il faut déclarer beaucoup de choses qui ne nous paraissent pas toujours en lien avec la question des impôts. Au bout d'un fastidieux WE à tenter de récolter toutes les précieuses informations, la déclaration est envoyée à une personne spécialisée dans l’entreprise, en charge de s'en occuper. Enfin délivré ! C'est sans compter qu'en mai pour la déclaration française, il nous faudra recommencer le processus car ce qui est compliqué avec notre situation, c'est que Kris est arrivé 6 mois avant moi et que nous avons des impôts à payer dans les deux pays, la même année.

Comme cela ne nous a pas paru assez compliqué, j’ai décidé de me lancer a la conquête du marché du travail, pour rajouter quelques tracas au mois de février 2014.
Le travail n'est pas une nécessité absolue comme cela pouvait l'être lorsque que j'étais plus jeune. Il n'était pas question à l'époque de motivation, mais de nécessité vitale. Et lorsque les choses dépendent de soi, il faut alors trouver la force pour affronter les entretiens, les démarches, le sentiment de ne pas être à la hauteur, de ne pas être attendu : il y en a tant d'autres, tout autant ou même plus qualifiés ! Surtout que lorsque l’on est plus jeunes, il y a plus de doutes que de certitudes. Or, le travail reste une voie essentielle pour l’expression de la personne, la réalisation de ses capacités, sa sécurité matérielle, sa reconnaissance sociale. C’est pourquoi, c’est un enjeu très fort, bien au-delà du besoin matériel. Je commence donc à réfléchir de plus en plus à une activité salariée ici. Mon visa de travail est en cours, alors je pense me lancer à la conquête du marché. J'ai fait mon CV en anglais, selon les standards américains : donner des faits, des réalisations, des chiffres, aucun élément discriminatif comme l'adresse, l'âge, le poids, la situation maritale, la religion... Puis, les lettres de recommandation par des personnes extérieures, susceptibles d'apporter leur point de vue sur vos capacités. Il en faut trois, et si possible confidentielles (elles doivent être directement envoyées sans passer par le postulant). Cela fait partie des démarches avec lesquelles je ne suis pas très à l'aise. Il faut un sacré ego pour demander à d'autres de dire des choses positifs sur vous. En même temps, cela évite que le futur employeur ne fasse des recherches dans votre dos. Ici, tout est clair, il est explicitement dit que tous vos documents sont susceptibles d'être vérifiés, vos recommandations seront appelées...
J’ai pris un peu de temps pour me lancer. J’ai d’abord eu besoin de temps pour m’installer sur place, m’assurer que j’avais du temps disponible en fonction de l’organisation pour Flore et toute la famille. Ensuite, j’ai eu besoin de temps pour savoir ce qui m’intéresserait et ce qui serait envisageable en fonction de la barrière de la langue, car même si mon anglais est correct, de là à envisager de l’utiliser dans un métier, et en particulier le mien dans lequel les subtilités de la langue sont si importants. Il ne s’agit pas seulement de se comprendre, il s’agit de faire preuve d’empathie ce qui suppose d’être plutôt au clair avec le discours... Mais en même temps, je ne suis pas complètement dupe, j’ai aussi dû lutter contre le sentiment de ne pas être à la hauteur à cause de la langue. Alors qu’aujourd’hui, je suis plutôt fière de mes accomplissements dans mon domaine professionnel, et je sais que mes qualités professionnelles sont reconnues par mes pairs et les personnes pour lesquelles je travaille, lorsqu’il s’agit de le transférer en anglais, les moyens me manquent et je me retrouve jeune débutante, pleine de doutes et d’incertitudes. Je suis aussi passée par une phase de culpabilité liée au sentiment de prendre le travail à quelqu'un qui pourrait en avoir plus besoin que moi. Nous vivons une époque ou le travail est une valeur importante tant dans le domaine vital (travailler pour survivre), que sociale (le travail comme valeur refuge dans une société ou l’image auprès des autres est si importante : récompense d’une intégration réussie), que personnelle (le travail comme valeur narcissique : je sais ce que je vaux à travers mes accomplissements professionnels). Alors, j’ai décidé de tenter d’être professeur remplaçante. Professeur, car les questions de transmission m’ont toujours intéressées. Et puis, j’ai beaucoup travaillé auprès d’enfants, de professionnels de l’Éducation, j’ai aussi enseigné à des adultes et j’apprécie cette relation au savoir (je pense que j’apprends autant que je peux enseigner!). Remplaçante, car cela ne sera que pour un temps court et cela évite de devoir passer des tests, repasser des examens, d’avoir trop de contraintes horaires. En effet, pour être remplaçante (ici dans notre county), il faut seulement justifier d'avoir passé un DEUG. Mon expérience de bénévole auprès de la classe d’enfants autisme m’a confirmé que c’était un domaine qui m’intéressait et qui me semblait accessible. Je ne postulerai pour autant que pour être prof de Français et auprès des enfants en difficulté car je me vois mal enseigner l’anglais à des Américains ! Par contre, on m'a suggéré d’être aussi prof remplaçante d'espagnol car avec le niveau qui est demandé ici, même mes vieilles notions un peu rafraîchies devraient suffire. Alors, vamos a la playa...

vendredi 29 novembre 2013

7eme mois, fevrier 2013 (3eme partie) : découvertes...


whitetail, notre station de ski
Cet hiver n'a pas été très intense question froid. Rassurez-vous, pour les Français qui ont eu un hiver 2013 très enneigé, nous avons eu aussi nos épisodes de neige. A plusieurs reprises, l'école ouvre deux heures plus tard ou ferme deux heures plus tôt pour éviter que les enfants ne soient sur le route quand il neige, principe de sécurité oblige. Il y a même eu une semaine, fin janvier, où toutes les journées ont eu du décalage ! L'avantage du décalage de deux heures, c'est que cela n'a pas de conséquence sur la fin de l'école, car lorsque l'école est fermée pour des journées entières, ces journées sont rattrapées en juin pour compenser (on ne badine pas avec le nombre de jours d'enseignement!). Mais la neige , ne tient généralement pas. Pour autant, nous avons pu profiter des joies de la neige. Il y a en effet, deux stations de ski très proches (à une demi-heure, ouvertes de 8h du matin jusqu'à 22 h!). Si le neige n'est pas au rendez-vous naturellement, qu'à cela ne tienne, ici il la fabrique... Ce qui fait que nous arrivons par une route complètement dégagée, a travers une campagne prête à accueillir le printemps, et nous débarquons sur des pentes blanches immaculée (la neige artificielle est blanche immaculée!). Nous faisons aussi du tubing, sorte de luge en forme de chambre à air, sur des pistes aménagées et là encore ouvertes jusqu’à 22 h et bien sûr payantes...


tubing














Quand on arrive dans un nouveau pays, et que l’on s’y installe pour quelque temps, on ne cesse de faire des découvertes. J’imagine très bien Christophe Colomb découvrant le nouveau monde... Pour nous, ce sera d’abord la découverte des produits miracles : le détachant pour les vêtements, la colle super puissante, l’allume feu efficace... Quand les Américains annoncent : « détachant pour lessive », cela détache vraiment et toutes les tâches, et en plus sans rien abîmer de la texture du vêtement. Lorsque la colle est appelée super glue, cela ne rigole pas, et tout cela sans même attacher les doigts maladroits (à condition qu'ils ne soient pas trop maladroits, tout de même!). L'allume feu, qui allume à une vitesse prodigieuse, et seulement le feu de cheminée. Je n'aurai jamais cru qu'il existe de tels produits miracles. Ils tiennent bien leurs promesses.

Dans les magasins de même, je ne cesse d'être surprise par la notion de cash back. J'ai d'abord mis un peu de temps à comprendre lorsque après avoir fait vos courses, après avoir passé votre carte bancaire, la machine vous demande cash back. Il s'agit de vous donner la possibilité en faisant vos courses, de retirer de l'argent liquide en même temps. Plus besoin d'aller à la banque. Là encore, je trouve qu'il y a un sacré mélange des genres ! Quel est l'intérêt pour le magasin ? Fidélisé le client par un tel service ? Il est vrai que j'en profite, mais cela ne marche qu'avec ma carte américaine. Maintenant, tous les magasins, semble-t-il, proposent ce service. Alors peut-être que c’est une excellente manière de ne pas conserver trop de cash en caisse, pour ne pas à avoir le porter à la banque ! Ainsi, tout le monde s'y retrouve. J'ai pour autant du mal à m'acclimater à ce mélange des genres. On se sait plus très bien qui fait quoi, comment il le fait, selon quels principes de sécurité... Où est le bon vieux temps ou une charcuterie ne vendait que de la viande, une poste ne distribuait que le courrier, une banque s'occupait de la finance, un coiffeur coiffait, un vendeur vendait... avec l'avantage que chacun connaissait bien son métier, mais avec le désagrément de devoir pour le client faire plusieurs boutiques pour avoir tout ce dont il avait besoin. Mais peut-être qu’au fond on achète beaucoup plus de choses, lorsque tout est a portée de main !!!

vendredi 22 novembre 2013

7 ème mois, fevrier 2013 (2eme partie) : l'anniversaire de Flore


L'anniversaire de Flore : pour ses 10 ans, nous avons prévu quelque chose d'un peu exceptionnel, elle a envie de l'organiser au bowling. Premier chalenge, trouvé au moins 10 personnes à inviter (nombre minimum pour le faire au bowling). Les anciens amis sont un peu loin pour deux heures de bowling et un peu de temps dans les arcades... Les nouveaux amis sont pas encore très stables et encore un peu mal définis. Au fur et à mesure, le nombre de personnes à inviter se révèlera finalement un peu supérieur à 10, à l'école l'amitié bat son plein à partir de décembre et les amis expat sont de plus en plus nombreux. Deuxième chalenge, prévoir l'organisation avec le bowling. D'abord, il s'agit de venir voir la bonne personne. On me donnera son mail et la communication sera très simple. Je passe quand même la voir pour m'assurer des formalités. Rien de plus simple, on décide d'une date, d'un horaire (je m'y suis prise manifestement très largement en avance : toutes mes propositions sont possibles), d'un tarif : snack avec pizzas, deux heures de bowling et 5 dollars d'arcades. Ils ne nous donnent pas les cartes d'invitation, c'est à nous de les prévoir, ainsi que le gâteau. Troisième chalenge, savoir comment les invitations se font ici. D 'habitude, on opte pour une carte faite maison, qui est interactive. Il faut soit découvrir la personne qui invite à partir d'indices de détective : l'anniversaire sera sur le thème du mystère et des jeux de piste. Soit se laisser surprendre par des tours de magie à commencer par ceux de la carte : le thème cette année-là sera la magie. Soit encore faire quelques expériences scientifiques pour révéler le nom de la personne qui invite (encre invisible...) : le thème sera les expériences scientifiques, je vous assure que cela peut être très drôle à commencer par une non-scientifique comme moi. Ici, nous allons trouver un magasin où des cartes d'invitation très réussies sont proposées pour un prix très compétitif. Nous demanderons une réponse aux invités (même si le bowling reste très souple sur cette question alors même qu'un snack est prévu). Ceux qui nous connaissent nous le disent de vive voix. Sinon, ils passeront par Flore, ou par mail. Finalement, deux personnes qui n'avaient pas répondu officiellement mais étaient passées par Flore, ne viendront pas. C'est Kris et le père d'un copain de Flore qui en profiteront pour se faire humilier au bowling.

Flore se transforme de manière importante. 10 ans, est-ce déjà une révolution personnelle? Je sais bien que ce changement est précipité par l'expérience expatriation. Elle prend de l'assurance, notamment en anglais où elle prend un grand plaisir à nous corriger notre accent. C'est le début du moment où le risque existe que les enfants avancent plus vite que leurs parents et se retrouvent en position de savoir plus important. Cela n'est pas un problème en soi, et cela se retrouve déjà dans de nombreux domaines, tels que l'informatique, les jeux sur la Wii... Il n’empêche que pour la langue, il y a un enjeu de taille, celui de l'intégration !. Je repense alors à toutes ces situations d'expatriation forcée dans lesquelles les enfants apprennent très vite la langue de la terre d'accueil tandis que les parents restent très en difficulté pour la pratiquer. Les enfants pourront alors servir de traducteurs avec le risque d'une inversion des rôles entre parents et enfants. Là où le risque se situe, c'est que pour les enfants qui ne sont souvent pas encore prêts à affronter une telle responsabilité, soit leur toute puissance devient démesurée face à leurs parents, soit ils s'inhibent pour retrouver une place acceptable dans leur famille.
Un autre évènement viendra marquer une évolution importante pour Flore : la classe de découverte.
Cette classe verte, organisée dans le cadre de l'école par le County, est prévue pour tous les élèves de 5th grade, sans doute comme rituel de passage en middle school (collège). Elle est de 4 jours autour du thème de la nature, des écosystèmes. Seront abordés 5 points : l’écosystème ; l'orientation ; l'étude des cours d'eau (vie et pollution) ; les cellules ; rock and roll (j'ai mis un peu de temps avant de comprendre de quoi il s'agissait : le langage imagé, c'est un vrai chalenge ! Il s'agit dans ce contexte de l'érosion, ce qui du coup n'est plus du tout imagé !)
Les parents ont été sollicités pour l'encadrement, en plus des enseignants et du personnel sur place. L'école essaye de faire en sorte que les parents se retrouvent avec leur enfant, ce qui n'est pas du goût de Flore. Et je comprends bien, je vais la voir complètement extravertie, prendre la parole à toutes les questions, se mettre en avant à tous moments, faire parler d'elle : son accent est tellement charmant, quelle spontanéité, quelle audace, elle n'est vraiment pas timide !!! Mais pour moi, elle en fait un peu trop, et je lui suggère de laisser aussi la place aux autres. Alors elle préfère aller avec les autres parents. De mon côté, je n'aurai de cesse d'encourager les plus réservés, de tenter de les aider à se mettre en avant, de les faire exister. 
Comme tous les parents ont été acceptés, j'ai parfois l'impression que nous sommes autant d'adultes que d'enfants. Mais, nous sommes parfois laissés seuls à accompagner un groupe de 4 ou 5 pour l'orientation notamment, et qu'il est interdit d'un parent se retrouve seul avec un élève, qu'il faut des adultes pour la journée, mais aussi pour la nuit, que le rituel de passage semble tout autant pour les enfants que pour les parents (beaucoup n'ont jamais laissé leurs enfants couchés à l'extérieur de leur maison et beaucoup d'enfants sont assez angoissés à l'idée de partir sans leur parent, alors qu'à cela ne tienne, on emmène les parents avec soi), vous aurez compris qu'il faut bien tout cela. Je vérifie à ce moment-là la distance qui nous sépare avec le monde américain sur la distance à l'enfant : Carla se passe très bien de ma présence, et j'évolue très bien dans un groupe où elle n'est pas là, de même le soir où nous prenons plaisir à nous retrouver tous les deux avec Kris (en effet, je ne suis pas restée la nuit, mon dévouement de scout girl a ses limites). Tandis que pour d'autres parents, il y a comme une nécessité de garder encore une proximité à leur enfant. Mais peut-être qu'il ne s'agit pas tant de différences culturelles, que de différence interindividuelles dans l'appréhension du lien à son enfant. En effet, me reviennent en mémoire de nombreux exemples français qui seraient plutôt proches de ces parents Américains, tandis qu'il est évident que de nombreuses familles Américaine auraient au contraire bien besoin de resserrer les liens.
jeu des proies et des prédateurs
étude des cellules
Le programme était très sympa, et comme à chaque fois ici, traité de façon très attractif et en même temps éducatif. C'est seulement dommage qu'une fois adulte, on ait tendance à oublier de prendre au sérieux les risques que l'on fait courir à la nature. Ils ont notamment organisé un jeu avec des proies herbivores, des prédateurs omnivores et carnivores, deux catastrophes naturelles, un virus, et un humain. Chacun devait soit chasser, soit ne pas être attrapé avec des règles assez proches de la vraie vie, et en même temps se ravitailler en eau et nourriture pour les animaux. L'homme n'est arrivé qu'après 10 minutes de jeu, mais son pouvoir était énorme et son arrivée a coïncidé avec un nombre impressionnant d'animaux qui ont disparu. Très intéressant !
Par contre, question sécurité, ils ont pris une longueur d'avance sur nous. Les recommandations sont fortes de ne pas courir, alors que nous sommes précisément à un endroit parfait pour cela ; toujours deux parents pour accompagner un groupe (jamais de parent seul avec un enfant, et jamais d'enfant seul sans adulte) ; pas de couteau à la cantine, même pas en plastique ; des délimitations strictes pour les jeux... mais malgré ces contraintes, les enfants s'éclatent, et je dois dire que les parents aussi. Cela laisserait supposer que malgré les restrictions de liberté, le plaisir est quand même possible. Je ne peux malgré tout m'empêcher de penser au paradoxe qui existe entre d'un côté les armes en vente libre, et d'un autre, une telle restriction d'actions dangereuses... Bienvenue au royaume des contradictions !  
 
Les indices sur ces changements liés à l'expatriation, ce sont aussi tous ces flach back sur des expériences passées, qu'elles ré-interroge avec le regard maintenant plus mature, mais aussi plus critique car elle a une autre vision des choses. Pour la St Patrick, elle se rappelle que dans son ancienne école, pour tous les enfants qui ne s'étaient pas habillés en vert (et c'est vrai que même si on y pensait, elle avait peu d'habit verts), ils étaient stigmatisés par un adulte de l'école. Elle se rappelle aussi, comment les maîtresses de France fonctionnaient (peu de récompense, beaucoup de cris, elle était très inquiète de voir une de ses feuilles, déchirée car mal écrite...) mais aussi ses copines (elle se rappelle beaucoup de sa meilleure amie qui était comme une sœur)... Cette expérience lui confirmera sans doute son intérêt pour l'autre, d’où qu'il vienne sans perdre de vue que ce n'est pas tant son origine qui compte, que sa manière de se comporter.