Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 15 novembre 2013

7 ème mois, fevrier 2013 (1ere partie) : des sou-bresauts et des hommes


(Février 2013)

Lancement du blog : 1er février. D’un blog à un bog en passant par des bugs. les nouvelles technologies ont été inventées pour semer le doute sur le chemin de l’esprit (en tout cas du mien).
Quelques sobrebug plus loin, l’annonce aux amis et à la famille : 46 personnes, aux collègues plutôt proches, car je ne veux pas tout mélanger : une vingtaine.
J’envoie le message vers 5h pm soit 23 h en France et 8h en Nouvelle-Calédonie. Je suis inquiète de la réaction de mes amis. La plupart ne sont pas connectés. Comment vont-ils s'intéresser à ce que j'ai écrit ? Je n'ai pas encore posté de photos. Est ce que le monde veux vivre sans image ?
Ceux qui me répondent sont soit ceux des USA, ou les amis qui sont branchés en continue sur leur ordinateur, ou les couchent tard, ou ceux qui sont déjà au boulot. Premier bug : le lien ? L’hébergement ? Pourtant, quand j'ai vérifié en passant par la tablette de notre fille, ça a marché sans rien de plus à faire. Je pensais qu'il suffisait de taper Coleen Water (j'ai préféré prendre un nom d'emprunt pour ne pas être confronté à mon retour à un patient qui l'aurait lu et m'aurait reconnu!) et le tour était joué. Une amie tente de m'expliquer comment rechercher l'adresse complète. « Quand tu vas sur ton blog, copie l'adresse (en entier) qui s'affiche dans la Barre d'adresses de ton navigateur. Ensuite copie cette adresse ("le lien") ds le corps d'un mail ». Moi, pas tout comprendre... Comme je le dis souvent à Kris, en matière d'informatique quand tu veux m'expliquer quelque chose, dis-toi que dès que tu penses « évidence », moi, je suis déjà dans le brouillard. Pourtant, je trouve l'informatique très pratique, et comparé à pas mal de collègues (évidemment je navigue dans un milieu hostile aux nouvelles technologies), je m'en tire pas si mal. Mais, si je peux l'utiliser aussi facilement, c'est parce j'ai mon technicien à domicile. En même temps, cela n’a pas que des avantages, car il installe tout bien pour que cela fonctionne sans trop se poser de questions. Et évidemment lorsque cela bog (ou ça plante selon le milieu, on même temps on plante aussi dans des bog...), et qu'il n'est pas là et ben moi, je suis comme qui dirait, comme une poule devant un œuf dure...
Face à mes balbutiements dans le milieu du blog, mes amis ont eu du mal à suivre mes posts. Je pense que certains se sont découragés. Heureusement, il y a les plus combattifs qui à force d'acharnement sont arrivés à m'envoyer un commentaire. Il y a des messages qui resteront gravés comme une emprunte dans la pierre : premier commentaire d'Odeo (qui cela peut-il bien être ?), qui en plus m'en envoie deux. D'abord pour me dire que ce n'est pas facile d'envoyer un commentaire, mais aussi pour me dire qu'elle aime ce que j'écris. Je suis restée quelques heures à ne pas être sûre de l'identité de mon commentateur, mais son message m'a remplie d'une joie (communicative). Je te remercie Odeo (j'ai identifié depuis l'auteur), et permets-moi de te rendre aujourd’hui hommage, en publiant tes commentaires :
« Ouf, c'est bon j'ai su m'en sortir avec la fonction "commentaire". aux premières lectures de tes messages, je n'arrivais pas à me connecter (comment ça créer un profil blogger, mais non c'est pas moi la bloggeuse, je veux juste dire que j'aime bien moi). Bref, ça y est je peux communiquer! J'ai retenu ton idée pour le pseudo, lors de mon voyage aux USA il y a ... pfff des lustres, les copines n'arrivaient pas à prononcer mon prénom et ma soeur a cherché un mot qui pouvait les aider. Elles ont trouvé celui-là! De bons souvenirs me reviennent! ».

« Quel plaisir de te lire!!! et quel talent! Bravo, on est proche de l'addiction! J'aime beaucoup ta façon de raconter, ton humour et ta subtilité. La nouvelle présentation est bien plus agréable et plus claire. Je teste la fonction "commentaire", je m'étendrais plus ensuite. Bises (Aude) ».

Tous les autres commentaires qui suivront auront des saveurs douces et savoureuses, mais le premier c'est comme un miracle. J'en étais arrivée à m'envoyer un commentaire, histoire de voir que c'était possible (mais moi j'ai un blog, alors je peux le faire facilement). Je voyais bien qu'il y avait des lecteurs, quelques amis avaient pris le temps de m'écrire un mail pour me donner leurs impressions, et aussi toutes leurs difficultés à aller sur le blog, mais aucun commentaire. Dans le milieu des bloggers, c'est moi l'experte ! Sauf que je me suis rendu compte que toutes les pages vues (quel succès!) comptabilisaient aussi mes propres consultations du blog pour en changer la forme, écrire... Et cela représentait de nombreuse pages évidemment... Ne pas savoir, permet d'entretenir pour un temps l'illusion.
Les premiers ont toujours un goût particulier. Je me rappelle de ces premières fois : premier coup de téléphone d'une nouvelle connaissance qui m'appelle pour me proposer d'aller boire un café, tandis que j'ai l'impression de passer mes journées dans la solitude Américaine (j'ai de nombreuses Skype parties Française, mais j'ai pas encore de véritables amis ici) ; premier mail de réponses à mes tentatives d'intégration : merci Mme W., directrice de l'école de Flore, votre réponse simple et concise m'a redonné espoir...
Comme je suis souvent branchée sur mon ordinateur, les informations françaises m'arrivent essentiellement par internet. Je ne suis pas très intéressée pour avoir les informations de France, celles des US me suffisent. Certains français reprochent aux médias américains, de ne pas être assez tournés vers le monde, mais je crois personnellement que cela s'applique à toutes les médias. Je regarde surtout les nouvelles de France dès que j'ouvre ma messagerie mail de voilà. Il y a beaucoup d'information sur les célébrités : tel acteur veut demander à changer de nationalité pour payer moins d'impôts ; est ce que les acteurs français sont trop payés ?… Internet n'est sans doute pas la meilleure source d'information ! J'apprends aussi qu'une ancienne étudiante qui publie aussi des livres, va avoir un film tiré d'un de ses livres. Le film passera à la télévision. Bien sûr, j'ai appris que des Français avaient été enlevés au Mali ; que le froid cette année a été particulièrement persistant ; que  Stéphane Hessel venait de décéder ; je sais aussi que les débats font rage sur le mariage pour tous, ou la semaine scolaire (*). Mais, je me sens comme étrangère à ces questions, non pas parce que je ne suis pas intéressée, mais plutôt parce que je relativise beaucoup la tournure des débats. J'ai appris qu'il existe de nombreux autres systèmes, tous avec des avantages et des inconvénients et que ce qui s'actualise plutôt dans ces débats c'est la difficulté pour les Français à envisager toute forme de changement.
(*) ma présentation des nouvelles de France aura suivi un style médiatique : elles auront été présentées de façon juxtaposées, sans lien entre elles, ni degré d'importance, de la plus dramatique, à la plus anecdotique. Pas de doute, c'est bien le style médiatique.

Après les nouvelles, les Spam de la messagerie. Il y a en effet des spams résistants, qui passent la barrière de l'anti-spam : en deux jours, je viens de recevoir deux messages m'indiquant que je peux être le bénéficiaire d'une somme d'argent extrêmement importante, soit parce que si ce n'est pas moi qui en profite, ce sera l 'état qui va en profiter ; et un autre encore plus pervers, d'une dame en train de mourir d'un cancer et qui n'a aucune famille voudrait me léger son héritage pour que j'ouvre une fondation à son nom . Bien sur, je ne suis pas le seule recipient (undisclosed recipient). En voici une partie du contenu (non transforme, donc fautes incluses) : « je suis Mme. C de nationalité Française. J’ai résidé il y a quelques temps en Côte d’Ivoire suite à des affaires florissantes que j’ai entreprises dans le domaine agricole et dans le textile. Ce qui m’a permis de bénéficier d’importants fonds évalués à ce jour à la somme de HUIT MILLIONS EUROS (8.000.000 ,00 Euros) qui sont présentement stocké dans un compte bloqué d’une institut financière basée en Côte d’Ivoire. Je suis actuellement en observation dans une clinique d’où je vous écris ce message. Je souffre malheureusement d’un terrible cancer de l’utérus qui est en phase terminale, c'est à dire que je suis condamné à une mort sûr et certaine. »... « Je compte dès lors sur votre promptitude et surtout je vous demande de faire un bon usage de ces fonds quand ils vous seront transférés et mis à votre disposition. » . Mais bien sur ! Je pense malheureusement que ces messages trouvent des sujets assez naïfs pour se laisser tenter. Et dans ce cas, 100 % des répondants ont tente leurs chances et ... se sont fait avoir. (PS : les éléments soulignés sont des indicateurs de l'origine du massage, et l'on sait malheureusement que c'est souvent à partir de ce continent que ces arnaques sont montées ; sur les autres messages, j'en recevrais plusieurs, je noterai les mêmes tournures de phrases).
Par contre, les vraies nouvelles de France, celles de nos amis, de la famille, de nos collègues... c'est à chaque fois un peu comme des lumignons du 8 décembre, elles brillent longtemps dans la nuit... C'est en effet, toujours avec le même bonheur que nous recevons des nouvelles de nos proches, et nous restons longtemps bercés par tous ces mots qui nous semblent si proches. Chacun à sa manière est un écrivain d'une histoire à plusieurs mains.
A force d’être souvent sur l'ordinateur, et aussi parce que j'ai plus de temps, je commence a avoir des réflexes qui ne m’étaient jusqu’à la, pas naturels. Quand je recherche quelque chose, ou quand je suis face à un problème, je pianote tout simplement ma recherche (parfois une longue phrase entière) sur le moteur de recherche. Et oui, j'ai toujours été habituée à faire de longue recherches avant de trouver ce que je cherchais, ce qui procure a chaque fois une grande joie. Alors que ce réflexe est d'une simplicité déconcertante, voire troublante car il donne l'impression de pouvoir tout trouver sans vraiment avoir le plaisir de chercher (dans mon cas cela ne s'applique pas parfaitement car il m'a d'abord fallu chercher ce réflexe qui est encore loin d’être complètement maitrisé!!!).  Aujourd’hui, vendredi 22 février, je viens de penser qu'il pouvait peut-être bien exister un site internet pour les corrections d'orhtografe et de gramaire. En effet, je ne suis pas très forte pour ces sujets, c'est sans doute pour moi une manière de continuer à m'identifier à ma mère, qui en a toujours fait beaucoup, quand elle pouvait encore écrire! Mais je suis aussi attentive aux lecteurs qui pourraient me suivre. Et puis le correcteur automatique de mon ordinateur n'est pas très performant. D'autant que maintenant que je sais que le blog peut aussi être traduit, je ne voudrais pas que mes amies non francophones se méprennent sur le sens de mes propos. En effet, j'ai trouvé la fonction traduction sur le blog. J'avais déjà un site pour traduire de l'anglais au français (ou inversement), mais je n'avais jamais pensé qu'il pouvait exister un site pour l’orthographe et la grammaire (qui peut bien pondre un truc pareil). Mais en relisant laborieusement, c'est à dire à l'envers pour me concentrer sur les fautes et non sur le sens, mon texte du jour dans le blog, j'ai eu cette idée : et si un site pour les corrections d'orthographe et de grammaire existait ! Je l'ai trouvé (assez facilement, dois-je avouer!) : je ne ferrai plus jamais de faute de français... Encore une fois la motivation est l'amer des idées... Je sais bien que pour n'importe quel gifted de l'informatique (ou encore mieux pour mon estime personnelle : computer nerd), je ne parais vraiment pas bien maligne, ou d'un autre âge. Mais en fait je pense que cela s'applique pour n'importe quel domaine dans lequel à priori nous ne sommes pas compétents, mais dont l'utilisation nous intéresse, alors nous sommes capables de déployer des efforts d'ingéniosité. Il n'y a pas de petite réussite, il n'y a que de grandes motivations…
Peut-être que cela à avoir avec mon rêve de cette nuit. En effet, j'ai rêvé de... la fin du monde. Tout commençait aux USA, et pour être plus précis sur la côté Ouest. Le monde suffoquait de la pollution qui anéantissait et asphyxiait petit à petit tout le vivant. Il n'y avait plus rien à faire, car l'homme avait laissé son emprunte indélébile et le monde tout entier allait bientôt succomber à l'inflexible élan de mort. Mais, je me suis réveillée avant que cela n'arrive.
Alors peut-être qu'avant de partir, je ne veux pas mourir bête, et les idées affluent vers mon esprit...

vendredi 8 novembre 2013

Janvier 2013 : 6 mois déjà... et l'eternelle question sur l'alimentation ou la difficile identification. (4eme partie)


En janvier, je continue à me poser des questions sur l'alimentation.
La lunch box : à midi, je prépare une lunch box pour Flore. Et finalement, après quelques ajustements, je me débrouille. La diversité n'est pas toujours évidente, mais, ce doit être un repas rapide. Alors, il y beaucoup de salades variées et attractives, des sandwiches de dinde ou de saumon, des fruits ou moins deux à chaque déjeuner, des pâtes, des chou (mais l'odeur est un peu désagréable même si le goût est bon, alors pour ne pas stigmatiser Flore, nous réservons le chou pour le soir), quelques fois, une barre de céréale vient compléter le tout. C'est presque mieux que le repas de la cantine en France. Une amie m'a donné une boite pour tenir au chaud, puis nous avons trouvé plusieurs lunch box assez sympas. Flore insiste régulièrement pour avoir le repas de la cantine US, mais je résiste. Quand je regarde le menu, cela ne me paraît pas très gourmand en fruits et légumes. Je me demande si nous conserverons cette habitude à notre retour car mes souvenirs des cantines françaises au collège ou lycée, sont plutôt des grands moments d'attente, et souvent de bien faible récompense. Les enfants peuvent aussi prendre leur petit déjeuner à la cantine, ou apporter quelque chose de chez eux. Le repas du soir devient le repas principal avec viande ou poisson.
Je pense en fait que je dois faire une fixation sur la nourriture car j'ai beaucoup de mal à comprendre le fonctionnement Américain. J'ai depuis toujours pris plaisir au partage de nourriture entre amis, dans la famille, les repas sont des temps de retrouvailles. En même temps, cela peut virer à l'angoisse quand il faut préparer un repas pour tout un groupe et que je ne suis pas une très bonne cuisinière. Alors je choisis des choses simples qui sont (en principe) in-ratables : fondue, raclette, apéritif dînatoires... Mais les Américains, qui ne s'encombrent pas avec les rituels de repas (pourquoi pas, après tout!), ont une bien étrange manière de manger : à l'école, les snacks et boissons gazeuses sont prioritaires (une des maîtresses de Flore a même demandé de lui apporter pour Noël une caisse de boissons gazeuses au goût de cerise). Sur les menus de cantine, l'hygiène alimentaire est prônée, mais ce qui en partie en contradiction avec ce qui est proposé à manger. En même temps, s'ils veulent que les enfants mangent, ils ont intérêt à leur proposer ce qu'ils aiment. J'ai parfois quelques scrupules à préparer des salades, des choux, des légumes à Flore tandis que devant elle, les autres ne mangent que des chips et autres junk food. Il faut qu'elle soit beaucoup rassurée sur l'utilité d'une telle démarche et que parfois des écarts soient autorisés. Pour être parfaitement honnête, je dois toutefois relativiser mon propos. Alors que j'accompagnais un enfant dans la classe de Grandes sections maternelle pendant un cours d'anglais à l'écrit, le sujet ce jour-là pour les enfants était d'expliquer pourquoi il/elle pensait que c'était mieux de prendre le repas de la cantine ou plutôt d'amener sa lunch box (en cours d'anglais, les enfants sont très souvent invités à donner leurs opinions : préparons la prochaine génération à penser par elle-même !). A la table où je travaillais, deux enfants ont expliqué qu'ils pensaient que c'était mieux d'apporter sa lunch box, car au moins, leur maman pouvait leur préparer des choses healthy. Bien sur, nous pouvons nous interroger sur leurs propres désirs, mais les parents à cet âge-là, ne doivent-ils pas être des guides ? D'autant qu'il y a aussi un autre phénomène qui n'encourage pas trop à manger des choux et de la salade : les nombreuses occasions de fêtes, qui se transforment inévitablement en goûter, les snacks sont à l'honneur, et échanges de cadeaux, dont les sucreries sont les plus prisées. Nous avions l'habitude d'acheter des sucreries pour l'anniversaire de Flore, Noël, Pâques, et Halloveen, en plus ou moins grande quantité, selon l'occasion. Ici, il faut rajouter la kermesse de l'école, Valentine's day chacun est invité à faire un petit cadeau aux autres élèves, la classe de découverte... Nous avons beaucoup de mal à voir la boite à bonbons se vider. Je ne voudrais pas insister, mais je pense que cela peut entretenir un goût prononcé pour ce qui est sucré, d'autant qu'aux USA qui dit sucré, dit très sucré... Un autre phénomène que l'on connaît aussi en France, mais que je trouve particulièrement marqué ici, ce sont les fruits et légumes toute l'année. Y'a plus de saison ma pauvre dame ! Les fraises sont sur les étalages toute l'année durant, les raisins aussi, ainsi que les courgettes, tomates... Il est vrai que c'est assez difficile d'en faire manger, alors il est plus prudent quand on en tient un de pouvoir le déguster toute l'année (les fraises pour les enfants de Julie, qui est pourtant une fille d'agriculteur). Cela entretient un sentiment de confusion sur les produits de saisons. C'est quand déjà les fraises ? Il serait sans doute bon de revenir à la simplicité pour retrouver le goût des aliments et pour respecter leur naturel développement : les choux et les pommes en hiver, les tomates et les pêches l'été. Les fraises quant à elles, ce sont au mois de mai-juin qu'elles sont le meilleur, surtout quand elles viennent d'être fraîchement cueillies : j'ai entendu qu'il y avait aussi des sortes de "fraises au champ" ici aussi, nous allons pouvoir nous régaler.

Question alimentaire, ce n'est pas simple de s'adapter au goûts des autres, car ils peuvent vraiment être très différents. Ce qui est bon au goût pour l'un, ne l'est pas forcément pour l'autre. C'est vrai même à l'intérieur d'un même pays, mais on peut toujours s'en sortir avec les produits passent partout. Mais ici ces produits sont plutôt des chips, des gâteaux colorés et pleins de crème, des bonbons. Une amie nous a offert des petits œufs de Pâques au fort goût de cannelle qu'elle trouvait particulièrement bons. Mais ni Flore ni moi ne les a apprécié. Je ne vous parle pas du chocolat valeur refuge, qui ici n'a vraiment pas le même goût ! Alors, il est toujours extrêmement hasardeux d'apporter en cadeau des choses à déguster. Mais qu'à cela ne tienne, lors des invitations, il vous est proposé d'apporter un plat qui vous plaît, et si vous ne le finissez pas, vous pouvez le rapporter chez vous ! Je dois reconnaître que cela me convient assez bien, plus besoin de se prendre la tête sur le cadeau à apporter, qui est la marque implicite de votre sentiment vis-à-vis de votre hôte.

Le rapport a la nourriture nous confronte a un rapport intime avec notre culture, notre famille, des valeurs intrinsèques qu'il est difficile de faire évoluer. En effet, notre organisation autour de l'alimentation est basée sur des croyances profondes (la soupe, cela fait grandir; les épinards, cela rend costaud; le pain, cela fait grossir...) et bien souvent irrationnelles (être une bonne mère, c'est bien nourrir sa famille!). Alors qu'au contraire nous les croyons très rationnelles basées sur des faits scientifiques : les laitages sont indispensables a la santé, il faut manger équilibré, les protéines se retrouvent dans les produits animaliers... Sans compter sur les recettes de grands-mères qui fonctionnent parfaitement, comme tout le monde le sait ... Mais pourtant, régulièrement les données scientifiques peuvent changer dans le temps, et puis nous n'avons pas tous eu la même grand-mère (sauf peut-être au temps pré-historique!). Et d'autre part, en la matière dans les milieux non confrontes a la famine, nous sommes soumis a deux principes qui parfois peuvent s'opposer : le principe de plaisir (manger est un plaisir) et le principe de réalité (manger pour se maintenir en vie et en bonne santé). C'est pourquoi, il est si difficile de comprendre le fonctionnement de l'autre, de s'identifier. Et je vais aussi m’en apercevoir avec mes amis expatries qui sont confrontes aux mêmes questionnements.

Une existe une autre situation de difficile identification à la position de l'autre, dans un contexte d'expatriation. La situation d'expatriation prévue par l'entreprise de Kriss, prévoit un budget pour que nous puissions louer une maison. Dans le même temps, nous avons loué notre maison en France, ce qui initialement devait nous permettre de tranquillement nous aider à rembourser notre prêt, pendant la période où nous n'étions pas là. Mais c'est sans compter que vos locataires n'ont pas toujours le même sens que vous sur l'entretien de votre maison. En effet, depuis, qu'elle est louée, c'est fou comme elle est devenue peu pratique, pleine de défauts, et tout tombe en panne (y compris le portail que nous avons installé il y a seulement trois ans). Il est vrai qu'en arrivant dans une maison que vous ne connaissez pas, il est probable qu'il vous faille du temps pour vous ajuster à son utilisation, et que certains aspects vous échappent au point d'avoir des accidents. Nous avons eu les mêmes soucis en arrivant ici dans notre maison de location : un genou dans la porte anti-moustique, la deuxième porte d'entrée (elles sont toutes doublées) un peu trop refermée avec force, la mise en route de la clim (comment ça marche!), sans parler de la piscine qui a régulièrement tourné au vert. Et comme nous avons un propriétaire d'origine Allemande, plus tout jeune, il n'est pas question de trop dépenser. La double position que nous occupons nous fait à la fois pester contre notre propriétaire un peu trop radin et pester contre nos locataires un peu trop négligents. Comme quoi, il est bien difficile de s'identifier à l'autre...

vendredi 1 novembre 2013

Janvier 2013 : 6 mois déjà... et d'une langue a l'autre (3eme partie)


Entre une belle langue plus ou moins utile ou une utile langue par particulièrement très belle, mon cœur balance. L'anglais n'est plus une option, c'est une routine. Mais il y a quand même des circonstances qui laissent l'anglais au placard : les jurons et les excuses spontanées. Mais c'est drôle, comment en les prononçant j'ai toute leur force qui me revient en boomerang alors que je pense que personne autour de moi ne peut les comprendre. Bien sur, les jurons existent aussi en anglais et je les connais. Mais leur force n'a pas la même intensité car ils n'ont tout simplement pas été appris à un moment où enfant il n'y a rien de plus jouissif que de faire râler ses parents par un juron bien placé. Pour les excuses, il n'y en a pas de meilleures que celles qui sont prononcées spontanément, car si en plus d'être mal à l'aise car on vient de bousculer quelqu'un, il faut en plus se souvenir de la formulation précise. Nous avons réalisé aussi avec une amie Allemande que lorsque nous soyons en compagnie de quelqu'un avec qui nous nous sentons bien, il nous arrive de spontanément parler notre langue maternelle (je ne comprends rien à l'Allemand, tout comme elle ne comprend rien au Français). C'est dans ces moments-là que l'on réalise que la langue maternelle est notre langue affective ! Presque au même moment, Kris me fera part de la même situation.

Par ailleurs, aux États-Unis, le langage adressé à une personne est beaucoup moins formel qu'en Europe. Et je me demande si cela ne s'applique sur tout le continent car mon amie Colombienne m'a dit que dans son pays, les formules sont aussi moins formelles (ils n'appliquent jamais le vouvoiement espagnol). La serveuse du restaurant Waffles house m'appelle «sweetie», « hon pour honey »; dans les courriers, on appelle les personnes par leur prénom : dear Colette, les enfants sont appelés : bud (pour buddy = mon pote)... Je doute que les Anglais soient aussi familiers. Peut-être que cela a à voir avec l'ancien et le nouveau monde ; dans le premier, les restes de l'aristocratie se retrouvent dans le langage formel, dans le deuxième qui a vu plutôt l'immigration des gens du peuple, le formalisme a laissé la place au familier. La construction du nouveau monde a nécessité d'aller à l'essentiel, y compris dans le langage.

Dans la langue anglaise, il y a un phénomène très intéressant : la multiplication des mots. En effet, il y a beaucoup de mots qui se construisent à partir d'un autre mot : il faut rajouter less, ness, (parfois même nessless associés), ful à la fin d'un mot ou un, in au début pour obtenir un tout nouveau mot : fastoche. Cela devrait réduire le nombre de mots à apprendre. Le problème c'est que cela ne marche pas avec tous les mots.
Et puis, ce qui est très ennuyeux, ce sont les prépositions et les verbes a particules. Ils sont en général référer a une utilisation précise (en haut, dedans, sur...), mais pas toujours : fill out (remplir), burn out (bruler complètement). Je vous laisse apprécier :
http://www.anglaisfacile.com/exercices/exercice-anglais-2/exercice-anglais-13879.php
Il y a aussi les faux-amis, les faux frères : je suis particulièrement fâchée contre ceux-là car ils sont particulièrement difficiles à retenir et nous jouent des mauvais tours :
recipient, vie, library, flippant, no trepassing (mais celui-ci je l’aime bien car je rappelle pour mémoire qu’en français « trépasser » veut dire mourir, alors j’ai l’impression à chaque no trepassing que l’on me rapelle de ne pas mourir:))))...

Ce qui pour moi constitue une réelle difficulté, c'est la difficile retenu des prénoms : lorsque notre oreille a du mal à se familiariser avec les accents locaux, il est très difficile de retenir les prénoms, surtout qu'ici nous côtoyons à peu près une dizaine de nationalités, et qu'évidemment les accents changent. Mon oreille va devenir très musicale !! En attendant, j'ai beaucoup de mal à retenir les prénoms si je n'arrive pas à les associer avec quelque chose de connu. Mais en retour, les amis et surtout les Américains peu entraînés à l'oreille linguistique, ont aussi parfois du mal à retenir nos prénoms et pour un peu que j'associe le mien avec mon nom de famille (aux sonorités très proches), j'ai du mal à répondre à mon nom tant il est déformé. Il y en même qui utilise mon nom de famille pour mon prénom. C'est pourquoi ici, les surnoms sont courants et facilite l'usage international : Peggy pour Margaret, Bob pour Robert, AJ, Addy... là encore, ils vont à l'essentiel.

Si l'Anglais est une utilité importante dans le monde d'aujourd'hui, la langue Française quant à elle, est vue comme une belle langue, parfaitement inutile dans le monde de la communication internationale, mais tellement belle. Je le dis non sans fierté car il est vrai que cela me procure à chaque fois un vrai plaisir d'entendre les non francophones le déclarer. D'autant que je dois l'admettre, je ne le ressens pas vraiment du fait que le français est pour moi aussi naturel que le froid pour les Esquimaux, on est tellement habitué qu'on ne le perçoit plus (si j’étais née Esquimaux, je me demande si j'aurai été si frileuse. Mais sans doute que la sélection naturelle aurait eu raison de moi!). Il est aussi très intéressant de voir comment nous sommes vus par les américains, ou par d'autres nationalités. Au sauna, un jour en discussion sur l'alimentation et l'addiction à la nourriture, avec trois Américaines, voilà que l'une d'entre elles (alors qu'elle ne connaissait pas ma nationalité), nous dit que les Français ont l'habitude de manger en plus petite quantité : il est vrai qu'une entrée, un plat chaud, du fromage et un désert, cela constitue un repas léger !!! En fait ce sont les proportions de chaque plat que les Américains imaginent petites, et c'est vrai que comparer aux proportions Américaines, il n'y a pas photo. Gargantua aurait du être inventé ici... De même, notre jeune voisine pensait que tous les Français étaient riches et ne portaient que des vêtements de haute couture. Avec nous, il a fallu qu'elle se rende à l'évidence : les Français sont banals, et vivent la même vie qu'elle (à part peut-être sur le nombre de jours de congé...).

Bon, pour ceux qui seraient intéressés par l'apprentissage d'une nouvelle langue, voici quelques conseils utiles. En effet, l'apprentissage d'une langue vivante est tout à la fois une nécessité matérielle (cela peut être intéressant de savoir comment commander un œuf dure lorsque l'on voyage) mais aussi une nécessité affective : parler de la pluie et du beau temps avec nos amis Américains, Suédois, Allemands, ou Mexicain est assez restrictif. Alors, je recherche la meilleure méthode d'apprentissage d'une langue.

    1) D'abord, il faut se connaître. Questionnaire à choix multiples. Plusieurs réponses possibles. Vous êtes :
- visuel : vous ne retenez rien sans l'avoir vu écrit. Si vous ne visualisez pas le mot, vous ne pouvez pas savoir comment il s’écrit. Ce sont les yeux de l'intellectuel ou les yeux de Thomas.
- auditif, votre oreille est votre meilleure alliée, lorsque vous entendez un mot vous pouvez vous en souvenir, et le prononcer correctement. C'est l'oreille de l'artiste.
- kinestésique : vous avez besoin de toucher, de découvrir par la manipulation. Les informations doivent être en relief (par des couleurs et autres artifices...). Ce sont les mains de l'italien. Rien ne vaut alors une approche directe dans le pays...
- olfactif, votre nez ne vous trompe jamais, vous pouvez reconnaître un vin rien qu'à l'odeur. C'est le nez de l’œnologue. Bon, en matière d'apprentissage d'une langue, c'est plus restrictif, à moins de trouver une méthode odorante.
    2) Il faut mesurer sa motivation. Précisez votre choix :
- entre une Skype partie avec les amis de France ou une visite au YMCA avec des amis expat ? Ou encore, entre écrire sur son blog en français et une ballade avec des amis Américains ?
- entre la lecture d'un mauvais livre français ou la lecture d'un bon livre américain ?
- entre une conférence française à 10h du matin (heure de Paris) et le journal télé du matin vers 8h heure locale ?
- entre regarder Maigret, sous-titré à la télévision ou aller voir un film Américain d'auteur, non sous-titré au cinéma (peut-être que pour commencer on peut choisir un dessin animé en anglais) ?
    3) Évaluer votre besoin. Plusieurs réponses possibles :
- pour travailler dans une entreprise internationale.
- pour épater les copains
- pour voyager
- pour avoir une bonne note à un examen et compenser les matières plus faibles.
- pour découvrir de nouvelles cultures et de nouveaux modes de vie
- pour suivre son conjoint dans une expérience d'expatriation... et gérer la vie familiale dans une autre langue : les courses, le médecin, l'école, les activités, les voisins, le plombier...
    4) Évaluer votre temps disponible à consacrer à l'apprentissage d'une nouvelle langue. Une seule réponse possible
- tous les jours une demi-heure
- tous les dimanches pendant 2 heures
- quelquefois par mois, quand il n'y a rien de plus urgent
- irrégulièrement, quand ça nous chante.

    5) Votre niveau réel au démarrage et votre niveau espéré à l'arrivée. Soyez les plus honnêtes possible, vous ne jouer qu'avec vous-même !
- débutant                             
- des notions apprises à l'école, autant dire peu adaptées à la vraie vie!         
- de bonnes notions apprises sur le terrain 
- un bon niveau de langage, mais de 18 ans d'âge 

- conversation usuelle pour voyager en touriste
- conversation téléphonique professionnelle et rédaction de rapports internationaux.
- conversation et rédaction parfaite en  toute circonstance (il vaut mieux sortir couvert).
Après avoir évalué votre situation langagière... revenez me voir.

Avant de partir, je pensais que nous pourrions organiser des leçons de français à domicile pour permettre à Flore de conserver son niveau de français écrit, et aussi d'histoire, car même si l'histoire est universelle, elle ne se décline pas sur la même version dans tous les pays. Mais les cours de français sont difficiles à tenir tant pour Flore qui est loin d'être enthousiasmée, que de moi-même qui ne suis pas toujours très motivée pour revenir sur la grammaire. Le français est peut-être une belle langue, mais il faut la mériter... Par contre, les cours d'histoire serviront les deux cultures. En effet, nous abordons la période des temps modernes et en 5th grade, ils évoquent la conquête du nouveau monde, et les relations avec les autres continents. Rassurez-vous, chacun son histoire et son interprétation des évènements, même si entre nos deux pays à cette époque, les liens étaient fréquents : la première guerre d’indépendance qui a vu naître la déclaration d'Indépendance des États-Unis, le 4 juillet 1776, contre les Anglais (c'est la, qu'est intervenu La Fayette). Ah, dès qu'il s'agit de bouter les Anglais de quelque part, là les Français ils sont forts pour s'allier avec tout ceux qui ont maille à partie avec l’Angleterre. Alors que quelque temps plus tôt, lors de la guerre de la Conquête (1754-1763), ce sont les Français que les Anglais a l’époque, aidés par les Américains, réussissaient à bouter du sol US de l’époque (cote Nord Est essentiellement). Vente de la Louisiane(1803) : des fois je me dis que vu la taille de la Louisiane à cette époque, si nous l'avions gardée, la langue internationale serait... le Français !!! On a le droit de rêver ! Cadeau de la statut de la liberté (bien plus tard car elle fut en effet inaugurée le 28 octobre 1886, mais beau cadeau tout de même, surtout qu'à cette époque, question liberté, la France en était plutôt privée). Ils fêtent aussi el cinco de Mayo. Qu'est ce qui a bien pu se passer à cette date la ? Un petit groupe de Mexicains, associés aux Américains ont réussit à vaincre, devinez qui ??? Les Français en 1862. Il y a des jours, il ne fait pas bon être Français...

vendredi 25 octobre 2013

Janvier 2013 : 6 mois déjà... et un hiver bien charge!


En hiver, voici comment se compose une semaine :
le lundi (je préfère que les semaines commencent le lundi) je commence la journée par le ménage. Ce n'est pas la partie de vie la plus glorieuse du conjoint d'expat, mais cela ne se fait pas tout seul, et pas question de vivre dans un taudis, ni de payer quelqu'un pour le faire alors que le conjoint d'expat à justement du temps libre (l'argent ainsi économisé sera redistribué en voyages!). 11H : cours individuel d'anglais, pendant une heure trente. Déjeuné. Skype, avec des amis, des collègues ou des nouveaux collègues que j'aide dans leurs démarches de jeunes professionnels. Approfondissement du cours d'anglais. Bibliothèque.
Le mardi : randonnée avec un petit groupe dans les Appalaches. C'est bon pour la forme, pour l'anglais et pour la socialisation. Je termine mon entraînement physique au Y (surnom du YMCA), puis sauna. Déjeuner. Bénévolat à l'école. 5.30 pm, cours de natation pour Flore, petit entraînement physique pour moi, ou courses, ou discussion avec les amies.
Le mercredi : c'est mon tour d’emmener ma fille et une voisine à l'école (le bus scolaire jaune passe trop tôt, à peu près à l'heure où Flore se réveille) puis bénévolat à l'école le matin. Déjeuné. Skype ou écriture, travail sur le dossier professionnel, ou lecture de textes psy. 5.15pm : cours de gym pour Flore, courses pour moi ou révision du vocabulaire d'anglais. En même temps, Flore aime bien que je la regarde. Plus jeune, elle n'a pas beaucoup eu la change d'avoir sa maman qui restait la regarder faire ses activités qui se déroulaient entre 12h et 14h à l'école. Bien sur, nous faisions d'autres choses ensemble, de l'escalade, du roller, du ski, de la natation, mais jamais lors d'un cours.
Le Jeudi : co-voturage pour les filles (= car pool, à ne pas confondre avec les limousine qui ont une piscine intégrée...), Y pour moi : rachet ball, vélo ou marche rapide, fitness, sauna. Déjeuner. Skype, Écriture ou lecture.
Le vendredi : co-voiturage pour les fille, et Y pour moi (même entraînement que le jeudi). Déjeuner. Skype, écriture ou lecture.
Le WE : en famille. Découverte de la région, sport, atelier d'art pour Flore.
C'est important de garder un rythme, une routine, tout en s'autorisant quelques extra : toute invitation est privilégiée par rapport à la routine (sauf dans mes engagements bénévoles : les enfants comptent sur moi).
Le sauna est un grand plaisir, autant sur le moment que dans ses répercussions sur la journée car il permet à mon corps ne pas souffrir de frilosité. Pour le sauna, j'ai adopté le régime suédois : trois fois par semaine. C'est vrai qu'il y a pire pour passer ses journées, d'autant que c'est un lieu de rencontre intéressant.
En fait, cette semaine type se révèlera extrêmement fluctuante, car pour moi la situation d'expatriation sera marquée par des semaines en tout : tout psy ; tout sport ; tout blog ; tout Américain ; tout Français.
J'ai quand même trouvé un équilibre entre la vie Américaine, les activités professionnelles (bénévoles) aux États-Unis et avec la France, les amis Français et Américains. C'est sans doute cela que notre formatrice à l'expatriation a appelé la troisième voie : ni complètement Américain, ni complètement Français, dans un entre-deux. Il vaut alors savoir nager entre deux environnements, deux cultures (voir plus, étant donné le nombre important d'expat d'autres nationalités), deux langues, deux correcteurs d'orthographe, des activités heures françaises et d'autre,s heures américaine. Il m'est quand même arrivé de ne pas honorer un RDV français à cause du décalage horaire. Moi qui n'aime pas être en retard, c'est réussi...

Comme j'ai enfin du temps pour des activités que je n'aurai jamais eu l'occasion de faire en France, je vais en profiter. Conférence à 10 h du matin heure de Paris, soit 6 h de moins à Hagerstown. Non, vous ne rêvez pas (quoiqu'à cette heure-là!) votre soustraction est juste, il s'agit bien de 4 h du matin, heure d'Hagerstown. Même pour une lève tôt comme moi, cela fait très tôt. Pour la première conférence, j'ai mis mon réveil à 3h30, mais heureusement je me réveille à 3h15 car il me faudra un peu de temps pour comprendre comment fonctionne la vidéo-conférence. D'accord, l'informatique ce n'est pas mon fort, mais à 3h30 du matin, vous avouerez que j'ai de bonnes raisons d'avoir besoin de temps pour comprendre. Il faut aller sur le site « gotoawebinar » et c'est assez simple, il est vrai. Sauf que mon ordinateur est sous Ubuntu et que cela marche avec Windows. Le temps que je comprenne, et que j'aille sur Windows, il est 4 h et la conférence va commencer. Au moins, j'aurai eu le temps de me préparer un café... mon subconscient avait prévu mon besoin de temps pour réagir : il me connaît bien...
Deuxième conférence, je suis assez rassurée par ma première expérience réussie, alors je m'inscris à plusieurs autres. Mais pour la deuxième, j'ai oublié d’enclencher la sonnerie du réveil (cela ressemble à la fonction pm, qui je vous le rappelle est indispensable sur un radio-réveil, dans un pays où les journées sont découpées en deux tranches de 12h chacune). Je vais me réveiller à 5h30. Lorsque j'arrive à la conférence, elle est déjà terminée. Cette fois, mon subconscient n'a pas anticipé mon erreur, il ne peut quand même pas tout prévoir. À moins qu'il ne sache que ce jour-là j'avais besoin de sommeil... 3ème conférence, je me réveille par intermittence, et je rêve que je rencontre les mêmes problèmes que la première fois avec en plus, un réveil qui sonne en retard... Mais cette fois, tout fonctionne à merveille, le réveil sonne à 3h40 et je ne rencontre aucun problème d'installation. Mon subconscient peut retourner ce coucher. Quatrième conférence, nous avons changé d'heure mais pas encore en France. Nous n'avons donc plus que 5 h de décalage. Ça compte à 5h du matin !
J'ai une amie suédoise qui prend des cours par internet avec la Suède, pour devenir prof d'anglais. Un jour, elle nous explique que ces prochains cours ne vont pas être pratiques car ce sera à 4 pm et elle aura les enfants à gérer. Je l’interroge alors : 4 pm, mais cela veut dire que ce sera tard en Suède, c'est drôle qu'ils organisent des cours à 22h du soir. Elle réfléchit... et se rend compte qu'elle s'est trompée ; ce sera probablement plutôt 4 am du matin pour elle. À chacun son subconscient...

Mes activités de socialisation me prennent beaucoup de temps, et je demande comment je faisais avec une activité professionnelle à temps plein avant. Sans doute que je devais un peu négliger mes amis. Mais aujourd'hui je profite de mon temps libéré pour me rattraper, tant auprès de nos nouveaux amis, que des amis en France. Je prends le temps d'écrire à chacun personnellement ou de prendre le temps d'une Skype partie. Je tente de ne pas répondre trop vite car cela fait un peu désespéré de relation, mais en même temps, je sais qu'en répondant de suite, je n'aurai pas à y repenser, ce qui est coûteux en énergie. Combien de fois lorsque je travaillais, n'ai-je pas tant attendu que je ne cessais d'y penser, ce qui me mobilisait de l'énergie psychique tout le temps.
Des fois j'imagine importer Skype avec moi en France, mais pour continuer à voir mes amis français. J'ai l'impression de n'avoir jamais eu autant l'occasion de les voir qu'avec nos Skype parties. Plus besoin de se déplacer, on peut se voir en direct. Ce serait un peu notre monde virtuel. Serait-ce la machine de télé-transportation, mais sans transport ? Nous allons inaugurer ce nouveau mode de connexion avec nos amis expat Français qui habite tout près de Washington. Nous voilà rentré dans l'ère de la télé-trans-communication.

Pour les activités de socialisation, rien de mieux que partager une discussion sur un bon livre. Je participe donc à un groupe de lecture : chaque mois, à l'initiative de notre prof d'anglais commune, Peggy, nous nous retrouvons pour évoquer notre lecture d'un livre. Le groupe est essentiellement composé d'expat en lien avec Peggy, mais il nous arrive aussi d'inviter quelques Américains. Et C'est une excellente occasion de découvrir la littérature américaine, ou anglaise. Et il est vrai qu'à travers elle, c'est aussi l'histoire de l'Amérique, ses racines que nous explorons. Nous avons lu un livre sur les Japonais vivant aux États-Unis pendant la Seconde Guerre Mondiale. Suite à l'attaque de Pear Harbor, les Japonais des USA étaient vus comme des traîtres et ont été conduits dans des camps au milieu de nul part. Nous avons aussi lu un livre qui fut pour moi une révélation à propos d'un procès d'un noir américain accusé de viol sur une jeune fille blanche dans les année 30 « to kill a mocking bird ». Non seulement, l'écriture est exceptionnelle, mais l'histoire et le contexte sociétal sont plus qu'intéressants. Mais aussi un livre sur un cirque à l'époque de la dépression dans les année 30 « water for elephants ». Tout récemment, il nous a été proposé de lire : « the true diary of a part time indien », encore un journal intime, à la fois extrêmement drôle et très émouvant.

Et puis, il y a aussi le fait que depuis que la nouveauté est devenue moins écrasante, je peux enfin prendre plaisir à la découverte de ce qui est nouveau. Et je retrouve mon entrain pour l'aventure en direction de la nouveauté. Tout est source d'enrichissement, de la découverte d'un nouvel endroit, d'un nouveau produit, aux nouvelles rencontres. J'ai aussi envie de parcourir des contrées encore inconnues, ou même de redécouvrir des endroits déjà visités mais d'une autre manière (on ne peut visiter de la même manière lorsque l'on a 20 ans ou lorsque l'on en a 45).

Avec tout cela, je suis arrivée à un point où j'ai l'impression que les journées ne seront pas assez longues pour tout faire. Il faut dire que mes journées se terminent tôt car invariablement, je m'endors entre 8h et 9h, rarement plus tard. Mais ce n'est pas parce que je dors beaucoup car je me réveille systématiquement entre 4h30 et 6h. Le décalage horaire n'a rien changé à l'affaire, car en France c'était la même chose. Il y a des situations où cela m'arrange : lorsqu'il faut que j'assiste à une conférence audio de France qui commence à 10h du matin, heure locale ; de même j'en profite pour réviser mon vocabulaire, ou lire avec une veilleuse. Mais les journées semblent quand même courtes. La vie appartient à ceux qui se couchent tôt...

vendredi 18 octobre 2013

Janvier 2013 : 6 mois déjà... et la mort des prédictions, premiere partie


6 mois et la mort des prédictions

Nous avons donc passé la transition entre 2012 et 2013 dans l'avion qui nous ramenait de Miami à Washington, après avoir dîné dans un restaurant Mexicain à l'aéroport de Miami : happy new year !!! En dépit, et peut-être même en l'honneur des prédictions sinistres du calendrier Maya, nous nous sommes rendus au Mexique sur les terres Mayas du 24 décembre au 31 janvier. Je dois avouer que j'ai beaucoup plus peur d'un accident d'avion que des prédictions Mayas. Mais ni les Mayas, ni les avions n'auront eu raison de nous. Et nous voilà revenu à notre vie ordinaire.

D'une fête à l'autre : les fêtes se suivent et se ressemblent... dans les magasins. Dès le 2 janvier, il n'y a déjà plus rien pour se souvenir de Noël (à part quelques reliques placées au fond des magasins, dans la partie la plus sombre), mais déjà la Saint Valentin a envahi l'espace, le rouge et le rose ont fait leur entrée : c'est le temps de la vie en rose. Would you be my Valentine ? C'est une fête importante, célébrée dans les écoles, où les élèves offrent un petit cadeau à chacun de leurs camarades. Flore aura mal compris la consigne, elle n'apportera que des chocolats à partager pour le goûter. C'est dans ces moments-là que nous ressentons la différence culturelle et les difficultés pour saisir les nuances de la langue.
Puis sans doute, viendra Easter (Pâques)... A Pâques, ici, c'est le Easter Bunny qui nous rend visite ! J'ai quand même trouvé des œufs de Pâques dans les magasins, avant même que la St Valentin ne soit passée. Si maintenant les fêtes se superposent, mais où va-t-on ? Mais c'était sans compter sur St Patrick's day qui s'est intercalé entre-temps entre les deux. Après le rouge et le rose, les magasins s'affichent en vert. Les fêtes, c'est surtout dans les magasins qu'on les reconnaît !!

L'école n'est pas en reste pour faire la fête, ou pour organiser des manifestations culturelles. Voici à quoi Flore, ou nous-même avons été invités :
- Walk a ton : septembre : parents et enfants sont invités à faire une course ou une ballade sportive après la classe, très bien encadré car ici aucun risque n'est pris ;
- Halloween : octobre : en interne de l'école avec les déguisements ;
- spectacle de musique de la classe : novembre ;
- dad's dunkins donut : novembre, les pères sont invités à accompagner leur enfant pour déjeuner avec eux à l'école ; (il y aura aussi une mom's muffin, mais en mai)
- Noël : décembre, fête dans les classes, les parents volontaires pour aider sont invités. En 5th grade, j'aurai été la seule à me proposer, mais finalement, nous serons deux mamans ; Les parents doivent commencer à quitter leurs habits de protecteurs car les enfants commencent à leur rappeler que leur venue à l'école les dérange...
- STEM night : janvier : une soirée en l'honneur des Maths, de la science, de la technologie et de l'ingénierie. Nous sommes encouragés à proposer à notre enfant des activités en lien avec ces disciplines; une expérience nous sera proposée;
- Valentine's day : février, chaque élève donne et reçoit un cadeau de chacun des autres élèves de la classe ;
- la kermesse des parents d'élèves : février, de 11h à 14h un samedi, avec des jeux divers et des sucreries à gagner, du maquillage, des structures gonflables, un cours de Zumba, une loterie, où nous avons bien sur perdu ;
Quand est-ce qu'ils travaillent déjà ? Surtout qu'à cela, se rajouteront : une classe verte en février, deux voyages scolaires en avril et mai, une kermesse de l'école, et une journée de recognition day (sur le modèle de graduation 's day) pour les 5th grades.
Il y a aussi les sollicitations, pour faire des dons, surtout de vêtements, mais aussi alimentaires, et aussi en monnaie pour le PTA (parents d'élèves) ou en service pour aider à l'organisation des fêtes. En effet, les manifestations culturelles, sportives, et festives en dehors du temps scolaire sont complètement à l'initiative des parents (les enseignants ne participent pas). L'environnement n'est pas de reste, car nous sommes invités à recycler. C'est parfait, car c'est déjà ce que l'on fait.
Et bien sur, nous sommes régulièrement invités à nous rendre dans un restaurant, ou une enseigne pour faire des achats, se faire couper les cheveux... et une partie du bénéfice sera redistribuée à l'école. Bref, nous nous éloignons des fêtes, pour investir le domaine marchand. Mais les deux ne sont-ils pas étroitement liés ?

Alors, revenons aux fêtes, sans autres intentions. En janvier, nous avons eu quelques soirées. L'une pour la galette (mais cela s'est plutôt transformée en soirée à discuter, manger et apprécier le bon vin de France) ; deux pour un départ d'une famille expat ; le book group à la maison avec une collation de fromages et de galette des rois faites maison s'il-vous-plaît, vu que c'est la seule solution pour en avoir ; une autre pour un happy hours avec un couple d'amis à 6 pm (soit 18 h), cela laisse du temps pour rentrer vers... 21 h : la vie appartient à ceux qui se couchent tôt. Après la France qui se lève tôt, voici l'Amérique qui se couche tôt (et qui se lève tôt aussi au grand désespoir de Kris, tandis que pour moi la vie Américaine est calée sur mon rythme biologique : hourra !).

Je continue à écrire, mais de manière beaucoup plus sporadique. J'ai tant d'autre chose à faire, et je ne sais pas si cela me mène quelque part... Mais j'aime quand même écrire ce que je vis à la manière d'un journal. Ici, nous avons beaucoup rencontré de diaries, surtout comme lecture pour notre fille dont un particulièrement drôle : « the diary of the wimpy kid », et un autre: « the true diary of a part time indien ». L'écriture sur soi est en vogue dans un monde ou le soi n'a pas toujours la place qu'il mérite ! Pour moi l'écriture devient moins fluide, moins précipitée, elle me berce moins, elle m'est moins indispensable et j'ai moins le temps : je me détache des mots pour m'attacher aux sensations, pour retrouver le goût des autres...

vendredi 11 octobre 2013

Noël 2012 au Mexique

Noël 2012 au Mexique : comment finir l'année en beauté ou comment oublier la tristesse d'être loin de chez soi.

J'ai toujours eu envie d'aller visiter les temples indiens du continent Sud Américain. Mais, de France, le voyage est long et cher. Alors, le jour où nous avons su que nous partions pour les États-Unis, l'idée d'aller les visiter était une évidence. Pour nos premières vacances en été 2012, nous avons renoncé, car en Amérique centrale, l'été est l'époque des pluies diluviennes. Et lorsque nous avons essayé d'organiser un séjour au Pérou pour les temples Inca, le prix était prohibitif (il est vrai, en passant par une agence). Alors, pour les premières vacances de Flore, à Noël, nous nous lançons à la conquête des Mayas. D'abord, première chose : renoncer à tout faire. Le Mexique (dans la partie du Yucatan), le Guatemala et Belize, ce sera trop. Et en y regardant de plus près, même les différents sites Mayas dans le Yucatan seront trop éloignés les uns des autres. J'ai envie de tout faire, mais Kris a besoin aussi de repos, et Flore ne semble pas extrêmement motivée pour visiter les temples. Alors, on décide d'arriver à Cancun (destination assez facile des États-Unis), se rendre à Chichen Itza (les temples Mayas : site classé aux monuments historiques de l'UNESCO et la pyramide centrale aussi appelée « el castillo » = le château, est classée comme l'une des sept merveilles du monde), puis l'île de Cozumel, destination rêvée pour un plongeur. Ainsi, nous pourrons marier détente, visites et plongées. Nous choisissons des hôtels de gamme moyenne, pour surtout profiter des activités. Pas de all inclusive, même si Flore et Kris auraient bien voulu, mais ce n'est plus un voyage découverte. Kris est hésitant à louer une voiture, il veut que tous les hôtels soient réservés à l'avance. Il est vrai qu'à cette période de l'année, le Yucatan et en particulier Cancun, sont bien prisés par les Américains. Et puis, quand on voyage en famille, plus question d'improvisation. Alors, il faut me résoudre à planifier le voyage, à ne pas laisser l'imprévu nous surprendre, à chronométrer notre parcours. Trois nuits à Cancun, à défaut d'avoir trouvé un vol direct pour Cozumel, puis une nuit à Chichen Idza, et deux nuits à Cozumel avant le retour sur Cancun ou nous passerons notre dernière nuit près de l'aéroport.

Cancun : copie à revoir. Pour quelqu'un comme moi qui n'aime pas rester sur la plage toute la journée, même sur celles paradisiaques, Cancun n'est pas une destination idéale. Il est difficile de savoir si nous sommes vraiment au Mexique, tant tout est fait pour les Américains (on peut payer en dollars, ou dans les deux devises, tout le monde parle anglais). Nous décidons de vivre plus localement, et nous prenons souvent le bus 1 ou 2 qui nous emmènent soit vers les plages, soit vers le centre. Ces bus sont surtout utilisés par les Mexicains qui rentrent du travail (dans les hôtels, au vu de leur uniforme). Lorsqu'il n'y a plus de places assisses, nous restons debout. Mais très souvent, un Mexicain fatigué, voudra nous céder sa place car nous voyageons avec un enfant. Il faudra alors rafraîchir mon espagnol pour le remercier chaleureusement, et le plus souvent décliner, car des deux, nous ne sommes pas les plus fatigués!
Il fait doux (28°C, qu'il est bon de retrouver nos mesures), humide, l'eau est à 27°, presque fraîche. Cela nous rappelle l'été à Hagerstown. D'ailleurs, comme souvenir, il y a aussi les moustiques qui semblent autant apprécier que nous cette chaleur, à la différence qu'eux, ils apprécient aussi la moiteur, ainsi que les peaux de Flore et Kris. Étrangement, ils me laissent tranquille. Est-ce que mon sang serait moins goûteux ? La seule bonne note de Cancun, sera les restaurants.
C'est agréable de passer Noël au soleil, sous les palmiers et les cocotiers à siroter une Margarita. Cela nous fait oublier que nous sommes loin de chez nous, loin de ceux qui comptent pour nous. Nous aurons l'occasion de voir le père Noël arrivé en scooter des mers, ou faire du saut à l'élastique dans la mer.

el castillo
Les temples Maya : j'aurai regretté que les prédictions nous empêchent de réaliser ce moment exceptionnel de rencontre avec la culture Maya : quel bonheur ! Les temples sont vraiment bien conservés. Il est maintenant interdit de monter au sommet de la plupart des sites, pour les garder encore plus longtemps en vie. Mon seul regret aura de ne pas avoir pu en découvrir plus. Flore est moins enthousiaste que moi dans l'exploration de cette histoire. Elle ne cesse de me rappeler que ce sont les Égyptiens qui l'intéressent. Mais pour l’Égypte, surtout en ce moment, on va peut-être attendre un peu...

PMT de rêve!
Nous voilà revenu à la temporalité paternelle : tu ne peux pas tout avoir, tout de suite. Le dimanche à Cozumel, nous serons confrontés à deux parcs fermés (ce n'est pas indiqué sur le guide... bon en même temps le 30 décembre !). Comme notre fille est encore trop jeune pour profiter de la plongée (scuba diving), nous lui avions prévu une journée pour elle mais la perspective de la visite d'autres temples Maya ne l’enthousiasme guère. Heureusement qu'elle pourra aller voir les poissons en palme masque tuba (PMT ou Snorkelling). D'autre part, il n'y a aucun magasin qui ne vend des timbres et bien sûr la poste locale est fermée : un touriste a pour principe d'oublier la notion de temps, dimanche est un jour comme un autre. C'est un peu frustrant, surtout que comme de bien sûr les cartes pour les amis viennent juste d'être achetées. De toute façon pour les cartes, elles arriveront trois semaines après leur départ. On aurait dû les envoyer des États-Unis, cela aurait été plus rapide... D'ailleurs, pour les dernières adresses non récupérées avant le vol pour Miami, elles partiront des USA. Nos amis auront leurs cartes avec un double timbre. Quoi qu'il en soit, elles arriveront toutes... l'année suivante.

Dernière nuit à Cancun , là encore la temporalité paternelle s'impose à nous : pas de navette gratuite jusqu'à l’hôtel le dimanche, pourtant à 3 miles de l'aéroport (alors que justement, nous avions choisi cet hôtel pour cette commodité). Qu'à cela ne tienne, nous prendrons un taxi. Pas de négociation possible, ils savent que nous sommes coincés : 45 dollars US pour 3 miles, soit 15 dollars, le mile. C'est désagréable d'être pris pour un touriste à arnaquer! Heureusement, le lendemain, il y aura une navette gratuite. Je crains que nous n'ayons pas été très généreux pour le pourboire...

Le retour de nuit sur Hagerstown, nous pouvons vérifier que le magasin d'alimentation est bien ouvert à 2h15 du matin le … 1er janvier. Nous ne nous arrêterons pas, même si je suis terriblement attirée par l'envie de voir ce qui se passe dans un magasin d'alimentation à 2h du matin. La neige nous accueille, nous allons pouvoir nous projeter dans d'autres plaisirs... Les routes sont parfaitement dégagées, notre allée aussi. Nos voisins se seront occupés de tout : comment ne pas être reconnaissant !

vendredi 4 octobre 2013

Le plongeon français dans les grandes fêtes américaines (deuxième partie)

Après 5 mois passés dans ce pays, nous nous sommes fait de nouveaux amis : les voisins, les expats surtout Brésiliens, Suédois. Que restera-t-il à la fin de notre séjour de ces rencontres à la fois durables et éphémères ? Lorsque l'on arrive dans un nouveau pays, il y a une urgence à rencontrer du monde, les conversations à distance ne suffisent plus. Mais c'est aussi une urgence pour créer des relations d'amitié, de partage. Mais cela ne va pas de soi de tout reconstruire, et par où commencer. J'ai laissé quelques personnes venir à moi (Julie, ma prof d'Anglais, les expats Français...), mais cela n'a pas suffi. Si l'on veut développer son réseau, il faut l'entretenir. Alors, je réponds à toutes les invitations, je propose à d'autres enfants de se joindre à nous lorsque nous prévoyons une sortie, nous invitons les voisins qui nous ont bien aidés pour la piscine, je tente de tirer le plus profit de toute nouvelle rencontre... Et cela marche, j'ai l'impression de me faire des amis sur lesquels je peux vraiment compter, tant pour passer un moment agréable que dans les situations d'aide. Je ne pense pas encore au moment où nous devrons partir, je commence à voir demain comme un concept... Que restera-t-il de ses rencontres d'un temps suspendu ?

Qui dit nouveaux amis, dit nouveaux modes de communication.
  • il y a le type A : « tout par téléphone, le téléphone greffé à la main ». Pas simple pour les non anglophones qui stressent devant l'instrument de torture.
  • Le type B : « tout par internet, constamment connecté », encore faut-il être toujours devant son ordinateur. Pour les messages de dernière minute, pas toujours simple (mon telephone ne fait pas fonctionner internet!).
  • le type AB  :  « on se texte, sur le téléphone ». Pas toujours le plus pratique pour de longues explications, ou pour des RDV très précis. Si en plus, le texteur écrit en abrégé, troisième langue vivante...
  • Le type 0 : « tous les moyens sont bons... », compatible avec tous les autres types, donneur et receveur universel.
En tout cas, il vaut mieux connaître le type de votre interlocuteur, avant de se faire une opinion trop tranchée sur des non-réponses à vos messages, car parfois il est simplement question d'incompatibilité de types (si en plus votre adresse mail apparaît comme un spam, c'est le rejet garanti).

Pour entretenir son réseau social, il y a le YMCA : c'est un peu la plaque tournante de l'intégration, ici. On y retrouve les expat bien sur qui entretiennent leur forme autant que leurs nouveaux liens, mais il y a aussi les Américains qui apprécient de voir arriver de nouveaux partenaires sportifs. Nous nous sommes inscrits en novembre car nous n'allons sans doute pas l'utiliser pendant plus de 5 mois dans l'année dont les mois d'été mais aussi les mois de septembre et de mai où les beaux jours sont plus des invitations aux activités de plein air. Depuis que je suis inscrite, j'en profite sur au moins 3 à 4 jours par semaine : piscine, fitness, zumba, rameur, racket ball, sauna, vélo. Je me découvre même du plaisir dans les activités de fitness sur les machines à partir du moment où j'ai ciblé mes besoins et que je change souvent de machine. Il est vrai que la régularité permet d'apprécier rapidement les effets. Mais je ne cesse d'être impressionnée par certains Américains qui s'entraînent dans des proportions qui me paraissent gigantesques. Ce pays ne cessera de me surprendre par ces antagonismes : entre ceux qui s'entraînent avec acharnement (peut-être même au-delà du raisonnable pour l'équilibre du corps) et ceux qui se déplacent en fauteuils électriques pour faire leurs courses faute de pouvoir se déplacer librement tant ils sont encombrés par un corps gargantuesque. N'est-il pas possible de se satisfaire d'une moyenne ?

Vendredi 14 décembre (10 jours avant Noël), j'apprends la terrible nouvelle d'une tuerie dans une école primaire du Connecticut. Cela aurait pu être l'école de ma fille...
Concernant ces événements dramatiques, cela fait déjà la deuxième tuerie depuis que l'on est sur le sol Américain. La folie des hommes n'a pas de limites ! Mais je m’interroge sur le fait que cela arrive aussi souvent ici aux États Unis (revoir les statistiques sur les USA et la France des semaines 12, 13, 14). Je pense qu'il faudra un jour ouvrir les yeux sur la législation concernant les armes, mais ne nous trompons pas de cible, ce n'est pas la seule raison. Ce n'est en effet à mon avis pas le moyen qui fait l'acte, tous les fusils du monde ne pourront rien sans les hommes. Il faudra sans doute aussi se pencher sur certains aspects du fonctionnement sociétal, même si aucune société n'est à l'abri de la folie d'un homme. En effet, un jeune qui vient tuer des enfants dans une école, cela a à avoir avec le sens de l'autre! En même temps, associer, folie des hommes et armes disponibles facilement, et vous obtenez un cocktail explosif. Mais pour changer les règles de l'usage des armes à feu, ce n'est pas si simple. La question des armes à feu vient toucher quelque chose de l'identité nationale en lien avec une histoire nationale liée dès les premiers temps avec des questions de survie.
On ne parle plus que de cela dans les news, et même si on peut comprendre que cela ait été un choc national, et sans doute international, il y a quand même comme un voyeurisme morbide dans les images et les commentaires, passés en boucle. Je ne sais pas si cela respecte les victimes et si cela permet une véritable réflexion de fond ! Le problème aussi ici, c'est que l'information est surtout traitée de manière évènementielle, ce qui n'aide pas à s’interroger sur le fond. Faire parler les évènements et les sentiments, ce n'est sans doute pas la meilleure manière de gagner en objectivité. Noël aura, cette année, un goût amer.

Décembre 2012, sera aussi associé aux prédictions Maya de fin du monde. Aujourd'hui 21 décembre 2012, une journée ordinaire. Serons-nous toujours vivant demain ? Maintenant que nous sommes bien installés ici, ce serait dommage, tout de même. « Aujourd'hui est une réalité, demain est un concept »... De toute façon pour conjurer le mauvais sort, nous avons programmé un voyage en pays Maya, dans la partie du Yucatan du Mexique, pour les fêtes de fin d'année. Le prix des billets avant le 21 décembre 2012, pour un séjour après cette date, n'a pas connu de dépression. J'aurai cru qu'en cette période d'annonce de fin du monde, les prix auraient chuté. C'était sans compter que les prédictions ne concernaient que les hommes, et ne portaient ni sur l'argent ni sur le commerce.
De toute façon, dès le 20 décembre, mon frère qui habite en Nouvelle Calédonie (de 15 heures en avance sur nous), nous a déjà averti qu'ils étaient toujours vivants. Mais au fait, c'est sur quel fuseau horaire que les prédictions portaient ?