Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 25 octobre 2013

Janvier 2013 : 6 mois déjà... et un hiver bien charge!


En hiver, voici comment se compose une semaine :
le lundi (je préfère que les semaines commencent le lundi) je commence la journée par le ménage. Ce n'est pas la partie de vie la plus glorieuse du conjoint d'expat, mais cela ne se fait pas tout seul, et pas question de vivre dans un taudis, ni de payer quelqu'un pour le faire alors que le conjoint d'expat à justement du temps libre (l'argent ainsi économisé sera redistribué en voyages!). 11H : cours individuel d'anglais, pendant une heure trente. Déjeuné. Skype, avec des amis, des collègues ou des nouveaux collègues que j'aide dans leurs démarches de jeunes professionnels. Approfondissement du cours d'anglais. Bibliothèque.
Le mardi : randonnée avec un petit groupe dans les Appalaches. C'est bon pour la forme, pour l'anglais et pour la socialisation. Je termine mon entraînement physique au Y (surnom du YMCA), puis sauna. Déjeuner. Bénévolat à l'école. 5.30 pm, cours de natation pour Flore, petit entraînement physique pour moi, ou courses, ou discussion avec les amies.
Le mercredi : c'est mon tour d’emmener ma fille et une voisine à l'école (le bus scolaire jaune passe trop tôt, à peu près à l'heure où Flore se réveille) puis bénévolat à l'école le matin. Déjeuné. Skype ou écriture, travail sur le dossier professionnel, ou lecture de textes psy. 5.15pm : cours de gym pour Flore, courses pour moi ou révision du vocabulaire d'anglais. En même temps, Flore aime bien que je la regarde. Plus jeune, elle n'a pas beaucoup eu la change d'avoir sa maman qui restait la regarder faire ses activités qui se déroulaient entre 12h et 14h à l'école. Bien sur, nous faisions d'autres choses ensemble, de l'escalade, du roller, du ski, de la natation, mais jamais lors d'un cours.
Le Jeudi : co-voturage pour les filles (= car pool, à ne pas confondre avec les limousine qui ont une piscine intégrée...), Y pour moi : rachet ball, vélo ou marche rapide, fitness, sauna. Déjeuner. Skype, Écriture ou lecture.
Le vendredi : co-voiturage pour les fille, et Y pour moi (même entraînement que le jeudi). Déjeuner. Skype, écriture ou lecture.
Le WE : en famille. Découverte de la région, sport, atelier d'art pour Flore.
C'est important de garder un rythme, une routine, tout en s'autorisant quelques extra : toute invitation est privilégiée par rapport à la routine (sauf dans mes engagements bénévoles : les enfants comptent sur moi).
Le sauna est un grand plaisir, autant sur le moment que dans ses répercussions sur la journée car il permet à mon corps ne pas souffrir de frilosité. Pour le sauna, j'ai adopté le régime suédois : trois fois par semaine. C'est vrai qu'il y a pire pour passer ses journées, d'autant que c'est un lieu de rencontre intéressant.
En fait, cette semaine type se révèlera extrêmement fluctuante, car pour moi la situation d'expatriation sera marquée par des semaines en tout : tout psy ; tout sport ; tout blog ; tout Américain ; tout Français.
J'ai quand même trouvé un équilibre entre la vie Américaine, les activités professionnelles (bénévoles) aux États-Unis et avec la France, les amis Français et Américains. C'est sans doute cela que notre formatrice à l'expatriation a appelé la troisième voie : ni complètement Américain, ni complètement Français, dans un entre-deux. Il vaut alors savoir nager entre deux environnements, deux cultures (voir plus, étant donné le nombre important d'expat d'autres nationalités), deux langues, deux correcteurs d'orthographe, des activités heures françaises et d'autre,s heures américaine. Il m'est quand même arrivé de ne pas honorer un RDV français à cause du décalage horaire. Moi qui n'aime pas être en retard, c'est réussi...

Comme j'ai enfin du temps pour des activités que je n'aurai jamais eu l'occasion de faire en France, je vais en profiter. Conférence à 10 h du matin heure de Paris, soit 6 h de moins à Hagerstown. Non, vous ne rêvez pas (quoiqu'à cette heure-là!) votre soustraction est juste, il s'agit bien de 4 h du matin, heure d'Hagerstown. Même pour une lève tôt comme moi, cela fait très tôt. Pour la première conférence, j'ai mis mon réveil à 3h30, mais heureusement je me réveille à 3h15 car il me faudra un peu de temps pour comprendre comment fonctionne la vidéo-conférence. D'accord, l'informatique ce n'est pas mon fort, mais à 3h30 du matin, vous avouerez que j'ai de bonnes raisons d'avoir besoin de temps pour comprendre. Il faut aller sur le site « gotoawebinar » et c'est assez simple, il est vrai. Sauf que mon ordinateur est sous Ubuntu et que cela marche avec Windows. Le temps que je comprenne, et que j'aille sur Windows, il est 4 h et la conférence va commencer. Au moins, j'aurai eu le temps de me préparer un café... mon subconscient avait prévu mon besoin de temps pour réagir : il me connaît bien...
Deuxième conférence, je suis assez rassurée par ma première expérience réussie, alors je m'inscris à plusieurs autres. Mais pour la deuxième, j'ai oublié d’enclencher la sonnerie du réveil (cela ressemble à la fonction pm, qui je vous le rappelle est indispensable sur un radio-réveil, dans un pays où les journées sont découpées en deux tranches de 12h chacune). Je vais me réveiller à 5h30. Lorsque j'arrive à la conférence, elle est déjà terminée. Cette fois, mon subconscient n'a pas anticipé mon erreur, il ne peut quand même pas tout prévoir. À moins qu'il ne sache que ce jour-là j'avais besoin de sommeil... 3ème conférence, je me réveille par intermittence, et je rêve que je rencontre les mêmes problèmes que la première fois avec en plus, un réveil qui sonne en retard... Mais cette fois, tout fonctionne à merveille, le réveil sonne à 3h40 et je ne rencontre aucun problème d'installation. Mon subconscient peut retourner ce coucher. Quatrième conférence, nous avons changé d'heure mais pas encore en France. Nous n'avons donc plus que 5 h de décalage. Ça compte à 5h du matin !
J'ai une amie suédoise qui prend des cours par internet avec la Suède, pour devenir prof d'anglais. Un jour, elle nous explique que ces prochains cours ne vont pas être pratiques car ce sera à 4 pm et elle aura les enfants à gérer. Je l’interroge alors : 4 pm, mais cela veut dire que ce sera tard en Suède, c'est drôle qu'ils organisent des cours à 22h du soir. Elle réfléchit... et se rend compte qu'elle s'est trompée ; ce sera probablement plutôt 4 am du matin pour elle. À chacun son subconscient...

Mes activités de socialisation me prennent beaucoup de temps, et je demande comment je faisais avec une activité professionnelle à temps plein avant. Sans doute que je devais un peu négliger mes amis. Mais aujourd'hui je profite de mon temps libéré pour me rattraper, tant auprès de nos nouveaux amis, que des amis en France. Je prends le temps d'écrire à chacun personnellement ou de prendre le temps d'une Skype partie. Je tente de ne pas répondre trop vite car cela fait un peu désespéré de relation, mais en même temps, je sais qu'en répondant de suite, je n'aurai pas à y repenser, ce qui est coûteux en énergie. Combien de fois lorsque je travaillais, n'ai-je pas tant attendu que je ne cessais d'y penser, ce qui me mobilisait de l'énergie psychique tout le temps.
Des fois j'imagine importer Skype avec moi en France, mais pour continuer à voir mes amis français. J'ai l'impression de n'avoir jamais eu autant l'occasion de les voir qu'avec nos Skype parties. Plus besoin de se déplacer, on peut se voir en direct. Ce serait un peu notre monde virtuel. Serait-ce la machine de télé-transportation, mais sans transport ? Nous allons inaugurer ce nouveau mode de connexion avec nos amis expat Français qui habite tout près de Washington. Nous voilà rentré dans l'ère de la télé-trans-communication.

Pour les activités de socialisation, rien de mieux que partager une discussion sur un bon livre. Je participe donc à un groupe de lecture : chaque mois, à l'initiative de notre prof d'anglais commune, Peggy, nous nous retrouvons pour évoquer notre lecture d'un livre. Le groupe est essentiellement composé d'expat en lien avec Peggy, mais il nous arrive aussi d'inviter quelques Américains. Et C'est une excellente occasion de découvrir la littérature américaine, ou anglaise. Et il est vrai qu'à travers elle, c'est aussi l'histoire de l'Amérique, ses racines que nous explorons. Nous avons lu un livre sur les Japonais vivant aux États-Unis pendant la Seconde Guerre Mondiale. Suite à l'attaque de Pear Harbor, les Japonais des USA étaient vus comme des traîtres et ont été conduits dans des camps au milieu de nul part. Nous avons aussi lu un livre qui fut pour moi une révélation à propos d'un procès d'un noir américain accusé de viol sur une jeune fille blanche dans les année 30 « to kill a mocking bird ». Non seulement, l'écriture est exceptionnelle, mais l'histoire et le contexte sociétal sont plus qu'intéressants. Mais aussi un livre sur un cirque à l'époque de la dépression dans les année 30 « water for elephants ». Tout récemment, il nous a été proposé de lire : « the true diary of a part time indien », encore un journal intime, à la fois extrêmement drôle et très émouvant.

Et puis, il y a aussi le fait que depuis que la nouveauté est devenue moins écrasante, je peux enfin prendre plaisir à la découverte de ce qui est nouveau. Et je retrouve mon entrain pour l'aventure en direction de la nouveauté. Tout est source d'enrichissement, de la découverte d'un nouvel endroit, d'un nouveau produit, aux nouvelles rencontres. J'ai aussi envie de parcourir des contrées encore inconnues, ou même de redécouvrir des endroits déjà visités mais d'une autre manière (on ne peut visiter de la même manière lorsque l'on a 20 ans ou lorsque l'on en a 45).

Avec tout cela, je suis arrivée à un point où j'ai l'impression que les journées ne seront pas assez longues pour tout faire. Il faut dire que mes journées se terminent tôt car invariablement, je m'endors entre 8h et 9h, rarement plus tard. Mais ce n'est pas parce que je dors beaucoup car je me réveille systématiquement entre 4h30 et 6h. Le décalage horaire n'a rien changé à l'affaire, car en France c'était la même chose. Il y a des situations où cela m'arrange : lorsqu'il faut que j'assiste à une conférence audio de France qui commence à 10h du matin, heure locale ; de même j'en profite pour réviser mon vocabulaire, ou lire avec une veilleuse. Mais les journées semblent quand même courtes. La vie appartient à ceux qui se couchent tôt...

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