Après 5 mois passés dans ce pays, nous nous sommes
fait de nouveaux amis : les voisins, les expats surtout
Brésiliens, Suédois. Que restera-t-il à la fin de notre séjour de
ces rencontres à la fois durables et éphémères ? Lorsque
l'on arrive dans un nouveau pays, il y a une urgence à rencontrer du
monde, les conversations à distance ne suffisent plus. Mais c'est
aussi une urgence pour créer des relations d'amitié, de partage.
Mais cela ne va pas de soi de tout reconstruire, et par où
commencer. J'ai laissé quelques personnes venir à moi (Julie, ma
prof d'Anglais, les expats Français...), mais cela n'a pas suffi. Si
l'on veut développer son réseau, il faut l'entretenir. Alors, je
réponds à toutes les invitations, je propose à d'autres enfants de
se joindre à nous lorsque nous prévoyons une sortie, nous invitons
les voisins qui nous ont bien aidés pour la piscine, je tente de
tirer le plus profit de toute nouvelle rencontre... Et cela marche,
j'ai l'impression de me faire des amis sur lesquels je peux vraiment
compter, tant pour passer un moment agréable que dans les situations
d'aide. Je ne pense pas encore au moment où nous devrons partir, je
commence à voir demain comme un concept... Que restera-t-il de ses
rencontres d'un temps suspendu ?
Qui dit nouveaux amis, dit nouveaux modes de
communication.
- il y a le type A : « tout par téléphone, le téléphone greffé à la main ». Pas simple pour les non anglophones qui stressent devant l'instrument de torture.
- Le type B : « tout par internet, constamment connecté », encore faut-il être toujours devant son ordinateur. Pour les messages de dernière minute, pas toujours simple (mon telephone ne fait pas fonctionner internet!).
- le type AB : « on se texte, sur le téléphone ». Pas toujours le plus pratique pour de longues explications, ou pour des RDV très précis. Si en plus, le texteur écrit en abrégé, troisième langue vivante...
- Le type 0 : « tous les moyens sont bons... », compatible avec tous les autres types, donneur et receveur universel.
En tout cas, il vaut
mieux connaître le type de votre interlocuteur, avant de se faire
une opinion trop tranchée sur des non-réponses
à vos messages, car parfois il est simplement question
d'incompatibilité de types (si en plus votre adresse mail apparaît
comme un spam, c'est le rejet garanti).
Pour entretenir son réseau social, il y a le YMCA :
c'est un peu la plaque tournante de l'intégration, ici. On y retrouve les
expat bien sur qui entretiennent leur forme autant que leurs nouveaux
liens, mais il y a aussi les Américains qui apprécient de voir
arriver de nouveaux partenaires sportifs. Nous nous sommes inscrits
en novembre car nous n'allons sans doute pas l'utiliser pendant plus
de 5 mois dans l'année dont les mois d'été mais aussi les mois de
septembre et de mai où les beaux jours sont plus des invitations aux
activités de plein air. Depuis que je suis inscrite, j'en profite
sur au moins 3 à 4 jours par semaine : piscine, fitness, zumba,
rameur, racket ball, sauna, vélo. Je me découvre même du plaisir
dans les activités de fitness sur les machines à partir du moment
où j'ai ciblé mes besoins et que je change souvent de machine. Il
est vrai que la régularité permet d'apprécier rapidement les
effets. Mais je ne cesse d'être impressionnée par certains
Américains qui s'entraînent dans des proportions qui me paraissent
gigantesques. Ce pays ne cessera de me surprendre par ces
antagonismes : entre ceux qui s'entraînent avec acharnement
(peut-être même au-delà du raisonnable pour l'équilibre du corps)
et ceux qui se déplacent en fauteuils électriques pour faire leurs
courses faute de pouvoir se déplacer librement tant ils sont
encombrés par un corps gargantuesque. N'est-il pas possible de se
satisfaire d'une moyenne ?
Vendredi 14 décembre (10 jours avant Noël), j'apprends
la terrible nouvelle d'une tuerie dans une école primaire du
Connecticut. Cela aurait pu être l'école de ma fille...
Concernant ces événements dramatiques, cela fait déjà
la deuxième tuerie depuis que l'on est sur le sol Américain. La
folie des hommes n'a pas de limites ! Mais je m’interroge sur
le fait que cela arrive aussi souvent ici aux États Unis (revoir les
statistiques sur les USA et la France des semaines 12, 13, 14). Je
pense qu'il faudra un jour ouvrir les yeux sur la législation
concernant les armes, mais ne nous trompons pas de cible, ce n'est
pas la seule raison. Ce n'est en effet à mon avis pas le moyen qui
fait l'acte, tous les fusils du monde ne pourront rien sans les
hommes. Il faudra sans doute aussi se pencher sur certains aspects du
fonctionnement sociétal, même si aucune société n'est à l'abri
de la folie d'un homme. En effet, un
jeune qui vient tuer des enfants dans une école, cela a
à
avoir avec le sens de l'autre! En
même temps, associer, folie des hommes et armes disponibles
facilement, et vous obtenez un cocktail explosif. Mais pour changer
les règles de l'usage des armes à feu, ce n'est pas si simple. La
question des armes à feu vient toucher quelque chose de l'identité
nationale en
lien avec une histoire nationale
liée dès les premiers temps avec des questions de survie.
On
ne parle plus que de cela
dans les news,
et
même si on peut comprendre que cela ait
été un choc national, et sans doute international, il y a quand
même comme un voyeurisme morbide dans les images et les
commentaires, passés
en boucle.
Je ne sais pas
si
cela respecte les victimes et si cela permet une véritable réflexion
de fond ! Le
problème aussi ici, c'est que l'information est surtout traitée de
manière évènementielle, ce qui n'aide pas à s’interroger sur le
fond. Faire parler les évènements et les sentiments, ce n'est sans
doute pas la meilleure manière de gagner en objectivité.
Noël aura,
cette année, un goût amer.
Décembre 2012, sera aussi associé aux prédictions
Maya de fin du monde. Aujourd'hui 21 décembre 2012, une journée
ordinaire. Serons-nous toujours vivant demain ? Maintenant que
nous sommes bien installés ici, ce serait dommage, tout de même.
« Aujourd'hui est une réalité, demain est un concept »...
De toute façon pour conjurer le mauvais sort, nous avons programmé
un voyage en pays Maya, dans la partie du Yucatan du Mexique, pour
les fêtes de fin d'année. Le prix des billets avant le 21 décembre
2012, pour un séjour après cette date, n'a pas connu de dépression.
J'aurai cru qu'en cette période d'annonce de fin du monde, les prix
auraient chuté. C'était sans compter que les prédictions ne
concernaient que les hommes, et ne portaient ni sur l'argent ni sur
le commerce.
De toute façon, dès le 20 décembre, mon frère qui
habite en Nouvelle Calédonie (de 15 heures en avance sur nous), nous
a déjà averti qu'ils étaient toujours vivants. Mais au fait, c'est
sur quel fuseau horaire que les prédictions portaient ?
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