Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 4 octobre 2013

Le plongeon français dans les grandes fêtes américaines (deuxième partie)

Après 5 mois passés dans ce pays, nous nous sommes fait de nouveaux amis : les voisins, les expats surtout Brésiliens, Suédois. Que restera-t-il à la fin de notre séjour de ces rencontres à la fois durables et éphémères ? Lorsque l'on arrive dans un nouveau pays, il y a une urgence à rencontrer du monde, les conversations à distance ne suffisent plus. Mais c'est aussi une urgence pour créer des relations d'amitié, de partage. Mais cela ne va pas de soi de tout reconstruire, et par où commencer. J'ai laissé quelques personnes venir à moi (Julie, ma prof d'Anglais, les expats Français...), mais cela n'a pas suffi. Si l'on veut développer son réseau, il faut l'entretenir. Alors, je réponds à toutes les invitations, je propose à d'autres enfants de se joindre à nous lorsque nous prévoyons une sortie, nous invitons les voisins qui nous ont bien aidés pour la piscine, je tente de tirer le plus profit de toute nouvelle rencontre... Et cela marche, j'ai l'impression de me faire des amis sur lesquels je peux vraiment compter, tant pour passer un moment agréable que dans les situations d'aide. Je ne pense pas encore au moment où nous devrons partir, je commence à voir demain comme un concept... Que restera-t-il de ses rencontres d'un temps suspendu ?

Qui dit nouveaux amis, dit nouveaux modes de communication.
  • il y a le type A : « tout par téléphone, le téléphone greffé à la main ». Pas simple pour les non anglophones qui stressent devant l'instrument de torture.
  • Le type B : « tout par internet, constamment connecté », encore faut-il être toujours devant son ordinateur. Pour les messages de dernière minute, pas toujours simple (mon telephone ne fait pas fonctionner internet!).
  • le type AB  :  « on se texte, sur le téléphone ». Pas toujours le plus pratique pour de longues explications, ou pour des RDV très précis. Si en plus, le texteur écrit en abrégé, troisième langue vivante...
  • Le type 0 : « tous les moyens sont bons... », compatible avec tous les autres types, donneur et receveur universel.
En tout cas, il vaut mieux connaître le type de votre interlocuteur, avant de se faire une opinion trop tranchée sur des non-réponses à vos messages, car parfois il est simplement question d'incompatibilité de types (si en plus votre adresse mail apparaît comme un spam, c'est le rejet garanti).

Pour entretenir son réseau social, il y a le YMCA : c'est un peu la plaque tournante de l'intégration, ici. On y retrouve les expat bien sur qui entretiennent leur forme autant que leurs nouveaux liens, mais il y a aussi les Américains qui apprécient de voir arriver de nouveaux partenaires sportifs. Nous nous sommes inscrits en novembre car nous n'allons sans doute pas l'utiliser pendant plus de 5 mois dans l'année dont les mois d'été mais aussi les mois de septembre et de mai où les beaux jours sont plus des invitations aux activités de plein air. Depuis que je suis inscrite, j'en profite sur au moins 3 à 4 jours par semaine : piscine, fitness, zumba, rameur, racket ball, sauna, vélo. Je me découvre même du plaisir dans les activités de fitness sur les machines à partir du moment où j'ai ciblé mes besoins et que je change souvent de machine. Il est vrai que la régularité permet d'apprécier rapidement les effets. Mais je ne cesse d'être impressionnée par certains Américains qui s'entraînent dans des proportions qui me paraissent gigantesques. Ce pays ne cessera de me surprendre par ces antagonismes : entre ceux qui s'entraînent avec acharnement (peut-être même au-delà du raisonnable pour l'équilibre du corps) et ceux qui se déplacent en fauteuils électriques pour faire leurs courses faute de pouvoir se déplacer librement tant ils sont encombrés par un corps gargantuesque. N'est-il pas possible de se satisfaire d'une moyenne ?

Vendredi 14 décembre (10 jours avant Noël), j'apprends la terrible nouvelle d'une tuerie dans une école primaire du Connecticut. Cela aurait pu être l'école de ma fille...
Concernant ces événements dramatiques, cela fait déjà la deuxième tuerie depuis que l'on est sur le sol Américain. La folie des hommes n'a pas de limites ! Mais je m’interroge sur le fait que cela arrive aussi souvent ici aux États Unis (revoir les statistiques sur les USA et la France des semaines 12, 13, 14). Je pense qu'il faudra un jour ouvrir les yeux sur la législation concernant les armes, mais ne nous trompons pas de cible, ce n'est pas la seule raison. Ce n'est en effet à mon avis pas le moyen qui fait l'acte, tous les fusils du monde ne pourront rien sans les hommes. Il faudra sans doute aussi se pencher sur certains aspects du fonctionnement sociétal, même si aucune société n'est à l'abri de la folie d'un homme. En effet, un jeune qui vient tuer des enfants dans une école, cela a à avoir avec le sens de l'autre! En même temps, associer, folie des hommes et armes disponibles facilement, et vous obtenez un cocktail explosif. Mais pour changer les règles de l'usage des armes à feu, ce n'est pas si simple. La question des armes à feu vient toucher quelque chose de l'identité nationale en lien avec une histoire nationale liée dès les premiers temps avec des questions de survie.
On ne parle plus que de cela dans les news, et même si on peut comprendre que cela ait été un choc national, et sans doute international, il y a quand même comme un voyeurisme morbide dans les images et les commentaires, passés en boucle. Je ne sais pas si cela respecte les victimes et si cela permet une véritable réflexion de fond ! Le problème aussi ici, c'est que l'information est surtout traitée de manière évènementielle, ce qui n'aide pas à s’interroger sur le fond. Faire parler les évènements et les sentiments, ce n'est sans doute pas la meilleure manière de gagner en objectivité. Noël aura, cette année, un goût amer.

Décembre 2012, sera aussi associé aux prédictions Maya de fin du monde. Aujourd'hui 21 décembre 2012, une journée ordinaire. Serons-nous toujours vivant demain ? Maintenant que nous sommes bien installés ici, ce serait dommage, tout de même. « Aujourd'hui est une réalité, demain est un concept »... De toute façon pour conjurer le mauvais sort, nous avons programmé un voyage en pays Maya, dans la partie du Yucatan du Mexique, pour les fêtes de fin d'année. Le prix des billets avant le 21 décembre 2012, pour un séjour après cette date, n'a pas connu de dépression. J'aurai cru qu'en cette période d'annonce de fin du monde, les prix auraient chuté. C'était sans compter que les prédictions ne concernaient que les hommes, et ne portaient ni sur l'argent ni sur le commerce.
De toute façon, dès le 20 décembre, mon frère qui habite en Nouvelle Calédonie (de 15 heures en avance sur nous), nous a déjà averti qu'ils étaient toujours vivants. Mais au fait, c'est sur quel fuseau horaire que les prédictions portaient ?

Aucun commentaire: