Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 1 novembre 2013

Janvier 2013 : 6 mois déjà... et d'une langue a l'autre (3eme partie)


Entre une belle langue plus ou moins utile ou une utile langue par particulièrement très belle, mon cœur balance. L'anglais n'est plus une option, c'est une routine. Mais il y a quand même des circonstances qui laissent l'anglais au placard : les jurons et les excuses spontanées. Mais c'est drôle, comment en les prononçant j'ai toute leur force qui me revient en boomerang alors que je pense que personne autour de moi ne peut les comprendre. Bien sur, les jurons existent aussi en anglais et je les connais. Mais leur force n'a pas la même intensité car ils n'ont tout simplement pas été appris à un moment où enfant il n'y a rien de plus jouissif que de faire râler ses parents par un juron bien placé. Pour les excuses, il n'y en a pas de meilleures que celles qui sont prononcées spontanément, car si en plus d'être mal à l'aise car on vient de bousculer quelqu'un, il faut en plus se souvenir de la formulation précise. Nous avons réalisé aussi avec une amie Allemande que lorsque nous soyons en compagnie de quelqu'un avec qui nous nous sentons bien, il nous arrive de spontanément parler notre langue maternelle (je ne comprends rien à l'Allemand, tout comme elle ne comprend rien au Français). C'est dans ces moments-là que l'on réalise que la langue maternelle est notre langue affective ! Presque au même moment, Kris me fera part de la même situation.

Par ailleurs, aux États-Unis, le langage adressé à une personne est beaucoup moins formel qu'en Europe. Et je me demande si cela ne s'applique sur tout le continent car mon amie Colombienne m'a dit que dans son pays, les formules sont aussi moins formelles (ils n'appliquent jamais le vouvoiement espagnol). La serveuse du restaurant Waffles house m'appelle «sweetie», « hon pour honey »; dans les courriers, on appelle les personnes par leur prénom : dear Colette, les enfants sont appelés : bud (pour buddy = mon pote)... Je doute que les Anglais soient aussi familiers. Peut-être que cela a à voir avec l'ancien et le nouveau monde ; dans le premier, les restes de l'aristocratie se retrouvent dans le langage formel, dans le deuxième qui a vu plutôt l'immigration des gens du peuple, le formalisme a laissé la place au familier. La construction du nouveau monde a nécessité d'aller à l'essentiel, y compris dans le langage.

Dans la langue anglaise, il y a un phénomène très intéressant : la multiplication des mots. En effet, il y a beaucoup de mots qui se construisent à partir d'un autre mot : il faut rajouter less, ness, (parfois même nessless associés), ful à la fin d'un mot ou un, in au début pour obtenir un tout nouveau mot : fastoche. Cela devrait réduire le nombre de mots à apprendre. Le problème c'est que cela ne marche pas avec tous les mots.
Et puis, ce qui est très ennuyeux, ce sont les prépositions et les verbes a particules. Ils sont en général référer a une utilisation précise (en haut, dedans, sur...), mais pas toujours : fill out (remplir), burn out (bruler complètement). Je vous laisse apprécier :
http://www.anglaisfacile.com/exercices/exercice-anglais-2/exercice-anglais-13879.php
Il y a aussi les faux-amis, les faux frères : je suis particulièrement fâchée contre ceux-là car ils sont particulièrement difficiles à retenir et nous jouent des mauvais tours :
recipient, vie, library, flippant, no trepassing (mais celui-ci je l’aime bien car je rappelle pour mémoire qu’en français « trépasser » veut dire mourir, alors j’ai l’impression à chaque no trepassing que l’on me rapelle de ne pas mourir:))))...

Ce qui pour moi constitue une réelle difficulté, c'est la difficile retenu des prénoms : lorsque notre oreille a du mal à se familiariser avec les accents locaux, il est très difficile de retenir les prénoms, surtout qu'ici nous côtoyons à peu près une dizaine de nationalités, et qu'évidemment les accents changent. Mon oreille va devenir très musicale !! En attendant, j'ai beaucoup de mal à retenir les prénoms si je n'arrive pas à les associer avec quelque chose de connu. Mais en retour, les amis et surtout les Américains peu entraînés à l'oreille linguistique, ont aussi parfois du mal à retenir nos prénoms et pour un peu que j'associe le mien avec mon nom de famille (aux sonorités très proches), j'ai du mal à répondre à mon nom tant il est déformé. Il y en même qui utilise mon nom de famille pour mon prénom. C'est pourquoi ici, les surnoms sont courants et facilite l'usage international : Peggy pour Margaret, Bob pour Robert, AJ, Addy... là encore, ils vont à l'essentiel.

Si l'Anglais est une utilité importante dans le monde d'aujourd'hui, la langue Française quant à elle, est vue comme une belle langue, parfaitement inutile dans le monde de la communication internationale, mais tellement belle. Je le dis non sans fierté car il est vrai que cela me procure à chaque fois un vrai plaisir d'entendre les non francophones le déclarer. D'autant que je dois l'admettre, je ne le ressens pas vraiment du fait que le français est pour moi aussi naturel que le froid pour les Esquimaux, on est tellement habitué qu'on ne le perçoit plus (si j’étais née Esquimaux, je me demande si j'aurai été si frileuse. Mais sans doute que la sélection naturelle aurait eu raison de moi!). Il est aussi très intéressant de voir comment nous sommes vus par les américains, ou par d'autres nationalités. Au sauna, un jour en discussion sur l'alimentation et l'addiction à la nourriture, avec trois Américaines, voilà que l'une d'entre elles (alors qu'elle ne connaissait pas ma nationalité), nous dit que les Français ont l'habitude de manger en plus petite quantité : il est vrai qu'une entrée, un plat chaud, du fromage et un désert, cela constitue un repas léger !!! En fait ce sont les proportions de chaque plat que les Américains imaginent petites, et c'est vrai que comparer aux proportions Américaines, il n'y a pas photo. Gargantua aurait du être inventé ici... De même, notre jeune voisine pensait que tous les Français étaient riches et ne portaient que des vêtements de haute couture. Avec nous, il a fallu qu'elle se rende à l'évidence : les Français sont banals, et vivent la même vie qu'elle (à part peut-être sur le nombre de jours de congé...).

Bon, pour ceux qui seraient intéressés par l'apprentissage d'une nouvelle langue, voici quelques conseils utiles. En effet, l'apprentissage d'une langue vivante est tout à la fois une nécessité matérielle (cela peut être intéressant de savoir comment commander un œuf dure lorsque l'on voyage) mais aussi une nécessité affective : parler de la pluie et du beau temps avec nos amis Américains, Suédois, Allemands, ou Mexicain est assez restrictif. Alors, je recherche la meilleure méthode d'apprentissage d'une langue.

    1) D'abord, il faut se connaître. Questionnaire à choix multiples. Plusieurs réponses possibles. Vous êtes :
- visuel : vous ne retenez rien sans l'avoir vu écrit. Si vous ne visualisez pas le mot, vous ne pouvez pas savoir comment il s’écrit. Ce sont les yeux de l'intellectuel ou les yeux de Thomas.
- auditif, votre oreille est votre meilleure alliée, lorsque vous entendez un mot vous pouvez vous en souvenir, et le prononcer correctement. C'est l'oreille de l'artiste.
- kinestésique : vous avez besoin de toucher, de découvrir par la manipulation. Les informations doivent être en relief (par des couleurs et autres artifices...). Ce sont les mains de l'italien. Rien ne vaut alors une approche directe dans le pays...
- olfactif, votre nez ne vous trompe jamais, vous pouvez reconnaître un vin rien qu'à l'odeur. C'est le nez de l’œnologue. Bon, en matière d'apprentissage d'une langue, c'est plus restrictif, à moins de trouver une méthode odorante.
    2) Il faut mesurer sa motivation. Précisez votre choix :
- entre une Skype partie avec les amis de France ou une visite au YMCA avec des amis expat ? Ou encore, entre écrire sur son blog en français et une ballade avec des amis Américains ?
- entre la lecture d'un mauvais livre français ou la lecture d'un bon livre américain ?
- entre une conférence française à 10h du matin (heure de Paris) et le journal télé du matin vers 8h heure locale ?
- entre regarder Maigret, sous-titré à la télévision ou aller voir un film Américain d'auteur, non sous-titré au cinéma (peut-être que pour commencer on peut choisir un dessin animé en anglais) ?
    3) Évaluer votre besoin. Plusieurs réponses possibles :
- pour travailler dans une entreprise internationale.
- pour épater les copains
- pour voyager
- pour avoir une bonne note à un examen et compenser les matières plus faibles.
- pour découvrir de nouvelles cultures et de nouveaux modes de vie
- pour suivre son conjoint dans une expérience d'expatriation... et gérer la vie familiale dans une autre langue : les courses, le médecin, l'école, les activités, les voisins, le plombier...
    4) Évaluer votre temps disponible à consacrer à l'apprentissage d'une nouvelle langue. Une seule réponse possible
- tous les jours une demi-heure
- tous les dimanches pendant 2 heures
- quelquefois par mois, quand il n'y a rien de plus urgent
- irrégulièrement, quand ça nous chante.

    5) Votre niveau réel au démarrage et votre niveau espéré à l'arrivée. Soyez les plus honnêtes possible, vous ne jouer qu'avec vous-même !
- débutant                             
- des notions apprises à l'école, autant dire peu adaptées à la vraie vie!         
- de bonnes notions apprises sur le terrain 
- un bon niveau de langage, mais de 18 ans d'âge 

- conversation usuelle pour voyager en touriste
- conversation téléphonique professionnelle et rédaction de rapports internationaux.
- conversation et rédaction parfaite en  toute circonstance (il vaut mieux sortir couvert).
Après avoir évalué votre situation langagière... revenez me voir.

Avant de partir, je pensais que nous pourrions organiser des leçons de français à domicile pour permettre à Flore de conserver son niveau de français écrit, et aussi d'histoire, car même si l'histoire est universelle, elle ne se décline pas sur la même version dans tous les pays. Mais les cours de français sont difficiles à tenir tant pour Flore qui est loin d'être enthousiasmée, que de moi-même qui ne suis pas toujours très motivée pour revenir sur la grammaire. Le français est peut-être une belle langue, mais il faut la mériter... Par contre, les cours d'histoire serviront les deux cultures. En effet, nous abordons la période des temps modernes et en 5th grade, ils évoquent la conquête du nouveau monde, et les relations avec les autres continents. Rassurez-vous, chacun son histoire et son interprétation des évènements, même si entre nos deux pays à cette époque, les liens étaient fréquents : la première guerre d’indépendance qui a vu naître la déclaration d'Indépendance des États-Unis, le 4 juillet 1776, contre les Anglais (c'est la, qu'est intervenu La Fayette). Ah, dès qu'il s'agit de bouter les Anglais de quelque part, là les Français ils sont forts pour s'allier avec tout ceux qui ont maille à partie avec l’Angleterre. Alors que quelque temps plus tôt, lors de la guerre de la Conquête (1754-1763), ce sont les Français que les Anglais a l’époque, aidés par les Américains, réussissaient à bouter du sol US de l’époque (cote Nord Est essentiellement). Vente de la Louisiane(1803) : des fois je me dis que vu la taille de la Louisiane à cette époque, si nous l'avions gardée, la langue internationale serait... le Français !!! On a le droit de rêver ! Cadeau de la statut de la liberté (bien plus tard car elle fut en effet inaugurée le 28 octobre 1886, mais beau cadeau tout de même, surtout qu'à cette époque, question liberté, la France en était plutôt privée). Ils fêtent aussi el cinco de Mayo. Qu'est ce qui a bien pu se passer à cette date la ? Un petit groupe de Mexicains, associés aux Américains ont réussit à vaincre, devinez qui ??? Les Français en 1862. Il y a des jours, il ne fait pas bon être Français...

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