Vendredi 13 juillet. Une nouvelle vie commence.
Deux
heures plus tard, je suis debout de nouveau. Il y a une maison à
explorer tout de même. Un café est le bienvenu. Au précédent
voyage, j'avais pris soin de rapporter une cafetière italienne,
histoire de se faire du bon café et il est vrai qu'il est bon. Mon
souvenir du café Américain m'avait rendue prudente, c'est ce que
l'on appelle communément du jus de chaussettes. Je ne suis pas
encore prête à lâcher tous les cordons. Il faut déjà renoncer au
fromage, au pain, au vin... pour un Français, c'est inhumain.
Ce matin,
Kris est parti au travail, internet n'est pas encore installé dans
la maison, alors il ne me reste plus qu'à découvrir les nouveaux
lieux. Dans la chambre principale, il y a deux dressings de la taille
d'une petite salle de bain pour l'un et d'un WC pour l'autre. Nous ne
manquerons pas de place pour ranger nos affaires ! Je me demande
même si nous aurons assez d'affaires pour remplir toute cette
place ! Nous pouvons rentrer entièrement dedans ce qui pourra
toujours servir de cachette. Cet espace si grand est peut-être dû à
une différence de taille entre le Français et l'Américain :
my american tailor is rich.
| Sweet home |
Les
rideaux des fenêtres ne sont pas occultant. La lumière du jour
s'invite chez vous très tôt. Et les volets ne sont que des décors
de cinéma, ils sont collés à la maison et de toute façon ils ne
sont pas de la bonne taille. Je réalise que j'ai besoin du noir pour
bien dormir, même si en ce moment ce n'est pas seulement cela qui
m’empêche de bien dormir. Peut-être aussi que c'est une façon de
se garantir de l'inviolabilité de notre habitat : les volets
clos seraient des gages de paix. En France, les volets sont fermés
tous les soirs, il s'agit d'un principe sacré. La nuit, un volet
ouvert, c'est une porte ouverte sur notre intimité. Ici, au
contraire peut-être d'une maison trop close signifie que ces
occupants ont quelque chose à cacher. Reste, que les grasses
matinées vont être difficiles.
Je vous
invite à essayer ce petit test : un soir, français de France,
résister à la tentation de fermer vos volets de portes et fenêtres
(vous pouvez verrouiller tout de même, je ne voudrais pas qu'il vous
arrive des ennuis). Dites-moi ce que vous ressentez ! (le blog est interactif, vous pouvez aussi poster des commentaires, et je voudrais vraiment avoir votre avis).
Chaque
fenêtre et chaque porte dispose d'une moustiquaire, il faudra faire
attention avant de sortir car on ne la voit pas. Cela nous ramène à
l'état sauvage de la nature ici : elle reste indomptée,
menaçante, intrusive. C'est l'homme qui s'en protège et la maison
devient son propre piège. C'est sans compter sur le débordement de
vie de notre fille qui malgré les recommandations, n'a pas vu la
moustiquaire et rentre dedans le genou en avant. Les moustiques
auront leur chatière !
La nature
sauvage, c'est aussi le petit lapin dans le jardin. Il s'était
caché dans une plante grasse et il se sauve sans demander son reste.
Il sera sans doute difficile à domestiquer. Pour nous c'est vraiment
le retour de l'état sauvage : nous avons laissé derrière nous
une lapinette naine domestique, toute gentille qui se laissait
caresser abondamment et nous sommes passés à un lapin sans foi ni
loi qui ne se laisse pas approcher. Bienvenue au far ouest! Il ne
manque plus que les grizzlis et les chats sauvages... Ce qui est
étonnant tout de même ici, c'est la cohabitation entre cet état
sauvage encore bien préservé et l'hyper technicité humaine. Je ne
suis pas sûre de savoir lequel des deux est le plus sauvage !
| Le grizzli sauvage!!! |
| Lapinette |
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire