Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 22 mars 2013

Une nouvelle vie commence


Vendredi 13 juillet. Une nouvelle vie commence.

A 6 heures du matin, finalement, le sommeil me reprend. Dehors, ce sont les oiseaux qui m'offrent mon premier concert. Eux, se lèvent tandis que je retourne me coucher. C'est moi qui suis décalée. Ils sont nombreux et variés, on se croirait dans une volière. Je pense qu'il faudra aller les étudier de près avec les jumelles car il y a des chants que je n'avais jamais entendus. De toute façon, notre fille a prévu d'installer une maison à oiseaux.

Deux heures plus tard, je suis debout de nouveau. Il y a une maison à explorer tout de même. Un café est le bienvenu. Au précédent voyage, j'avais pris soin de rapporter une cafetière italienne, histoire de se faire du bon café et il est vrai qu'il est bon. Mon souvenir du café Américain m'avait rendue prudente, c'est ce que l'on appelle communément du jus de chaussettes. Je ne suis pas encore prête à lâcher tous les cordons. Il faut déjà renoncer au fromage, au pain, au vin... pour un Français, c'est inhumain.

Ce matin, Kris est parti au travail, internet n'est pas encore installé dans la maison, alors il ne me reste plus qu'à découvrir les nouveaux lieux. Dans la chambre principale, il y a deux dressings de la taille d'une petite salle de bain pour l'un et d'un WC pour l'autre. Nous ne manquerons pas de place pour ranger nos affaires ! Je me demande même si nous aurons assez d'affaires pour remplir toute cette place ! Nous pouvons rentrer entièrement dedans ce qui pourra toujours servir de cachette. Cet espace si grand est peut-être dû à une différence de taille entre le Français et l'Américain : my american tailor is rich.

Sweet home
Les rideaux des fenêtres ne sont pas occultant.  La lumière du jour s'invite chez vous très tôt. Et les volets ne sont que des décors de cinéma, ils sont collés à la maison et de toute façon ils ne sont pas de la bonne taille. Je réalise que j'ai besoin du noir pour bien dormir, même si en ce moment ce n'est pas seulement cela qui m’empêche de bien dormir. Peut-être aussi que c'est une façon de se garantir de l'inviolabilité de notre habitat : les volets clos seraient des gages de paix. En France, les volets sont fermés tous les soirs, il s'agit d'un principe sacré. La nuit, un volet ouvert, c'est une porte ouverte sur notre intimité. Ici, au contraire peut-être d'une maison trop close signifie que ces occupants ont quelque chose à cacher. Reste, que les grasses matinées vont être difficiles.
Je vous invite à essayer ce petit test : un soir, français de France, résister à la tentation de fermer vos volets de portes et fenêtres (vous pouvez verrouiller tout de même, je ne voudrais pas qu'il vous arrive des ennuis). Dites-moi ce que vous ressentez ! (le blog est interactif, vous pouvez aussi poster des commentaires, et je voudrais vraiment avoir votre avis).
Chaque fenêtre et chaque porte dispose d'une moustiquaire, il faudra faire attention avant de sortir car on ne la voit pas. Cela nous ramène à l'état sauvage de la nature ici : elle reste indomptée, menaçante, intrusive. C'est l'homme qui s'en protège et la maison devient son propre piège. C'est sans compter sur le débordement de vie de notre fille qui malgré les recommandations, n'a pas vu la moustiquaire et rentre dedans le genou en avant. Les moustiques auront leur chatière !

La nature sauvage, c'est aussi le petit lapin dans le jardin. Il s'était caché dans une plante grasse et il se sauve sans demander son reste. Il sera sans doute difficile à domestiquer. Pour nous c'est vraiment le retour de l'état sauvage : nous avons laissé derrière nous une lapinette naine domestique, toute gentille qui se laissait caresser abondamment et nous sommes passés à un lapin sans foi ni loi qui ne se laisse pas approcher. Bienvenue au far ouest! Il ne manque plus que les grizzlis et les chats sauvages... Ce qui est étonnant tout de même ici, c'est la cohabitation entre cet état sauvage encore bien préservé et l'hyper technicité humaine. Je ne suis pas sûre de savoir lequel des deux est le plus sauvage !
Le grizzli sauvage!!!
Lapinette


Dehors, c'est le principe de l'open space qui domine. Notre jardin à nous se distingue car il a une barrière tout autour, mais au moins il n'y aura pas de haie à tailler. J'ai tout de même l'impression qu'une frontière existe entre les jardins. Quelques détails rappellent de quel côté de la frontière on se trouve : chez nous ou chez le voisin. La taille de la tonte, la garniture des abords (petites pierres dorées ou mauvaises herbes mal taillées)... J'ai hâte de voir comment s'organise cette cohabitation. Il est intéressant de noter aussi que sans rien qui occulte la vue, nous allons être invités à partager visuellement le BBQ de nos voisins, leur baignade dans des petites piscines hors-sol (rectification des grandes piscines), leur repos sur la terrasse.. Pas question de faire du monokini ici, on est chez soi mais on partage un espace visuel avec les autres. Il va y avoir certainement des codes à respecter, mais lesquels ? Être sous le regard de l'autre suppose de bien se conduire. Il faudra regarder autour de nous avant de faire quoi que ce soit au risque de mal se conduire sans même en avoir conscience. C'est le code de la bonne conduite.



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