Jeudi 12 juillet 17H30 : arrivée à l'aéroport de Washington Dulles.
L'aéroport n'est pas très grand, mais très propre. J'ai du mal à trouver une poubelle, à croire qu'ici il n'y a pas de déchets. Pour l'aéroport de la capitale des États-Unis, c'est un peu rikiki surtout quand on vient d'Heathrow. Petit quiz de géographie (sans se faire aider par internet) : où se situe Washington DC, la capitale des États-Unis d'Amérique, tout de même ? Sur la côte est ou la côte ouest ? Au nord ou au sud de New York, qui n'est rien d'autre qu'une ville standard des États-Unis, même pas une capitale d'Etat ? Au bord de mer où dans les terres ?
L'attente de notre chauffeur est longue. Il y a peut-être un problème. Je tente d'utiliser mon téléphone portable, dont j'avais pris soin la veille d'étendre la zone de couverture à l'international. L'opératrice n'a pas compris que cette extension concernait le monde, pas seulement l'Europe. C'est le monde qui s'offre à nous, pas juste le prolongement européen de la France! Mais pour l'instant, le monde est bien réduit. Mon téléphone, qui au moins est bien chargé, ne m'est d'aucune utilité.
Voyage à travers les routes américaines longues et monotones : « les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone ». Les routes sont aussi à l'image des rollers coster des parcs d'attractions : ça monte et ça descend. Je suis fatiguée, je m'endors, il est quand même 2 heures du matin, heure française quand nous quittons Washington, après avoir un peu tourné, il est vrai. La voiture est confortable mais le siège ne s'allonge pas comme dans l'avion, il faut déjà renoncer. Je suis prise entre l'envie de dormir, et l'envie de rester alerte pour m’imprégner de tous ces nouveaux détails. J'ai peur de manquer quelque chose. Mais cette route, je vais être amenée à la prendre de nombreuses fois. Je ne dois pas perdre de vue que je ne suis pas là pour un voyage touristique.
Arrivée à 21 h à la maison. Elle ressemble à la nôtre en France, on peut se détendre. Dehors dans le jardin, un bal de lucioles s'improvise. Ce n'est pas encore le feu d'artifice du 14 juillet, mais c'est déjà fort accueillant.
La nuit s’achève en France et elle vient de commencer pour nous. Avant de sombrer face à l'implacable marchand de sable qui ne cesse de me harceler, j'envoie les premières nouvelles à ceux rester au pays : «Bonsoir, je profite de ce moment de calme pour vous donner quelques nouvelles de notre voyage. Le vol s'est très bien déroulé, nous sommes même arrivées en avance, les vents devaient nous être favorables, c'est de bon augure... Il faisait froid et gris au départ de France; ici il fait chaud et gris et il est même tombées quelques gouttes de pluie : l'été ne cesse de nous bouder. Demain pour le 14 juillet, nous allons nous retrouver à l'ambassade de France, histoire de conserver quelques repères bien français. En effet, le plongeon anglophone s'est fait sans attendre, et nous ne communiquons plus que dans la langue de Shakespeare (même si je ne suis pas très sure que Shakespeare se reconnaîtrait dans la langue parlée ici...). Nous vous souhaitons un bon été réparateur plein de douceur et de nouvelles découvertes. Bien à vous, Coleen et Flore». Rien de bien spectaculaire, juste des nouvelles. Le temps de retrouver toutes les adresses de mes amis et des collègues, de voir comment on peut tenter d'utiliser le réseau voisin à défaut d'avoir encore internet à la maison, il est déjà 23 h. Je crois que je vais devoir me mettre à facebook ou créer un blog...
Réveil à 3h30 du matin. Je suis en plein décalage ! Mon corps garde l'empreinte de la France. Il n'est pas encore prêt pour vivre à l'heure Américaine. Au loin, j'entends la sirène d'un train. Hagerstown est construit sur un carrefour de plusieurs voies de chemin de fer. Ce ne sont plus que des trains de marchandises qui circulent, il n'y a même pas de gare en ville. Pourquoi, faut-il faire sonner la sirène à cette heure-là ? La nuit, tous les bruits sont amplifiés, c'est une vraie caisse de résonance. C'est pourquoi, je l'entends aussi bien, car dans la réalité, nous sommes assez loin d'une voie de chemin de fer. A Lyon, nous vivions non loin de l'aéroport. A 6 heures du matin commençait la valse des avions. Ici, ce sera le chant des sirènes.
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