Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 26 septembre 2014

One more day in paradise = un autre jour au paradis (second part)

C'est difficile de décrire tous mes étonnements tellement je me suis sentie prise dans un tourbillon de nouveauté. Je ne peux retranscrire que quelque uns qui ont sans aucun doute laissé des traces dans ma mémoire.

Une salle de classe où l'on rentre comme dans un moulin. La classe n'a pas de fenêtre, et la vitre sur la porte a été calfeutrée par mesure de sécurité (en cas d'intrusion, nous avons la consigne de fermer la lumière, faire silence pour ne pas nous faire repérer). La porte est fermée de l'extérieur et seule une personne munie de la clef peut rentrer. Les élèves qui ont à sortir (toilettes, RDV…) doivent frapper avant de rentrer. Par contre, quelques personnes de l'établissement ont un passe et quelle n'est pas ma surprise de voir arriver sans crier garde (c'est à dire sans aucun avertissement, même pas un bruit annonciateur sur la porte) des personnes qui viennent observer. Il y a eu bien sur le principal, mais aussi une prof qui soutient les profs dans leur mission (lead teacher), les directeurs adjoints, la personne qui supervise les profs de langue. Ils s'installent sans bruit, et repartent parfois seulement après quelques minutes. Est-ce pour m'observer ? Pour rappeler aux élèves leur présence ? Si je suis surprise par le procédé, je n'en reste pas moins concentrer sur les élèves ce qui me demande bien assez d'énergie déjà. Sans doute la première fois, me suis-je interrompue pour demander s'il/elle avait besoin de quelque chose, puis je me suis habituée à ce défilé d'adultes dans la classe. Je n'ai jamais su vraiment comment l'interpréter, car cela touche à la culture des établissements scolaires. J'ai été prise entre un sentiment mixte de flicage ou de soutien (car pas plus que moi, les élèves ne savaient à quand s'attendre à l'arrivée d'une personne figurant l'autorité). A l'école primaire dans laquelle j'intervenais comme bénévole, les portes des classes étaient ouvertes ce qui ne donnait pas le même sentiment d'inspection/intrusion.

Les Bahamas en passant par l'Alaska. L'hiver 2014 a été particulièrement rigoureux, et les températures extrêmes en froid assez fréquentes. Le vent venait très souvent glacé le peu de chaleur que nous pouvions espérer du soleil. C'est assez bien l'image que je me fais des températures de l'Alaska. C'est pourquoi, je n'hésitais pas à me couvrir chaudement. Par contre, j'ai très vite réalisée que dans ma petite salle de classe remplie d'élèves, et dans laquelle je m'agitais pour essayer d'enseigner et de faire respecter un minimum de règles de vie commune, les températures estivales dignes d'un mois de juillet aux Bahamas me guétaient. C'est pourquoi, j'ai très vite appris à porter aussi des tee-shirts à manches courtes pour ne pas risquer une transpiration excessive. C'est pourquoi, j'ai eu l'impression de me rendre aux Bahamas, en passant par l'Alaska, mais sans jamais toucher de près ou de loin à la notion de vacances !!!

La ronde des toilettes. Dans un collège aux USA, il y a très peu de breaks (récrés). Les élèves passent d'une classes à l’autre dans un temps minuté, ce qui laisse peu de temps pour se rendre aux toilettes ou pour aller boire à la fontaine. Alors, les élèves sont autorisés à quitter la classe pour cela, d'autant que très souvent ils arrivent en cours de langue après un cours de gym. Mais bien sur, cela donne lieu à de nombreux abus par les élèves les moins motivés. Et en tout état de cause, cela dérange l'enseignement car il faut gérer cette ronde des toilettes, qui en fin de journée est absolument incessante. Comme cela risque d'entrainer un embouteillage favorable à la dispersion des élèves, ils ne sont autorisés à s'y rendre qu'un seul à la fois, ce qui demande une certaine organisation pour gérer le flux . J'ai mis un certain temps à trouver la bonne solution, mais je crois qu'il n'y en a pas pour ceux qui de toute façon utilisent ce privilège comme un moyen d'échapper à la contrainte de l'apprentissage. Il y a eu parfois aussi certains débordements, et il fallait appeler la direction à notre secours (difficile d'enseigner toute une classe quand il faut aussi surveiller ce qui se passe dans les toilettes de proximité). Mais comment interdire l'accès aux toilettes quand on sait le peu de temps consacrer à cette activité !

La peur de certains mots en anglais. J'ai appris à me méfier de la prononciation de certains mots d'une autre langue qui peuvent être tricky (=épineuse, dangereuse) surtout lorsque l'on est pressé, et que l'on a en face de soi un auditoir près à se jeter sur le moindre dérapage : à ne pas confondre beach (plage) and bitch, focus (se concentrer) and fuck us, sheet of paper (une feuille de papier) and shit of paper (si vous ne les connaissez déjà, je vous laisse le plaisir d'aller chercher vous-même les traductions des mots que vous ne voulez pas prononcez dans une salle de classe).

La densité des problématiques de comportement. Beaucoup d'élèves présentent des difficultés, des problèmes, un mal-être, sont classés hyperactifs, dépressifs, voire d'autres pathologies un peu énigmatiques pour moi qui ne maîtrise pas le langage des sigles... Il y a eu beaucoup d'hospitalisation pendant cette année, pour dépression, pour évaluation, pour réajustement du traitement... En même temps, lorsque l'on connait le lien entre sucre et hyperactivité, il y a des choses qui n'étonnent plus.

Des miracles aux mirages. Et puis il y a eu aussi des bons moments : des cours qui se sont bien passés, sans incidents majeurs, et où l'enseignement s'est révélé un moment agréable, avec même beaucoup de rigolades. Malheureusement, le transfert de ces bons moments sur les classes suivantes ne s'est pas révélé évident. En effet, en sortant d'un de ces moments, j'avais l'illusion (sans doute entretenu par un secret espoir) que cela pourrait avoir des incidences sur les autres cours. Mais cela n'a pas été le cas. De même, j'ai eu parfois d'agréables surprises de voir des élèves particulièrement récalcitrants, tout à coup s'animer, s'intéresser, des classes entières se discipliner. Mais cela ne durait bien souvent que le temps d'une classe. Et pourtant ce n'était pas faute de récompenser ces comportements, de les reconnaître et de les valoriser. Et puis, j'avais tout simplement la naïve pensée qu'un moment intéressant serait un moment que chacun voudrait renouveler. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, c'était sans compter que certaines personnes sont plus effrayées à l'idée de réussir que d'échouer, certains se reconnaissent mieux dans un rôle de pitre que dans un rôle de bon élève.

Les donations ininterrompues. Toute les semaines, il y a une souscription pour une cause (les élèves et profs sont autorisés à porter certains vêtements, à condition d'avoir côtiser pour la cause de la semaine). A cela, se rajoute des mails réguliers qui sollicitent des dons pour un problème en particulier : une famille à besoin de boites de céréales car elle est à cours de réserves alimentaires, un jeune à des frais liés à une maladie grave… Il y a des causes générales : le cancer du sein, l'autisme… Parfois, il y a des personnes qui font des demandes personnelles : des élèves qui veulent se payer le voyage éducatif au parc du Yellow Stone, le prof dont le beau fils fait une collecte dans un restaurant pour sa rentrée à l'université... Il y a toujours une bonne cause, mais cela devient vraiment too much, alors je vais devenir sélective, notamment pour une collègue qui vient d'apprendre qu'elle a un cancer et dont l'assurance ne couvre pas tous les frais. Cela m'indigne. Elle est jeune, le malheur l'atteint de façon très injuste et l'assurance maladie ne l'aide pas dans son combat ; Une élève extrèmement méritante qui n'a pas les fonds pour participer au voyage de fin d'année ; une famille qui n'a plus les moyens de se nourrir… Dans la sélection des causes, ils feront partis des élus. Je pense toutefois que les établissements scolaires sont plus touchés que d'autres organisations, car quand je me renseigne auprès de Kris, il n'a pas ce sentiment d’asphyxie par les donations. Peut-être est-ce que les établissements scolaires veulent promouvoir l'enseignement de la générosité. En la matière, je pense que le trop de sollicitations asphyxie l'envie de participer. J'ai eu parfois l'impression d'être prisonnière d'un système qui entretient les inégalités. Et j'ai eu aussi le sentiment que ma responsabilité était immense face à sélection, mais aussi face à l'injustice des choix à faire.

Pour une réforme du système. La direction du collège a réfléchi à une nouvelle organisation des langues étrangères pour l'année prochaine car après une personne qui ait démissionné et une prof qui s'en sortait à peine, ils se sont sans doute rendus compte qu'il pourrait y avoir des aménagements à faire. Je n'ai bien sûr pas du tout été consultée pour ces changements. Il est vrai que je ne n'étais là que pour enseigner, pas pour penser la meilleure organisation de l'enseignement des langues. Il y a des fois, je me demande quand même comment est organisée notre société, entre ceux qui pensent et ceux qui exécutent. Je ne pense pas pour autant que ce soient aux prof à prendre toutes les décisions, mais au moins à être consultés sur leurs ressentis, leurs difficultés, leurs points d'appui, leur expertise sur les meilleures conditions pour l'apprentissage d'une langue étrangère, puisqu'il ne faut pas oublier que chacun d'eux à eu un jour à apprendre la langue en question et souvent en immersion totale.

Je compte les jours d'école en présence des élèves. Je ne suis pas sur que cela aide car l'avant dernière semaine et même la dernière sont particulièrement difficiles. En effet je suis peu motivée, et même les activités plus ludiques ne les satisfont pas. Cela me fait réaliser que pour être enseignant, il faut avoir de solides assisses personnelles, une vie riche à l’extérieure et être armés pour la discipline. Je pense aussi que ce ne sont les meilleurs élèves qui font les meilleurs profs. Je pense que j'ai été plus efficace à enseigner l'Espagnol car il m'avait fallu moi aussi l'apprendre et je connaissais les difficultes de la langue. Par contre, en français, j'avais parfois bien du mal à expliquer ce qui avait toujours été une évidence pour moi.

12 juin 2014, l'école vient de finir pour les élèves, et la coupe du monde de foot vient de démarrer au Brésil. Mes amies brésilienne n'oublieront pas de venir célébrer la fin du travail pour moi. Merci Ju et Marie, vous êtes mes plus grandes supportrices... je pense pour elles, qu'il valait mieux qu'elles me supportent moi que leur équipe nationale, vu le sort qu'elle a subit en demi-final !!! Vive les vacence, adieux les pénitances, les cahiet aux feu, les élèves au milieu (après avoir subit les feux de l'enfer, les élèves peuvent bien à leur tour garnir les feux de la St Jean!!!).

vendredi 19 septembre 2014

One more day in paradise = un autre jour au paradis (first part)

J'ai musclé ma machoire à macher du chewing gum toute le journée pour avoir une haleine respectable ; j'ai musclé mes fessiers à rester debout toute une classe (6 classes par jours) ; j'ai appris à parler fort pour me faire entendre par des étudiants qui pouvaient parler plus fort que moi ; j'ai appris à utiliser des technologies qui ne m'étaient pas très familières (j'ai beaucoup aimé présenter mes cours sur power point) ; j'ai appris à manger le repas de midi à 10:40 ; j'ai appris à m'organiser pour ne rien oublier (12 classes, 260 élèves, des corrections, des élèves qui veulent refaire le test qu'ils ont ratés et j'ai évité les devoirs à la maison qui revenaient pour plus de la moitié jamais...) ; j'ai appris à détester faire des corrections ; j'ai appris à apprécier les longs après-midi (je termine à 14h30 auprès des élèves, et même s'il reste du travail, l'après-midi est long) ; j'ai appris à compter les jours qui restaient avant la fin de l'année ; j'ai confirmé que ce qui compte dans les rencontres ce n'est pas l'origine de chacun, l'âge, mais c'est de partager les mêmes valeur ; j'ai appris à me lever le matin en me disant « one more day in Paradis », ou un jour de plus au paradis ; j'ai su ce que c'était d'aller travailler tous les matins en ne voulant pas y aller... Mais ce qu'il restera de tout cela, ce sont des élèves vraiment extraordinaires avec pourtant parfois des vies difficiles (cela a été un honneur d'être votre enseignante, comme je l'écrirai dans leur year book), des collègues qui m'ont vraiment aidée, des journées à parler anglais en continue, un espagnol rafraichi, un français sans faute (pour cela ce n'est pas encore gagné, car mes fautes à moi elles ont du sens !!!) : je n'aurai au moins pas perdu mon temps.

J'ai aussi élaboré un kit de survie pour prof de langues, debutant en zone difficile aux US :
- faire la chase aux odeurs, être toujours impecable, mais ne pas attendre la réciproque auprès des élèves.
- ne pas fonder trop d'espoir sur l'intérêt pour les langues étrangères aux USA (combien d'élèves vont un jour s'en servir ? En Europe, à trois heures de chez soi, on est bien souvent dans un pays qui ne parle plus la même langue que nous ! Alors cela change la perspective des langues étrangères).
- avoir une bonne santé physique et mentale, avoir des lieux ressources à l'exterieur de l'école
- toujours avoir en tête que quoique l'on fasse, ce n'est jamais bien. En fin d'année, à leur demande je les ai fait regarder tintin, mais ce jour là, pour certains cela n'allait pas ; j'ai voulu organiser un échange de nourriture internationale, encore une fois à leur demande, j'ai été la seule (à part une autre élève dans une classe) à apporter quelque chose. Alors, l'important c'est au moins de se faire plaisir et de se concentrer sur les élèves pour qui tout est toujours bien (heureusement, il y en a quelque uns). Mais ce n'est pas facile.

Il y a une classe d'espagnol avec laquelle j'ai pris du plaisir à travailler et pourtant elle présentait des facteurs à risque : 30 élèves (le maximum possible dans ma petite salle), 7th grade (5ème qui ont vraiment expérimenter leur pouvoir sans avoir encore touché les limites), Espagnol (j'ai longtemps résistée à ne pas stygmatiser les classes d'espagnol au profit de celle de français, mais il faut bien se rendre à l'évidence : pour un américain de collège, de surcroit à Hagerstown, choisir français plutôt qu'espagnol, cela indique déjà des choses sur votre personnalité et votre comportement, même si j'ai relativisé cette notion avec certains d'entre eux). C'était il est vrai assez bruyant, mais la plupart travaillaient, étaient respectueux, polis, et pour ceux qui testaient les limites, il suffisait de quelques rappels à l'ordre. Des fois je me suis mise à rêver que si j'avais eu le pouvoir de multiplier les classes, comme en son temps il avait été possible de multiplier les pains, c'est celle-ci qui aurait servie de modele. Il y a eu aussi une classe de 8ème de français et pour les 6ème, il y a toujours eu une classe parmis 4 avec laquelle c'était plus interessant de travailler. 3 classes sur 12, imaginer mes journées...
Et sinon, j'ai eu à me battre pour faire respecter les règles de base : ne pas parler en même temps que vous ou qu'un autre élève, avoir un ton de voix assez bas pour ne pas déranger les autres, ne pas prendre sans autorisation (y compris dans mes affaires), demander pour quelque chose (un papier crayon, aller aux toilettes), ne pas s'endormir en cours, travailler pour espérer apprendre quelque chose, venir avec au minimum un crayon à papier (en 6ème, j'ai même gardé leur dossier dans la classe pour être sure qu'il le retrouve à la classe suivante, mais cela aurait pu être vrai pour certains 5ème et 4ème)... Je me suis battue pour expliquer des notions de français ou d'espagnol tant la classe était bruyante. Il y a les élèves qui ne tiennent pas en place et qui demandent sans arrêt quelque chose, en intérrompant le cours de la classe par leur insistance «  I need to go to the bathroom, it is an emergency, I am going to pee my pants = je dois aller aux toilettes, c'est une urgence, je vais faire pipi dans mon pantalon », et lorsque vous maintenez fermement le non car l'élève a vraiment trop abusé, à la sonnerie de la fin de la classe, comme par enchantement il n'a plus du tout envie et ne se rend même pas aux toilettes... D'autre part, j'ai rapidemment compris que si je donnais les notes qui correspondent à leurs réalisations, leur travail, un bon nombre ne réussiront pas à dépasser 70 % (minimum pour passer votre classe). En même temps, ils n'écoutent absolument pas en classe, ne participent pas, jettent par terre les documents que vous leur donner, donc rien de surprenant à leurs résultats. Mais voilà, vous pouvez vous retrouver avec un mail qui vous demande d'accompagner pendant votre temps de préparation les élèves qui par ailleurs dans les autres classes passent. Mais pendant mon temps de préparation je n'ai pas envie de me retrouver à faire rattrapper à des élèves qui ne s'intéressent d'aucune manière à votre enseignement. Combien de fois je me suis demandée comment ils s'étaient retrouvés là, alors que les langues ne sont pas obligatoires après la 5ème, mais il faut que chaque élève soit occupé et comme très souvent ces même élèves ne s'intéressent pas plus à la musique, le chant, l'art, ils se sont retrouvés en langue un peu par hasard. Et l'ironie, c'est que en même temps, les consignes de l'enseignement des langues, c'est de ne parler que la langue étrangère et de demander aux élèves d'apprendre des phrases pour faire des demandes : ¿ puerdo ir al bano por favor ?(est-ce que je peux aller aux toilettes?), en immersion complète comme lors de l'apprentissage de la langue maternelle. Mais pour expliquer les adverbes, je ne suis pas sûre que le français aurait suffit, d'autant que leur connaissance de la grammaire est très limitée (la notion de sujet et de verbe c'est déjà une autre langue, ce qui ne rend pas l'enseignement de la conjugaison très aisée).

Cela a vraiment été une expérience difficile car je ne suis pas faite pour être prof de collège. En même temps, je suis arrivée avec quelques boulets au pied :
- la prof précédente a démissionné et leur a laissé entendre que c'était de leur faute.
-la prof de l'année précédente avait été fort appréciée.
- mon espagnol était un peu rustique et mon anglais parfois hésitant.
- un collège, c'est la période de vie pour les élèves qui correspond à la découverte de leur pouvoir sans en avoir encore pleinement mesurer les limites. Et puis aussi, ils ont bien d'autres préoccupations que celle d'apprendre les règles de grammaire.
- quelques élèves avaient à cœur de me faire craquer, sans doute pour expérimenter leur pouvoir, et sans doute aussi pour masquer leur propre impuissance dans la vie (il y avaient quelques situations vraiment effrayantes).
- une zone difficile : systématiquement, lorsque les gens me demandaient où je travaillais, leur réflexe à l'énoncer du nom du collège était de me plaindre !!!

vendredi 12 septembre 2014

La fin du printemps 2014 : le bonheur retrouvé !


En mai, nous n'avons qu'un long week-end de 3 jours aux USA (Memorial day : le jours de commération des différentes guerres): j'ai toujours beaucoup respecté et apprecié tous nos longs weeks-end de mai en France, mais je dois dire que la rareté augmente les effets du bonheur. Est-ce à dire que plus un produit est rare, plus il est précieux ????? Réflexion intéressante. En tout cas, sachons apprécier ce que nous avons, sans toujours nous plaindre de tout !!! Ce long week-end marque un peu le début de l'été : les piscines extérieures re-ouvrent leurs portes, on débâche notre piscine, les jours sont marqués par toujours plus de chaleur.

En ce début du mois de juin, nous profitons de nos amis et les soirées se succèdent. Je pense qu'une troisième année d'expatriation aurait été marquée par encore plus de moments conviviaux. Mais cela n'aura pas lieu. Nous nous apprêtons à nous dire au revoir.

Enfin l'école est complètement finie. Pour ma première semaine de vacances, je vais prendre soin de moi. Flore est à un stage d'équitation, alors j'ai une bonne partie de la journée pour moi (elle finit quand même entre 15h et 15h30, comment font les parents qui travaillent ?). Je vais en profiter pour faire du vélo, lire, m'occuper de mon blog, aller marcher avec des amies, aller à la Human Society, boire du thé … Par contre, mon téléphone vient de se faire harakiri. Il a eu la délicatesse d'attendre que l'école soit finie, c'est quand même là ou j'en avait le plus besoin car je ne pouvais pas prendre celui de Flore. Mais en ce mardi 17 juin, il vient de m'abandonner. Peut-être qu'il savait que c'était moi qui allait bientôt le laisser tomber, alors il a préféré prendre les devants. Il y a des choses comme cela qui préfèrent activement vivre une situation plutôt que d'avoir à la subir passivement. C'était sans doute son cas. Mais cela ne m'a pas arrangé car ce matin là, j'ai tenté d'envoyer un message à mon amie allemande pour la prévenir que j'aurai 5 minutes de retard sur notre planning de RDV pour la rando (5 minutes, cela compte quand on est allemand!). Le message n'est jamais parvenu. Puis ensuite, j'ai essayé d'appeler, y compris   plusieurs personnes. Aucun appel n'aboutissait. Je me suis dépéchée mais j'ai eu 7 minutes de retard et comme prévu mon amie était déjà partie. J'ai tenté de retrouver le groupe, mais je jouais de malchance car la voiture avait besoin d'un rapprovisionnement et je ne savais pas bien où commençait le chemin que nous devions prendre. J'ai bien trouvé la voiture, mais au bout d'une demi-heure, peu de chance de les rejoindre. Alors je les ai attendu devant la maison de mon amie (plus d'une heure). De leur côté, elles se sont inquiétées car elles n'ont pas pu me joindre non plus. Le lendemain, le téléphone ne s'ouvrait même plus. Il venait de vivre ses dernières heures. Je ne suis pas très attachée aux objets, mais un téléphone c'est utile. Alors j'ai essayé de transférer mes minutes restantes sur celui de Flore, qui n'avait presque plus besoin du sien. Et c'est là que les difficultés ont vraiment commencé. Pas question de simplement transférer les deux cartes SIM, il faut passer par l'opérateur qui devrait nous en envoyer une autre. Au moment de l'installer, nous rencontrons un problème cela ne marche pas. Ils vont devoir nous en retourner une. Au bout d'une semaine toujours pas de carte. Je rappelle : en principe elle a été délivrée. Ils vont m'en envoyer une autre. Déjà un mois et une semaine sans téléphone car celui de Flore n'a plus de minutes. Je hais les compagnies de téléphone...

Début de mois de juin, c'est le temps des élections dans notre environnement proche et les pancartes fleurisent : voter pour... Il y a une personne à élire pour le board of education (=conseil sur l'éducation), le commissioner (= commissaire) et le delegate (=déléguer). Les pancartes pour les élection, ce sont comme des fleurs au printemps, elles sont partout et en grande quantité. Mais à la différence des fleurs, elles n'illuminent pas le paysage ! Pour faire connaître un candidat (mais aussi un produit, un service), il y a des personnes qui brandissent et secouent des panneaux sur le bord de la route. Il leur arrive aussi de nous saluer. Et il est vrai que cela attire l’œil. Mais je ne sais pas combien de temps ils peuvent rester là, à secouer leurs panneaux et faire des sourires à toutes les voitures. J'aurai à cœur de les saluer en retour, même si bien sur je ne connais vraiment pas le candidat qu'ils supportent, et puis de toutes façons, je n'ai pas le droit de voter dans un pays qui n'est pas le mien!

Déjà des mails de France anticipent notre retour, mais les collègues et amis ne cessent d'oublier notre date de retour, à moins que ce ne soit parce que j'ai besoin de le répéter à tous. Nos sentiments sont partagés. Il y a bien sur le bonheur de retrouver les amis, la famille, des choses de France que nous aimons. Mais en même temps, il est dur de partir car nous savons que nous ne reviendrons pas, il y a tant d'autres territoires à explorer. Après être passée 4 ans dans ce pays magnifique, je suis prête à rencontrer d'autres horizons maintenant.

Pour la première année depuis les temps de mes études universitaires, nous avons décidé de partir en vacances au mois de juin. Puerto Rico, notre destination, supporte mal la chaleur de l'été, est sujette aux tempètes tropicales et autres fléaux de l'été. Nous préférons éviter. Ironie du sort, lorsque nous serons en vacances, nous n'aurons qu'un peu de pluie tandis que Hagerstown essuiera pendant la même période deux tempêtes avec inondations. Si vous hésitez sur vos dates de vacances, demandez nous quand nous partons, il y a peut-être du bon à nous suivre !!!

vendredi 5 septembre 2014

Vacances de printemps 2014 : Grand canyon, Monument Valley, Mesa verde, Las Vegas. Le pays des contrastes.


Sur une terre de contrastes, on a choisit un voyage contrasté : 100° F à la vallée de la mort un jour, 32° F et neige le jour d'après ; de -86 mètres en dessous du niveau de la mer (encore à la vallée de la mort) aux sommets enneigés ; des parties arides sans eau, à Las Vegas ou l'eau et l'alcool coulent à flot... : la diversité est la source de nos envies.
la vallée de la mort

lake Powell

Antelope Canyon
A LV (Las Vagas), le décors est planté très tôt, dès la descente de l'avion où nous croissons nos premières machines à sous, qui je le rappelle sont interdites aux mineurs. Aurait-il fallu faire fermer les yeux à Flore tout le temps de notre parcours dans le labyrinthe des bagages claims ? (c'est là qu'on peut récupérer ses bagages, dans le meilleur des cas!) . Nous avons choisit de l'aider à comprendre. Notre première destination était LV, mais nous n'y sommes restés qu'une nuit car nous voulions commencer notre séjour par les grand espaces.

A la sortie de LV, on trouve des rangées de maisons alignées comme des petits soldats. Nous aurons traversé sans doute les villages de ceux qui travaillent à LV. Autant LV resplendit par sa diversité, ses lumières, son apparat, ici la rigueur domine, la répétition, presque l'ennui.
Je n'ai pas bien compris pourquoi il n'y avait pas plus de panneaux solaires, alors qu'ici le soleil est si abondant.

Nous avons loué une voiture qui avait intégrée une radio sans publicité, payante certes, et qui passait pas satellite, donc plus besoin de la chercher en fonction de votre localisation. Récemment, nous avons aussi trouvé une TV sans pub à 7 dollars le mois ; cela vaut le coût de payer (rapidement, nous nous sommes aperçus que les films n'étaient souvent pas les plus récents ou les plus intéressants). Nous avons aussi trouver des sites de films gratuits, mais ici comme ailleurs, la gratuité a un coût (soit c'est envahi de pubs ; ou avec des conditions que nous n'étions pas près à accepter).

Nous avons vécu une histoire amusante en lien avec notre hébergement. J'aime l'aventure et la souplesse de l'imprévu ; Kris aime l'anticipation, et la rassurante certitude de l'organisation. Alors nous essayons de mixer nos envies. Quelques hôtels sont réservés à l'avance mais certains sont à trouver en chemin. Avant notre arrivée sur le Grand Canyon, il nous reste une chambre à trouver. Nous nous approchons le plus possible du grand parc jusqu'à la dernière ville indiquée sur nos plans : Tuba (j'ai un plan papier, Kris a plan électronique). Premier hôtel consulté, plus de place et en plus ils nous disent que pour cette nuit tout est plein en ville. Rien du même standard avant une autre ville à 70 milles de l'entrée du parc. On n'a vraiment pas envie de faire la route d'autant que cela nous éloigne de notre destination finale et qu'il est déjà 8:30 pm. Ils nous proposent d'essayer un petit hôtel dans la ville mais ils nous préviennent, il n'y pas pas de douche dans les chambres. D'abord il faut le trouver, l’hôtel en question. Peu d'indications et clairement pas celle d'un hôtel. En fait, il faut rentrer dans un lycée. Et là nous trouvons un accueil sommaire, il faut payer en liquide, et en effet les douche sont communes. Il s'agit d'un ancien internat de lycée reconverti en hôtel. Cela nous rappelle notre jeunesse !!! Les lits sont confortables, le bruit inexistant, nous allons pouvoir bien dormir. Flore est enchantée par l'expérience, Kris un peu moins par les douches communes. Le lendemain un café est proposé et nous nous retrouverons avec une famille allemande qui a vécu la même expérience que nous. A n'en pas douter, nous nous rappellerons de notre aventure ici (alors que les hôtels de même standard, tous sur la même forme, laissent assez peu de souvenirs).

Grand Canyon
Et puis......... le grand canyon, monument valley : un musée géologique à ciel ouvert. Il y a tant à voir dans cette région que nous avons prévu de revenir passer 3 mois au moment de notre retraite. En effet, en 5 jours, il y a de nombreux renoncements à opérer.
Nous sommes passé par les 4 corners (sur un point géographique, au milieu de nulle part, se rencontrent 4 States = États :  L'Utah, le nouveau Mexique, l'Arizona et le Colorado). Nous avons donc pu mettre un pied au nouveau Mexique: la géographie naturelle a bien peu avoir avec la réalité des hommes parfois ! Ici, on a l'impression que l'on va voir arriver Lucky Luck ou Jones Waynes : des routes à perte de vue, du sable et de la roche, les rouleaux de végétation sauvages qui déambulent indomptés sur les routes désertées...

 
Monument Valley
Mesa verde = table verte

Las Vegas















Bien sur, tout cela c'est avant d'arriver à Las Vegas, car là c'est une autre monde, nous ne sommes plus seuls, les tenues vestimentaires ont rapetissé (surtout les jupes), et alors que l'on vient d'une réserve indienne qui ne vend pas d'alcools même dans les restaurants, ici l'alcool coule à flot. Las Vegas c'est le parc d'attraction des adultes avec ses joies, ses peines, ses grands plaisirs et ses grandes déceptions, ses miracles et surtout ses mirages.
LV c'est un peu comme l'histoire d'Aphrodite sortie de l'écume des mers. En effet, LV est une ville sortie de la poussière du dessert, après une tempête de sable. C'est comme une illusion lorsque l'on émerge la nuit de la vallée de la mort, où il est difficile de rencontrer âme qui vive, et pourtant à seulement 2 heures de LV. Tandis que là, tout a coup, c'est une explosion de lumière, une tempête de bruit, un mirage de bonheur éternel.

Venise à LV
Il m'a fallu une demi-journée pour me ré-acclimater. Je ne me suis vraiment sentie pas bien, déplacée dans ce décors de cinéma où tout semble faux après avoir vécue en communion avec la nature. Mais si vous faites abstraction du premier plan, vous pouvez vous laissez surprendre par l'ambiance. Et il faut aussi reconnaître que les spectacles sont vraiment exceptionnels. Comme il y avait 7 shows rien que du cirque du soleil, nous avons choisit Mystère. Sur les 800 personnes du public, ils ont eu besoin d'un couple. Peut-être parce que j'ai eu le malheureux réflexe de m'adresser en français à Kris lorsque j'ai vu arriver Einstein « tu vas voir, ça va être pour nous », alors nous y avons eu droit. Tandis que Kris se faisait enfermé dans une cage, je me suis faite draguer par un clown (pardon clone) de Einstein. En même temps, il y a une dame qui a joué la maman d'un gros bébé de taille adulte, et à choisir, j'ai préféré mon rôle. On repartira avec une photo de Kris prise avec l'un des comédien et Flore qui aura bien rit. Même en vacances, il faut jouer les fous...

Les cartes de crédit. Kris en à 3 et moi deux, dont une périmée : une carte de France, une des US avec seulement un payement en débit car malgré notre situation, les banques ne sont pas prêtes à nous faire confiance pour nous faire crédit sans antériorité dans le pays. Kris a commencé à se faire une petite antériorité de crédit avec une nouvelle banque, mais le crédit est très limité. A notre retour à Hagerstown, Kris a une notification de sa banque pour une transaction suspect à las Vegas et en effet elle est suspect vu qu'elle est débitée le jour même alors que nous déjà revenus. La première carte sera annulée et la nouvelle n'arrivera que dans quelques jours. Heureusement, il lui reste deux autres cartes et la mienne encore valide. Mais en vérifiant les comptes, Kris réalise que malgré l'absence de notification, des transactions se produisent aussi sur ces deux autres cartes toujours à las Vegas et aussi une transaction semble suspect sur ma carte.  Nous sommes donc obligés d'annuler toutes nos cartes par précaution. Nous voilà à devoir payer par chèques (assez peu acceptés ici) ou en liquide(c'est fou ce que l'on dépense quand on paye en liquide, à moins que ce soit l'illusion de moins dépenser en payant par la carte). Ce n'est pas simple de se passer de ces cartes, d'autant que nous avions proposer à notre amie de France qui nous rendait visite à ce moment de lui prêter de l'argent pour qu'elle n'est pas de frais de change. Je n'ai pas l'habitude de me promener avec autant d'argent palpable avec moi !!!

vendredi 29 août 2014

Printemps 2014 : après l'hiver le printemps, encore que...


Après un hiver froid et enneigé, voilà un printemps pluvieux. Nos amis de France venus nous rendre visite en mai auront à essuyer plusieurs averses, voir des inondations (heureusement qui n'affecteront pas leur sejour). Il y avait un début d'année a ne pas pas passer aux USA côte Est, c'était bien cette annee 2014. Par contre il peut faire chaud, voir très chaud et bien sûr la pelouse adore. En retrouvant, avec encore moins d'entrain la tondeuse (d'autant que Kris cette année se retrouve avec des allergies dès qu'il essaye de mettre le pied dans l'herbe coupée), je remarque que même dans la tonte de la pelouse, il peut y avoir de la créativité. En effet, le principe est une tonte très régulière, mais l'axe peut être différent : vertical, horizontal ou diagonal ce qui donne des impressions de mosaïques intéressantes.

Le printemps cette année sera ponctuée par l'arrivée de nos amies de France. Cette fois, deux groupes vont parfaitement se succéder, l'un repartant le 8 mai, l'autre arrivant le 9. Nous allons en profiter pour revisiter avec eux les alentours : Washington, Harpers Ferry (lieu du démarrage de la guerre de sécession), Baltimore, sans oublier Hagerstown. Mais à chaque fois , nous cherchons à optimiser la visite, c'est ainsi que nous avons tester la visite de Washington avec tous les bus touristiques, et aussi le métro. Et puis, nous essayons de leur faire goûter à notre vie Américano-française. Le plus difficile, c'est de se rappeler ce qui est si spécifique et qui pour nous, après deux ans passés ici, se présente comme une évidence.
Memorial pour la guerre de Corée
guerre de corée


Capitol
Memorial de la guerre du vietnam


un grand homme (Lincoln Memorial )

Washington Memorial

Jefferson Memorial




A l'occasion de la visite de ma nièce de 15 ans venus à l'école avec moi, encore une fois je me fais surprendre par le sens des mots en anglais. Lorsque nous passons devant les écoles, elle est surprise de penser que le drogue est gratuite. En effet, les panneaux indiquent : drogue free, school zone, et bien sur free n'est pas a prendre dans le sens gratuit mais dans le sens libre, ce qui veut dire qu'il est rappelé que la consommation de drogue est interdite.

Je reste surprise par certains faits que je relève comme des contradictions, mais a n'en pas douter nous sommes tous sujet à contradiction, ce qui saute plus aux yeux aux autres qu'à nous-même. A la piscine, j'ai vu des personnes rentrer dans les bassins avec leurs chaussures, rentrer dans l'eau avec leur tee-shirt de la journée, et bien sur oublier maillot de bain court pour les hommes et bonnet de bain. Mais à côté de cela les dents doivent être éclatantes, rien ne doit laisser transparaitre la transpiration (par contre les embonpoints sont autorisés). Les règles d’hygiène ne se situent pas toutes au même niveau !

Je rencontré beaucoup d'Américains qui enchainent plusieurs boulots : enchainer deux boulots de suite dans la même journée, je ne suis pas sûre d'avoir pu le faire. Il y a ceux aussi qui travaillent bien au delà de l'âge de la retraite car leur retraite ne leur suffit pas : pas assez prévoyant pendant votre vie active (ou prévoyant, mais la caisse de retraite a fait faillite!), vous serez obligé de travailler après 65 ans : travailler vieux, c'est la santé. Le problème, c'est que une bonne partie de ceux que nous rencontrons ne travaillent pas dans des conditions réjouissantes : caissière en supermarchés, ou celui qui s'occupent de ramasser les charriots.

Une très triste nouvelle vient endeuiller notre communauté. Une famille d'expat vient d'être frappée par un malheur. La vie peut être injuste et laissera à chacun des traces dans notre mémoire sur notre séjour aux USA. Alors nous nous serons les coudes, car ici la famille, c'est nous. Loin des siens, des proches, nous nous sentons orphelins. Mais rapidement, la force de nos liens se fait sentir et nos amis sont bien entourés.

Cela fait maintenant plus de un an et demi que nous sommes ici et je ne peux m'habituer aux publicités sur les médicaments à la télévision. Il y a d'abord les maladies que je ne connais pas et qui me font me demander si ici il y a des maladies nouvelles et bien répandues vu le matraquage publicitaire qui est fait sur les moyens de se guérir ou de les soulager. D'autre part, les publicités doivent être obligées de préciser les risque potentiels, ce qui donne l' impression qu'en prenant le-dit médicament, on risque plus que sans le prendre (risque de crise cardiaque, d'incompatibilité avec d'autres produits ce qui le rende dangereux...). La moitié du temps de la publicité est accordé aux risques, tout en maintenant l'image d'une personne bien portante.
La santé restera sans doute une belle énigme pour moi. A l'occasion d'une visite chez le médecin généraliste, je dois remplir un questionnaire de santé. Rien de bien banal. Sauf que quelques questions me paraissent bien personnelles, y compris chez le médecin que je ne consulte pas du tout pour ces raisons. Quelles sont mes activités sexuelles : hétérosexuelles, homosexuelles, both ( = les deux)... Il s'agit sans doute de mesurer les activités à risque qui peuvent avoir des conséquences sur la consultation (précautions particulières, ou stigmatisation qui je l'espère n'est qu'une imagination de mon esprit français peut habitué à dévoiler son intimité devant un étranger !!!).

J'avais oublié de le mentionner, mais l'évènement me revient en mémoire : l'alarme incendie qui s'est déclenchée à 3 heures du matin. Au début de notre séjour, dans notre maison de location, nous voilà réveillés à 3 heures du matin par une sirène stridente. Il s'agit de l'alarme incendie qui s'est activée. A 3 heures du matin, il faut reconnaître que le temps de reconnecter les neurones, il va nous falloir du temps pour trouver comment l'arrêter. La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas de feu à proximité. La mauvaise, c'est que l'on se demande encore pourquoi elle s'est réveillée. Depuis, nous avons demandé à nos voisins comment la gérer et cela va mieux. C'est l'un des petits bonheurs de découvrir un environnement nouveau, sans mode d'emploi explicite.

vendredi 22 août 2014

L'hiver 2014 : du froid et du blizard!


que de neige, que de neige!!!
Si un jour un film est tourné sur l'hiver 2014 à Hagerstown, son titre pourra être  : que de neige, que de neige... Ou alors : du froid et du blizzard. Mon activité sportive hivernale aura été le déblaiement de notre allée. Un jour j'ai eu le malheur de reporter au lendemain l'activité fastidieuse : grave erreur! Le lendemain avec la voiture qui était passée dessus, impossible de déneiger et le verglas avait remplacé la neige. Un vraie patinoire. Pour l'école, déjà 10 jours sans école à cause des températures extrêmes ou de la neige. Les jours habituels déjà comptés dans le calendrier scolaire, ne vont pas suffire. Alors le county cherche des jours désespérément. On va être obligé de travailler le jour de «President's day». Les profs qui avaient un long weekend de prévu vont devoir s'organiser autrement ou trouver des remplaçants. Des longs WE, c'est rare, j'avais eu presque envie d'organiser quelque chose. Mais je suis tellement submergée de boulot que finalement j'avais renoncé, et aujourd'hui, j'en suis heureuse car trouver une remplaçante capable de faire du français et de l'espagnol, c'est comment dire... un peu difficile. En tout cas, j'en profite dans la planification de mes cours, car en partant de rien, autant dire que j'ai du travail. Alors, mi-février, j'ai presque toutes mes leçons de prévues jusqu'à la fin de l'année, je peux même m'offrir le luxe d'imaginer des jeux autour des apprentissages plus contraignants. Ce qui n'est pas seulement une figure de style, car aujourd'hui les profs sont en rivalité avec des jeux vidéo et une télé en continue, alors pour capter l'intérêt des élèves, on a intérêt à se montrer inventifs... Et pour être honnête, c'est la partie que j'aime bien.

Cet hiver, nous avons donc passer notre temps a nous demander si le lendemain serait un jour de neige sans école, ou avec un délai, parfois tu espères et même si tu sais qu'il faudra les rattraper, secrètement tu espères. En avril, il n'y avait plus d'espoir.

Avec un temps pareil, rien de tel que de prévoir ses prochaines vacances. Les vacances, c'est comme les cadeaux, le plus dur c'est de trouver l'idée... A Pâques, on aimerait bien aller voir le grand canyon, et pour l'été, avant le retour en France, Porto Rico est une destination qui nous intéresse. Il faut dire que les destinations soleil, sans sortir des USA, cela devient limité, si on ne veut pas retourner toujours aux même endroits. Et, je n'aime pas gâcher les vacances par un passage des douanes un peu délicat.
De plus, Puerto Rico qui est une sorte de département américain, à la singularité d'avoir comme langue nationale, l'espagnol. Alors je pourrais vérifier si mes cours auront été productifs... Puedo ir al baño por favor? (puis-je aller aux toilettes s'il-vous-plaît?).
Mais comme de toujours pour les vacances, nous avons du mal à planifier. Maintenant que mes cours sont prêts, je ne pourrais plus utiliser cette excuse pour expliquer que nous soyons en retard. Alors, je peux toujours dire que c'est à cause de la planification de notre retour en France qui s'annonce très simple. Trouver une nouvelle école, si possible bi-lingue, un nouveau logement à proximité de la dite école, et nous ne savons pas encore si Kris rentrera au même moment que nous. En fait , nous avons une école en vue mais Flore devra passer des tests et il n'est pas toujours sure d'y avoir de la place. Ce qui veut dire que nous ne connaitrons la réponse que fin Août pour une rentrée début septembre. Donc, il faut avoir une autre école sous le coude. Mais comme nous n'habitons pas en France, difficile de se référer à l'école de son quartier pour les écoles publiques. La vie d'expat n'est pas faite que de vacances...

Les vacances, c'est bien mais il y a aussi le reste du temps qui encore aujourd'hui est plus long que le temps des vacances. Alors, nous avons pris une carte de réduction pour faire du ski dans nos deux petites stations de proximité. Nous allons aussi partir un long WE en janvier dans une station à peine plus grande, à deux heures de route. Nous louerons une grande maison que nous partagerons avec nos amis allemands. Il a fait tellement froid, que le premier jour avec Flore nous n'avons pas pu skier. Nous avions un jacuzzi avec la maison de location, mais... à l'extérieur. Température extérieure : -25°C ; température du jacuzzi : + 45°C. Le plus dure, c'était au moment de rentrer dans l'eau : il faisait tellement froid dehors et nous étions en maillot de bain alors nous avions hâte de rentrer dans l'eau. Mais l'eau était tellement chaude que nous ne pouvions y rentrer que petit à petit. Un grand moment de rigolade! Après, nous nous étions organisés pour apporter nos boissons avec nous, alors c'était très agréable car la boisson restait fraiche (nos cheveux touchés par l'eau, aussi).
Le quotidien, c'est aussi une invasion de la pub. J'ai beaucoup de mal à retenir les noms et prénoms, mon cerveau a besoin de temps pour intégrer les chiffres en anglais (je fais partie des personnes qui sont visuelles : je dois voir le mot pour l'intégrer, entendre ne suffit pas). Heureusement, les pubs se sont adaptées aux étrangers : certaines vont jusqu'à répéter 5 fois de suite le numéro de téléphone à appeler : si vous avez le malheur de vraiment écouter, vous avez l'impression qu'on vous prend pour un imbécile. Cette adaptation, on peut la retrouver dans la communication, y compris avec un parfait étranger, le nom de famille est simplement occulté. Chez le Dr : « bon alors Coleen, qu'est-ce que je peux faire pour toi ! » (le vous n'existe pas en anglais ; les anglais de Londres compenserons pas une formule de politesse, ici rien d'aussi compliqué). Avec la secrétaire du collège : « comment je peux t'aider, ma puce ? » (j'ai utilisé ma puce car cela me semble le plus près de la traduction de sweety or Honey, mais surtout n'utiliser pas la traduction littérale de ma puce : my flee, ici, car c'est seulement vu comme un animal dégoutant).


Nous commençons a anticiper notre retour, c'est à dire a prendre contact avec les écoles. J'ai repéré quelques écoles que je voudrais appeler justement ce matin car c'est une journée de neige donc pas d'école ici. Cela me laisse du temps le matin pour les joindre avant leur fermeture. Première école appelée : je réalise que le décalage horaire existe aussi pour les vacances. En effet, la zone de Lyon vient de commencer les vacances d'hiver. Je tombe donc sur un répondeur. Bon, il me faudra me lever un peu plus tôt un jour de semaine (plus tôt que 6:00 du matin tout de même), si je veux les joindre lorsqu'ils sont ouverts.
L'école c'est une chose, mais il nous faudra aussi trouver un logement. Nous souhaitons nous installer à proximité de la future école de Flore, ce qui nous laisse quelques incertitudes sur notre logement. Notre maison est louée et nous ne pouvons la récupérer avant la fin des trois ans de bail. De toute façon, nous ne sommes pas surs de vouloir y retourner. Mais cela n'aide pas a l'anticipation. J'ai l'impression d'avoir fait le tour de Hagerstown et d'avoir envie de rentrer. Peut-être est-ce a cause de l'hiver qui se prolonge, ou du travail de prof qui est loin de me combler. En tout cas 2 ans nous aurons suffit ici. Bien sur, il y a les amis qu'il nous faudra quitter et comme de bien entendu les amis d'aujourd'hui sont des amis qui comptent. Il y aura bien Skype et la possibilité de se rendre visite de temps en temps, mais combien de temps cela durera-t-il ? C'est la vie de troubadour qui veut cela, soit on s'isole sur soi-même, soit on s'ouvre aux autres au risque de devoir les quitter. C'est quand même l'option que nous avons choisit. Deux petits ans... et puis s'en vont ! Le pire, c'est qu'en France, le retour de Kris s'annonce compliqué du fait de la situation économique, et qu'une nouvelle option pourrait s'ouvrir en Australie, ce qui est loin de me laisser indifférente. Mais mon métier me manque et j'ai peur de laisser échapper des opportunités professionnelles si je reste absente trop longtemps. Et pourtant, j'ai déjà rebondi plus d'une fois, alors je sais que je peux le faire encore.