Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 27 septembre 2013

Semaines 20 à 25 : le plongeon français dans les grandes fêtes américaines (première partie)


Le plongeon français dans les grandes fêtes américaines : Halloween, Thanksgiving, Christmas.

Ce matin, je ne me suis pas levée de bonne heure, mais je n'ai pas manqué de me demander si la manière de vivre des hommes pouvait produire des mutations dans les générations futures ? Est-ce que certains aspects de l'organisation de la vie quotidienne pouvaient avoir des incidences à long terme sur l'adaptation des hommes au monde qui les entoure (à moins que ce ne soit l'inverse : … avoir des incidences sur l'adaptation du monde qui les entoure aux hommes !).
Il y a trois points que j'ai envie d’interroger ici à ce sujet, points qui ne sont pas propres aux États-Unis, mais qui sont particulièrement influent ici.
- La climatisation à fond tout le temps : est-ce que cela peut développer une peau résistante au froid, mais intolérante au chaud ? Ou bien, une peau qui ne transpire plus ? Est-ce que la régulation thermique du corps ne peut plus se faire naturellement ? Est-ce que l'homme peut devenir un animal à sang froid, obligé de dépendre des machines pour la régulation de sa température interne ?
Inversement l'hiver, les maisons sont rarement chauffées à moins de 72°F soit 22,2222222...° C ; lorsque le chauffagiste est devenu faire l'entretien de notre chauffage-climatiseur, il m'a indiqué que nous étions en dessous de la moyenne lorsque nous chauffions à 69°F (en journée).
- Le rapport à l'argent : le commerce est central, tout se rapporte à l'échange monétaire. La suprématie du commerce nous rend dépendant aux objets. La matérialité domine par rapport aux arts, à la culture, à l'esprit, à l'affectivité... Est-ce que l'homme peut survivre d'amour et d'eau fraîche ? Est-ce que l'on est, ce que l'on possède ? « avoir ou ne pas avoir, telle est-elle la question » 
- Le rapport à la nourriture : est-ce que l'homme peut s'affranchir des saisons et du rythme biologique de la nature pour se nourrir ? La disponibilité immédiate et sans restriction de tous les produits crée une désynchronisation des produits par rapport aux saisons ; la terre ne nous en voudra sans doute pas trop de l'obliger à se caler à notre rythme !
Est-ce que l'élasticité du corps humain peut supporter une déformation à l'infini ? Est-ce que le sel et le sucre sont devenus les deux mamelles de la terre ? 
Est-ce que c'est le changement de saison, ou le départ de nos guests, ou l'invitation de passer les fêtes de fin d'année à l'étranger qui aura sur moi un effet de profonde méditation. Bien sur, je n'ai pas la réponse à ces questions, mais en est-il besoin ?

Nous sommes rentrés dans l'automne et les couleurs de la nature sont teintées d'or, d'ocre et de sang ! Un pays qui a autant d'arbres ne peut qu'être revêtu de sa plus belle cape à l'automne annoncé. Il y a aussi toutes ses pumkins qui embellissent les paliers des maisons. L'automne qui reste encore bien ensoleillé (à part bien sur au moment du passage de Sandy) nous offrira sa meilleure version. Le massif des Appalaches de par sa taille moyenne est parfaitement couvert d'arbres et de végétation. Nos randonnées sur the Appalachian trail (AT) sont un vrai bonheur visuel.
 










 







Mais l'automne aux États-Unis, c'est aussi un peu notre mois de mai à nous : c'est rempli de jours fériés ... Trois fêtes vont se succéder aux États-Unis entre l'automne et le début de l'hiver : Halloween (31 octobre), Thanksgiving (4ème jeudi de novembre), Noël (25 décembre : avec tous les changements rencontrés, je préfère rappeler la date !).

Halloween : Beaucoup ici parlent d'une fête que les enfants apprécient autant que Noël, c'est dire combien cela compte ! Notre voisin a transformé pour l'occasion, sa maison en maison de l'horreur : c'est très réussi ! Plus modestement, car je pense au retour et au déménagement, nous avons acheté quelques décorations typiques de cette période. C'est assez drôle de vivre avec une sorcière, d'être accueilli par des squelettes à notre porte, ou des « jack o lanterne » (= citrouilles creusées et éclairées par une bougie) dans notre jardin. Nous nous amusons à voir les maisons se transformer pour devenir des incarnations du mal, du monstrueux. Je prends plaisir à cette fête qui m’apparaît comme un très bon remède pour conjurer l'angoisse. Dans notre visite du Georgetown le WE précédent le 31 octobre, nous allons voir des maisons complètement enveloppées des habits de l'horreur, la maison de la famille Adams n'a rien à leur envier. Nous nous amuserons à chercher le décors le plus réussi car il faut bien dire que c'est un grand plaisir des yeux, et si nous ne serons jamais dupes, ce n'est pas la vraie maison d'une sorcière, ni de Frankenstein... même si certaines personnalités célèbres auront pu en hanter quelques unes il n'y a pas si longtemps !!! Le 31 (alors que la tempête Sandy vient juste de relâcher son étreinte), les enfants déguisés se regroupent pour aller faire la tourner du voisinage et menacer de coups de bâtons si on ne leur donne pas des bonbons (trick ou treat). La menace n'aura pas besoin d'être évoquée bien longtemps, les enfants sont en effet attendus par les propriétaires des maisons avec de grands sacs de bonbons. Certains les attendent même assis sur une chaise pliable, sortie pour l'occasion dans le jardin. Mais où est passé trick ? Trick et treat sont sur un bateau, trick tombe à l'eau, qu'est-ce qui reste ?
(1) Halloween est la contraction de son titre original « All Hallow Evening », et est une fête de dévotion pour les morts et les saints.. Elle se fête le 31 octobre. Les activités typiques d'Halloween comprennent : « trick or treat » (un sort ou un bonbon), des soirées costumées, des citrouilles creusées (elles sont alors appelées jack-o'-lanterns), des feux de joie, des visites d'attractions hantées, des farces, des histoires qui font peur et des films d'horreur.
la maison de Dracula


la maison de la momie

la maison de Georges

la maison hantée

Thanksgiving : j'ai été très amusée d'entendre mes amis expat se demander mutuellement si on fêtait aussi thanksgiving dans leur pays d'origine. Thanksgiving me semblait être assez typiquement une fête Américaine car elle est parfaitement liée à leur histoire. Elle est suivie par le black Friday (vendredi noir) qui est un jour de soldes immenses, c'est sans doute aussi historique... De toute façon, ici, j'ai l'impression que les soldes sont toute l'année, surtout en cas de jours fériés. En tout cas, tout le monde en parle et beaucoup s’apprêtent à passer leur vendredi (parfois depuis minuit) dans les magasins. Je n'ai jamais eu l'impression de passer une bonne journée à faire du shopping, mais alors encore moins à faire la queue pour attendre son tour, se faire bousculer ou devoir jouer des coudes !
Nous passerons Thanksgiving avec la famille de Cristal. Il n'y a rien de plus savoureux que de participer à une fête locale avec les locaux. Chacun apporte quelque chose, alors nous apportons du vin. Mais ici les bières sont plus prisées, il est vrai que rien ne vaut une bonne bière devant un bon match de football Américain. Je n'aime ni la bière, ni le football Américain, mais je ne suis heureusement pas la seule, et il me reste des convives avec qui discuter et partager le bon vin. Chacun se sert, il n'y a pas de table dressée et nous nous asseyons où nous voulons. Les convives vont et viennent et il nous est difficile de savoir qui est qui, mais inversement tout le monde nous a bien repérés. Nous passerons un très bon moment et le festin n'aura pas d'égal à ce jour aux États-Unis...
Thanksgiving est célébré le 4ème jeudi de novembre aux États-Unis. C'est un jour qui se fête traditionnellement avec la famille ou les amis autour d'un repas spécial. Celui-ci comprend très souvent la dinde fourrée, les pommes de terre, de la sauce de cranberry , la tarte à la citrouille et des légumes. Thanksgiving est un moment pour remercier de ce que chacun possède dans la vie. Elle est souvent associée au partage d'un festin pour remercier de la récolte de l'été. Personnellement, je pensais que c'était aussi en lien avec les premiers pelgrims qui en arrivant au nouveau monde auraient eu du mal à survivre sans l'aide des Indiens, mieux acclimatés aux produits locaux. J'associais alors thanksgiving avec un temps partage et de remerciement pour les Autochtones de leur geste de générosité. Beaucoup d'Américains me confirmeront cette version.

Christmas. Bien sur, Noël n'est pas qu'une fête américaine, mais les Américains ont le sens de la fête. Leurs maisons se transforment alors en musées d'art déco : très chargées! Notre quartier, dès la première semaine de décembre s'illumine dedans et dehors... cela nous rappelle notre 8 décembre lyonnais (fêtes des illuminations(*).
Mais pour nous, qui n'aurons pas été là pour Noël, le plus marquant aura sans doute été Santa et les pompiers, ou entre panique et soulagement. Ce soir-là, Kris n'est toujours pas rentré, il est déjà 19h, mais nous sommes habitées à ses retours tardifs (en cela, il n'a pas pris le rythme Américain : tôt le matin et tôt le soir). Une sirène des pompiers extrêmement bruyante retentit au loin. Nous sommes, là encore habituées à l'entendre régulièrement. Mais, ce qui est plus inhabituel, c'est son prolongement et son rapprochement. Je commence à me dire qu'il y a dû y avoir un accident sur la route proche. Mais cette intensité qui ne cesse d'augmenter m'inquiète : cela devait être un vrai carnage... Tous les pompiers d'Hagerstown ont dû être mobilisés. Kris qui n'est toujours pas là... Je tente de l'appeler sur son portable. Pas de réponse. C'est vrai que cela ne passe pas toujours, il peut aussi être occupé. Mais il est bientôt 19 h 20. Peut-être qu'il n'a pas pu passer à cause de l'accident, mais au fond de moi je commence à redouter qu'il n'est été pris dans l'accident lui-même. Je ne veux pas y croire, il est tellement prudent au volant. Et cette sirène qui ne cesse de résonner. Le téléphone répond dans le vide. Où peut-il être ? Qu'est-ce qui se passe ? Dehors, on peut distinguer des lumières de gyrophares pas loin, on n'est pourtant pas tout proche de la route principale. Je ne peux croire qu'il s'agisse de quelque chose dans notre rue, elle est tellement calme d'habitude, et en impasse, les voitures roulent plutôt lentement. Pourvu qu'il ne soit rien arrivé à un piéton. Toujours pas de nouvelles de Kris. Je tente de ne pas montrer mon inquiétude à Flore qui demande ce qui se passe tant le volume des sirènes est fort maintenant. On scrute la fenêtre, peut-être que c'est cette voiture ? non elle tourne avant... Quand soudain, c'est le camion des pompiers lui-même que l'on voit débarquer dans notre impasse. Il roule lentement. Ce n'est pas normal, les lumières du camion éclairent comme dans une fête foraine. J'ajuste mes lunettes de myopie. C'est vraiment Santa que je vois sur le camion ? Mais qu'est-ce qu'ils font ? En laissant le camion s'approcher, nous découvrirons un camion de pompiers festif, avec des personnes qui distribuent des bonbons, et Santa qui ne cesse de saluer. Quelques minutes plus tard, Kris arrive. Il n'a pas pu passer à cause des pompiers. Joli cadeau de Noël...
Il n'y a pas besoin de présenter Christmas qui est une fête assez partagée, même si souvent elle a perdu de son sens originel. Par contre, ce qui sera intéressant pour nous, c'est de prendre part aux festivités et d'observer comment chaque culture développe son propre Noël : Suédois, Brésilien, Américain, français.
(*)Le 8 décembre à Lyon : chaque maison orne ses fenêtres de lampions. L'origine s'est un peu perdue et est un peu confuse, certains l'attribuent à une dette vis-à-vis de la vierge Marie qui aurait sauvé Lyon d'une épidémie de peste, mais les dates ne correspondent pas. Alors peut être, est-ce un écho avec la fête juive Hanouka qui symbolise la fête des lumières du temple de Jérusalem. La codification de la loi juive sur cette fête impose que l'allumage soit effectué près de la fenêtre afin de diffuser le miracle de cette fête à l'extérieur. Quoi qu'il en soit, la tradition veut que chaque famille lyonnaise conserve désormais un assortiment de verres du 8 décembre, épais et parfois colorés. On appelle ces verres garnis d'une bougie, des « lumignons » et ils sont posés sur le rebord des fenêtres. Depuis quelques années, la ville de Lyon organise de grandes festivités à cette occasion et en profite pour parer la ville de mille lumières. 
 
Les cadeaux au boss : il y a une journée pour fêter son patron aux États-Unis. Pour un Français plus habitué aux contestations qu'aux acclamations, récompenser son boss est sans doute vu comme une bien étrange coutume... Kris à cette occasion recevra de son équipe un ballon Thank you, et des fleurs. Je ne suis pas sure que tou(te)s les bosses ont été récompensé(e)s, pour autant. Pour Noël, son équipe d'Hagerstown lui a offert un assortiment de différents produits sur le thème du café et une de ses collègues de l'autre site des États-Unis lui a remis un paquet cadeau pour sa fille. Elle vient d'Afrique du Sud et il paraît que là-bas pour Noël les employés offrent des cadeaux pour les enfants de leur patron. Nouveaux pays, nouvelles pratiques... à moins que Kris ne soit un boss un peu spécial. Une prière pour mon boss...
Presque simultanément, nous avons eu l'impression d'une avalanche de cadeaux et de cartes : par les nouveaux amis expats, dans la classe où je suis volontaire, par le chauffeur de bus... Nous avons nous aussi donné des cadeaux pour chaque professeur (trois principaux et 5 complémentaires), le chauffeur de bus... Mais ensuite, je m'en suis voulu de ne pas rendre de cadeaux à ceux qui nous en avaient donné ou d'oublier du monde comme la factrice, les pompiers, la directrice de l'école... les cadeaux pour Noël c'est comme pour la monnaie des tips, il faut toujours en avoir sur soi!
Par contre, les cadeaux de France, ceux à base de nourritures car nos amis ont de la peine pour nous en cette période de fêtes, ne nous arriverons pas. La poste indiquera à chaque fois que l'envoie de nourriture aux États-Unis est strictement interdite. Adieux veau, vache, cochon... ou plutôt foie gras, truffes, gibier, gâteau maison...

vendredi 20 septembre 2013

Semaines 15, 16, 17, 18, 19 : premiers guests de France, les retrouvailles au goût sucré-salé

Premiers guests de France, les retrouvailles au goût sucré-salé

Nous allons pendant 5 semaines recevoir nos premiers invités de France. D'abord, Mammy pour les deux premières semaines. Puis, Éva et Amber des amies à Flore pour 10 jours. Elles vont pouvoir aller à l'école de Flore pendant leur séjour. Quoi de plus intégratif ? Et pour de charmantes jeunes françaises comme elles, succès garantit... C'est aussi l'époque des élections présidentielles ici, alors l'école sera fermée deux jours ce qui nous permettra d'avoir un long WE, à défaut de vacances. Et enfin, Sév et Seb, les grands cousins de Flore, qui sont plus proches en âge de nous que de leur cousine. On va retourner à NYC et sans doute naviguer dans les environs. Les trois séjours ne vont pas se chevaucher mais parfaitement se succéder. Première opération retrouvailles réussit : faire coïncider les dates.

Et cela tombe bien, car enfin Hagerstown m'est devenue plus familière. J'arrive enfin à naviguer sans même avoir recours à la grincheuse (surtout ne lui dites pas, je risque des représailles!). Pour nos invités pour qui tout est nouveau, cela leur donnera l'impression qu'on a toujours su faire. Quelle ironie de l'histoire, quelques semaines plus tôt, j'étais encore complètement perdue.
Avec les invités, on en profite nous aussi pour découvrir les choses nouvelles. Un nouveau musée, une nouvelle activité, un nouveau lieu... Bien sûr Washington et NYC vont finir par manquer de nouveautés pour nous, mais on en profitera pour retrouver les choses qui nous auront le plus intéressés.

De toute façon, comme mes mines d'or ont encore fructifié, je vais pouvoir envisager de nouvelles destinations ou activités. Au départ, j'en avais deux, maintenant elles sont au moins 6. Quand on accepte de se faire aider, lorsque l'on accepte de partager ses connaissances, c'est fou comme le monde est rempli de mines d'or. Pour qu'une mine d'or soit accessible, il faut pour autant pouvoir demander de l'aide sans craindre de disparaître (avoir besoin de l'autre ne nous rend pas moins utile!). L'autre n'est pas là pour nous rappeler que l'on a besoin de lui, mais il est là pour nous révéler à nous-même ! Je participe régulièrement à un groupe de randonnée, nous sommes tout près d'une partie des montagnes les Appalaches (Montagnes qui s'étendent de terre neuve au Canada au nord, jusqu'au centre de l'État de l'Alabama au sud). Il y un sentier de randonnée qui parcourt l'ensemble des Montagnes du Nord au Sud. Attention français : ce n'est pas la randonnée de France, le dénivelé n'est que de quelques dizaines de mètres, tout au plus une centaine, et la ballade dure 1h30). L'intérêt de la randonnée, c'est que l'on peut discuter. Il y a quelques expats, mais aussi des Américains, et les échanges de bons procédés sont courants. L'une va nous donner l'adresse d'un musée tout à fait intéressant sur Washington que nous n'aurions jamais eu idée de visiter sans cette information. Une autre, me transmettra tous les sites internet qu'elle utilise pour les activités dans la région. Je découvrirai à cette occasion qu'il existe de nombreuses choses à faire, et des bons plans. Une autre encore nous transmettra un site de réservation d'hôtel moins cher, pour NYC cela compte. J'ai aussi une amie Américaine qui parle parfaitement le français. Nous nous engagerons ensemble à mettre en relation une association française d'échanges linguistiques avec les écoles de l’État. Je tenterais à mon tour de servir de mine d'or à d'autres, mais dans un premier temps c'est un peu à sens unique. Les mines d'or, c'est un peu comme le principe du SEL : ce n'est pas toujours celle qui donne, qui reçoit de la même personne, mais au bout de la chaîne, tout le monde donne et reçois (SEL : système d'échanges locaux).

Récompense au sommet!!!




AT (appalaches Trail) = 2000 miles












Randonnée dans les Appalaches
Me voilà bien occupée, d'autant que je viens de mettre en service auprès de mes anciens étudiants qui sont tous récemment diplômés, une proposition d'aide pour leur recherche d'emploi, ou pour un soutien dans leurs premiers pas de psychologue, tout cela bien sur par internet. Cela me permet de maintenir actif mes intérêts pour mon métier. Je suis aussi impliquée dans l'organisation d'un dossier dans un journal professionnel. Outre la rédaction d'un article personnel, je coordonne les informations entre les collègues et le journal pour que notre dossier puisse aboutir. Plus directement, je suis volontaire (cela se pratique beaucoup ici) dans une classe qui accueille des enfants autistes. J'aime à retrouver ce sentiment d'aboutir dans des démarches dont je suis fière. Je réalise que cela peut tout à fait être en dehors d'un contexte financier, puisque toutes ces démarches sont bénévoles, mais m'enrichissent de contacts, de sentiment d'utilité, de réalisations personnelles.

Sur internet j'ai trouvé des sites pour répondre à des enquêtes d'opinion. Comme je vis aux États- Unis, j'ai été basculée sur les sites américains. Il est intéressant de pratiquer cet anglais très terre à terre et de voir comment et sur quoi les opinions se fondent. Il est bien sur beaucoup questions de consommation et d'habitudes de vie. Invariablement notre race nous est demandée, ainsi que notre revenu. La question avec laquelle je ne suis pas parfaitement à l'aise est celle qui concerne mes occupations professionnelles : la situation de desesperate housewife m'est assez difficile à révéler. Je travaille donc à temps partiel en free-lance.

L'expatriation nous confronte à de nouvelles expériences dont nous n'aurions pas pensées possibles avant le départ. Regarder la TV dans une démarche d'apprentissage. Nous sommes habituellement peu consommateurs de TV, plutôt pour s'endormir ou pour décompresser. Les règles sont strictes sur l'utilisation : seulement à certains moments (le soir pour les adultes, le WE pour notre fille), jamais plus d'un certain temps. Mais ici la TV est notre professeur d'anglais, d'ailleurs plutôt exigeant car même si on n'a pas compris, il ne répète jamais deux fois, et il ne fait aucun effort sur la vitesse d'élocution. Le visuel est aidant, mais pour le téléfilm « les experts » cela ne suffit pas toujours. C'est pourquoi, certaines émissions sont préférées à d'autres : Sponge BOB pour Flore et des films très visuels pour les adultes. Ce qui est étonnant, c'est que nous n'avons plus l'impression de perdre notre temps, même en regardant les pubs, qui je vous le rappelle, sont nombreuses...
Nous sommes allés aussi au cinéma tous ensemble voir Hotel transilvania, un dessin animé sur des monstres, apparemment inconnu en France. C'était réconfortant : nous avons tous compris le film. J'ai plus de réserve sur les films d'auteur!
De mon côté, pour la première fois, j'ai participé aux activités des parents d'élèves. Je me limite aux activités qui m'intéressent tout de même, car encore une fois il s'agit plus de lever des fonds que de lever le niveau d'apprentissage. Alors, j'ai proposé mon aide pour aider les enfants dans leur commande de livres. Il ne s'agissait malheureusement pas vraiment de les aider à faire un choix, mais plutôt de les aider à écrire parfois un nombre incroyable de livres que les parents sans doute auront besoin de sélectionner. Je n'ai pas trouvé cela très positif dans le sens où l'on donne à l'enfant l'envie sans lui donner les moyens de faire des choix éclairés (je suis venue le jour des maternels et des CP, c'est dire comme le sens de l'économie leur était étrangère).

Je réalise qu'il y a des situations que nous auront du mal à retrouver du fait de la barrière de la langue. Rire aux éclats d'une bonne blague, participer à une conversation philosophique ou sur un thème de fond comme par exemple les rythmes scolaires... J'ai essayé un jour d'expliquer le sens de l'utilisation des contes de fées pour les enfants, dans leur composante les plus profondes, c'est-à-dire avec des thèmes parfois crus et des fins qui ne sont pas toujours Happy. Ce n'était vraiment pas évident. Déjà en français, l'exercice est ardu, mais alors en anglais...
C'est peut-être pour cela car ses situations me manquent, que je suis très motivée pour travailler mon anglais. Ma professeur me fait travailler le vocabulaire et j'apprends entre 30 et 40 mots nouveaux toutes les semaines, mots associés à un contexte linguistique. Certains mots sont les mêmes qu'en français, encore faut-il savoir qu'ils existent en anglais, et la prononciation peut être trompeuse parfois (annul pour annuler, amusez-vous à rechercher la prononciation en anglais). J'ai aussi découvert une méthode de langue rapide et sans travail fastidieux de la grammaire et du vocabulaire. Alors, j'ai décidé de commencer à apprendre le portugais brésilien, cours que j'ai offert à Kris car il aime connaître quelques mots dans la langue du pays avec lequel il travaille. J'ai essayé aussi la première leçon de suédois gratuite sur internet. J'avoue que c'est plutôt concluant, même si cela mérite de voir les résultats sur du long terme. Je vais faire mes premiers pas, ou plutôt premiers mots avec mes nouveaux amis Brésiliens et Suédois pour voir le résultat.

Nos invités de France vont bientôt arrivés et je laisse momentanément l'apprentissage des langues étrangères de côté.
Entre l'organisation bien rodée que l'on a préalablement pensé pour accueillir nos premiers guests, et la réalité, il y a parfois un gouffre. Le premier gouffre se présentera sous forme de bouche d'égout qui a fait trébucher Mamy dans sa promenade deux jours avant de repartir. Pour éviter de tomber sur le visage, c'est le coude droit qui a amorti le choc, mais lui n'a pas tenu. Urgences Américaines, attente souffrante du retour en France, opération en France. Je réalise que dans ces moments d'intense émotion, d'urgence de la situation, je regrette de ne pouvoir le gérer en France.
Pour nos deuxièmes guests, les amies de Flore, le gouffre sera celui de l'ouragan Sandy (octobre 2012) transformé en arrivant dans les terres à une tempête tropicales de forte intensité. L'avion est bien sur annulé (= annuled), le prochain vol possible seulement le vendredi suivant. Elles ne seront pas là pour Halloween ! Le retour prévu Mercredi de la semaine suivante, rendrait leur voyage vraiment trop court, même pour un homme d'affaires, le temps de récupérer du décalage horaire, 5 jours dont un à moitié plein, c'est un peu court. Alors, on décide de prolonger jusqu'au dimanche. Mais cela se superpose avec le séjour des cousins de Flore. Il y a assez de place pour tout le monde ici, mais nous avions prévu d'aller à NYC avec eux pour le WE. Nous ne serons pas arrivés à trouver un vol retour de NYC pour les filles, alors, je resterai avec elles et Flore à Hagerstown, tandis que Kris ira à NYC. Mais est-ce que NYC sera praticable d'ici là ? En effet, Sandy n'aura pas seulement annulé un vol d'avion, elle aura aussi laissé la ville Américaine la plus connue au monde, sans vie et avec beaucoup de dégâts dans ses sous-sols, dont le métro, artère de vie à NYC. Apparemment les dieux indiens tiennent leur revanche ! Nous payons le prix fort notre intégration dans le nouveau monde...

vendredi 13 septembre 2013

Semaines 12, 13, 14 : le temps des questions fondamentales (deuxième partie)


Comme j'ai plus de temps pour observer ce qui se passe autour de moi, j'ai l'impression qu'en ce moment c'est l'époque des vols migratoires des oies sauvages. Elles sont bruyantes, et font connaître leur départ... mais au moins elles, elles respectent les saisons ! On a l'impression d'un moment de grande festivité, comme si elles avaient besoin de se ressourcer avant le grand départ. Vont-elles survivre à l'expérience qui présente de nombreux dangers ? Vont-elles s’acclimater ? Vont-elles revenir enrichie ? Je leur poserai la question l'année prochaine. Entre-temps, il me faudra passer l'hiver...

Nous sommes finalement allés voir le médecin pour l'examen de routine pour l'école. Première complication, interpréter les vaccins pour s'assurer que ce sont bien les mêmes que ceux demandés par l’État du Maryland. Nous avons le BCG en plus et l'hépatite B en moins. Il faudra donc le faire faire. Il me demande quand même d'aller vérifier auprès du département de santé publique. Deuxième complication au lieu-dit, trouver une infirmière qui puisse répondre à la question. On me demande d'utiliser le téléphone interne pour avoir l'information. J'explique que ce n'est pas des plus faciles d'expliquer et de bien comprendre les termes aussi techniques, par téléphone. Quelqu'un va enfin venir et photocopier le carnet de santé pour me donner les infos par mail. Entre-temps, nous allons faire faire la prise de sang (obligatoire) pour s'assurer que Flore n'a pas de maladies contagieuses.
Le lendemain, j'ai un petit message du département de santé pour me dire qu'ils ont les résultats et qu'il faut que je les appelle. Encore le téléphone... Je tente de les appeler par trois fois, je tombe sur la messagerie. Alors, je me déplace de nouveau. Je suis enfin reçu par une infirmière qui a noté 3 ou 4 choses à faire : je lui fais remarquer que pour la varicelle, elle a déjà eu la maladie, qu'un des vaccins qu'elle m'indique, elle l'a eu aussi. Il reste l'hépatite B et un autre vaccin qu'elle aurait eu 10 jours trop tôt selon les standards du Maryland (à un an moins 10j ; or il aurait fallu attendre la première année intégrale; je pense que pour celui-là on va s'abstenir) et un autre fortement recommandé contre le tétanos, la diphtérie (mais quand je regarde attentivement, elle a eu un rappel en 2009). J'avoue que je suis perplexe sur ce besoin de tout couvrir, à moins qu'ils soient particulièrement suspicieux de ce qui vient de l'étranger. En définitive, nous retiendrons le vaccin contre l'hépatite B. Cela me fais aussi réaliser que l'infirmière du département de santé n'est pas prête pour un séjour d’expatriation où il lui faudrait comprendre les standards du pays d'accueil. Maintenant, trouver le vaccin. Trois pharmacies plus tard, pas de vaccins Hépatite B pour enfants de trouvé. Il faut dire que les pharmacies vendent de tout mais pas de vaccins !!! Dans la première je suis repartie avec une sorcière pour Halloween et dans la deuxième des gants. Je n'aurais au moins pas perdu mon temps ! Bon reste qu'il lui faut le vaccin. Finalement, l'infirmière du médecin que je suis retournée voir, appelle plusieurs endroits et en trouve un qui l'a : le supermarché local où les vaccinations contre les épidémies d'hiver ont commencé. Je m'y rends. En fait, ils ne peuvent pas me le donner il faut venir avec l'enfant et il sera fait sur place, dans le hall d'entrée du magasin sans aucune privacy. Mais heureusement, il sera fait par une infirmière d'un groupe privé mais qui ne prendra pas en compte notre assurance. Pour la deuxième et troisième injection, nous irons dans une clinique pédiatrique qui devrait être mieux organisée. J'avoue que je ne suis pas encore prête pour changer de système de soin !
Chez le médecin, et aussi au laboratoire, notre assurance de santé couvre intégralement les frais. Cela me fait drôle de ne rien payer, même pas d'avance de frais. Cela est encore plus déresponsabilisant qu'en France! Je n'ai absolument aucune idée du coût de chaque consultation. Par contre, le médecin emploie une infirmière et une secrétaire, manifestement à temps plein. Je comprends pourquoi, on a l'impression que les soins sont très chers aux États-Unis, si chaque médecin à sa secrétaire et son infirmière personnelle... Je réaliserais plus tard que le système de santé est tellement complexe qu'il faut bien une secrétaire pour gérer les liens avec les multiples assurances. Pour l'infirmière, ici ce n'est qu'un petit cabinet. Depuis, je suis allée dans d'autres services plus importants, et là le nombre d’assistantes ou infirmière est parfois impressionnant. Le médecin n'est plus là que pour superviser et pratiquer des soins réservés aux médecins. Cela permet d'augmenter de débit...

Pour ne pas m'occuper que des questions ennuyeuses, et pour me permettre de m'ouvrir à ce que la vie locale peut m'apporter, j'ai décidé de semer quelques graines et de voir si la récolte est bonne. En effet, il n'y a pas d'effet magique, le seul fait de venir de France ne suffit pas, il faut aller ouvrir les portes. Alors, je propose mon aide à la prof d'art, à la classe d'enfants Autistes, aux parents d'élèves pour s'occuper de la vente de livres à l'école, j'organise l'intégration des deux copines de Flore à l'école pendant leur séjour ici, j'ai pris contact avec une psychologue Chilienne qui travaille à Washington DC, dont une collègue de France m'avait donné les coordonnées. Il faut être patient, cela demande beaucoup d'humilité car au fond on se passe très bien de toi. J'ai aussi travaillé sur une aide aux nouveaux professionnels psychologues en France dans leurs démarches de recherche d'emploi et dans l'installation de leurs nouvelles pratiques. Il faut d'abord régler les questions informatiques, car l'aide à distance passe par des canaux que beaucoup de psychologues maîtrisent mal, à commencer par moi-même. Sauf que moi, j'ai mon technicien privé, super doué en informatique mais ce qui n'est malheureusement pas magicien et il y a souvent des problèmes insolubles en l'état actuel de la science informatique : proposer un agenda partagé, sur lequel les personnes désireuses d'un RDV peuvent s'inscrire sans modifier le RDV d'un autre, tout en maintenant la confidentialité des contacts ? J'ai peur de devoir me contenter de la bonne vieille méthode qui consiste à demander un RDV par écrit, avec éventuellement consultation des disponibilités sur un agenda.
La récolte en définitive sera intéressante pour moi mais aura nécessité patience et détermination. En effet, mon mail "voila" (auquel je suis très attaché car c'est le tout premier que j'ai eu : il y a des attachements affectifs qui sont surprenants !) apparemment est détecté comme un spam ici. Ce qui fait que j'envoyais des mails, et ne recevais aucune réponse, ce qui est extrêmement frustrant, et entretient un climat de doute profond. Déjà qu'en temps normal, les mails ne fonctionnent pas toujours de façon optimum, mais si en plus vous êtes détecté comme indésirables... A force d'insistance (ce qui en même temps me donnait la désagréable impression d'être de ceux qui sont soit désespérés pour obtenir quelque chose, soit extrêmement pénibles à toujours réclamer), de déplacements (rien ne vaut un bon contact visuel!), j'ai obtenu quelques résultats. Je vais pouvoir venir travailler auprès des enfants Autistes; dans l'école, l'idée aussi de recevoir un groupe d'élèves français fait son chemin; j'ai reçu des infos de la collègue Chilienne; la prof d'art me propose de venir l'aider... Cela me donne plus de motivation pour engager d'autres démarches. Je vais finir par être trop occupée...

Surtout qu'avant de partir de France, j'avais prévu d'emporter un travail de titan. Tout ce que j'ai voulu faire professionnellement, sans en avoir le temps, c'est ce que j'appelle le travail en jachère. Les situations d'enfants qui sont restées énigmatiques, les dossiers techniques que j'ai survolés, l'interprétation des dessins, de tests professionnels, la coordination d'un dossier d'articles pour une revue professionnelle... Mais, maintenant que je suis là, je réalise que cela permet tellement de s'agripper à une identité, de tenir droit une estime quelque peu ébranlée, de faire face à un sentiment de vacuité. Après la phase de Skype parties et mail avec les Français, la phase prise de contact avec les Autochtones, la phase de sentiment d'inutilité, voici la phase d'installation dans un projet personnel avec le travail sur le fond des outils dans mon métier, conjointement à la mise en place d'activités dans ma nouvelle communauté.
En passant à la bibliothèque, j'ai choisi un livre audio. Comme il y avait un choix important et que je ne savais pas quel critère choisir, j'ai prix un titre évocateur : Expat. En dehors de la situation d'espionnage sous-jacente, la situation d'expatriation est plutôt bien exploitée. Tous ces étapes sont bien retranscrites.

Il y a une autre composante de la situation d'expatriation dans un pays qui utilise une autre langue : c'est le passage d'une langue à l'autre. Je suis en train d'apprendre l'anglais écrit pour les téléphones, cad (c'est à dire) en abrégé. Par exemple : C u soon ! R u sure about it ?... Que du bonheur. Mais il y a aussi toutes les abréviations, qui sont nombreuses an Américain ! Bud pour Buddy ; hon pour Honey ; fest pour festival : Hey Bud, R U gonna go to the fest ? (et mon pote, tu vas aller au festival ?).
En passant d'une langue à l'autre, depuis maintenant quelque temps, je suis sans cesse obligé de changer la langue de mon correcteur d'orthographe. En effet, j'ai de plus en plus souvent l'occasion d'avoir à écrire en anglais : répondre aux mails de nos nouveaux amis (voire l'anglais en abrégé) ; répondre à la prof d'anglais langue étrangère qui nous demande pourquoi nous refusons l'aide proposée à notre fille dans le cadre de l'école : comment lui expliquer que notre fille se plaint de sa présence qui la met à part et qui ne semble pas lui apporter véritablement d'aide ; cela a été confirmé par les enseignants qui ne comprennent pas non plus cette aide : Carla a de bons résultats, elle demande quand elle n'a pas compris, ce n'est pas une heure d'aide par semaine qui va changer quelque chose à sa compréhension de sa semaine de classe ! ; mettre en lien l'association française de programmes d'échanges linguistiques et les écoles ; écrire à Cristal pour se revoir... J'ai autant besoin du correcteur en Français qu'en anglais, c'est pourquoi, je ne cesse de le changer. Mais si jamais j'oublie, alors tout mon texte est souligné de rouge et j'ai le sentiment d'être vraiment une catastrophe en orthographe ou en spelling. D'autre part, je ne comprends pas pourquoi, il n'y a pas de correcteur qui corrige mieux les fautes de grammaire, ce serait bien utile pour moi qui invariablement mets un é à la place d'un er ou inversement. En anglais, l'orthographe des mots appelé ici spelling, est souvent approximative chez moi. Le correcteur m'aide dans ce sens, par contre, il ne me corrige pas mes confusions entre des mots aux sonorités proches thing and think, qui ont chacun un sens bien différent. Mon oreille n'est pas non prête à intégrer la distinction entre des mots proches : forteen and forty, Tuesday and Thursday. Je dois être dyslexique en Anglais... Cela peut me jouer des tours dans la prise de rendez-vous. En voulant changer de groupe de gym pour Flore car celui du lundi est composé d'enfants plus jeunes, la personne au secrétariat nous indiquera un autre jour et un autre horaire. Le jeudi nous venons un peu plus tôt, mais quelle n'est pas notre surprise de ne voir arriver que des enfants encore plus jeunes et en tutu. Ce n'était ni le bon jour. Nous aurons quand même attendu 10 minutes avant que je décide de poser la question au secrétariat (je pensais qu'il y avait une autre pièce pour les cours de danse). Personne ne nous a rien dit, ni ne nous a posé de questions. Il est vrai que pour avoir chaud, rien de plus normal que de rentrer dans une pièce chauffée, survoltée par les cris des enfants et d'attendre que le temps passe...

Nous venons de recevoir un courrier du WCPS (Washington County public school, un peu l'équivalent de l'académie). Notre fille est éligible pour un STEM program (Science, Technologie, Enginering and Maths). Elle a passé un test sur l'ordinateur en septembre, et sa réussite la situe au-dessus de la moyenne des autres enfants de sa classe de référence, de l'ensemble du County. Il y a des choses qui m'échappent : comment notre fille qui a tant peiné en Mathématiques en France se retrouve éligible pour un programme pour talented kids, justement en Maths ? De plus, malgré le fait que cela soit en Maths, il est tout de même question de comprendre ce qui est demandé et pour quelqu'un qui aurait besoin d'aide en Anglais langue étrangère, selon le professeur d' ESL (English as a Second Language), il y a comme une contradiction. Je réalise que les aides et programmes proposés par l'école sont bien sur à considérer et prendre en compte, mais ne peuvent remplacer l'expérience directe auprès de l'enfant. Ils ne peuvent remplacer non plus l'avis de l'enfant, à la condition qu'il ait déjà eu l'occasion de le donner de manière éclairée et respectée. Nous allons aller à la porte ouverte de l'école qui propose le programme, et selon l'avis de notre fille poursuivre la démarche jusqu'au bout. Mais le programme est compétitif, ce qui est une autre contradiction avec le fonctionnement de Flore. Alors quoiqu'il arrive au final, nous aurons été très fiers d'elle ce qui évidemment retentira sur son propre sentiment de fierté.

vendredi 6 septembre 2013

Semaines 12, 13, 14 : le temps des questions fondamentales (première partie)


Semaine 12, 13, 14 : le temps des questions fondamentales

L'une des premières questions fondamentales à laquelle nous avons été confrontés, a été la suivante : comment perdre du temps en 5 étapes, proposé par la situation d'expatriation confrontée à l'administration Américaine (je crois que cela peut parfaitement se transposer dans toutes les administrations du monde).
  • Acheter une voiture d'occasion à un expat qui repart juste après en France.
  • Chercher une assurance : renoncer à l'économie, si vous venez d'arriver vous êtes considéré comme jeune conducteur !!! alors que vous aviez pris la précaution d'acheter une voiture assez ancienne pour que cela soit moins cher. Ce process peut prendre quelques semaines pour un peu que votre conjoint soit en déplacement, que vous cherchez à faire jouer la concurrence, que vous tentiez de récupérer quelques documents français de votre ancienne assurance, traduits si possible en anglais, pour démontrer votre backround.
  • Le site internet du MVA (Motor Vehicul Administration : peut-être un équivalent de notre préfecture? En tout cas, il y a une ressemblance : premier arrivé, premier servi !) vous informe de la nécessité de faire un contrôle technique avant le changement de plaque d'immatriculation (les changements de propriétaire de voiture s'accompagnent d'un changement de plaque). Chez nous, c'est au vendeur de le faire avant la vente ce qui évite les ventes de voitures en trop mauvais état !
  • Vous rendre quand même au MVA pour le changement de plaques d'immatriculation avant le contrôle technique car vous avez besoin de la voiture et le RDV ne peut se faire avant la fin de semaine. C'est en effet quand même possible de manière temporaire. Vous prenez la précaution de vous munir de tous les documents, que vous remplissez préalablement avec le deuxième conducteur, c'est-à-dire votre conjoint. Mais c'est sans compter sur la rigidité des documents administratifs : un document différent pour chaque démarche (si l'immatriculation se fait avant le contrôle technique, les documents sont complètement différents!!!). Vous aviez oublié de vous munir d'un document essentiel : votre conjoint pour la signature de ! Votre deuxième voiture restera au garage quelques jours de plus...
  • Prendre le RDV pour le contrôle technique et revenir plus tard au MVA. Le contrôle technique va révéler des anomalies à régler. Votre RDV au MVA sera de nouveau reculé.
Je vous réfère aux 12 travaux d'Astérix. Comment cela va finir ? Ils deviennent fous, non ?
Entre la mauvaise surprise du prix de l'assurance, le contrôle technique que l'on avait oublié, la rigidité de l'administration sur les documents, la compréhension parfois hésitante d'une langue qui n'est pas la vôtre... acheter une voiture est un luxe d'argent et de temps.
Heureusement qu'il n'y a pas que l'immatriculation de la voiture. Avec le temps libéré par le travail, j'ai voulu tenter de comprendre cette nouvelle culture à partir de quelques éléments d'observation.

- ouverture 7j/7, en continu et très souvent 24h sur 24 des magasins et de certains services (le coiffeur, le magasin de bricolage, l'esthéticien, le magasin d'alimentation, la pharmacie…) : tout, tout de suite et maintenant ou l'empire de la toute-puissance ! Le temps n'est plus scandé par une rythmicité apaisante, par un temps de pose, un plaisir des retrouvailles. Tout doit être possible à tout moment. C'est le temps maternel, celui de l'illusion que tout est possible à tout moment, sans avoir besoin de différer le désir, au contraire du temps paternel, celui de la temporalité qui a pour conséquence la suspension des désirs en y mettant de l'ordre (aux deux sens du mot ordre : soumettre l'autre à l'impératif de la loi, de la règle et sérier, hiérarchiser, arranger). Cette temporalité introduit des ruptures, la succession des événements permettant l'inscription de la durée dans des limites. Elle rompt avec le temps imaginaire, avec la toute-puissance des désirs. Je me demande tout de même qui peut bien faire ses courses entre 2h et 4h du matin...

- la loi de la simplification : en un minimum d'effort, on doit pouvoir arriver à un résultat optimum : le grille-pain qui malgré son petit prix, a prévu une grille qui s'enlève pour sortir les miettes. On se déchausse à l'entrée des maisons, plus pour ne pas salir la maison que pour des raisons culturelles, me semble-t-il. De plus, les maisons ont souvent de la moquette, alors avec nos chaussures pleines de boue... Les préparations culinaires toutes prêtes, pour les gâteaux, pour le repas : bien commode lorsque l'on est une fine cuisinière comme moi... Une seule clef pour toutes les portes de la maison, quel gain d'énergie à chercher la bonne clef! De même, avec la conduite de voitures automatiques, nous sommes un certain nombre à ne pas chercher à rouler sportivement, alors la vitesse automatique est intéressante. Mais peut-être que cela est trop simple et baisse la vigilance des conducteurs. En tout cas pour moi, passer les vitesses est de l'histoire ancienne, sauf pour le tracteur tondeuse. Il n'y a plus que sur ma pelouse que la vigilance de mon pied gauche reste active...
A l'école, de la même manière, pour les matières principales, ils vont à l'essentiel : savoir lire, écrire (oubliez les fautes d'orthographe), compter, découvrir les sciences au sens large (de l'histoire géographie, en passant par les sciences de la vie et de la terre, de la physique, de la géologie, de l'économie). Ils écrivent tout au crayon à papier y compris les tests (on nous a fait acheter 48 crayons à papier, et autant de gommes), ce qui autorise les erreurs et la rectification sans faire de gros pâtés, ni perdre un temps fou pour les enfants trop méticuleux. Par contre, leur écriture en CM2 ressemble parfois à celle d'un débutant. Ils écrivent aussi en script, c'est-à-dire en lettres bâton. Vu la vitesse à laquelle Flore s'est faite au nouveau système (et moi aussi contrairement à d'autres déconditionnements), je me suis demandée quelle pouvait être la valeur de l'écriture cursive, qui s'apprend souvent de manière laborieuse. Je mets de côté la méthode pédagogique qui consiste à déchirer une page mal écrite, et j'essaye de me concentrer sur le sens de l'écriture cursive, autrement appelée écriture en attachée. Cela ne peut s'expliquer par le simple fait de la rapidité d’exécution ou de la qualité de la graphie, vu le temps perdu à tenter de déchiffrer l'écriture des médecins... D'autre part, aujourd'hui, si c'était la seule raison, il serait plus judicieux d'apprendre à écrire vite… sur un clavier d'ordinateur. Donc, il doit y avoir une autre raison. J'ai sollicité une ancienne collègue enseignante à la retraite, et une autre collègue psychomotricienne pour m'aider à comprendre. Si ici ils ont abandonné le système cursif, pourquoi nous le conservons en France ? Il y a plusieurs raisons que j'ai trouvées intéressantes et que je voudrais livrer à votre réflexion.
  • il y a moins de confusion dans les lettres lorsqu'elles s'écrivent en attaché : le b et le p se ressemblent beaucoup plus en script qu'en cursif. Cela soulève une autre question, pourquoi on n'apprend pas tout de suite à écrire en script ?
  • l'écriture cursive à une fonction de contenance : elle délimite en effet les mots entre eux qui sont alors séparés par un espace vide. Cela permet donc une délimitation dedans-dehors et une articulation entre les deux. Cette première délimitation permet une différenciation des mots entre eux. Les mots ont un sens à part entière.
  • et une fonction d'étayage : la lettre associée au reste des lettres qui composent le mot, perd sa singularité (le « o » peut se prononcer tout autrement s'il est attaché au « i »...) au profit d'une identité groupale, d'une enveloppe groupale. Elle fait partie d'un tout et à ce titre elle bénéficie de la protection du groupe, de son étayage.
Pour que cela prenne sens pour l'enfant, il suffit de leur expliquer que les lettres vont se tenir la main pour faire une ronde fermée. Il comprendra très bien que l'on est soit dedans le rond soit en dehors. Il comprendra aussi tout naturellement que quand on est dedans, on bénéficie de l'étayage des autres de la ronde. Le mot prendra plus de force que la lettre et il sera plus facile d'aborder par la suite la notion de phrases, de paragraphes... Cela me rappelle que souvent j'utilise les deux systèmes y compris dans un même mot (propose : le premier p est en script et le deuxième en cursif). Je n'ai pas pu décider mon cœur à choisir. Mais depuis que j'écris ici, je n'ai plus de choix à faire.
Mais j'ai encore quelques propositions pour le principe de simplification :  le lave-vaisselle qui se range tout seul, un café digne de ce nom qui se prépare tout seul au moment de notre réveil, une langue vivante qui s'imprime automatiquement dans votre esprit quand vous changez de pays...

- la culture de la rapidité : le temps, c'est de l'argent, au détriment parfois de la fiabilité. Aux caisses des supermarchés, les articles sont souvent comptés deux fois sur la facture finale ; le technicien pour internet qui fait son installation en 15 minutes, mais qui aura oublié de nous donner le code pour accéder aux mails... Il y a aussi une constante, c'est que tout est organisé pour nous faire gagner du temps : fast food (beaucoup plus nombreux que chez nous!); nourriture préemballée, découpée, aromatisée ; beaucoup de choses se font sans sortir de sa voiture (prendre de l'argent à la banque par exemple). Ce gain de temps se joue aussi à la maison : le lave linge tourne en moins de 50 minutes, mais le résultat est parfois à la hauteur du temps passé... Time is money, mais c'est sans compter en perte d'énergie et de temps pour arriver à un résultat convenable.

- la culture du risque : pour la santé, pour l'assurance, pour le travail... Demain est un concept, aujourd'hui est une réalité... Cela est aussi en lien avec la responsabilité individuelle : je veux décider pour ma vie d'aujourd'hui, même si cela suppose des risques pour l'avenir. En même temps, je constate auprès de mes amis Américains, qu'il existe une peur bien marquée : la peur des autres, ceux qui conduisent sous l'emprise de l'alcool, en utilisant leur téléphone portable, ceux qui font du mal aux enfants... Il y a deux dangers qui concrétisent toutes les peurs : le danger de la route et pour les enfants.

- l'immensité du territoire : pour un américain, l'étranger est représenté par les autres États. Ce qui peut peut-être expliquer leur tendance à être centrés sur eux-même ! Ma voisine souvent me demande des questions amusantes : "est-ce que l'on a des mots vulgaires en français ?" "Non, le français est seulement une langue noble." "Quand on sort de France, on ne comprend vraiment plus les autres dans les autres pays ?" En fait, on continue à parler français mais c'est aussitôt changé dans la langue souhaitée" (ici apprendre le Français consiste à savoir dire : bonjour, comment allez-vous?) ; sa fille de 15 ans, a été un peu déçue en faisant connaissance avec nous. Elle s'imaginait les Français tous très riches (avec tous les produits de haute couture que tous les Français sont obligés de porter tout le temps, autrement ils n'ont rien d'autre) et extrêmement distingués, très modes... Avec nous, elle a dû se rendre à l'évidence : les Français vivent comme elle !
Ce territoire immense oblige à revisiter la notion de distance. Je comprends mieux pourquoi Star Wars a été crée ici. En effet, l'évaluation des distances a plus de sens en années-lumière, qu'en heures terrestres.

- la domination du commerce : ce qui explique qu'il y a des curieux mélanges des genres dans les magasins. Dans une pharmacie, vous aurez plus de chances de trouver des produits pour Halloween que des vaccins pour enfants (c'est moins rentable car il faut les acheter par 10 et qu'ils ne sont pas surs de les vendre!). Dans les supermarchés, il y a au contraire un rayon avec de nombreux médicaments, et une infirmière qui pratique les vaccinations. Un même article peut se retrouver disséminé dans tout le magasin ce qui fait que vous ne pouvez pas ne pas tomber dessus. Mais quand vous cherchez un produit précis, il n'est pas toujours là où votre bon sens vous conduit. Il y a un petit air de cache cache dans les magasins ou au contraire de « tu m'as vu »... Il y aurait sans doute aussi beaucoup à dire sur l'empire du commerce, mais je ne veut pas m'engager dans un débat philosophique dès maintenant. Je ne maîtrise pas encore bien toutes les implications.

- le vis-à-vis: être sans cesse sous le regard de l'autre oblige à une certaine vigilance. En France nous avons plusieurs couches de protection visuelle : une haie, des rideaux, des volets... « cachez ce sein que je ne serais voir ! ». Et pourtant, nous ne sommes pas si prudes ! Une fois chez soi, nous nous sentons parfaitement isolés, au point que nos fenêtres peuvent être grandes pour laisser passer la lumière sans le voyeurisme. Ici, point de tout cela, ni haie, ni rideau, ni volets. Il n'est pas rare de pouvoir voir l'intérieur des maisons le soir quand la lumière est allumée. J'ai l'impression de faire comme mon père lorsqu'il regardait par la fenêtre pour savoir ce que les autres autour de lui mijotaient. Sauf, que vers chez lui, il y avait assez peu de mouvement. Ici, c'est plus animé : « tiens le voisin vient de casser sa tondeuse », « cette voiture, je ne la connais pas, pourquoi les gens ont-ils besoin de venir tourner dans une impasse ? »...
Par contre, paradoxalement, je n'ai jamais autant vu de « no trepassing » : on se donne à voir, mais de loin... La propriété privée, c'est sacré.
De même, ils sont beaucoup plus prudes que nous sur les questions relatives à la nudité ! J'ai eu plusieurs fois l'occasion de voir la réaction d'un Américain confronté à « un nu » non exhibitionniste : c'est surprenant ! Une de mes amies à San Diego (il y a 19 ans) regardait avec moi le film : « la leçon de piano » sorti en 1993, film que j'ai personnellement beaucoup aimé. A un moment, l'amant va apparaître nu, sortant de sa douche. Rien de particulièrement déplacé. Mon amie va alors se cacher les yeux et me dire que c'est dégoûtant. De même, plus récemment, pour son anniversaire, Flore va recevoir en cadeau un livre pour apprendre à dessiner, offert par un copain de classe (en fait, c'est sa mère qui l'a acheté). Premières pages qu'elle ouvre, elle tombe sur... un nu. Gloussements, rires gênés... La mère du copain, qui est aussi une amie, est très gênée. Elle n'était pas arrivée jusque-là du livre et se sent bien mal à l'aise. Je tente d'expliquer que le nu est aussi une œuvre d'art, même si à l'âge de Flore, ce n'est pas vraiment vu ainsi. Le nu est ici un sujet tabou car relié à l'atteinte aux mœurs. Et pourtant, dans le livre de dessin, ce n'est pas un nu vulgaire, ni aguicheur. De même, dans les films, le nu est prescrit. A la morgue dans les téléfilms, le niveau du sexe est brouillé : on ne joue pas avec le nu ! Et puis encore, le maillot de bain des hommes ne doit pas trop moulant pour ne pas laisser paraître le sexe. Et pourtant ceux des femmes peuvent être vraiment sexy ! De même, j'ai eu l'occasion d'aller dans des boîtes de nuit classiques il y a 20 ans en arrière, et certaines danseuses étaient parfois bien dénudées... Encore un paradoxe bien Américain!

- le culte de la famille : dans les maisons, les photos et portrait de famille s’affichent de façon ostentatoire, les photos de leurs enfants occupent toute la place de la décoration, les personnes qui nous reçoivent à l'école ont un badge sur lequel il y a la photo de leur(s) enfant(s), les photos des enfants des profs s'illustrent sur les portes des classes... Les enfants occupent une place importante et la famille constitue un socle de référence. Et pourtant, le nombre de familles séparées ou recomposées aux USA est très important.
    Statistiques de 2009 : (*)                                 USA         France
  • Taux de mariages (pour 1000 habitants)        7,1           3,9
  • Taux de divorces (pour 1000 habitants)         3,6            2,1
Le lien entre le culte de la famille et la proportion de divorce est assez hasardeux. Par contre, la place de l'enfant est au cœur des préoccupations, car tous les enfants ne font malheureusement pas l’objet d’un traitement équivalent (il n'est pas rare d'entendre parler d’abus sur les enfants). De même, il y a ce que l’on montre, ce qui se voit, et ce que l’on ne montre pas, ce qui ne voit pas ! C'est la face cachée de la vérité. J'ai quand même l'impression qu'il y a pas mal de faux-semblants !
(*) J'ai trouvé sur internet un comparatif entre nos deux pays qui remonte déjà à 2004 mais qui est troublant en termes d'indicateurs sociétales : http://www.linternaute.com/actualite/elections-americaines/amerique-et-nous/chiffres-cles.shtml
Il était trop tôt dans notre séjour pour ouvrir la réflexion à partir de ces éléments. Sans doute que j'attendrais un peu d'avoir mieux cerné la culture Américaine pour me permettre un commentaire, sinon c'est le risque du jugement de valeur trop rapide...

Taux de mariages (pour 1000 habitants)


7,5


5,1
Taux de divorces (pour 1000 habitants)
3,8
2
Taux d'obésité
30,5 %
11,3 %
Nombre annuel d'heures travaillées par personne disposant d'un emploi
1821
1532
Part des 25-64 ans ayant suivi des études supérieures (en %)
36,5
23
Taux de criminalité (meurtres commis pour 100 000 habitants)
5,6
1,7
Population pénitentiaire (détenus pour 100 000 habitants)
702
85
Nombre de médecins pour 1000 habitants
2,8
3,1
Taux d'équipement en téléphones mobiles
54 %
68, 9 %
Utilisateurs d'Internet
54,26 %
36,2 %
Durée quotidienne d'écoute de la télévision
4h25
3h22
Lecture des quotidiens (en nombre d'exemplaires pour 1000 lecteurs)
269
164

En parlant de famille, l'expatriation crée une situation de déséquilibre dans le couple. En général, celui qui travaille, travaille plus et celui qui accompagne ne travaille plus du tout. Le niveau de stress ne se situe pas au même niveau : le stress du travail et le stress de savoir ce qu'on l'on va faire d'intéressant dans sa journée. Il y a celui qui est parti pour un projet personnel et celui qui part sans projet prédéfini et qui doit penser à ce qu'il va faire tout en gérant une période de vide à combler. Les activités sportives : il y a celui qui garde une forme olympienne car il a du temps pour entretenir sa forme et celui qui se traîne ; l'apprentissage de la langue ne se situe plus au même niveau non plus : celui qui travaille apprend un anglais d'usage, celui qui ne travaille pas apprend un anglais distingué, celui des livres et des Université, ce qui peut créer des difficultés à se comprendre entre nous lorsque l'on se parle dans la langue d'accueil.
C'est à mon sens l'une des composantes à prendre en considération de manière importante dans le choix de partir. Si ce déséquilibre s'installe sur une situation déjà peu stable dans le couple, il y a fort à parier que l'expérience tourne au vinegar.