Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 20 septembre 2013

Semaines 15, 16, 17, 18, 19 : premiers guests de France, les retrouvailles au goût sucré-salé

Premiers guests de France, les retrouvailles au goût sucré-salé

Nous allons pendant 5 semaines recevoir nos premiers invités de France. D'abord, Mammy pour les deux premières semaines. Puis, Éva et Amber des amies à Flore pour 10 jours. Elles vont pouvoir aller à l'école de Flore pendant leur séjour. Quoi de plus intégratif ? Et pour de charmantes jeunes françaises comme elles, succès garantit... C'est aussi l'époque des élections présidentielles ici, alors l'école sera fermée deux jours ce qui nous permettra d'avoir un long WE, à défaut de vacances. Et enfin, Sév et Seb, les grands cousins de Flore, qui sont plus proches en âge de nous que de leur cousine. On va retourner à NYC et sans doute naviguer dans les environs. Les trois séjours ne vont pas se chevaucher mais parfaitement se succéder. Première opération retrouvailles réussit : faire coïncider les dates.

Et cela tombe bien, car enfin Hagerstown m'est devenue plus familière. J'arrive enfin à naviguer sans même avoir recours à la grincheuse (surtout ne lui dites pas, je risque des représailles!). Pour nos invités pour qui tout est nouveau, cela leur donnera l'impression qu'on a toujours su faire. Quelle ironie de l'histoire, quelques semaines plus tôt, j'étais encore complètement perdue.
Avec les invités, on en profite nous aussi pour découvrir les choses nouvelles. Un nouveau musée, une nouvelle activité, un nouveau lieu... Bien sûr Washington et NYC vont finir par manquer de nouveautés pour nous, mais on en profitera pour retrouver les choses qui nous auront le plus intéressés.

De toute façon, comme mes mines d'or ont encore fructifié, je vais pouvoir envisager de nouvelles destinations ou activités. Au départ, j'en avais deux, maintenant elles sont au moins 6. Quand on accepte de se faire aider, lorsque l'on accepte de partager ses connaissances, c'est fou comme le monde est rempli de mines d'or. Pour qu'une mine d'or soit accessible, il faut pour autant pouvoir demander de l'aide sans craindre de disparaître (avoir besoin de l'autre ne nous rend pas moins utile!). L'autre n'est pas là pour nous rappeler que l'on a besoin de lui, mais il est là pour nous révéler à nous-même ! Je participe régulièrement à un groupe de randonnée, nous sommes tout près d'une partie des montagnes les Appalaches (Montagnes qui s'étendent de terre neuve au Canada au nord, jusqu'au centre de l'État de l'Alabama au sud). Il y un sentier de randonnée qui parcourt l'ensemble des Montagnes du Nord au Sud. Attention français : ce n'est pas la randonnée de France, le dénivelé n'est que de quelques dizaines de mètres, tout au plus une centaine, et la ballade dure 1h30). L'intérêt de la randonnée, c'est que l'on peut discuter. Il y a quelques expats, mais aussi des Américains, et les échanges de bons procédés sont courants. L'une va nous donner l'adresse d'un musée tout à fait intéressant sur Washington que nous n'aurions jamais eu idée de visiter sans cette information. Une autre, me transmettra tous les sites internet qu'elle utilise pour les activités dans la région. Je découvrirai à cette occasion qu'il existe de nombreuses choses à faire, et des bons plans. Une autre encore nous transmettra un site de réservation d'hôtel moins cher, pour NYC cela compte. J'ai aussi une amie Américaine qui parle parfaitement le français. Nous nous engagerons ensemble à mettre en relation une association française d'échanges linguistiques avec les écoles de l’État. Je tenterais à mon tour de servir de mine d'or à d'autres, mais dans un premier temps c'est un peu à sens unique. Les mines d'or, c'est un peu comme le principe du SEL : ce n'est pas toujours celle qui donne, qui reçoit de la même personne, mais au bout de la chaîne, tout le monde donne et reçois (SEL : système d'échanges locaux).

Récompense au sommet!!!




AT (appalaches Trail) = 2000 miles












Randonnée dans les Appalaches
Me voilà bien occupée, d'autant que je viens de mettre en service auprès de mes anciens étudiants qui sont tous récemment diplômés, une proposition d'aide pour leur recherche d'emploi, ou pour un soutien dans leurs premiers pas de psychologue, tout cela bien sur par internet. Cela me permet de maintenir actif mes intérêts pour mon métier. Je suis aussi impliquée dans l'organisation d'un dossier dans un journal professionnel. Outre la rédaction d'un article personnel, je coordonne les informations entre les collègues et le journal pour que notre dossier puisse aboutir. Plus directement, je suis volontaire (cela se pratique beaucoup ici) dans une classe qui accueille des enfants autistes. J'aime à retrouver ce sentiment d'aboutir dans des démarches dont je suis fière. Je réalise que cela peut tout à fait être en dehors d'un contexte financier, puisque toutes ces démarches sont bénévoles, mais m'enrichissent de contacts, de sentiment d'utilité, de réalisations personnelles.

Sur internet j'ai trouvé des sites pour répondre à des enquêtes d'opinion. Comme je vis aux États- Unis, j'ai été basculée sur les sites américains. Il est intéressant de pratiquer cet anglais très terre à terre et de voir comment et sur quoi les opinions se fondent. Il est bien sur beaucoup questions de consommation et d'habitudes de vie. Invariablement notre race nous est demandée, ainsi que notre revenu. La question avec laquelle je ne suis pas parfaitement à l'aise est celle qui concerne mes occupations professionnelles : la situation de desesperate housewife m'est assez difficile à révéler. Je travaille donc à temps partiel en free-lance.

L'expatriation nous confronte à de nouvelles expériences dont nous n'aurions pas pensées possibles avant le départ. Regarder la TV dans une démarche d'apprentissage. Nous sommes habituellement peu consommateurs de TV, plutôt pour s'endormir ou pour décompresser. Les règles sont strictes sur l'utilisation : seulement à certains moments (le soir pour les adultes, le WE pour notre fille), jamais plus d'un certain temps. Mais ici la TV est notre professeur d'anglais, d'ailleurs plutôt exigeant car même si on n'a pas compris, il ne répète jamais deux fois, et il ne fait aucun effort sur la vitesse d'élocution. Le visuel est aidant, mais pour le téléfilm « les experts » cela ne suffit pas toujours. C'est pourquoi, certaines émissions sont préférées à d'autres : Sponge BOB pour Flore et des films très visuels pour les adultes. Ce qui est étonnant, c'est que nous n'avons plus l'impression de perdre notre temps, même en regardant les pubs, qui je vous le rappelle, sont nombreuses...
Nous sommes allés aussi au cinéma tous ensemble voir Hotel transilvania, un dessin animé sur des monstres, apparemment inconnu en France. C'était réconfortant : nous avons tous compris le film. J'ai plus de réserve sur les films d'auteur!
De mon côté, pour la première fois, j'ai participé aux activités des parents d'élèves. Je me limite aux activités qui m'intéressent tout de même, car encore une fois il s'agit plus de lever des fonds que de lever le niveau d'apprentissage. Alors, j'ai proposé mon aide pour aider les enfants dans leur commande de livres. Il ne s'agissait malheureusement pas vraiment de les aider à faire un choix, mais plutôt de les aider à écrire parfois un nombre incroyable de livres que les parents sans doute auront besoin de sélectionner. Je n'ai pas trouvé cela très positif dans le sens où l'on donne à l'enfant l'envie sans lui donner les moyens de faire des choix éclairés (je suis venue le jour des maternels et des CP, c'est dire comme le sens de l'économie leur était étrangère).

Je réalise qu'il y a des situations que nous auront du mal à retrouver du fait de la barrière de la langue. Rire aux éclats d'une bonne blague, participer à une conversation philosophique ou sur un thème de fond comme par exemple les rythmes scolaires... J'ai essayé un jour d'expliquer le sens de l'utilisation des contes de fées pour les enfants, dans leur composante les plus profondes, c'est-à-dire avec des thèmes parfois crus et des fins qui ne sont pas toujours Happy. Ce n'était vraiment pas évident. Déjà en français, l'exercice est ardu, mais alors en anglais...
C'est peut-être pour cela car ses situations me manquent, que je suis très motivée pour travailler mon anglais. Ma professeur me fait travailler le vocabulaire et j'apprends entre 30 et 40 mots nouveaux toutes les semaines, mots associés à un contexte linguistique. Certains mots sont les mêmes qu'en français, encore faut-il savoir qu'ils existent en anglais, et la prononciation peut être trompeuse parfois (annul pour annuler, amusez-vous à rechercher la prononciation en anglais). J'ai aussi découvert une méthode de langue rapide et sans travail fastidieux de la grammaire et du vocabulaire. Alors, j'ai décidé de commencer à apprendre le portugais brésilien, cours que j'ai offert à Kris car il aime connaître quelques mots dans la langue du pays avec lequel il travaille. J'ai essayé aussi la première leçon de suédois gratuite sur internet. J'avoue que c'est plutôt concluant, même si cela mérite de voir les résultats sur du long terme. Je vais faire mes premiers pas, ou plutôt premiers mots avec mes nouveaux amis Brésiliens et Suédois pour voir le résultat.

Nos invités de France vont bientôt arrivés et je laisse momentanément l'apprentissage des langues étrangères de côté.
Entre l'organisation bien rodée que l'on a préalablement pensé pour accueillir nos premiers guests, et la réalité, il y a parfois un gouffre. Le premier gouffre se présentera sous forme de bouche d'égout qui a fait trébucher Mamy dans sa promenade deux jours avant de repartir. Pour éviter de tomber sur le visage, c'est le coude droit qui a amorti le choc, mais lui n'a pas tenu. Urgences Américaines, attente souffrante du retour en France, opération en France. Je réalise que dans ces moments d'intense émotion, d'urgence de la situation, je regrette de ne pouvoir le gérer en France.
Pour nos deuxièmes guests, les amies de Flore, le gouffre sera celui de l'ouragan Sandy (octobre 2012) transformé en arrivant dans les terres à une tempête tropicales de forte intensité. L'avion est bien sur annulé (= annuled), le prochain vol possible seulement le vendredi suivant. Elles ne seront pas là pour Halloween ! Le retour prévu Mercredi de la semaine suivante, rendrait leur voyage vraiment trop court, même pour un homme d'affaires, le temps de récupérer du décalage horaire, 5 jours dont un à moitié plein, c'est un peu court. Alors, on décide de prolonger jusqu'au dimanche. Mais cela se superpose avec le séjour des cousins de Flore. Il y a assez de place pour tout le monde ici, mais nous avions prévu d'aller à NYC avec eux pour le WE. Nous ne serons pas arrivés à trouver un vol retour de NYC pour les filles, alors, je resterai avec elles et Flore à Hagerstown, tandis que Kris ira à NYC. Mais est-ce que NYC sera praticable d'ici là ? En effet, Sandy n'aura pas seulement annulé un vol d'avion, elle aura aussi laissé la ville Américaine la plus connue au monde, sans vie et avec beaucoup de dégâts dans ses sous-sols, dont le métro, artère de vie à NYC. Apparemment les dieux indiens tiennent leur revanche ! Nous payons le prix fort notre intégration dans le nouveau monde...

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