Ces
dernières semaines vont être marquées par un va et vient entre les
USA et la France. Je réalise à ce moment combien la France peut
être économe en informations. Aux USA, j'ai parfois l'impression
d'être surinformée, d'être envahie par une communication sans fin,
d'avoir les renseignements avant que je les cherche. De la France,
j'attends parfois les nouvelle avec impatience (la date de l'examen
d'entrée dans la nouvelle école de Flore, alors que les écoles de
France viennent d'entamer leur première journée de vacances,
heureusement pas les secrétariats)
En
appelant les écoles susceptibles d'être retenue pour Flore, je me
vois appelée par mon nom de famille avec le qualificatif « Madame ».
Mais où est passée Coleen ? Et ma puce ?
J'ai du
retourner au collège où j'avais enseigné car je voulais conserver
mes cours (après tout ce travail!) et je n'arrivais plus à les
retrouver sur la clefs USB où je pensais qu'ils profitaient d'un
repos bien mérité. Les quelques personnes que j'ai pu voir ce jour
là m'ont chaudement remerciée de mon travail, j'ai même eu droit à
un hug (= accolade) du principal. J'ai encore du mal à
évaluer la sincérité de ces messages, car je sais que les
américains sont généreux en superlatifs et acclamations. Pourtant,
j'ai eu envie de les prendre pour ce qu'ils étaient à mon sens :
la reconnaissance de ma ténacité malgré l'adversité, de mon
professionnalisme (après tout je n'avais eu à déplorer aucune
perte d'élèves!!!), ma détermination à ne pas subvenir à la
tentation de tout lâcher (ils auraient eu plus à perdre que moi!).
Je réutiliserai mes cours auprès de ma fille et des neveux et amis
intéressés par l'apprentissage de l'espagnol, avec l'agréable
surprise de les entendre m'en redemander.
Comme
Kris restera seul ici, nous n'avons plus besoin de deux voitures.
Nous allons donc vendre celle qui nous appartient. Et là, nous
retrouvons les joies du MVA (Motor
Vehicul Administration)
et de la bureaucratie. Jamais le bon document, jamais rempli comme il
faut, jamais au bon moment : never,
never, never (jamais, jamais,
jamais). Par contre, cette fois nous partageons ce plaisir avec notre
acheteur. Que c'est bon de partager ! Il puis, il faut que je
récupère mon ancien permis de conduire français. Mais lorsque je
me rends au MVA, je découvre qu'il a été détruit, je ne reverrais
donc jamais celui que j'avais eu avec ma photo de 18 ans ! Ils
peuvent quand même me donner une photocopie. J'espère que cela va
marcher en France, car celui de Maryland expire en 2015.
Pour ma
dernière semaine, je propose une soirée entre expat au bowling : il
y a de nombreux nouveaux arrivés, de nouveaux venus, et je les envie presque,
alors que je suis prête au départ. J'ai eu la même impression
lorsque j'ai vu le poste de prof que j'occupais publié sur le site
du County : cela m'avait donné un sentiment étrange d'être
déjà remplacée, un sentiment très étrange de presque avoir
envie de restée (alors que vraiment cela ne me convenait pas)
Je suis prête à partir, à retrouver mon ancienne vie mais il y a encore
tant de choses qui s'invitent dans ma vie. Lors d'un cours sur
l'optimisation de l'apprentissage, j'ai découvert un site sur
l'apprentissage efficace d'une langue vivante. Je suis toujours
intéressée pour apprendre à communiquer avec de nouvelles
personnes, ouvrir de nouveaux horizons, alors pourquoi pas le
chinois, le brésilien, ou encore approfondir mon espagnol. Je
découvre aussi un site pour acheter des livres numériques à des
prix très intéressants. C'est grâce à une amie américaine qui
peut lire jusqu'à 4 livres dans la semaine. Face aux livres, il y a
ceux qui les dévorent et il y a ceux qui sont les lecteurs de la
25ème heure du 367ème jour. Moi je suis un peu entre les deux, mais
je voudrais bien poursuivre des lectures en anglais mais je ne suis
pas sure que les sites en question fonctionnent en France.
La
dernière semaine avant le départ a un drôle de goût. Il nous faut
préparer les valises qui partiront avec nous. Les placards se
vident, les valises se remplissent, mais ce ne sera pas pour les
vacances. Nous devons emporter avec nous tous nos affaires pour 3
saisons, vu que l'on ne sait toujours pas quand Kris rentrera, ce qui
devrait s'accompagner du déménagement de l'ensemble de nos
affaires. La dernière limite de son visa étant décembre 2014, nous
aurons peut-être à tenir 3 saisons sans rapatriement de nos
vêtements. L'entreprise à aussi réaliser que le fret aérien en
décalé à un coût supplémentaire et ils nous demandent d'emporter
avec nous ce que nous aurons besoin y compris avec un supplément de
frais, pour ne pas utiliser le fret. Nous nous retrouvons avec 4
grosses valises ou sacs, deux sacs que nous garderons avec nous dans
l'avion, plus un sac à main. Le retour promet d'être chargé !
Pour le déménagement qui aura lieu plus tard, des compagnies de
déménagement doivent passer pour faire l'inventaire et l'estimation
de notre déménagement. Nous commençons à nous projeter dans un
futur encore bien incertain. Et encore, je n'ai pas à vivre les
visites de ceux qui veulent louer la maison après votre départ et
qui d'une certaine manière viennent vous signifier que votre temps
est passé, que nous ne sommes plus désirés ici, qu'il vous faut
passer à autre chose. J'ai vraiment besoin de faire autre chose pour
ne pas ressentir le vide qui commence à s'installer en moi.
La
première séparation a eu lieu en avril. C'était au YMCA. Nous
venions d'annuler notre member ship (=
carte de membre), et c'était le dernier jour où nous
pouvions en profiter. Nous avons quitter les lieux sans regret, mais
avec une pointe d’amertume peut-être, surtout parce que cela
venait inaugurer le long processus de deuil qu'il nous fallait
entamer. Cette dernière semaine, nous allons dire au revoir à mon
amie du Connecticut venue nous rendre visite pour le Week end (elle
viendra nous voir en France, nous n'avons aucun doute), la Human
Society,
nous y avons nos habitudes et ce ne sera pas pareil en France, nos
voisins, il est prévu que nous revenions pour Halloween alors c'est
n'est pas encore un adieu, la ferme équestre qui va beaucoup manqué
à Flore, même si elle sait qu'elle à un centre pour l’accueillir en
France, et puis le voile est tombé ce mercredi 30 Juillet, les faux
semblant se sont dérobés pour laisser la place aux sentiments
véritables. J'avais eu l'impression de ne faire que conceptualiser
la notion de mixte feelings
(sentiments mitigés) quant à notre départ. Mais ce jour là, trop
de monde à dire au revoir, des hugs
un peu trop serrés, des moments d'hésitations pour se séparer…
et voilà, nous sommes pris par le trop plein d'émotions. J'avais
pourtant pris la précaution de remplir nos dernières semaines de
moments forts : des parcs d'attraction, du cheval pour Flore et
de la rando pour moi, de l'accrobranche et du zipline
(= tyrolienne ), voir des amis… Mais l'agitation de dernière
minute n'a pas empêché le voile de tomber. D'abord après un petit
Lunch avec des amies; et puis, ce fût le tour de Flore après sa
dernière séance d'équitation. Malgré les promesses de rester en
contact, la tristesse n'a pas pu être contenue. Nous venions de
toucher les limites de nos réserves d'opacité sur la tristesse du
départ.