Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 18 octobre 2013

Janvier 2013 : 6 mois déjà... et la mort des prédictions, premiere partie


6 mois et la mort des prédictions

Nous avons donc passé la transition entre 2012 et 2013 dans l'avion qui nous ramenait de Miami à Washington, après avoir dîné dans un restaurant Mexicain à l'aéroport de Miami : happy new year !!! En dépit, et peut-être même en l'honneur des prédictions sinistres du calendrier Maya, nous nous sommes rendus au Mexique sur les terres Mayas du 24 décembre au 31 janvier. Je dois avouer que j'ai beaucoup plus peur d'un accident d'avion que des prédictions Mayas. Mais ni les Mayas, ni les avions n'auront eu raison de nous. Et nous voilà revenu à notre vie ordinaire.

D'une fête à l'autre : les fêtes se suivent et se ressemblent... dans les magasins. Dès le 2 janvier, il n'y a déjà plus rien pour se souvenir de Noël (à part quelques reliques placées au fond des magasins, dans la partie la plus sombre), mais déjà la Saint Valentin a envahi l'espace, le rouge et le rose ont fait leur entrée : c'est le temps de la vie en rose. Would you be my Valentine ? C'est une fête importante, célébrée dans les écoles, où les élèves offrent un petit cadeau à chacun de leurs camarades. Flore aura mal compris la consigne, elle n'apportera que des chocolats à partager pour le goûter. C'est dans ces moments-là que nous ressentons la différence culturelle et les difficultés pour saisir les nuances de la langue.
Puis sans doute, viendra Easter (Pâques)... A Pâques, ici, c'est le Easter Bunny qui nous rend visite ! J'ai quand même trouvé des œufs de Pâques dans les magasins, avant même que la St Valentin ne soit passée. Si maintenant les fêtes se superposent, mais où va-t-on ? Mais c'était sans compter sur St Patrick's day qui s'est intercalé entre-temps entre les deux. Après le rouge et le rose, les magasins s'affichent en vert. Les fêtes, c'est surtout dans les magasins qu'on les reconnaît !!

L'école n'est pas en reste pour faire la fête, ou pour organiser des manifestations culturelles. Voici à quoi Flore, ou nous-même avons été invités :
- Walk a ton : septembre : parents et enfants sont invités à faire une course ou une ballade sportive après la classe, très bien encadré car ici aucun risque n'est pris ;
- Halloween : octobre : en interne de l'école avec les déguisements ;
- spectacle de musique de la classe : novembre ;
- dad's dunkins donut : novembre, les pères sont invités à accompagner leur enfant pour déjeuner avec eux à l'école ; (il y aura aussi une mom's muffin, mais en mai)
- Noël : décembre, fête dans les classes, les parents volontaires pour aider sont invités. En 5th grade, j'aurai été la seule à me proposer, mais finalement, nous serons deux mamans ; Les parents doivent commencer à quitter leurs habits de protecteurs car les enfants commencent à leur rappeler que leur venue à l'école les dérange...
- STEM night : janvier : une soirée en l'honneur des Maths, de la science, de la technologie et de l'ingénierie. Nous sommes encouragés à proposer à notre enfant des activités en lien avec ces disciplines; une expérience nous sera proposée;
- Valentine's day : février, chaque élève donne et reçoit un cadeau de chacun des autres élèves de la classe ;
- la kermesse des parents d'élèves : février, de 11h à 14h un samedi, avec des jeux divers et des sucreries à gagner, du maquillage, des structures gonflables, un cours de Zumba, une loterie, où nous avons bien sur perdu ;
Quand est-ce qu'ils travaillent déjà ? Surtout qu'à cela, se rajouteront : une classe verte en février, deux voyages scolaires en avril et mai, une kermesse de l'école, et une journée de recognition day (sur le modèle de graduation 's day) pour les 5th grades.
Il y a aussi les sollicitations, pour faire des dons, surtout de vêtements, mais aussi alimentaires, et aussi en monnaie pour le PTA (parents d'élèves) ou en service pour aider à l'organisation des fêtes. En effet, les manifestations culturelles, sportives, et festives en dehors du temps scolaire sont complètement à l'initiative des parents (les enseignants ne participent pas). L'environnement n'est pas de reste, car nous sommes invités à recycler. C'est parfait, car c'est déjà ce que l'on fait.
Et bien sur, nous sommes régulièrement invités à nous rendre dans un restaurant, ou une enseigne pour faire des achats, se faire couper les cheveux... et une partie du bénéfice sera redistribuée à l'école. Bref, nous nous éloignons des fêtes, pour investir le domaine marchand. Mais les deux ne sont-ils pas étroitement liés ?

Alors, revenons aux fêtes, sans autres intentions. En janvier, nous avons eu quelques soirées. L'une pour la galette (mais cela s'est plutôt transformée en soirée à discuter, manger et apprécier le bon vin de France) ; deux pour un départ d'une famille expat ; le book group à la maison avec une collation de fromages et de galette des rois faites maison s'il-vous-plaît, vu que c'est la seule solution pour en avoir ; une autre pour un happy hours avec un couple d'amis à 6 pm (soit 18 h), cela laisse du temps pour rentrer vers... 21 h : la vie appartient à ceux qui se couchent tôt. Après la France qui se lève tôt, voici l'Amérique qui se couche tôt (et qui se lève tôt aussi au grand désespoir de Kris, tandis que pour moi la vie Américaine est calée sur mon rythme biologique : hourra !).

Je continue à écrire, mais de manière beaucoup plus sporadique. J'ai tant d'autre chose à faire, et je ne sais pas si cela me mène quelque part... Mais j'aime quand même écrire ce que je vis à la manière d'un journal. Ici, nous avons beaucoup rencontré de diaries, surtout comme lecture pour notre fille dont un particulièrement drôle : « the diary of the wimpy kid », et un autre: « the true diary of a part time indien ». L'écriture sur soi est en vogue dans un monde ou le soi n'a pas toujours la place qu'il mérite ! Pour moi l'écriture devient moins fluide, moins précipitée, elle me berce moins, elle m'est moins indispensable et j'ai moins le temps : je me détache des mots pour m'attacher aux sensations, pour retrouver le goût des autres...

vendredi 11 octobre 2013

Noël 2012 au Mexique

Noël 2012 au Mexique : comment finir l'année en beauté ou comment oublier la tristesse d'être loin de chez soi.

J'ai toujours eu envie d'aller visiter les temples indiens du continent Sud Américain. Mais, de France, le voyage est long et cher. Alors, le jour où nous avons su que nous partions pour les États-Unis, l'idée d'aller les visiter était une évidence. Pour nos premières vacances en été 2012, nous avons renoncé, car en Amérique centrale, l'été est l'époque des pluies diluviennes. Et lorsque nous avons essayé d'organiser un séjour au Pérou pour les temples Inca, le prix était prohibitif (il est vrai, en passant par une agence). Alors, pour les premières vacances de Flore, à Noël, nous nous lançons à la conquête des Mayas. D'abord, première chose : renoncer à tout faire. Le Mexique (dans la partie du Yucatan), le Guatemala et Belize, ce sera trop. Et en y regardant de plus près, même les différents sites Mayas dans le Yucatan seront trop éloignés les uns des autres. J'ai envie de tout faire, mais Kris a besoin aussi de repos, et Flore ne semble pas extrêmement motivée pour visiter les temples. Alors, on décide d'arriver à Cancun (destination assez facile des États-Unis), se rendre à Chichen Itza (les temples Mayas : site classé aux monuments historiques de l'UNESCO et la pyramide centrale aussi appelée « el castillo » = le château, est classée comme l'une des sept merveilles du monde), puis l'île de Cozumel, destination rêvée pour un plongeur. Ainsi, nous pourrons marier détente, visites et plongées. Nous choisissons des hôtels de gamme moyenne, pour surtout profiter des activités. Pas de all inclusive, même si Flore et Kris auraient bien voulu, mais ce n'est plus un voyage découverte. Kris est hésitant à louer une voiture, il veut que tous les hôtels soient réservés à l'avance. Il est vrai qu'à cette période de l'année, le Yucatan et en particulier Cancun, sont bien prisés par les Américains. Et puis, quand on voyage en famille, plus question d'improvisation. Alors, il faut me résoudre à planifier le voyage, à ne pas laisser l'imprévu nous surprendre, à chronométrer notre parcours. Trois nuits à Cancun, à défaut d'avoir trouvé un vol direct pour Cozumel, puis une nuit à Chichen Idza, et deux nuits à Cozumel avant le retour sur Cancun ou nous passerons notre dernière nuit près de l'aéroport.

Cancun : copie à revoir. Pour quelqu'un comme moi qui n'aime pas rester sur la plage toute la journée, même sur celles paradisiaques, Cancun n'est pas une destination idéale. Il est difficile de savoir si nous sommes vraiment au Mexique, tant tout est fait pour les Américains (on peut payer en dollars, ou dans les deux devises, tout le monde parle anglais). Nous décidons de vivre plus localement, et nous prenons souvent le bus 1 ou 2 qui nous emmènent soit vers les plages, soit vers le centre. Ces bus sont surtout utilisés par les Mexicains qui rentrent du travail (dans les hôtels, au vu de leur uniforme). Lorsqu'il n'y a plus de places assisses, nous restons debout. Mais très souvent, un Mexicain fatigué, voudra nous céder sa place car nous voyageons avec un enfant. Il faudra alors rafraîchir mon espagnol pour le remercier chaleureusement, et le plus souvent décliner, car des deux, nous ne sommes pas les plus fatigués!
Il fait doux (28°C, qu'il est bon de retrouver nos mesures), humide, l'eau est à 27°, presque fraîche. Cela nous rappelle l'été à Hagerstown. D'ailleurs, comme souvenir, il y a aussi les moustiques qui semblent autant apprécier que nous cette chaleur, à la différence qu'eux, ils apprécient aussi la moiteur, ainsi que les peaux de Flore et Kris. Étrangement, ils me laissent tranquille. Est-ce que mon sang serait moins goûteux ? La seule bonne note de Cancun, sera les restaurants.
C'est agréable de passer Noël au soleil, sous les palmiers et les cocotiers à siroter une Margarita. Cela nous fait oublier que nous sommes loin de chez nous, loin de ceux qui comptent pour nous. Nous aurons l'occasion de voir le père Noël arrivé en scooter des mers, ou faire du saut à l'élastique dans la mer.

el castillo
Les temples Maya : j'aurai regretté que les prédictions nous empêchent de réaliser ce moment exceptionnel de rencontre avec la culture Maya : quel bonheur ! Les temples sont vraiment bien conservés. Il est maintenant interdit de monter au sommet de la plupart des sites, pour les garder encore plus longtemps en vie. Mon seul regret aura de ne pas avoir pu en découvrir plus. Flore est moins enthousiaste que moi dans l'exploration de cette histoire. Elle ne cesse de me rappeler que ce sont les Égyptiens qui l'intéressent. Mais pour l’Égypte, surtout en ce moment, on va peut-être attendre un peu...

PMT de rêve!
Nous voilà revenu à la temporalité paternelle : tu ne peux pas tout avoir, tout de suite. Le dimanche à Cozumel, nous serons confrontés à deux parcs fermés (ce n'est pas indiqué sur le guide... bon en même temps le 30 décembre !). Comme notre fille est encore trop jeune pour profiter de la plongée (scuba diving), nous lui avions prévu une journée pour elle mais la perspective de la visite d'autres temples Maya ne l’enthousiasme guère. Heureusement qu'elle pourra aller voir les poissons en palme masque tuba (PMT ou Snorkelling). D'autre part, il n'y a aucun magasin qui ne vend des timbres et bien sûr la poste locale est fermée : un touriste a pour principe d'oublier la notion de temps, dimanche est un jour comme un autre. C'est un peu frustrant, surtout que comme de bien sûr les cartes pour les amis viennent juste d'être achetées. De toute façon pour les cartes, elles arriveront trois semaines après leur départ. On aurait dû les envoyer des États-Unis, cela aurait été plus rapide... D'ailleurs, pour les dernières adresses non récupérées avant le vol pour Miami, elles partiront des USA. Nos amis auront leurs cartes avec un double timbre. Quoi qu'il en soit, elles arriveront toutes... l'année suivante.

Dernière nuit à Cancun , là encore la temporalité paternelle s'impose à nous : pas de navette gratuite jusqu'à l’hôtel le dimanche, pourtant à 3 miles de l'aéroport (alors que justement, nous avions choisi cet hôtel pour cette commodité). Qu'à cela ne tienne, nous prendrons un taxi. Pas de négociation possible, ils savent que nous sommes coincés : 45 dollars US pour 3 miles, soit 15 dollars, le mile. C'est désagréable d'être pris pour un touriste à arnaquer! Heureusement, le lendemain, il y aura une navette gratuite. Je crains que nous n'ayons pas été très généreux pour le pourboire...

Le retour de nuit sur Hagerstown, nous pouvons vérifier que le magasin d'alimentation est bien ouvert à 2h15 du matin le … 1er janvier. Nous ne nous arrêterons pas, même si je suis terriblement attirée par l'envie de voir ce qui se passe dans un magasin d'alimentation à 2h du matin. La neige nous accueille, nous allons pouvoir nous projeter dans d'autres plaisirs... Les routes sont parfaitement dégagées, notre allée aussi. Nos voisins se seront occupés de tout : comment ne pas être reconnaissant !

vendredi 4 octobre 2013

Le plongeon français dans les grandes fêtes américaines (deuxième partie)

Après 5 mois passés dans ce pays, nous nous sommes fait de nouveaux amis : les voisins, les expats surtout Brésiliens, Suédois. Que restera-t-il à la fin de notre séjour de ces rencontres à la fois durables et éphémères ? Lorsque l'on arrive dans un nouveau pays, il y a une urgence à rencontrer du monde, les conversations à distance ne suffisent plus. Mais c'est aussi une urgence pour créer des relations d'amitié, de partage. Mais cela ne va pas de soi de tout reconstruire, et par où commencer. J'ai laissé quelques personnes venir à moi (Julie, ma prof d'Anglais, les expats Français...), mais cela n'a pas suffi. Si l'on veut développer son réseau, il faut l'entretenir. Alors, je réponds à toutes les invitations, je propose à d'autres enfants de se joindre à nous lorsque nous prévoyons une sortie, nous invitons les voisins qui nous ont bien aidés pour la piscine, je tente de tirer le plus profit de toute nouvelle rencontre... Et cela marche, j'ai l'impression de me faire des amis sur lesquels je peux vraiment compter, tant pour passer un moment agréable que dans les situations d'aide. Je ne pense pas encore au moment où nous devrons partir, je commence à voir demain comme un concept... Que restera-t-il de ses rencontres d'un temps suspendu ?

Qui dit nouveaux amis, dit nouveaux modes de communication.
  • il y a le type A : « tout par téléphone, le téléphone greffé à la main ». Pas simple pour les non anglophones qui stressent devant l'instrument de torture.
  • Le type B : « tout par internet, constamment connecté », encore faut-il être toujours devant son ordinateur. Pour les messages de dernière minute, pas toujours simple (mon telephone ne fait pas fonctionner internet!).
  • le type AB  :  « on se texte, sur le téléphone ». Pas toujours le plus pratique pour de longues explications, ou pour des RDV très précis. Si en plus, le texteur écrit en abrégé, troisième langue vivante...
  • Le type 0 : « tous les moyens sont bons... », compatible avec tous les autres types, donneur et receveur universel.
En tout cas, il vaut mieux connaître le type de votre interlocuteur, avant de se faire une opinion trop tranchée sur des non-réponses à vos messages, car parfois il est simplement question d'incompatibilité de types (si en plus votre adresse mail apparaît comme un spam, c'est le rejet garanti).

Pour entretenir son réseau social, il y a le YMCA : c'est un peu la plaque tournante de l'intégration, ici. On y retrouve les expat bien sur qui entretiennent leur forme autant que leurs nouveaux liens, mais il y a aussi les Américains qui apprécient de voir arriver de nouveaux partenaires sportifs. Nous nous sommes inscrits en novembre car nous n'allons sans doute pas l'utiliser pendant plus de 5 mois dans l'année dont les mois d'été mais aussi les mois de septembre et de mai où les beaux jours sont plus des invitations aux activités de plein air. Depuis que je suis inscrite, j'en profite sur au moins 3 à 4 jours par semaine : piscine, fitness, zumba, rameur, racket ball, sauna, vélo. Je me découvre même du plaisir dans les activités de fitness sur les machines à partir du moment où j'ai ciblé mes besoins et que je change souvent de machine. Il est vrai que la régularité permet d'apprécier rapidement les effets. Mais je ne cesse d'être impressionnée par certains Américains qui s'entraînent dans des proportions qui me paraissent gigantesques. Ce pays ne cessera de me surprendre par ces antagonismes : entre ceux qui s'entraînent avec acharnement (peut-être même au-delà du raisonnable pour l'équilibre du corps) et ceux qui se déplacent en fauteuils électriques pour faire leurs courses faute de pouvoir se déplacer librement tant ils sont encombrés par un corps gargantuesque. N'est-il pas possible de se satisfaire d'une moyenne ?

Vendredi 14 décembre (10 jours avant Noël), j'apprends la terrible nouvelle d'une tuerie dans une école primaire du Connecticut. Cela aurait pu être l'école de ma fille...
Concernant ces événements dramatiques, cela fait déjà la deuxième tuerie depuis que l'on est sur le sol Américain. La folie des hommes n'a pas de limites ! Mais je m’interroge sur le fait que cela arrive aussi souvent ici aux États Unis (revoir les statistiques sur les USA et la France des semaines 12, 13, 14). Je pense qu'il faudra un jour ouvrir les yeux sur la législation concernant les armes, mais ne nous trompons pas de cible, ce n'est pas la seule raison. Ce n'est en effet à mon avis pas le moyen qui fait l'acte, tous les fusils du monde ne pourront rien sans les hommes. Il faudra sans doute aussi se pencher sur certains aspects du fonctionnement sociétal, même si aucune société n'est à l'abri de la folie d'un homme. En effet, un jeune qui vient tuer des enfants dans une école, cela a à avoir avec le sens de l'autre! En même temps, associer, folie des hommes et armes disponibles facilement, et vous obtenez un cocktail explosif. Mais pour changer les règles de l'usage des armes à feu, ce n'est pas si simple. La question des armes à feu vient toucher quelque chose de l'identité nationale en lien avec une histoire nationale liée dès les premiers temps avec des questions de survie.
On ne parle plus que de cela dans les news, et même si on peut comprendre que cela ait été un choc national, et sans doute international, il y a quand même comme un voyeurisme morbide dans les images et les commentaires, passés en boucle. Je ne sais pas si cela respecte les victimes et si cela permet une véritable réflexion de fond ! Le problème aussi ici, c'est que l'information est surtout traitée de manière évènementielle, ce qui n'aide pas à s’interroger sur le fond. Faire parler les évènements et les sentiments, ce n'est sans doute pas la meilleure manière de gagner en objectivité. Noël aura, cette année, un goût amer.

Décembre 2012, sera aussi associé aux prédictions Maya de fin du monde. Aujourd'hui 21 décembre 2012, une journée ordinaire. Serons-nous toujours vivant demain ? Maintenant que nous sommes bien installés ici, ce serait dommage, tout de même. « Aujourd'hui est une réalité, demain est un concept »... De toute façon pour conjurer le mauvais sort, nous avons programmé un voyage en pays Maya, dans la partie du Yucatan du Mexique, pour les fêtes de fin d'année. Le prix des billets avant le 21 décembre 2012, pour un séjour après cette date, n'a pas connu de dépression. J'aurai cru qu'en cette période d'annonce de fin du monde, les prix auraient chuté. C'était sans compter que les prédictions ne concernaient que les hommes, et ne portaient ni sur l'argent ni sur le commerce.
De toute façon, dès le 20 décembre, mon frère qui habite en Nouvelle Calédonie (de 15 heures en avance sur nous), nous a déjà averti qu'ils étaient toujours vivants. Mais au fait, c'est sur quel fuseau horaire que les prédictions portaient ?

vendredi 27 septembre 2013

Semaines 20 à 25 : le plongeon français dans les grandes fêtes américaines (première partie)


Le plongeon français dans les grandes fêtes américaines : Halloween, Thanksgiving, Christmas.

Ce matin, je ne me suis pas levée de bonne heure, mais je n'ai pas manqué de me demander si la manière de vivre des hommes pouvait produire des mutations dans les générations futures ? Est-ce que certains aspects de l'organisation de la vie quotidienne pouvaient avoir des incidences à long terme sur l'adaptation des hommes au monde qui les entoure (à moins que ce ne soit l'inverse : … avoir des incidences sur l'adaptation du monde qui les entoure aux hommes !).
Il y a trois points que j'ai envie d’interroger ici à ce sujet, points qui ne sont pas propres aux États-Unis, mais qui sont particulièrement influent ici.
- La climatisation à fond tout le temps : est-ce que cela peut développer une peau résistante au froid, mais intolérante au chaud ? Ou bien, une peau qui ne transpire plus ? Est-ce que la régulation thermique du corps ne peut plus se faire naturellement ? Est-ce que l'homme peut devenir un animal à sang froid, obligé de dépendre des machines pour la régulation de sa température interne ?
Inversement l'hiver, les maisons sont rarement chauffées à moins de 72°F soit 22,2222222...° C ; lorsque le chauffagiste est devenu faire l'entretien de notre chauffage-climatiseur, il m'a indiqué que nous étions en dessous de la moyenne lorsque nous chauffions à 69°F (en journée).
- Le rapport à l'argent : le commerce est central, tout se rapporte à l'échange monétaire. La suprématie du commerce nous rend dépendant aux objets. La matérialité domine par rapport aux arts, à la culture, à l'esprit, à l'affectivité... Est-ce que l'homme peut survivre d'amour et d'eau fraîche ? Est-ce que l'on est, ce que l'on possède ? « avoir ou ne pas avoir, telle est-elle la question » 
- Le rapport à la nourriture : est-ce que l'homme peut s'affranchir des saisons et du rythme biologique de la nature pour se nourrir ? La disponibilité immédiate et sans restriction de tous les produits crée une désynchronisation des produits par rapport aux saisons ; la terre ne nous en voudra sans doute pas trop de l'obliger à se caler à notre rythme !
Est-ce que l'élasticité du corps humain peut supporter une déformation à l'infini ? Est-ce que le sel et le sucre sont devenus les deux mamelles de la terre ? 
Est-ce que c'est le changement de saison, ou le départ de nos guests, ou l'invitation de passer les fêtes de fin d'année à l'étranger qui aura sur moi un effet de profonde méditation. Bien sur, je n'ai pas la réponse à ces questions, mais en est-il besoin ?

Nous sommes rentrés dans l'automne et les couleurs de la nature sont teintées d'or, d'ocre et de sang ! Un pays qui a autant d'arbres ne peut qu'être revêtu de sa plus belle cape à l'automne annoncé. Il y a aussi toutes ses pumkins qui embellissent les paliers des maisons. L'automne qui reste encore bien ensoleillé (à part bien sur au moment du passage de Sandy) nous offrira sa meilleure version. Le massif des Appalaches de par sa taille moyenne est parfaitement couvert d'arbres et de végétation. Nos randonnées sur the Appalachian trail (AT) sont un vrai bonheur visuel.
 










 







Mais l'automne aux États-Unis, c'est aussi un peu notre mois de mai à nous : c'est rempli de jours fériés ... Trois fêtes vont se succéder aux États-Unis entre l'automne et le début de l'hiver : Halloween (31 octobre), Thanksgiving (4ème jeudi de novembre), Noël (25 décembre : avec tous les changements rencontrés, je préfère rappeler la date !).

Halloween : Beaucoup ici parlent d'une fête que les enfants apprécient autant que Noël, c'est dire combien cela compte ! Notre voisin a transformé pour l'occasion, sa maison en maison de l'horreur : c'est très réussi ! Plus modestement, car je pense au retour et au déménagement, nous avons acheté quelques décorations typiques de cette période. C'est assez drôle de vivre avec une sorcière, d'être accueilli par des squelettes à notre porte, ou des « jack o lanterne » (= citrouilles creusées et éclairées par une bougie) dans notre jardin. Nous nous amusons à voir les maisons se transformer pour devenir des incarnations du mal, du monstrueux. Je prends plaisir à cette fête qui m’apparaît comme un très bon remède pour conjurer l'angoisse. Dans notre visite du Georgetown le WE précédent le 31 octobre, nous allons voir des maisons complètement enveloppées des habits de l'horreur, la maison de la famille Adams n'a rien à leur envier. Nous nous amuserons à chercher le décors le plus réussi car il faut bien dire que c'est un grand plaisir des yeux, et si nous ne serons jamais dupes, ce n'est pas la vraie maison d'une sorcière, ni de Frankenstein... même si certaines personnalités célèbres auront pu en hanter quelques unes il n'y a pas si longtemps !!! Le 31 (alors que la tempête Sandy vient juste de relâcher son étreinte), les enfants déguisés se regroupent pour aller faire la tourner du voisinage et menacer de coups de bâtons si on ne leur donne pas des bonbons (trick ou treat). La menace n'aura pas besoin d'être évoquée bien longtemps, les enfants sont en effet attendus par les propriétaires des maisons avec de grands sacs de bonbons. Certains les attendent même assis sur une chaise pliable, sortie pour l'occasion dans le jardin. Mais où est passé trick ? Trick et treat sont sur un bateau, trick tombe à l'eau, qu'est-ce qui reste ?
(1) Halloween est la contraction de son titre original « All Hallow Evening », et est une fête de dévotion pour les morts et les saints.. Elle se fête le 31 octobre. Les activités typiques d'Halloween comprennent : « trick or treat » (un sort ou un bonbon), des soirées costumées, des citrouilles creusées (elles sont alors appelées jack-o'-lanterns), des feux de joie, des visites d'attractions hantées, des farces, des histoires qui font peur et des films d'horreur.
la maison de Dracula


la maison de la momie

la maison de Georges

la maison hantée

Thanksgiving : j'ai été très amusée d'entendre mes amis expat se demander mutuellement si on fêtait aussi thanksgiving dans leur pays d'origine. Thanksgiving me semblait être assez typiquement une fête Américaine car elle est parfaitement liée à leur histoire. Elle est suivie par le black Friday (vendredi noir) qui est un jour de soldes immenses, c'est sans doute aussi historique... De toute façon, ici, j'ai l'impression que les soldes sont toute l'année, surtout en cas de jours fériés. En tout cas, tout le monde en parle et beaucoup s’apprêtent à passer leur vendredi (parfois depuis minuit) dans les magasins. Je n'ai jamais eu l'impression de passer une bonne journée à faire du shopping, mais alors encore moins à faire la queue pour attendre son tour, se faire bousculer ou devoir jouer des coudes !
Nous passerons Thanksgiving avec la famille de Cristal. Il n'y a rien de plus savoureux que de participer à une fête locale avec les locaux. Chacun apporte quelque chose, alors nous apportons du vin. Mais ici les bières sont plus prisées, il est vrai que rien ne vaut une bonne bière devant un bon match de football Américain. Je n'aime ni la bière, ni le football Américain, mais je ne suis heureusement pas la seule, et il me reste des convives avec qui discuter et partager le bon vin. Chacun se sert, il n'y a pas de table dressée et nous nous asseyons où nous voulons. Les convives vont et viennent et il nous est difficile de savoir qui est qui, mais inversement tout le monde nous a bien repérés. Nous passerons un très bon moment et le festin n'aura pas d'égal à ce jour aux États-Unis...
Thanksgiving est célébré le 4ème jeudi de novembre aux États-Unis. C'est un jour qui se fête traditionnellement avec la famille ou les amis autour d'un repas spécial. Celui-ci comprend très souvent la dinde fourrée, les pommes de terre, de la sauce de cranberry , la tarte à la citrouille et des légumes. Thanksgiving est un moment pour remercier de ce que chacun possède dans la vie. Elle est souvent associée au partage d'un festin pour remercier de la récolte de l'été. Personnellement, je pensais que c'était aussi en lien avec les premiers pelgrims qui en arrivant au nouveau monde auraient eu du mal à survivre sans l'aide des Indiens, mieux acclimatés aux produits locaux. J'associais alors thanksgiving avec un temps partage et de remerciement pour les Autochtones de leur geste de générosité. Beaucoup d'Américains me confirmeront cette version.

Christmas. Bien sur, Noël n'est pas qu'une fête américaine, mais les Américains ont le sens de la fête. Leurs maisons se transforment alors en musées d'art déco : très chargées! Notre quartier, dès la première semaine de décembre s'illumine dedans et dehors... cela nous rappelle notre 8 décembre lyonnais (fêtes des illuminations(*).
Mais pour nous, qui n'aurons pas été là pour Noël, le plus marquant aura sans doute été Santa et les pompiers, ou entre panique et soulagement. Ce soir-là, Kris n'est toujours pas rentré, il est déjà 19h, mais nous sommes habitées à ses retours tardifs (en cela, il n'a pas pris le rythme Américain : tôt le matin et tôt le soir). Une sirène des pompiers extrêmement bruyante retentit au loin. Nous sommes, là encore habituées à l'entendre régulièrement. Mais, ce qui est plus inhabituel, c'est son prolongement et son rapprochement. Je commence à me dire qu'il y a dû y avoir un accident sur la route proche. Mais cette intensité qui ne cesse d'augmenter m'inquiète : cela devait être un vrai carnage... Tous les pompiers d'Hagerstown ont dû être mobilisés. Kris qui n'est toujours pas là... Je tente de l'appeler sur son portable. Pas de réponse. C'est vrai que cela ne passe pas toujours, il peut aussi être occupé. Mais il est bientôt 19 h 20. Peut-être qu'il n'a pas pu passer à cause de l'accident, mais au fond de moi je commence à redouter qu'il n'est été pris dans l'accident lui-même. Je ne veux pas y croire, il est tellement prudent au volant. Et cette sirène qui ne cesse de résonner. Le téléphone répond dans le vide. Où peut-il être ? Qu'est-ce qui se passe ? Dehors, on peut distinguer des lumières de gyrophares pas loin, on n'est pourtant pas tout proche de la route principale. Je ne peux croire qu'il s'agisse de quelque chose dans notre rue, elle est tellement calme d'habitude, et en impasse, les voitures roulent plutôt lentement. Pourvu qu'il ne soit rien arrivé à un piéton. Toujours pas de nouvelles de Kris. Je tente de ne pas montrer mon inquiétude à Flore qui demande ce qui se passe tant le volume des sirènes est fort maintenant. On scrute la fenêtre, peut-être que c'est cette voiture ? non elle tourne avant... Quand soudain, c'est le camion des pompiers lui-même que l'on voit débarquer dans notre impasse. Il roule lentement. Ce n'est pas normal, les lumières du camion éclairent comme dans une fête foraine. J'ajuste mes lunettes de myopie. C'est vraiment Santa que je vois sur le camion ? Mais qu'est-ce qu'ils font ? En laissant le camion s'approcher, nous découvrirons un camion de pompiers festif, avec des personnes qui distribuent des bonbons, et Santa qui ne cesse de saluer. Quelques minutes plus tard, Kris arrive. Il n'a pas pu passer à cause des pompiers. Joli cadeau de Noël...
Il n'y a pas besoin de présenter Christmas qui est une fête assez partagée, même si souvent elle a perdu de son sens originel. Par contre, ce qui sera intéressant pour nous, c'est de prendre part aux festivités et d'observer comment chaque culture développe son propre Noël : Suédois, Brésilien, Américain, français.
(*)Le 8 décembre à Lyon : chaque maison orne ses fenêtres de lampions. L'origine s'est un peu perdue et est un peu confuse, certains l'attribuent à une dette vis-à-vis de la vierge Marie qui aurait sauvé Lyon d'une épidémie de peste, mais les dates ne correspondent pas. Alors peut être, est-ce un écho avec la fête juive Hanouka qui symbolise la fête des lumières du temple de Jérusalem. La codification de la loi juive sur cette fête impose que l'allumage soit effectué près de la fenêtre afin de diffuser le miracle de cette fête à l'extérieur. Quoi qu'il en soit, la tradition veut que chaque famille lyonnaise conserve désormais un assortiment de verres du 8 décembre, épais et parfois colorés. On appelle ces verres garnis d'une bougie, des « lumignons » et ils sont posés sur le rebord des fenêtres. Depuis quelques années, la ville de Lyon organise de grandes festivités à cette occasion et en profite pour parer la ville de mille lumières. 
 
Les cadeaux au boss : il y a une journée pour fêter son patron aux États-Unis. Pour un Français plus habitué aux contestations qu'aux acclamations, récompenser son boss est sans doute vu comme une bien étrange coutume... Kris à cette occasion recevra de son équipe un ballon Thank you, et des fleurs. Je ne suis pas sure que tou(te)s les bosses ont été récompensé(e)s, pour autant. Pour Noël, son équipe d'Hagerstown lui a offert un assortiment de différents produits sur le thème du café et une de ses collègues de l'autre site des États-Unis lui a remis un paquet cadeau pour sa fille. Elle vient d'Afrique du Sud et il paraît que là-bas pour Noël les employés offrent des cadeaux pour les enfants de leur patron. Nouveaux pays, nouvelles pratiques... à moins que Kris ne soit un boss un peu spécial. Une prière pour mon boss...
Presque simultanément, nous avons eu l'impression d'une avalanche de cadeaux et de cartes : par les nouveaux amis expats, dans la classe où je suis volontaire, par le chauffeur de bus... Nous avons nous aussi donné des cadeaux pour chaque professeur (trois principaux et 5 complémentaires), le chauffeur de bus... Mais ensuite, je m'en suis voulu de ne pas rendre de cadeaux à ceux qui nous en avaient donné ou d'oublier du monde comme la factrice, les pompiers, la directrice de l'école... les cadeaux pour Noël c'est comme pour la monnaie des tips, il faut toujours en avoir sur soi!
Par contre, les cadeaux de France, ceux à base de nourritures car nos amis ont de la peine pour nous en cette période de fêtes, ne nous arriverons pas. La poste indiquera à chaque fois que l'envoie de nourriture aux États-Unis est strictement interdite. Adieux veau, vache, cochon... ou plutôt foie gras, truffes, gibier, gâteau maison...

vendredi 20 septembre 2013

Semaines 15, 16, 17, 18, 19 : premiers guests de France, les retrouvailles au goût sucré-salé

Premiers guests de France, les retrouvailles au goût sucré-salé

Nous allons pendant 5 semaines recevoir nos premiers invités de France. D'abord, Mammy pour les deux premières semaines. Puis, Éva et Amber des amies à Flore pour 10 jours. Elles vont pouvoir aller à l'école de Flore pendant leur séjour. Quoi de plus intégratif ? Et pour de charmantes jeunes françaises comme elles, succès garantit... C'est aussi l'époque des élections présidentielles ici, alors l'école sera fermée deux jours ce qui nous permettra d'avoir un long WE, à défaut de vacances. Et enfin, Sév et Seb, les grands cousins de Flore, qui sont plus proches en âge de nous que de leur cousine. On va retourner à NYC et sans doute naviguer dans les environs. Les trois séjours ne vont pas se chevaucher mais parfaitement se succéder. Première opération retrouvailles réussit : faire coïncider les dates.

Et cela tombe bien, car enfin Hagerstown m'est devenue plus familière. J'arrive enfin à naviguer sans même avoir recours à la grincheuse (surtout ne lui dites pas, je risque des représailles!). Pour nos invités pour qui tout est nouveau, cela leur donnera l'impression qu'on a toujours su faire. Quelle ironie de l'histoire, quelques semaines plus tôt, j'étais encore complètement perdue.
Avec les invités, on en profite nous aussi pour découvrir les choses nouvelles. Un nouveau musée, une nouvelle activité, un nouveau lieu... Bien sûr Washington et NYC vont finir par manquer de nouveautés pour nous, mais on en profitera pour retrouver les choses qui nous auront le plus intéressés.

De toute façon, comme mes mines d'or ont encore fructifié, je vais pouvoir envisager de nouvelles destinations ou activités. Au départ, j'en avais deux, maintenant elles sont au moins 6. Quand on accepte de se faire aider, lorsque l'on accepte de partager ses connaissances, c'est fou comme le monde est rempli de mines d'or. Pour qu'une mine d'or soit accessible, il faut pour autant pouvoir demander de l'aide sans craindre de disparaître (avoir besoin de l'autre ne nous rend pas moins utile!). L'autre n'est pas là pour nous rappeler que l'on a besoin de lui, mais il est là pour nous révéler à nous-même ! Je participe régulièrement à un groupe de randonnée, nous sommes tout près d'une partie des montagnes les Appalaches (Montagnes qui s'étendent de terre neuve au Canada au nord, jusqu'au centre de l'État de l'Alabama au sud). Il y un sentier de randonnée qui parcourt l'ensemble des Montagnes du Nord au Sud. Attention français : ce n'est pas la randonnée de France, le dénivelé n'est que de quelques dizaines de mètres, tout au plus une centaine, et la ballade dure 1h30). L'intérêt de la randonnée, c'est que l'on peut discuter. Il y a quelques expats, mais aussi des Américains, et les échanges de bons procédés sont courants. L'une va nous donner l'adresse d'un musée tout à fait intéressant sur Washington que nous n'aurions jamais eu idée de visiter sans cette information. Une autre, me transmettra tous les sites internet qu'elle utilise pour les activités dans la région. Je découvrirai à cette occasion qu'il existe de nombreuses choses à faire, et des bons plans. Une autre encore nous transmettra un site de réservation d'hôtel moins cher, pour NYC cela compte. J'ai aussi une amie Américaine qui parle parfaitement le français. Nous nous engagerons ensemble à mettre en relation une association française d'échanges linguistiques avec les écoles de l’État. Je tenterais à mon tour de servir de mine d'or à d'autres, mais dans un premier temps c'est un peu à sens unique. Les mines d'or, c'est un peu comme le principe du SEL : ce n'est pas toujours celle qui donne, qui reçoit de la même personne, mais au bout de la chaîne, tout le monde donne et reçois (SEL : système d'échanges locaux).

Récompense au sommet!!!




AT (appalaches Trail) = 2000 miles












Randonnée dans les Appalaches
Me voilà bien occupée, d'autant que je viens de mettre en service auprès de mes anciens étudiants qui sont tous récemment diplômés, une proposition d'aide pour leur recherche d'emploi, ou pour un soutien dans leurs premiers pas de psychologue, tout cela bien sur par internet. Cela me permet de maintenir actif mes intérêts pour mon métier. Je suis aussi impliquée dans l'organisation d'un dossier dans un journal professionnel. Outre la rédaction d'un article personnel, je coordonne les informations entre les collègues et le journal pour que notre dossier puisse aboutir. Plus directement, je suis volontaire (cela se pratique beaucoup ici) dans une classe qui accueille des enfants autistes. J'aime à retrouver ce sentiment d'aboutir dans des démarches dont je suis fière. Je réalise que cela peut tout à fait être en dehors d'un contexte financier, puisque toutes ces démarches sont bénévoles, mais m'enrichissent de contacts, de sentiment d'utilité, de réalisations personnelles.

Sur internet j'ai trouvé des sites pour répondre à des enquêtes d'opinion. Comme je vis aux États- Unis, j'ai été basculée sur les sites américains. Il est intéressant de pratiquer cet anglais très terre à terre et de voir comment et sur quoi les opinions se fondent. Il est bien sur beaucoup questions de consommation et d'habitudes de vie. Invariablement notre race nous est demandée, ainsi que notre revenu. La question avec laquelle je ne suis pas parfaitement à l'aise est celle qui concerne mes occupations professionnelles : la situation de desesperate housewife m'est assez difficile à révéler. Je travaille donc à temps partiel en free-lance.

L'expatriation nous confronte à de nouvelles expériences dont nous n'aurions pas pensées possibles avant le départ. Regarder la TV dans une démarche d'apprentissage. Nous sommes habituellement peu consommateurs de TV, plutôt pour s'endormir ou pour décompresser. Les règles sont strictes sur l'utilisation : seulement à certains moments (le soir pour les adultes, le WE pour notre fille), jamais plus d'un certain temps. Mais ici la TV est notre professeur d'anglais, d'ailleurs plutôt exigeant car même si on n'a pas compris, il ne répète jamais deux fois, et il ne fait aucun effort sur la vitesse d'élocution. Le visuel est aidant, mais pour le téléfilm « les experts » cela ne suffit pas toujours. C'est pourquoi, certaines émissions sont préférées à d'autres : Sponge BOB pour Flore et des films très visuels pour les adultes. Ce qui est étonnant, c'est que nous n'avons plus l'impression de perdre notre temps, même en regardant les pubs, qui je vous le rappelle, sont nombreuses...
Nous sommes allés aussi au cinéma tous ensemble voir Hotel transilvania, un dessin animé sur des monstres, apparemment inconnu en France. C'était réconfortant : nous avons tous compris le film. J'ai plus de réserve sur les films d'auteur!
De mon côté, pour la première fois, j'ai participé aux activités des parents d'élèves. Je me limite aux activités qui m'intéressent tout de même, car encore une fois il s'agit plus de lever des fonds que de lever le niveau d'apprentissage. Alors, j'ai proposé mon aide pour aider les enfants dans leur commande de livres. Il ne s'agissait malheureusement pas vraiment de les aider à faire un choix, mais plutôt de les aider à écrire parfois un nombre incroyable de livres que les parents sans doute auront besoin de sélectionner. Je n'ai pas trouvé cela très positif dans le sens où l'on donne à l'enfant l'envie sans lui donner les moyens de faire des choix éclairés (je suis venue le jour des maternels et des CP, c'est dire comme le sens de l'économie leur était étrangère).

Je réalise qu'il y a des situations que nous auront du mal à retrouver du fait de la barrière de la langue. Rire aux éclats d'une bonne blague, participer à une conversation philosophique ou sur un thème de fond comme par exemple les rythmes scolaires... J'ai essayé un jour d'expliquer le sens de l'utilisation des contes de fées pour les enfants, dans leur composante les plus profondes, c'est-à-dire avec des thèmes parfois crus et des fins qui ne sont pas toujours Happy. Ce n'était vraiment pas évident. Déjà en français, l'exercice est ardu, mais alors en anglais...
C'est peut-être pour cela car ses situations me manquent, que je suis très motivée pour travailler mon anglais. Ma professeur me fait travailler le vocabulaire et j'apprends entre 30 et 40 mots nouveaux toutes les semaines, mots associés à un contexte linguistique. Certains mots sont les mêmes qu'en français, encore faut-il savoir qu'ils existent en anglais, et la prononciation peut être trompeuse parfois (annul pour annuler, amusez-vous à rechercher la prononciation en anglais). J'ai aussi découvert une méthode de langue rapide et sans travail fastidieux de la grammaire et du vocabulaire. Alors, j'ai décidé de commencer à apprendre le portugais brésilien, cours que j'ai offert à Kris car il aime connaître quelques mots dans la langue du pays avec lequel il travaille. J'ai essayé aussi la première leçon de suédois gratuite sur internet. J'avoue que c'est plutôt concluant, même si cela mérite de voir les résultats sur du long terme. Je vais faire mes premiers pas, ou plutôt premiers mots avec mes nouveaux amis Brésiliens et Suédois pour voir le résultat.

Nos invités de France vont bientôt arrivés et je laisse momentanément l'apprentissage des langues étrangères de côté.
Entre l'organisation bien rodée que l'on a préalablement pensé pour accueillir nos premiers guests, et la réalité, il y a parfois un gouffre. Le premier gouffre se présentera sous forme de bouche d'égout qui a fait trébucher Mamy dans sa promenade deux jours avant de repartir. Pour éviter de tomber sur le visage, c'est le coude droit qui a amorti le choc, mais lui n'a pas tenu. Urgences Américaines, attente souffrante du retour en France, opération en France. Je réalise que dans ces moments d'intense émotion, d'urgence de la situation, je regrette de ne pouvoir le gérer en France.
Pour nos deuxièmes guests, les amies de Flore, le gouffre sera celui de l'ouragan Sandy (octobre 2012) transformé en arrivant dans les terres à une tempête tropicales de forte intensité. L'avion est bien sur annulé (= annuled), le prochain vol possible seulement le vendredi suivant. Elles ne seront pas là pour Halloween ! Le retour prévu Mercredi de la semaine suivante, rendrait leur voyage vraiment trop court, même pour un homme d'affaires, le temps de récupérer du décalage horaire, 5 jours dont un à moitié plein, c'est un peu court. Alors, on décide de prolonger jusqu'au dimanche. Mais cela se superpose avec le séjour des cousins de Flore. Il y a assez de place pour tout le monde ici, mais nous avions prévu d'aller à NYC avec eux pour le WE. Nous ne serons pas arrivés à trouver un vol retour de NYC pour les filles, alors, je resterai avec elles et Flore à Hagerstown, tandis que Kris ira à NYC. Mais est-ce que NYC sera praticable d'ici là ? En effet, Sandy n'aura pas seulement annulé un vol d'avion, elle aura aussi laissé la ville Américaine la plus connue au monde, sans vie et avec beaucoup de dégâts dans ses sous-sols, dont le métro, artère de vie à NYC. Apparemment les dieux indiens tiennent leur revanche ! Nous payons le prix fort notre intégration dans le nouveau monde...

vendredi 13 septembre 2013

Semaines 12, 13, 14 : le temps des questions fondamentales (deuxième partie)


Comme j'ai plus de temps pour observer ce qui se passe autour de moi, j'ai l'impression qu'en ce moment c'est l'époque des vols migratoires des oies sauvages. Elles sont bruyantes, et font connaître leur départ... mais au moins elles, elles respectent les saisons ! On a l'impression d'un moment de grande festivité, comme si elles avaient besoin de se ressourcer avant le grand départ. Vont-elles survivre à l'expérience qui présente de nombreux dangers ? Vont-elles s’acclimater ? Vont-elles revenir enrichie ? Je leur poserai la question l'année prochaine. Entre-temps, il me faudra passer l'hiver...

Nous sommes finalement allés voir le médecin pour l'examen de routine pour l'école. Première complication, interpréter les vaccins pour s'assurer que ce sont bien les mêmes que ceux demandés par l’État du Maryland. Nous avons le BCG en plus et l'hépatite B en moins. Il faudra donc le faire faire. Il me demande quand même d'aller vérifier auprès du département de santé publique. Deuxième complication au lieu-dit, trouver une infirmière qui puisse répondre à la question. On me demande d'utiliser le téléphone interne pour avoir l'information. J'explique que ce n'est pas des plus faciles d'expliquer et de bien comprendre les termes aussi techniques, par téléphone. Quelqu'un va enfin venir et photocopier le carnet de santé pour me donner les infos par mail. Entre-temps, nous allons faire faire la prise de sang (obligatoire) pour s'assurer que Flore n'a pas de maladies contagieuses.
Le lendemain, j'ai un petit message du département de santé pour me dire qu'ils ont les résultats et qu'il faut que je les appelle. Encore le téléphone... Je tente de les appeler par trois fois, je tombe sur la messagerie. Alors, je me déplace de nouveau. Je suis enfin reçu par une infirmière qui a noté 3 ou 4 choses à faire : je lui fais remarquer que pour la varicelle, elle a déjà eu la maladie, qu'un des vaccins qu'elle m'indique, elle l'a eu aussi. Il reste l'hépatite B et un autre vaccin qu'elle aurait eu 10 jours trop tôt selon les standards du Maryland (à un an moins 10j ; or il aurait fallu attendre la première année intégrale; je pense que pour celui-là on va s'abstenir) et un autre fortement recommandé contre le tétanos, la diphtérie (mais quand je regarde attentivement, elle a eu un rappel en 2009). J'avoue que je suis perplexe sur ce besoin de tout couvrir, à moins qu'ils soient particulièrement suspicieux de ce qui vient de l'étranger. En définitive, nous retiendrons le vaccin contre l'hépatite B. Cela me fais aussi réaliser que l'infirmière du département de santé n'est pas prête pour un séjour d’expatriation où il lui faudrait comprendre les standards du pays d'accueil. Maintenant, trouver le vaccin. Trois pharmacies plus tard, pas de vaccins Hépatite B pour enfants de trouvé. Il faut dire que les pharmacies vendent de tout mais pas de vaccins !!! Dans la première je suis repartie avec une sorcière pour Halloween et dans la deuxième des gants. Je n'aurais au moins pas perdu mon temps ! Bon reste qu'il lui faut le vaccin. Finalement, l'infirmière du médecin que je suis retournée voir, appelle plusieurs endroits et en trouve un qui l'a : le supermarché local où les vaccinations contre les épidémies d'hiver ont commencé. Je m'y rends. En fait, ils ne peuvent pas me le donner il faut venir avec l'enfant et il sera fait sur place, dans le hall d'entrée du magasin sans aucune privacy. Mais heureusement, il sera fait par une infirmière d'un groupe privé mais qui ne prendra pas en compte notre assurance. Pour la deuxième et troisième injection, nous irons dans une clinique pédiatrique qui devrait être mieux organisée. J'avoue que je ne suis pas encore prête pour changer de système de soin !
Chez le médecin, et aussi au laboratoire, notre assurance de santé couvre intégralement les frais. Cela me fait drôle de ne rien payer, même pas d'avance de frais. Cela est encore plus déresponsabilisant qu'en France! Je n'ai absolument aucune idée du coût de chaque consultation. Par contre, le médecin emploie une infirmière et une secrétaire, manifestement à temps plein. Je comprends pourquoi, on a l'impression que les soins sont très chers aux États-Unis, si chaque médecin à sa secrétaire et son infirmière personnelle... Je réaliserais plus tard que le système de santé est tellement complexe qu'il faut bien une secrétaire pour gérer les liens avec les multiples assurances. Pour l'infirmière, ici ce n'est qu'un petit cabinet. Depuis, je suis allée dans d'autres services plus importants, et là le nombre d’assistantes ou infirmière est parfois impressionnant. Le médecin n'est plus là que pour superviser et pratiquer des soins réservés aux médecins. Cela permet d'augmenter de débit...

Pour ne pas m'occuper que des questions ennuyeuses, et pour me permettre de m'ouvrir à ce que la vie locale peut m'apporter, j'ai décidé de semer quelques graines et de voir si la récolte est bonne. En effet, il n'y a pas d'effet magique, le seul fait de venir de France ne suffit pas, il faut aller ouvrir les portes. Alors, je propose mon aide à la prof d'art, à la classe d'enfants Autistes, aux parents d'élèves pour s'occuper de la vente de livres à l'école, j'organise l'intégration des deux copines de Flore à l'école pendant leur séjour ici, j'ai pris contact avec une psychologue Chilienne qui travaille à Washington DC, dont une collègue de France m'avait donné les coordonnées. Il faut être patient, cela demande beaucoup d'humilité car au fond on se passe très bien de toi. J'ai aussi travaillé sur une aide aux nouveaux professionnels psychologues en France dans leurs démarches de recherche d'emploi et dans l'installation de leurs nouvelles pratiques. Il faut d'abord régler les questions informatiques, car l'aide à distance passe par des canaux que beaucoup de psychologues maîtrisent mal, à commencer par moi-même. Sauf que moi, j'ai mon technicien privé, super doué en informatique mais ce qui n'est malheureusement pas magicien et il y a souvent des problèmes insolubles en l'état actuel de la science informatique : proposer un agenda partagé, sur lequel les personnes désireuses d'un RDV peuvent s'inscrire sans modifier le RDV d'un autre, tout en maintenant la confidentialité des contacts ? J'ai peur de devoir me contenter de la bonne vieille méthode qui consiste à demander un RDV par écrit, avec éventuellement consultation des disponibilités sur un agenda.
La récolte en définitive sera intéressante pour moi mais aura nécessité patience et détermination. En effet, mon mail "voila" (auquel je suis très attaché car c'est le tout premier que j'ai eu : il y a des attachements affectifs qui sont surprenants !) apparemment est détecté comme un spam ici. Ce qui fait que j'envoyais des mails, et ne recevais aucune réponse, ce qui est extrêmement frustrant, et entretient un climat de doute profond. Déjà qu'en temps normal, les mails ne fonctionnent pas toujours de façon optimum, mais si en plus vous êtes détecté comme indésirables... A force d'insistance (ce qui en même temps me donnait la désagréable impression d'être de ceux qui sont soit désespérés pour obtenir quelque chose, soit extrêmement pénibles à toujours réclamer), de déplacements (rien ne vaut un bon contact visuel!), j'ai obtenu quelques résultats. Je vais pouvoir venir travailler auprès des enfants Autistes; dans l'école, l'idée aussi de recevoir un groupe d'élèves français fait son chemin; j'ai reçu des infos de la collègue Chilienne; la prof d'art me propose de venir l'aider... Cela me donne plus de motivation pour engager d'autres démarches. Je vais finir par être trop occupée...

Surtout qu'avant de partir de France, j'avais prévu d'emporter un travail de titan. Tout ce que j'ai voulu faire professionnellement, sans en avoir le temps, c'est ce que j'appelle le travail en jachère. Les situations d'enfants qui sont restées énigmatiques, les dossiers techniques que j'ai survolés, l'interprétation des dessins, de tests professionnels, la coordination d'un dossier d'articles pour une revue professionnelle... Mais, maintenant que je suis là, je réalise que cela permet tellement de s'agripper à une identité, de tenir droit une estime quelque peu ébranlée, de faire face à un sentiment de vacuité. Après la phase de Skype parties et mail avec les Français, la phase prise de contact avec les Autochtones, la phase de sentiment d'inutilité, voici la phase d'installation dans un projet personnel avec le travail sur le fond des outils dans mon métier, conjointement à la mise en place d'activités dans ma nouvelle communauté.
En passant à la bibliothèque, j'ai choisi un livre audio. Comme il y avait un choix important et que je ne savais pas quel critère choisir, j'ai prix un titre évocateur : Expat. En dehors de la situation d'espionnage sous-jacente, la situation d'expatriation est plutôt bien exploitée. Tous ces étapes sont bien retranscrites.

Il y a une autre composante de la situation d'expatriation dans un pays qui utilise une autre langue : c'est le passage d'une langue à l'autre. Je suis en train d'apprendre l'anglais écrit pour les téléphones, cad (c'est à dire) en abrégé. Par exemple : C u soon ! R u sure about it ?... Que du bonheur. Mais il y a aussi toutes les abréviations, qui sont nombreuses an Américain ! Bud pour Buddy ; hon pour Honey ; fest pour festival : Hey Bud, R U gonna go to the fest ? (et mon pote, tu vas aller au festival ?).
En passant d'une langue à l'autre, depuis maintenant quelque temps, je suis sans cesse obligé de changer la langue de mon correcteur d'orthographe. En effet, j'ai de plus en plus souvent l'occasion d'avoir à écrire en anglais : répondre aux mails de nos nouveaux amis (voire l'anglais en abrégé) ; répondre à la prof d'anglais langue étrangère qui nous demande pourquoi nous refusons l'aide proposée à notre fille dans le cadre de l'école : comment lui expliquer que notre fille se plaint de sa présence qui la met à part et qui ne semble pas lui apporter véritablement d'aide ; cela a été confirmé par les enseignants qui ne comprennent pas non plus cette aide : Carla a de bons résultats, elle demande quand elle n'a pas compris, ce n'est pas une heure d'aide par semaine qui va changer quelque chose à sa compréhension de sa semaine de classe ! ; mettre en lien l'association française de programmes d'échanges linguistiques et les écoles ; écrire à Cristal pour se revoir... J'ai autant besoin du correcteur en Français qu'en anglais, c'est pourquoi, je ne cesse de le changer. Mais si jamais j'oublie, alors tout mon texte est souligné de rouge et j'ai le sentiment d'être vraiment une catastrophe en orthographe ou en spelling. D'autre part, je ne comprends pas pourquoi, il n'y a pas de correcteur qui corrige mieux les fautes de grammaire, ce serait bien utile pour moi qui invariablement mets un é à la place d'un er ou inversement. En anglais, l'orthographe des mots appelé ici spelling, est souvent approximative chez moi. Le correcteur m'aide dans ce sens, par contre, il ne me corrige pas mes confusions entre des mots aux sonorités proches thing and think, qui ont chacun un sens bien différent. Mon oreille n'est pas non prête à intégrer la distinction entre des mots proches : forteen and forty, Tuesday and Thursday. Je dois être dyslexique en Anglais... Cela peut me jouer des tours dans la prise de rendez-vous. En voulant changer de groupe de gym pour Flore car celui du lundi est composé d'enfants plus jeunes, la personne au secrétariat nous indiquera un autre jour et un autre horaire. Le jeudi nous venons un peu plus tôt, mais quelle n'est pas notre surprise de ne voir arriver que des enfants encore plus jeunes et en tutu. Ce n'était ni le bon jour. Nous aurons quand même attendu 10 minutes avant que je décide de poser la question au secrétariat (je pensais qu'il y avait une autre pièce pour les cours de danse). Personne ne nous a rien dit, ni ne nous a posé de questions. Il est vrai que pour avoir chaud, rien de plus normal que de rentrer dans une pièce chauffée, survoltée par les cris des enfants et d'attendre que le temps passe...

Nous venons de recevoir un courrier du WCPS (Washington County public school, un peu l'équivalent de l'académie). Notre fille est éligible pour un STEM program (Science, Technologie, Enginering and Maths). Elle a passé un test sur l'ordinateur en septembre, et sa réussite la situe au-dessus de la moyenne des autres enfants de sa classe de référence, de l'ensemble du County. Il y a des choses qui m'échappent : comment notre fille qui a tant peiné en Mathématiques en France se retrouve éligible pour un programme pour talented kids, justement en Maths ? De plus, malgré le fait que cela soit en Maths, il est tout de même question de comprendre ce qui est demandé et pour quelqu'un qui aurait besoin d'aide en Anglais langue étrangère, selon le professeur d' ESL (English as a Second Language), il y a comme une contradiction. Je réalise que les aides et programmes proposés par l'école sont bien sur à considérer et prendre en compte, mais ne peuvent remplacer l'expérience directe auprès de l'enfant. Ils ne peuvent remplacer non plus l'avis de l'enfant, à la condition qu'il ait déjà eu l'occasion de le donner de manière éclairée et respectée. Nous allons aller à la porte ouverte de l'école qui propose le programme, et selon l'avis de notre fille poursuivre la démarche jusqu'au bout. Mais le programme est compétitif, ce qui est une autre contradiction avec le fonctionnement de Flore. Alors quoiqu'il arrive au final, nous aurons été très fiers d'elle ce qui évidemment retentira sur son propre sentiment de fierté.