Et voila, notre voyage se termine. Bien sur, il y aurait encore à dire sur notre réinstallation complète en France et ses soubresauts, mais nous voila déjà happés par d'autres aventures. Alors, je vous souhaite juste de bonnes fêtes de fin d'année : "apprend comme si tu devais vivre toujours, et vis comme si tu devais mourir demain"...

vendredi 16 mai 2014

juillet 2013 : 1 an déjà ! = happy birthday (mais moi je préfère les non anniversaires !)

Happy birthday to the expatriate situation... : et voilà il faut bien se rendre à l'évidence, cela fait un an que nous ne sommes plus Français, femme, homme ou enfant, de 45 ou 10 ans : nous ne sommes plus que des expatriés. Un bout de chemin vient d'être tracé dans notre vie.

De retour aux USA, c’est dur de ne pas comparer nos deux pays, repérer les différences et les ressemblances et chercher à garder le meilleur.

Il y a trois points qui vont me marquer a mon retour. La folie des coupons, l’utilisation des sigles, et le climat de confiance.

La folie des coupons.
Les coupons sont aux USA ce que la baguette est pour la France : une caractéristique nationale ! Les coupons sont des réductions sur vos futurs achats. Vous pouvez les collecter après avoir fait des achats, il y a des livres a coupons que vous pouvez acheter, vous pouvez les trouver en ligne... Brefs, ils envahissent votre quotidien, et vous ne pouvez faire un achat sans que l'on vous demande si vous avez des coupons. En ce qui me concerne, ils ne sont jamais la quand j'en ai besoin, et ce ne sont jamais les bons en fonction de mes achats. Alors, je ne les utilise pas vraiment. Mais nous avons une voisine qui est une coupons' addict. Elle a une pochette spécialisée pour ranger les coupons ce qui lui permet de les organiser par thèmes. Et lorsqu'elle fait ses courses, elle a toujours sa précieuse pochette avec elle, à la recherche du produit au coupon. Les coupons sont vus ici comme de vrais avantages pour vous faire gagner de l'argent. Personnellement, je pense que les coupons sont un artifice pour faire toujours plus consommer. J’apprécie certaines marques, produits et je ne suis pas sure de vouloir en changer en fonction de coupons qui m'invitent a essayer une autre marque, un autre produit. Je passe assez de temps à trouver le produit qui me convient. Par contre, ils peuvent vous permettre d'ouvrir votre champs de perspectives en vous ouvrant quelques portes, comme de nouveaux restaurants... La fille d'une de mes amie vendait un livre à coupons pour son école alors nous lui l'avons acheté . 4 mois plus tard, je n'ai pas encore utilisé un seul des coupons... J'avais d'abord pris soin de sélectionner ceux qui pourraient potentiellement nous intéresser et puis j'ai offert les autres à des amis consommateurs de ces fameux coupons. J'avais quand même l'impression que les enseignes qui les proposaient n'étaient pas celles que nous avions envie d'utiliser (beaucoup de fast food, location de voitures...). Mais ne vous y tromper pas, pour avoir une réduction, il vous faut d'abord consommer et je suis assez sure que l'enseigne en question à plus à gagner que vous. Alors je préfère choisir moi-même mes produits sans être dicter par un soi-disant coupon avantageux...
Par contre, il est vrai qu'avec beaucoup de recherches, vous pouvez trouver des réductions assez surprenantes. Nous sommes allés visiter des grottes souterraines et notre voisin qui nous accompagnait (un addict des réductions lui aussi), avait repéré que nous pouvions bénéficier d'une réduction avec une carte d'un magasin que nous avions l'un et l'autre. Et vraiment je me demande encore quelle est l’intérêt du magasin dans cette transaction, car manifestement il n'y en a pas aux alentour des grottes !. Mais nous avons su profiter des heures de recherche de notre ami. Vive l'amitié...

Les sigles.
Si vous avez un problème il faut aller à l'ER (emergency room), à l'école vous avez PI (physical education), BOE (bord of education), WCPS (Washington county public school), il faut souvent montrer son ID (identification Document), et les mails se terminent souvent par ASAP (as soon as possible),
Mais les sigles sont censés faire gagner du temps... sauf quand vous n’avez pas accès au décodage. En France aussi nous en utilisons beaucoup : je travaille en IME et en SESSAD ; ULYS ; SAMU, Les sigles fonctionnent comme une sorte de néo-langage que nous utilisons entre initiés et qui créent une barrière entre ceux qui le partagent et les autres . Aux USA, je suis du côté des exclus. Un autre principe pour gagner en temps et en efficacité : lorsque vous appeler un prestataire de services, une institution... la personne se présente, présente l'institution, et vous demande comment elle peut vous rendre service, tout cela à la vitesse de l’éclaire, autrement dit pour un non anglophone, absolument de façon incompréhensible. Alors, vous priez pour avoir fait le bon numéro. Mais pire, lorsque l’on vous appelle ! Alors, la plupart du temps, il suffit de repérer un mot qui peut vous donner une indication (dentist, school, ...) et vous pouvez approximativement deviner de qui il s’agit.

Le climat de confiance.
Je suis impressionnée par le climat de confiance qu'il règne bien souvent. Dans certaines fermes, vous pouvez aller acheter vos pommes simplement en allant à hangar où sont disposées les pommes en sacs. Personne n'est présent, simplement un peu de monnaie est laissée pour faire votre change. Je ne peux m’empêcher de penser qu'en France, non seulement les pommes auraient disparu, mais la monnaie certainement aussi... A la bibliothèque, un jeu est organisé l'été pour encourager les enfants à continuer à lire. Ils doivent poster un sticker sur une feuille chaque fois qu'ils ont lu un quart d'heure et après un certain nombres de stickers, ils reçoivent un cadeau. UPS, transporteur de colis nous déposera notre colis en notre absence devant notre palier. Bien pratique pour le récupérer : pour autant, il s'agissait d'un ordinateur, rien que cela, et nous n'étions pas à la maison ni l'un ni l'autre au moins pendant deux jours. Merci Julie pour l'avoir récupéré ! D’autre part, lors de note séjour au Yellow Stone, nous sommes allés de bonne heure dans un camping car il n'y avait pas de réservation possible (premier arrivé, premier servi). C’était un camping auto-géré. Vous cherchez un emplacement qui doit se libérer (c'est indiqué à chaque emplacement par le locataire actuel). Vous prenez un document qui vous permet de retenir l’emplacement en le positionnant à votre tour sur l’emplacement. Puis vous mettez votre argent dans une enveloppe, le tout dans une sorte de boite aux lettre. Peu avertie de ce système, nous avons eu la chance de tomber sur des Américains serviables qui nous ont expliqué comment faire, nous ont réservé notre emplacement car ils partaient, ont déposé notre serviette sur la table pour montrer qu'il y avait bien quelqu'un. Nous sommes donc repartis l'esprit à peine tranquille (en France, ce système aurait peu de chance de fonctionner, et faire confiance au premier inconnu venu, n'est sans doute pas la meilleure option). Mais la, tout a marché et lorsque nous sommes revenus notre emplacement n'attendait plus que nous.
Ce climat de confiance va me manquer quand nous allons rentrer.
En tant que Française, je suis surprise par cette confiance qui me parait bien agréable. Cela a quand même à voir avec le fait que nous habitions une petite ville, je ne suis pas sure qu'à NYC, cette confiance soit aussi facile. Ce qui est étonnant, c'est que à côté de cela, il existe un climat de suspicion permanente sur les autres inconnus et je commence à mon tour à m'inquiéter abusivement lorsque Flore va seule dans un endroit peuplé : dans les magasins, dans les parcs lorsque je ne l'ai plus en visuel...

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